"Mon aile droite est en déroute, mon aile gauche faiblit, mon centre se dérobe. J'attaque!"

Les finances du canton de Vaud sont en difficulté, la situation des étudiants et des chercheurs suisses en Europe est menacée, l'enseignement supérieur n'est plus considéré comme une priorité. L'Université n'a pas le choix: elle doit réaffirmer sans cesse le caractère indispensable et multiple de la formation qu'elle propose, sa volonté d'ouverture internationale et son rôle de service au bénéfice de la société tout entière.

"Allez savoir!", dont le numéro 2 est sous vos yeux, présente diverses activités universitaires sous un regard inédit, à l'intention d'un public élargi. Il est diffusé grâce aux techniques les plus actuelles: le magazine est en effet disponible aussi sur INTERNET. A l'heure où certains doutent de la justification même de l'Université, "Allez savoir!", au même titre qu'"UNISCOPE", a pour but de mieux faire connaître la Haute Ecole vaudoise et ses acteurs.

Mais la communication institutionnelle ne suffit pas: les membres de la communauté académique, les étudiants, les chercheurs, les professeurs sont les meilleurs informateurs sur l'Université et ce qui s'y passe. A eux revient pour une part importante la responsabilité de faire rayonner l'institution à laquelle ils appartiennent.

A Dorigny et dans les hauts de Lausanne, l'UNIL réaffirme jour après jour sa présence et sa vocation d'institution au service du public. C'est le message qu'elle a cherché à diffuser depuis une décennie. En 1987, elle faisait publier un livre dont le titre se passe de commentaire: "L'Université dans la cité". Les auteurs en sont Jean-Christian Lambelet, Antonio Cunha et Christine Delapierre.

La meilleure information du monde peut trouver ses limites, si elle ne s'alimente pas auprès de sources nouvelles. Dix ans après avoir chargé le professeur Lambelet et son équipe d'une première étude, le Rectorat a confié un nouveau mandat à l'Institut CREA de macroéconomie appliquée (Ecole des HEC), dont le directeur n'est autre que Jean-Christian Lambelet. L'objectif de cette nouvelle recherche est de chiffrer dans toute la mesure du possible l'impact de l'Université sur son environnement économique et social.

Chacun sait en effet - ou devrait savoir - que l'Université offre une formation large et diversifiée, dominée par l'éducation au sens critique et à l'indépendance intellectuelle. Chacun devrait être convaincu d'autre part que les personnes bénéficiant d'une formation universitaire possèdent une capacité accrue d'ouverture et d'adaptation au changement. Mais ce sont là des notions abstraites et difficilement quantifiables.

Les flux économiques, industriels et culturels engendrés pas la présence d'une université dans sa région, eux, sont directement profitables à cette dernière. Ils peuvent être analysés, mesurés, démontrés. Il suffit pour se convaincre de l'attrait qu'exerce une université sur les régions qui en sont dépourvues d'observer les ambitions affichées par le Tessin, le Valais ou le canton de Lucerne. L'étude de l'impact économique et social de l'UNIL sur sa région est attendue pour la rentrée. Pour l'heure, conseillons au lecteur de se plonger dans "Allez savoir!". Bonne lecture!

Pierre Ducrey, recteur de l'UNIL