Transparent Transparent Transparent Transparent Transparent
  Allez savoir ! Le magazine de l'Université de Lausanne
Transparent Transparent   Transparent
  Transparent UNIL > Unicom >    
 
Go Edito
Go Religion
Go Psychologie
Go Histoire
Go Interview
Go Sciences
Go Médecine
Go AS en a parlé
Go Impressum
Édito

 
L'édito en PDF (110Ko)
Jocelyn Rochat, rédacteur en chef
 
Le Dieu de George W. Bush

Qu'est-ce qui vous énerve le plus chez George W. Bush? Comme beaucoup d'Européens, vous êtes probablement exaspéré par sa propension à réciter des prières en public et à décrire «urbi et orbi» les bienfaits de l'aide directe que Dieu lui accorderait quotidiennement dans la gestion des affaires américaines et mondiales. Vue d'ici, cette religiosité du président candidat à une réélection paraît trop ostentatoire pour être honnête, et surtout trop meurtrière dans ses effets collatéraux pour ne pas susciter de l'agacement.

Mais au fait, de quel credo parle-t-il? Voilà la découverte qui vous est proposée dans ce numéro d'«Allez savoir!» où nous nous sommes intéressés au protestantisme selon George Bush junior. L'occasion de vérifier (c'est en page 8) que le nouveau «téléphone rouge» qui relie le président au Tout-Puissant n'est pas un héritage de l'Eglise méthodiste à la-quelle il est rattaché, mais plutôt une caractéristique de son ancrage dans la mouvance évangélique.

La distinction n'est pas bénigne. Car ces «réveillés», comme on les appelle ici en souriant, incarnent un futur possible du christianisme. Avec 500 millions d'a-deptes sur deux milliards de chrétiens, contre 4 millions en 1940, la doctrine évangélique est le courant religieux qui progresse le plus dans le monde depuis la Deuxième Guerre mondiale. Il fait mieux que tous les mouvements chrétiens, et même mieux que l'islam. Cela suffit à Harvey Cox, un professeur de théologie à Harvard, pour prédire que ce courant touchera un disciple du Christ sur deux en 2050, et qu'il deviendra la religion dominante du XXIe siècle.

Voilà bien une perspective qui fera frissonner tout ce que l'Europe compte de laïcs et de croyants modérés. Est-elle inéluctable pour autant? Peut-être pas. Car, comme souvent, l'Amérique nous propose simultanément un problème et son antidote. Le remède à George W. et à ses discours illuminés s'appelle «bright». «Bright» comme ce mouvement naissant dont le nom peut désigner «ceux qui ont été enrichis par l'héritage des lumières» comme les Américains «éclairés».

Soutenu par une majorité d'universitaires et de scientifiques des Etats-Unis, ce courant rassemble des athées et des agnostiques, et rêve de trouver un terrain d'entente avec les chrétiens modérés (comprendre par là ceux qui vont à l'église à Noël et à Pâques), pour rappeler ensemble que les Etats-Unis ne sont pas une théocratie.

Cette prise de conscience de tout ce que le pays compte de non-fanatiques suffira-t-elle à faire barrage au candidat George W. Bush? Probablement pas. Mais elle nous donne une indication de ce que pourrait être notre avenir en matière de choix religieux. Il sera «éclairé» ou «réveillé», mais certainement pas paisible.


Jocelyn Rochat

 
Swiss University
Transparent Transparent Transparent
Transparent
Transparent