Pierre Ducrey, qu'est-ce qui a changé pendant les douze ans que vous avez passés au Rectorat?

Propos recueillis par Jocelyn Rochat et Patricia Brambilla

Après quatre ans comme vice-recteur et huit années au poste de recteur de l'Université de Lausanne (UNIL), Pierre Ducrey a passé récemment le témoin à Eric Junod.
L'occasion d'un coup d'oeil rétrospectif.


As: Durant ces douze dernières années, l'Université de Lausanne a passablement évolué. Quels changements vous paraissent les plus importants?

De quel changement êtes-vous le plus satisfait?

On pourrait encore ajouter que, durant votre <règne>, la consultation des étudiants s'est beaucoup développée...

Le développement de la politique de communication de l'université est un autre héritage caractéristique de votre ère. Peut-être le plus caractéristique...

Pourquoi cette <mediamania>?

Comment passe-t-on du statut de professeur chargé de recherche à celui de gestionnaire de près de 240 millions de francs par année? Ce statut de recteur de milice, dont vous avez fait l'expérience, est-il une bonne solution?

Ça nous amène directement à l'un des grands thèmes du moment: le Rectorat fort. Il y a plusieurs questions à ce sujet. Et d'abord, quels sont les pouvoirs réels du recteur?

Alors, quels sont les obstacles qu'il faut apprendre à enlever du chemin? Le Sénat, les doyens? Les facultés? Les étudiants?

N'est-ce pas douloureux de quitter le monde de la recherche pour entrer dans celui de la gestion? N'avez-vous pas ressenti des frustrations scientifiques?

Durant vos douze ans au Rectorat, la haute école a été touchée par plusieurs courants de pensée. Vous avez notamment vu défiler sous vos fenêtres des féministes, des adeptes de la consultation des étudiants dans la gestion de l'uni, et des défenseurs de l'uni romande... Comme gère-t-on ces nouveautés?

L'uni qui était plus conservatrice, il y a une dizaine d'années, est quand même devenue plus ouverte aux nouvelles idées. Notamment en se dotant d'une charte sur le harcèlement sexuel...

Vous partez au moment où plusieurs gros dossiers sont sur la table: université romande, baisse des crédits pour l'enseignement et la recherche, échanges avec l'étranger pénalisés suite au refus d'entrer dans l'Europe... N'avez-vous pas l'impression de laisser des chantiers en plan?

Question plus personnelle: que devient Pierre Ducrey? Il fait son retour à la recherche, il donne des cours aux futurs recteurs?

Y a-t-il un souvenir, un élément marquant de ces douze dernières années que nous n'avons pas évoqué?