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no 15 oct. 1999
Pour une université innovatrice et compétitive

Le nouveau Rectorat

Pour une université innovatrice et compétitive

Partenaire dans de multiples réseaux académiques et scientifiques, sur le plan régional, national et mondial, l'UNIL doit faire connaître ses forces et ses compétences. Non seulement aux membres de sa communauté universitaire mais aussi aux autorités dont elle dépend et à la société qu'elle sert. C'est la conviction du nouveau recteur. Interview.

Allez savoir!: Monsieur Rapp, comment envisagez-vous votre rôle de recteur?

Jean-Marc Rapp : Comme un double rôle de politique et de gestionnaire. Politique, car il s'agit de définir avec les vice-recteurs la stratégie générale proposée à l'Université, puis de l'expliquer et de la défendre à l'extérieur. Gestionnaire, parce que mon rôle est aussi de contribuer le mieux possible au bon fonctionnement de l'Université pour ses divers usagers.

Ayant abandonné votre mandat de député, avez-vous par là-même renoncé à vos convictions et vos attaches politiques?

Non. Je n'ai pas renoncé à mes convictions. Elles me conduisent à privilégier la défense des libertés, tout particulièrement la défense de l'autonomie de l'Université, de la liberté de la recherche, de la liberté de choix des études. Pour le surplus, si j'ai renoncé à un mandat politique, je souhaite que les membres de la communauté universitaire s'engagent politiquement, dans les partis où les portent leurs inclinations, pour y défendre les valeurs universitaires.

Quelles seront les grandes orientations de votre Rectorat en politique universitaire?

Tout doit être subordonné à un objectif prioritaire, que je définis ainsi : développer une Haute Ecole de qualité, innovatrice et compétitive sur le plan national et international, et partenaire moteur du réseau lémanique en voie de constitution. Cette formule a déjà été approuvée par l'équipe rectorale et les Doyens des sept facultés lausannoises. Elle souligne notamment qu'à la différence d'autres services publics de l'Etat de Vaud, l'UNIL se trouve placée en compétition. Le monde politique doit intégrer cette réalité dans ses réflexions et ses choix.

Comment voudriez-vous que l'UNIL soit perçue par le public, par les hommes politiques et par les milieux académiques?

Je souhaiterais qu'elle soit perçue et surtout soutenue par le public et les hommes politiques du Canton comme leur Haute Ecole à développer. Ensuite, elle sera reconnue par les milieux académiques comme la Haute Ecole vaudoise innovatrice dont le public et les hommes politiques du Canton auront soutenu le développement.

Quels arguments opposez-vous aux sceptiques de l'utilité du rapprochement UNIL-UNIGE et de la future répartition des disciplines avec l'EPFL?

Un sceptique est quelqu'un qui adopte une attitude faite de défiance et d'incrédulité. Le rapprochement UNIL-UNIGE et le projet de coordination et de développement entre ces deux Universités cantonales importantes et l'EPFL auront, en bref, pour effet de ne pas supprimer du tout de filières de formation pour les jeunes de la région, mais au contraire d'améliorer ces filières en qualité; en plus, et ces filières, et la recherche qui les accompagne, et les développements économiques induits, seront tous stimulés. Je dis au sceptique qu'il se trompe, et que son erreur est impardonnable.

Quel projet vous tient le plus à cœur dans l'immédiat?

Le projet de coordination et de développement entre l'UNIL, l'UNIGE et l'EPFL. Si ce projet se réalise, 28,5 % des étudiants suisses (chiffres actuels) verront leurs chances améliorées. C'est pour eux qu'il est impératif de se battre.

Comment réagissez-vous aux mesures de la Table ronde et aux coupes budgétaires envisagées à l'égard de l'UNIL?

Comme un partenaire qui pense que sa confiance a été ou risque d'être trompée. L'Etat de Vaud a dit à l'UNIL en 1995 : économisez au total 18 millions sur vos prochains budgets, jusques et y compris celui de l'an 2000. L'UNIL a respecté ce contrat. Pour le budget 2000, elle vient très récemment d'apprendre, sans consultations ni discussions préalables, que plus de 2 millions viendraient peut-être s'ajouter aux 18 millions déjà sacrifiés à titre exceptionnel. Comment voulez-vous, dans ces conditions, que l'UNIL puisse entrer tranquillement en matière sur un éventuel nouveau contrat avec l'Etat de Vaud? Si les mesures de la Table ronde et les coupes supplémentaires annoncées depuis lors devenaient réalité, l'UNIL ne pourrait plus assurer les missions que sa loi actuelle lui impose; elle ne pourrait même plus maintenir et remplacer ses équipements actuels. De surcroît, le projet UNIL-UNIGE-EPFL, pourtant apparemment soutenu par les cantons de Vaud et de Genève et par la Confédération, serait, lui aussi, compromis. Je pense que les mesures et les coupes auxquelles vous faites allusion sont un des derniers «bugs» de l'an 2000 qu'il faut urgemment réparer d'ici la fin de cette année 1999. J'ose espérer que le Parlement vaudois voudra et saura réparer ce «bug» au moment de voter le budget 2000.

Quel «bagage» rapportez-vous de votre séjour à Bruxelles?

J'ai travaillé trois mois cette année comme collaborateur auprès de la DG XV, chargée notamment des services financiers (droit comptable et des sociétés) jugés pertinents pour l'avancement de l'Union Européenne. A ce titre, j'ai assisté et participé aux négociations relatives au projet de directive européenne sur les OPA («Take-Over Bids»). Je retire de cette expérience deux leçons : I) tous les membres de l'UE sont également respectés lors des négociations, quelle que soit leur taille; la Suisse n'aurait rien à craindre de ce point de vue; II) les fonctionnaires européens avec lesquels j'ai travaillé sont tous de premier choix, et ont été recrutés par des concours extraordinairement sélectifs; je pense qu'il serait bien que nos meilleurs éléments soient soumis aux mêmes concours, et j'estime qu'on aurait tort d'insinuer que nous serions perdants dans ces concours.

Seriez-vous favorable à une hausse des taxes d'inscription (comme le suggère l'article de Michel Pont dans «Le Temps» du 21 août)?

Il faut distinguer. Si un candidat étudiant admissible à l'Université y vise l'obtention d'une licence, puis, licencié, d'un doctorat, l'argent ne doit pas du tout être un frein ou pire, un obstacle. Mais pour un étudiant diplômé dont le cursus (quasi professionnel) proposé accroît les chances de gains, il n'y a rien qui s'oppose à envisager une hausse de taxe si celle-ci est nécessaire à l'équilibre financier du programme.

Propos recueillis par Axel Broquet


Le nouveau Rectorat

Le 1er septembre a marqué l'entrée en fonction pour 4 ans du nouveau Rectorat de l'Université de Lausanne.

Il est composé de MM. Jean-Marc Rapp (Droit), recteur, et des vice-recteurs Maria Wentland Forte (HEC), Jacques Diezi (Médecine), Walter Wahli (Sciences) et Jörg Winistörfer (Lettres).

La nouvelle équipe.

De gauche à droite : assis, Mme M. Wentland, M. J.-M. Rapp;
derrière eux MM. W. Wahli, J. Diezi et J. Winistörfer

Jean-Marc Rapp, recteur chargé des affaires générales

    Agé de 48 ans, M. Rapp est professeur de droit commercial et de droit des obligations à la Faculté de droit, membre du CEDIDAC (Centre du droit de l'entreprise de l'UNIL). Ses domaines de recherche sont le droit des sociétés et le droit des contrats. Il a été député libéral au Grand Conseil de 1995 à 1999 et doyen de la Faculté de droit de 1996 à 1998.

Maia Wentland Forte,
vice-recteur, chargée des finances, de l'informatique et des statistiques

    Elle est professeure d'informatique de gestion à l'Ecole des HEC, directrice du programme de Management de l'entreprise (MBA) et membre de l'INFORGE (Institut d'informatique et organisation). Ses domaines de recherche sont principalement les systèmes intelligents d'aide à la décision, la gestion des connaissances ainsi que la formation flexible et à distance (projet européen ARIADNE).

Jacques Diezi,
vice-recteur, chargé des affaires étudiantes et des relations internationales

    Il occupait cette responsabilité dans le Rectorat précédent dirigé par M. Junod. Professeur de pharmacologie et de toxicologie à la Faculté de médecine, ses recherches touchent le domaine de la toxicité rénale des médicaments et contaminants de l'environnement. Il est membre du Collège d'experts pour la médecine humaine de l'Office intercantonal de contrôle des médicaments.

Walter Wahli,
vice-recteur, chargé de la recherche de la formation postgrade et continue

    Il est professeur de biologie cellulaire et moléculaire à la Faculté des sciences et dirige l'Institut de biologie animale depuis 1980. Spécialiste en génétique moléculaire, ses recherches portent sur la structure chromatinienne et la régulation de l'expression génique par les hormones stéroïdes et par les récepteurs PPARs particulièrement importants dans le contrôle du métabolisme énergétique. Il est membre élu de l'Organisation européenne de biologie moléculaire (EMBO) ainsi que du Conseil national de la recherche.

Jörg Winistörfer,
vice-recteur, chargé des secteurs des enseignants et des bâtiments

    Professeur à l'Institut de géographie de la Faculté des lettres, ses enseignements et ses recherches portent sur le Quaternaire et le glaciaire alpin en relation avec les climats actuels et passés ainsi que sur les écosystèmes fragiles de la zone aride. Engagé depuis 1984 dans un programme d'échanges et de soutien avec le Département de géographie de l'Université de Niamey, il est également responsable du projet de recherche SPP-Umwelt du FNRS et co-requérant d'un projet UNIL-EPFL au Burkina-Faso. Il a été doyen de la Faculté des lettres de 1996 à 1998.

Elue en juin 1998, la nouvelle équipe succède au Rectorat dirigé par M. Eric Junod (Théologie), secondé par les vice-recteurs Pascal Bridel (Droit), Oscar Burlet (Sciences) et Jacques Diezi (Médecine).

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