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  Allez savoir ! Le magazine de l'Université de Lausanne
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Édito

 
Jocelyn Rochat, rédacteur en chef
 
Asile, traumatisme et jubilé

Nous vivons, et je le déplore, un siècle irréfléchi. D'un côté, nous sommes entrés massivement dans l'ère des psys qui sont désormais appelés dans toutes les crises que traversent nos sociétés modernes. Ils sont notamment là quand il faut réconforter les passagers d'un avion forcé de revenir à Cointrin parce qu'une fumée suspecte s'est répandue dans la carlingue. Ils sont encore présents quand il faut rassurer les enfants d'un collège, parce qu'un camarade est tombé d'un mur dans le préau. Et bien sûr pour consoler tel candidat qui a été éliminé dans une émission de téléréalité.

D'un autre côté, cette société ultra-psychologisée oublie de fournir l'indispensable béquille aux plus désemparés que sont les requérants d'asile. Nombre d'entre eux nous viennent d'ex-Yougoslavie, d'autres arrivent d'Irak, d'Afghanistan ou d'une autre de ces terres maltraitées par l'histoire et les hommes. La plupart ont vu des meurtres, subi des tortures ou des viols. Et que fait notre société des psys pour traiter les séquelles de ces traumatismes, pour éviter, par exemple, que certains «enfants de la guerre» ne reproduisent ici les mauvais traitements subis là-bas? Rien ou presque, puisque nous en sommes au stade des expériences. La psychologue de l'UNIL Muriel Gilbert a pratiqué l'une d'entre elles (lire notre article en page 46). Elle en a tiré des enseignements utiles, mais qui restent à mettre en pratique à une plus large échelle.

Nous vivons aussi, et je m'en félicite, un siècle vulgarisateur. Il y a dix ans tout juste, les plus fidèles lecteurs d'entre vous découvraient le premier numéro d'«Allez savoir!». Ce magazine initial de juin 1994 qui parlait déjà de la recherche universitaire en évoquant la sieste (bon ou mauvais sommeil?), nos ancêtres les Gaulois ou le rêve américain. Un magazine inaugural qui avait reçu le numéro 0, par prudence et par superstition, parce que nous ne savions pas s'il y en aurait un second.

Dix ans et trente numéros plus tard, «Allez savoir!» jubile et s'offre un petit lifting. Rien de grave, juste quelques pages légèrement remaniées comme la couverture et le sommaire (désormais sur deux pages). Un ravalement de façade qui se poursuivra à l'automne, avec l'introduction de nouveaux espaces consacrés aux publications des chercheurs de l'UNIL et aux conférences organisées sur le site, sans oublier la rubrique Courrier des lecteurs qui fera son apparition dans nos colonnes dès octobre prochain. N'hésitez pas à en profiter, par exemple pour nous dire ce que vous pensez de cette société des psys à deux vitesses.

En attendant, bonne lecture, merci de votre fidélité et, peutêtre, à dans dix ans.

Jocelyn Rochat

 

 
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