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Un Sherlock Holmes vaudois
Rodolphe Archibald
Reiss
Fondateur de l’Institut de police scientifique
de l’Université de Lausanne
Exposition à la Bibliothèque de Dorigny,
du 15 novembre 2001 au 15 février 2002
Lors de la rédaction du livre consacré
à Rodolphe A. Reiss, pionnier de la criminalistique,
publié l’année dernière, Jacques Matthyer,
directeur de l’IPSC de 1963 à 1986, a réuni une imposante
documentation : papiers et objets originaux conservés
dans les archives de l’IPSC, bibliothèque de travail de Reiss
et de ses successeurs, copies d’articles de presse, etc. Cette documentation
a été remise à la BCU en deux étapes,
en 2000 et 2001.
* * *
Rodolphe Archibald Reiss s’établit en
1893 à Lausanne pour suivre des cours à l’Université.
Il y obtient en 1898 un doctorat en sciences. Ses qualifications
de chimiste et sa passion pour la photographie lui permettent de
succéder le 1er octobre 1899 au prof. Marius Jaccard en qualité
de chef des travaux photographiques de l’Université (fonction
non rémunérée). Dès lors, il est amené,
notamment, à exercer ses talents pour le compte de la faculté
de médecine (il assume la responsabilité des travaux
de radioscopie et de radiologie), ou pour celui du Service de l’identité
judiciaire mis sur pied en 1896 par Marius Jaccard précisément
en s’inspirant très largement des techniques et du matériel
utilisés par Alphonse Bertillon, chef du service d’identification
de la Préfecture de police de Paris, considéré
comme le fondateur de l’anthropométrie. Développant
son savoir-faire dans ce domaine, Reiss publie en 1903 un ouvrage
intitulé La photographie judiciaire qui lui vaudra
très vite une renommée internationale. Sa situation
au sein de l’Université s’en trouve renforcée :
il est nommé en 1906 " professeur extraordinaire
de photographie scientifique avec application aux recherches judiciaires ".
Il participe la même année au 6e congrès international
d’anthropologie criminelle, à Turin, où il a l’occasion
de rencontrer Cesare Lombroso, Salvatore Ottolenghi, ou encore Edmond
Locard. Un stage à Paris dans les services d’Alphonse Bertillon
complète sa formation. Son enseignement, limité aux
étudiants en sciences et en droit, s’étend dès
1907 à la faculté des sciences sociales.
Une réflexion menée avec les doyens des facultés
de droit et de sciences pour mettre sur pied un diplôme d’études
en police scientifique aboutit à la création, le 1er
septembre 1909, de l’Institut de police scientifique (IPS), rebaptisé
en 1954 Institut de police scientifique et de criminologie (IPSC).
Une vingtaine d’étudiants suivent les cours dispensés
par R. A. Reiss en 1909, parmi lesquels Marc A. Bischof, qui prendra
la tête de l’IPS en 1919. La publication du 1er tome de son
Manuel de police scientifique, en 1911 (les tomes suivants
ne verront jamais le jour) fait de Reiss une autorité reconnue.
En 1912, il est invité à prononcer une série
de conférences à St-Pétersbourg. L’année
suivante, c’est le gouvernement brésilien qui le prie de
donner un cours de police scientifique à Sao Paolo, où
il réside durant trois mois. En 1914 enfin, la police de
New York, en plein désarroi, envoie à l’IPS un spécialiste
chargé de recueillir les suggestions de Reiss, réunies
dans un ouvrage intitulé Contribution à la réorganisation
de la police.
Appelé en qualité d’expert sur
le front des hostilités en Serbie pendant la Première
guerre mondiale, Reiss ne reviendra à Lausanne que de manière
intermittente, avant de démissionner en 1919 de sa charge
de directeur de l’IPS. Il s’établit en 1921 à Dobro
Polje, près de Belgrade, où il réside jusqu’à
sa mort, survenue le 7 août 1929.
Conception et réalisation :
Silvio Corsini (BCU)
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