Mollusques et crustacés:
ceux qui vivent
par Patricia Brambilla, journaliste RP
Alors que l'été ramène les touristes vers les plages, l'occasion ets belle de ne pas s'allonger idiot.

Et de découvrir le petit peuple de l'estran, aux conditions dificiles:

moules, nucelles, crabes et Cie.



Panneau ancien de RoscoffExcursion à Roscoff, en Bretagne, pour observer les fruits de la mer. Mieux que sur un plateau



Attraits de Roscoff

La vie est ainsi faite qu'elle se faufile même dans les lieux les plus extrêmes.Qu'elle occupe jusqu'aux terrains les plus hostiles et rudes. C'est le cas des grèves, ces zones littorales situées entre deux eaux : tour à tour recouvertes par la mer, puis délaissées, ces terres qui échappent aux catégories élémentaires offrent des conditions de vie particulièrement âpres.

Plage de Roscoff

Ainsi sur l'estran breton de Roscoff, champ d'observation privilégié des étudiants en zoologie de l'Université de Lausanne, l'existence pour le petit peuple du grand large est un combat à répétition.

Pas question de couler des jours paisibles quand on est crustacé, mollusque ou annélide. Ici, il faut être capable de tenir la vague, de résister aux coups portés par la mer, puis survivre au jusant. Supporter d'être battu par les flots puis exposé à l'air libre. Souffrir la lame qui dévisse puis le soleil qui cogne la coquille. L'eau salée et l'eau douce, le sel et la pluie, la sécheresse ou les grands froids, l'oxygène et l'asphyxie. Si le ventre de la mer est clément, la température y est relativement constante, ses rivages sont tourmentés. Dans l'Aber de Roscoff, les marées atteignent une amplitude de plus de neuf mètres. Sur certaines zones, la mer se retire toutes les six heures sur plus de deux kilomètres, laissant à nu laminaires et goémons, ainsi qu'un large échantillonnage d'individus avec ou sans cuirasse.

Faune des profondeurs

Qui sont-ils ces survivants de l'extrême, ces acharnés de l'exploit physiologique? Pour la plupart, ce sont des représentants de la faune benthique, comprenez la faune des profondeurs : balanes, patelles, moules, nucelles, vers et petits crabes. Emigrés de la grande mer, ce sont les habitants de l'ombre : des fouisseurs, des filtreurs, des ratisseurs, habitués à se nourrir des résidus organiques et de leurs colonies de bactéries. Ils se souviennent des bas-fonds, là où l'on vit sans lumière. Là où il faut ruser, compenser sans cesse l'absence de confort par l'ingéniosité.

Normal finalement que ce soient eux qui aient réussi à s'adapter aux zones difficiles de l'estran.

Pas question toutefois de trop changer sa latitude, ils sont répartis dans des espaces très précis: aller trop haut sur la grève serait prendre le risque de dépasser les limites de leur résistance physiologique.Descendre trop bas reviendrait à s'exposer à d'invincibles prédateurs.
Professeur Jacques Hausser
«Les espèces intertidales ont dû investir pour leur survie, développer une coquille plus épaisse ou un système de respiration autonome. En revanche, elles sont moins bonnes compétitrices que les autres espèces purement marines qui, évoluant dans un milieu favorable, ont eu tout loisir de peaufiner leurs techniques de chasse», explique Jacques Hausser, professeur de biologie à l'Université de Lausanne, en triturant un briquet orné du triskell, l'emblème celtique.


Vie en eau trouble

Roscoff, l'observatoire de la plage

Une saison pour déguster

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