Edito

Avec la sortie de presse du numéro 14 d'Allez savoir! (que vous tenez en main), le magazine de l'Université de Lausanne passe le cap des cinq ans d'existence. C'est en juin 1994, en effet, que paraissait le numéro zéro d'une nouvelle publication destinée à succéder
à UniLausanne, la revue qui avait jusqu'alors pour mission de «faire rayonner la haute école hors de ses murs». A un magazine essentiellement scientifique, où des enseignants et des chercheurs de la haute école publiaient les résultats de leurs travaux, succédait un titre privilégiant la vulgarisation. Le pari tenté avec Allez savoir! consistait à trouver une nouvelle forme de collaboration entre journalistes et chercheurs, histoire de tirer le meilleur profit des qualités des uns et des autres. En résumé : nous voulions rendre la recherche universitaire plus facile d'accès. Avec ce rêve : permettre à tous les gens qui s'intéressent à la science de suivre son évolution.

Que reste-t-il de cette ambition, cinq ans plus tard? Le bilan chiffré fournit un premier élément d'appréciation: depuis juin 1994, nous avons enregistré un seul désabonnement pour près de 2700 abonnements. Mais le bilan de santé d'un journal tient aussi à des détails plus subtils. Prenons deux exemples dans ce numéro : si vous étudiez par exemple les portraits croqués par notre talentueuse photographe Nicole Chuard, vous serez sans doute sensible à la confiance que nous font ces chercheurs qui osent poser avec des masques de science-fiction lorsqu'il est question de «La Guerre des étoiles», ou sourire derrière un croissant en papier lorsque nous évoquons les origines de la Lune, ou qui posent devant le Café Fédéral, à Berne, parce qu'Allez savoir! refait la politique gouvernementale de la Suisse... Ils témoignent tous de la connivence qui a pu s'établir entre le magazine et les universitaires.

L'autre détail révélateur tient dans la collaboration, souvent active, que nous rencontrons lorsqu'il s'agit de traiter de sujets a priori peu académiques. Au cours des ans, Allez savoir! s'est ainsi intéressé à des sujets inspirés de films comme «Jurassic Park», «Titanic», ou, cette fois, «La Guerre des Etoiles». Parce qu'ils offraient une occasion unique d'évoquer la théorie du chaos, la sociologie des foules ou la nature des mythes. A chaque fois, nous avons trouvé des chercheurs prêts à saisir ce genre d'opportunités pour faire connaître un aspect de la vie scientifique aux cinéphiles qui allaient se ruer dans les salles obscures. Ce 14e numéro est exemplaire à cet égard: les chercheurs qui viennent enrichir notre lecture de «Starwars» travaillent dans des domaines comme la linguistique allemande, le français médiéval et la didactique de l'allemand. Cette rencontre du IIIe type, entre des matières académiques à l'apparence austère et un rendez-vous culturel très attendu, résume bien l'ambition que s'était donnée Allez savoir! : mettre l'université à portée de toutes les têtes.


Jocelyn Rochat

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