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Sophia Antipolis est certainement l’endroit le plus international
et le plus high-tech de France : plus de 25'000 personnes,
près de 70 nationalités différentes, composent
plus de 1200 entreprises, dont 49% sont actives dans le domaine
IT, ce qui en fait une véritable «telecom valley»
qui méritait bien une visite, au même titre que sa
cousine californienne. Une fois de plus parfaitement organisé
par Henk Slettenhaar, de l’Université
Webster de Genève, ce «study tour» a permis
à un groupe de 19 personnes, également très
international puisque 16 nationalités y étaient représentées,
de visiter divers aspects de ce site, passant des entreprises de
logiciels aux fondations de capital-risque, d’un incubateur
à des géants comme Amadeus ou IBM, du consortium W3C
à l’institut de recherches INRIA.
Historique
Tout a commencé en 1960, lorsque Pierre Lafitte, sénateur
et à l’époque directeur de l’Ecole des
mines de Paris, écrit un article dans «Le Monde»,
où il expose ses propositions de développement de
la région de Nice pour sortir de la monoculture touristique.
Son idée, originale pour une époque où l’on
parlait beaucoup de charbon et d’acier, était de créer
une cité du savoir, de la sagesse et des sciences :
un pôle économique dont la matière première
serait la matière grise, condition écologique nécessaire
pour préserver l’attrait touristique de la région.
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Pierre
Lafitte, fondateur de Sophia Antipolis,
et Henk Slettenhaar, fondateur de la Silicon
Valley Association. |
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Vers la fin de la décennie, le projet prit forme, avec l’aide
de personnalités scientifiques et politiques. Le site initial,
couvrant une surface de 4800 hectares, réparti sur les cinq
communes adhérentes de Valbonne, Antibes, Biot, Vallauris
et Mougins, fut dénommé Sophia Antipolis : Sophia,
en grec, signifie «sagesse, science», alors qu'Antipolis
est le nom donné à Antibes par les Grecs pendant l'Antiquité :
Antibes, qui n'est qu'à quelques kilomètres plus au
sud, peut être décrite comme l'«anti-cité»,
c'est-à-dire la ville d'en face, en référence
à Nice. Par ailleurs, Sophia est le prénom de la première
épouse du sénateur Lafitte.
La première entreprise à s’installer sur le
site fut Franlab, un consultant en géosciences actif dans
le domaine des logiciels pour la recherche de pétrole, en
1972. Jusqu’en 1983, le rythme des implantations est resté
modéré, pour atteindre 3700 emplois. Par la suite,
cette croissance s’est considérablement accélérée,
avec des hauts et des bas (surtout en 2002). Notons cependant que
le bilan annuel des emplois a toujours été positif.
Actuellement, on compte sur le site 1260 entreprises, totalisant
environ 26'000 emplois.
Un large spectre d’activités
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Amadeus,
un des acteurs majeurs dans le
commerce en ligne, est le plus gros employeur
de Sophia-Antipolis. |
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Si la majeure partie des entreprises présentes est dévolue
aux technologies de l’information, on y trouve de plus en
plus de sociétés de sciences médicales et d’agro-biotech.
Par ailleurs, plusieurs instituts d’éducation tertiaire
et/ou de recherche s’y sont installés : environ
5000 étudiants et 4000 chercheurs du domaine public y travaillent.
Des règles urbanistiques strictes président à
l’installation de toute nouvelle société désirant
s’y établir : limitation du taux d’occupation
du sol, hauteur maximum limitée, etc. De plus, la moitié
de la surface doit être réservée aux espaces
verts. Ainsi, on n’a jamais l’impression de se trouver
dans une telle ruche, si ce n’est aux heures de pointe, l’infrastructure
routière n’ayant pas suivi l’évolution
du parc.
Les visites
Je ne vais pas décrire en détail chacune des entreprises
ou institutions visitées. Qu’il me suffise d’en
dresser la liste, avec leur lien Internet, et vous pourrez juger
de leur diversité :
- L’association
Sophia Antipolis
- CERAM, graduate
school of management and technology
- IBM, La
Gaude, hors du site proprement dit, mais un des pionniers
- W3C, branche
européenne du World Wide Web Consortium
- INRIA, Institut
national de recherche en informatique et automatique
- ERCIM, European
Research Consortium for Informatics and Mathematics
- ETSI, European
Telecommunication Standards Institute, institution chargée
de proposer et décrire exactement tous les standards dans
le domaine des télécoms ; en 16 ans, plus de 13'000
documents ont été publiés, dont 2000 durant
la seule année 2003
- Amadeus,
le plus gros employeur du site, un des acteurs majeurs dans le
commerce en ligne de billets d’avions, locations de voitures,
etc.
- Equant,
opérateur télécom global
- CICA, Centre
international de communication avancée, organisme public
dédié à l’hébergement de sociétés
et écoles actives dans le domaine IT
- EURECOM,
institut de recherches fondé entre autres par nos voisins
de l’EPFL
- Wificom,
fournisseur de services logiciels dans le domaine sans-fil
- Web2tel,
solutions d’accès au web par téléphone
(voiceXML)
- Kuantic.com,
services de GSM embarqué
- Sophia
Startup Club, association de mise en réseau de jeunes
pousses, consultants, business angels, etc.
- CICOM, incubateur
global fondé par Alain André. Si vous avez une idée
vraiment géniale pour démarrer une entreprise high-tech,
et que vous désirez fonder votre startup dans la pinède,
c’est là qu’il faut vous adresser ; on
vous fournira tout : les m2 nécessaires et complètement
équipés, le financement, des aides juridiques, du
marketing, etc. Cicom a contribué à la création
de 200 entreprises depuis 1995. Wanadoo, Respublica et Voilà.fr
viennent de là
- Alcatel
Space, situé dans la banlieue de Cannes, constituait
le dessert avec la visite de plusieurs satellites en construction.
Conclusion
Un cadre idyllique, un aéroport international proche, quelques
bonnes écoles de haut niveau, et surtout un dynamisme et
une volonté farouche de la part de l’initiateur du
projet, tels sont les ingrédients qui ont fait le succès
de Sophia Antipolis. Succès qui ne se dément pas,
à tel point qu’un accord a été obtenu
avec plusieurs communes supplémentaires pour étendre
encore le parc. En outre, des collaborations démarrent avec
une série de technopôles similaires à travers
la planète.
Ça vous fait envie ? Eh bien, depuis la conclusion
des bilatérales, rien n’empêche les citoyens
suisses d’y proposer leurs services ! Nombre d’emplois
sont proposés en permanence sur le site, par exemple sur
PacaJob.
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