Zoologie

 
 
 
 
 
 

1.Après les films Deep Impact et Armageddon,
voici la réalité qui approche

2. 34'000 impacts
de toutes sortes

3. De Meteor Crater
à Toungouska

L'irruption du néocatastrophisme


Touchstone Pictures

Ce n'est plus du cinéma:
les (petites) météorites arrivent

Après les films Deep Impact et Armageddon, voici la réalité qui approche

Le 17 novembre, les Léonides, des microbolides issus de la constellation du Lion, croisent la trajectoire de la planète Terre. Ces poussières cosmiques, comme d'autres «objets célestes potentiellement dangereux», pourraient endommager des satellites...

Après les films Deep Impact et Armageddon, voici la réalité qui approche: ce 17 novembre, la trajectoire de la Terre croisera celle des Léonides, une traînée de poussières cosmiques qui, par effet de perspective, paraît débouler de la constellation du Lion, d'où leur nom. «En fait, il s'agit de résidus abandonnés par la comète Tempel-Tuttle qui reviennent dans nos parages tous les 33 ans», explique Pierre North, de l'Institut d'astronomie de l'Université de Lausanne.  

L'espace d'une ou deux heures, quelques-uns de ces microbolides, cent mille ou davantage, entreront dans l'atmosphère. Ils provoqueront en se consumant une pluie d'étoiles filantes, les météores. L'un ou l'autre résistera à l'épreuve et parviendra jusqu'au sol. Ces fragments, les météorites, généralement de petite taille, ne présentent guère de risques.

Le précédent de 1966

La dernière rencontre, particulièrement intense, avec les Léonides s'était produite en 1966, et la petite centaine de satellites lancés par l'homme qui gravitaient autour de la Terre à l'époque n'avait apparemment pas trop souffert de la rencontre avec cette pluie sèche et potentiellement mortelle.

Il en ira peut-être autrement pour les 400 ou 500 satellites artificiels opérationnels aujourd'hui. Situés selon deux couches concentriques - entre 300 et 1500 km pour la première et à 36'000 km pour la seconde - ces engins de télécommunication, de prévision météorologique ou d'observation de la Terre et de l'espace profond ne sont pas protégés par l'atmosphère et pourraient être déséquilibrés, endommagés ou détruits par l'impact direct d'une particule d'un diamètre inférieur au millimètre mais projetée à des vitesses vertigineuses de 20 km/sec ou plus. L'énergie cinétique formidable engendrée par cette collision est de nature à perforer et /ou détruire les panneaux solaires, les circuits intégrés, les systèmes de commande ou les lentilles des optiques. Bref, la catastrophe est quasiment programmée, comme dans les films hollywoodiens...

 


Pierre North, de l'Institut d'astronomie
de l'Université de Lausanne

© N. Chuard


«Nous avons rendez-vous tous les étés avec les Perséides»

Pris isolément et vus par un béotien, ces phénomènes peuvent paraître terrifiants. Ils laissent presque de marbre les analystes professionnels du ciel. «Nous avons rendez-vous tous les étés avec les Perséides, note Pierre North. Notre route croise l'orbite d'une comète qui se désagrège et sème ses débris derrière elle. En franchissant la barrière atmosphérique, ces derniers laissent au passage une traînée provoquée par l'ionisation de l'air. On compte par nuit claire de dix à cent de ces étincelles fulgurantes dans le ciel de la mi-août. Leur origine peut être une poussière de quelques dixièmes de millimètre qui arrache des électrons aux molécules d'air qui se trouvent sur son passage.»

En prolongeant les traces lumineuses qu'ils abandonnent dans le ciel - à la manière de l'effet de perspective obtenu en roulant en voiture par une tempête de neige - on peut déterminer le radian, c'est-à-dire la direction d'où ils proviennent dans l'espace, et reconstituer leur orbite approximative. Mais il ne faut pas croire que cette pluie céleste soit réservée aux soirées des aoûtiens en vacances. Même si elle le fait plus discrètement que durant les nuits estivales, c'est à longueur d'année que la matière intersidérale s'abat sur nos têtes.

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Allez savoir! Le magazine de l'Université de Lausanne - No 12, Octobre 1998