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Géa et ses livres Exposition dans le hall d'entrée Entrée libre Catalogue de l'exposition rédigé
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Exposition parallèle "Géa Augsbourg:
la vie au bout du crayon" |
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Vitrines de l'expo: Vies en images |
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Présentation de l'expositionCette exposition propose un voyage à travers un choix d'ouvrages dessinés ou illustrés par cet artiste cher au cur du public romand et plus particulièrement vaudois. Associé en premier lieu à la création
d'une imagerie régionale forte et pittoresque à la fois,
centrée sur les valeurs terriennes et artisanales, sur la vigne,
le vin
et les buveurs, le parcours de Géa procède
d'un cheminement moins ethnocentrique qu'on le croit trop souvent, fait
de rencontres, de voyages, de remises en question aussi. Sa carrière parisienne, où il vit essentiellement des dessins qu'il fournit à divers organes de presse, de la fin des années vingt jusqu'au début des années cinquante, est mal connue en Suisse romande. Géa Augsbourg rencontre alors nombre d'auteurs et d'artistes, ainsi que des éditeurs comme Roberto Corrêa où Guy Lévis-Mano. Il collabore avec des figures littéraires romandes de premier plan, Charles-Albert Cingria, Paul Budry, ou encore C.-F. Ramuz, dont il illustre plusieurs textes. Les ouvrages exposés proviennent, à une exception près, des collections patrimoniales de la BCU. Divers documents originaux (dessins préparatoires, maquettes d'ouvrages jamais publiés, etc.) mis à disposition par l'Association des amis de Géa Augsbourg complètent ce tour d'horizon. |
Vitrines de l'exposition |
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Vies en imagesDès 1933, Géa travaille à des biographies imagées de personnages célèbres. Ces "vies en images" sont pour beaucoup dans la notoriété qu'il acquiert alors dans les milieux artistiques parisiens. Non sans relation, dans l'esprit, avec les expériences de Géa dans le domaine du dessin animé, elles renouvellent le modèle traditionnel des " vies exemplaires ". La narration s'y développe essentiellement par l'image, selon un découpage rythmé où alternent dessins descriptifs et elliptiques de diverse nature : scène complexe réunissant sur un même plan personnages et événements, gros plan sur une figure ou une situation anecdotique, animations à partir d'un élément précis saisi dans différentes situations (par exemple la présentation des mains). Outre de nombreuses "vies en images" sommaires publiées dans la presse, c'est surtout dans les albums que Géa déploie tout le potentiel narratif et expressif du genre. Après le musicien Darius Milhaud (1935), c'est le chef d'orchestre Willem Mengelberg (1936) puis le danseur Serge Lifar (1937) qui retiennent l'attention du dessinateur. La série se termine en 1943 par Ernest Ansermet. La vie en image du général Guisan (1939) occupe une place particulière, où l'on sent Géa moins libre de ses mouvements : elle prend place dans le contexte spécifique de la mobilisation générale et de l'hagiographie naissante du Général.
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Sa particularité,
par rapport aux nombreux recueils de dessins satiriques du temps, est d'éviter le piège de la caricature : "Son souci essentiel est de choisir dans la réalité quelques éléments fortement caractérisés et de les douer d'une vie très puissante et synthétique" (Georges Charensol) |
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Plus d'images
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Au fil du texteAu cours de ses nombreux séjours à l'étranger, en particulier à Paris, Géa s'est plu à fréquenter, plus que les coteries de peintres, les milieux littéraires. On le voit dès 1927, se mêler aux écrivains qui gravitent autour de Max Jacob, qui lui permettent de faire la connaissance d'éditeurs comme Roberto Corrêa ou Guy Lévis-Mano. Sa première tentative parisienne connue dans le domaine de l'illustration, une planche pour La visite du domaine, de Jean Follain, sort des presses expérimentales de Guy Lévis-Mano, à Paris, en 1935. Suivent chez le même éditeur, en 1936, les 80 comptines pour enfants sinistres de Fernand Marc, ornées de dix dessins. Les auteurs romands prennent ensuite le relais : C.-F. Ramuz, Paul Budry, C.-A Cingria, Maurice Zermatten, etc.). Mis à part le conte intitulé La Fée des neiges, paru en 1937 aux Editions Alpic, à Lausanne, qui constitue un des rares essais dans le domaine de l'illustration polychrome, la carrière d'illustrateur de Géa se décline essentiellement en noir et blanc, dans un style qui n'est pas sans rappeler Cocteau ou Picasso, qu'il a d'ailleurs le privilège de côtoyer. Une place particulière a été faite dans cette section à la personne de Charles-Albert Cingria, avec lequel Géa Augsbourg devait nouer une longue amitié. Leurs deux noms sont associés à plusieurs entreprises, des Petites feuilles publiées par la Chambre-Haute siégeant à l'Auberge de l'Onde, à Saint-Saphorin (avec la complicité de Paul Budry) au Journal de la Maison Charles Veillon, dont Géa fut le créateur et qui accueillit de nombreux textes de Cingria. En 1955, peu après la disparition du poète, Géa lui consacra un album qui reste l'un des ouvrages les plus réussis qu'il ait produit. |
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Une terre et ses gensPublié sous l'égide de la Guilde du livre en 1937 avec la complicité de Charles-Albert Cingria, le recueil intitulé Notre terre et ses gens infléchit de manière décisive la carrière de Géa au service de l'imagerie locale. Il s'inscrit dans une thématique où les métiers de la terre, et surtout la figure emblématique du vigneron, occupent une place centrale. Présente dès le début de sa trajectoire, confirmée en 1936 à l'occasion de l'illustration du Garçon savoyard, de C.-F. Ramuz, la veine régionaliste prend avec Notre terre et ses gens une nouvelle dimension, à l'origine d'un engouement populaire que sauront nourrir divers albums et d'innombrables contributions graphiques. L'imagerie " terrienne " chère à Géa et à son public n'a rien d'idyllique : le dessin amplifie la rudesse du sujet en utilisant le plus souvent le crayon lithographique, moins précis, mais qui permet de rendre les visages plus expressifs, les gestes plus forts et les objets plus présents. D'où "l'émouvante authenticité" et "l'humanité" (parfois féroce) louées par la critique. Mise au service de poètes chantant les beautés du pays romand (Gilles ou C.-F. Ramuz, bien sûr), cette esthétique a été également exploitée pour de nombreux imprimés commémoratifs et promotionnels.
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" En tout cas,
recommandez à Augsbourg de ne pas se laisser aller à la caricature, mais de soigner extrêmement ses personnages, de les faire mignons, soignés, tout à fait dans le ton de cette conférence " (Ramuz à Henri Poulaille). |
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Plus d'images de |
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USA, Cévennes & CieLa verve dont fait preuve Géa dans la constitution d'une imagerie vaudoise (et plus largement romande) s'est également exercée dans une série de "reportages" graphiques consacrés à d'autres terroirs et à d'autres cultures. L'album intitulé Mes Amériques, paru en 1951, constitue dans ce domaine l'une de ses réussites majeures. Comme plusieurs autres livres du début des années cinquante, il a été publié par les Editions Vineta. Basée, semble-t-il, à Bâle et dotée d'antennes à Paris et à Lausanne, cette entreprise, dont on sait très peu de choses, recrute ses principaux collaborateurs dans les milieux de la gauche artistique et intellectuelle non communiste. Un de ses projets, apparemment jamais réalisé, ne visait rien moins que la création d'une revue européenne d'art et de littérature, Valeurs, groupant autour de l'éditeur Jean Daniel des personnalités telles Jean Grenier, Albert Camus, Louis Guilloux ou encore Elio Vittorini. Le voyage d'Amérique prélude à d'autre découvertes géographiques et humaines qui infléchiront la trajectoire de Géa Augsbourg à la fin des années cinquante : on le retrouve en Espagne, en Roumanie, en Tunisie, en Chine, mais aussi, plus près de chez nous, dans le Midi, où il séjourne à plusieurs reprises en 1955 et 1956. Paru en mai 1957, le livre intitulé Cévennes, fruit d'une collaboration avec André Chamson, sera le seul, parmi divers projets non aboutis, à concrétiser ce mode d'appréhension partiellement renouvelé des "terres et gens d'ailleurs " |
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Dessins et L'ExodeLes albums de planches destinés à un public choisi de bibliophiles ou d'amateurs d'art constituent la part congrue dans la production de Géa. Ce type d'ouvrages, dont le tirage est limité à quelques centaines d'exemplaires imprimés sur du papier luxueux, s'accordait probablement assez mal aux idéaux et à la pratique d'un artiste trouvant dans le dessin de presse un mode de diffusion plus en rapport avec sa vision du monde. Le recueil intitulé Dessins, publié en 1931 chez Corrêa à Paris a été tiré à 200 exemplaires. Les 44 dessins choisis par l'éditeur rendent compte d'une approche encore assez traditionnelle de la technique, où l'on sent l'influence de maîtres tels Picasso ou Bosshard. L'album intitulé L'Exode, a été imprimé à Vevey chez Klausfelder en 1941 à 100 exemplaires. Il est constitué de huit grandes planches reproduisant des scènes de la Débâcle dessinées sur le vif. Pour ce travail, réalisé dans un style presque désincarné, l'artiste a cherché à éviter toute dramatisation du sujet. |
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"Ce qui frappe dans
ces études qu'un pénétrant pouvoir d'observation vivifie et éclaire, c'est d'être, dirait-on, dessinées d'un seul trait, issues d'une seule poussée, comme pour mieux nous conquérir d'assaut " (Préface de Roberto Corrêa) |
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"Géa, lui, dessine à
sec.
Ni salive, ni larmes. C'est ainsi qu'il a pu raconter l'atroce Exode sans s'apitoyer un instant" (Paul Budry) |
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Un peu de tout...Une partie importante de la production de Géa Augsbourg consiste en dessins de commande pour des publications promotionnelles, des guides ou autres manuels scolaires et professionnels. Ce domaine d'activité s'inscrit probablement dans la droite ligne des contributions fournies par l'artiste à la presse, dont l'exposition présentée au Musée historique de Lausanne montre quelques échantillons. Son engagement décisif dans la genèse du Journal de la Maison Charles Veillon, dont il assure la rédaction de 1944 à 1956, en offre un exemple saisissant, même si la "philosophie" qui entoure le projet lui permet de faire éclater le cadre strictement commercial d'une telle publication, destinée avant tout à promouvoir les articles vendus par Veillon. Dans l'esprit et la forme, le Journal adapte au monde du commerce une formule esquissée dans les Petites feuilles, publiées avec la complicité de Charles-Albert Cingria (collaborateur régulier du Journal) et Paul Budry. Diverses publications participent de ces travaux inclassables : recueil anniversaire pour les CFF, guide à l'usage des cavistes publié par la Fédération ouvrière vaudoise, guide touristique (Le chemin de Zermatt, rédigé par Paul Budry). On signalera également un manuel à l'intention des écoles de commerce, Aimer la grammaire, de Michel Buenzod et Pierre Favrod. |
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"Je n'aime guère
que la commande", affirmait-il déjà en 1938 à propos de son travail sur Serge Lifar, "car je sens bien qu'il faut une stricte discipline du dessin ; plus j'ai d'obligations, plus je me sens libre dans mon dessin". |
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