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De la fumée dans nos yeux |
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Pour rendre une quelconque liberté
de choix à un fumeur ainsi accroché, il faudrait casser
cette dépendance. Et cest là quentre en scène
un nouveau produit miracle : le vaccin antinicotine dont les premiers
tests sur lhomme sont prévus dici 12 à 18 mois,
selon Sil permet de diminuer le nombre de fumeurs de 11 % seulement, ce vaccin antinicotine sera déjà plus efficace que lensemble des soins prodigués actuellement par tous les spécialistes du cancer. Formidable! Pourquoi ny avons-nous pas pensé plus tôt? Réponse aussi prosaïque que stupéfiante : parce que les chercheurs ont eu et ont encore aujourdhui toutes les peines du monde à trouver un financement pour leurs travaux. Une difficulté que nont pas connue les deux firmes américaine et anglaise qui travaillent sur des pistes similaires et qui sont massivement soutenues par les pouvoirs publics. Autre sujet détonnement : les procédés utilisés pour ce vaccin antinicotine pourraient être efficaces quand il sagit de supprimer dautres dépendances, notamment lhéroïne. Mais là, les chercheurs ont carrément jeté leurs seringues à la poubelle parce quils ne trouvaient aucun financement. Au moment où la Suisse envisage
de demander aux caisses maladie de payer des doses dhéroïne
à des toxicomanes, un tel désintérêt pour ce
genre de recherches laisse songeur. Manquons-nous à ce point dimagination
ou daudace dans lattribution de nos aides à la recherche
ou sommes-nous tout simplement incapables dexploiter les possibilités
offertes par notre seule matière première, la matière
grise? Quelle que soit la réponse à cette question, lhistoire
du vaccin antinicotine montre quil faut une vo-lonté farouche
pour faire aboutir une recherche originale. Une volonté au moins
aussi surhumaine que sil sagissait darrêter de
fumer. Et cest bien là quest le problème. Jocelyn Rochat
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