Le périple d'Alexandre, étape par étape...
1 Genèse à Pella
Alexandre naît à Pella, en 356 avant J.-C. Il est
le fils du roi de Macédoine Philippe II et de sa femme
Olympias, une princesse d’Epire. Son arbre généalogique
l’associe à Héraklès, par son père,
et à Néoptolème, le fils d’Achille,
par sa mère. Très vite, Philippe II prépare
Alexandre à lui succéder. Il lui donne le philosophe
Aristote pour précepteur et lui assure une solide éducation
militaire. Enfin, Philippe, absent durant quelque temps, confie
à son fils de 16 ans la régence de la Macédoine.
De sorte que le jeune homme de 20 ans qui arrive au pouvoir, à
la suite de l’assassinat de son père en 336, n’est
pas écrasé par la tâche qui l’attend.
2 Première victoire au Granique
Alexandre remplace également son père à la
tête de l’expédition en Orient que Philippe
II avait préparée. Au printemps 334, le conquérant
se lance avec 32’000 fantassins et 5-500 cavaliers. Il emporte
de la nourriture pour un mois et dispose de moyens financiers
très limités. Après un arrêt à
Troie, où il fait divers sacrifices sur la tombe d’Achille,
Alexandre se re-trouve pour la première fois face à
l’ar-mée perse. Il met en déroute un en-nemi
supérieur en nombre, au Grani-que, en mai 334. Ce succès
lui ouvre les portes de la ville de Sardes et des villes grecques
de la côte comme Ephèse et Milet, et lui procure
encore l’or nécessaire pour continuer sa route.
3 Issos, face à Darius
Après avoir passé l’hiver dans la ville de
Gordion (où il tranche le nœud gordien), Alexandre
se retrouve une deuxi-ème fois face à l’armée
perse. Mal-gré la présence de Darius, les trou-pes
du Grand Roi sont à nouveau battues à Issos, en
novembre 333. Les Macédoniens mettent la main sur le butin
considérable délaissé par Da-rius qui s’enfuit,
en abandonnant en-co-re sa mère, son épouse et ses
filles. Capturées par Alexandre, ces fem-mes sont traitées
avec beaucoup de considération. Dès lors, plus rien
ne s’oppose à la marche des Macédoniens sur
l’Egypte. Ces derniers commencent par longer les côtes
de la Phénicie (Syrie et Liban actuels), afin de priver
les Perses de leurs ports, et donc abattre leur puissance maritime.
4 Alexandrie d’Egypte
Le conquérant se heurte à une résistance
farouche. La prise de Tyr retar-de la progression de l’armée,
et Alexandre traite les vaincus avec brutalité. Il n’arrive
en Egypte qu’en automne 332 et commence par fonder une nouvelle
ville, Alexandrie, dans le delta du Nil. Puis il s’enfonce
dans le désert pour aller consulter l’oracle d’Amon,
à Sioua. Après cet épisode, la marche du
conquérant semble prendre une dimension différente.
Lui qui était parti pour une expédition de «libération»
des villes grecques placées sous le joug perse, développe
désormais un projet plus global. Il se présente
comme le repreneur de l’ensemble de l’empire de Darius.
5 Gaugamèles, la défaite finale de Darius
Battu à deux reprises, le roi des Perses mobilise toutes
les troupes disponibles et s’installe dans la plaine de
Gaugamèles, qui doit lui permettre d’utiliser au
mieux sa supériorité numérique et ses terrifiants
chars à faux. C’est l’une des grandes batailles
rangées de l’histoire qui s’engage le 1er octobre
331. Elle tourne à l’avantage des hommes d’Alexandre,
qui s’écartent au passage des chars perses et criblent
les conducteurs de flèches. Darius, menacé physiquement
par unecharge d’Alexandre en personne, s’enfuit une
fois de plus. La route de Babylone est ouverte.
6 La mort de Darius
En entrant dans les grandes capitales perses de Babylone, puis
de Suse et enfin de Persépolis qu’il atteint en janvier
330, Alexandre récolte des tonnes d’or, la plupart
du temps sans combattre. S’ensuit une longue poursuite,
d’abord de Darius, puis des satrapes orientaux qui ont assassiné
le Grand Roi et qui cherchent à le remplacer. Elle emmène
Alexandre jusqu’en Ouzbékistan et au Tadjikistan
actuels, via l’Iran. Durant cette période, le conquérant
doit faire face à la grogne de ses soldats qui voudraient
rentrer au pays. Malgré ces péripéties, l’objectif
est atteint en 328-: les satrapes orientaux se rendent. Alexandre
a conquis l’ensemble du royaume de Darius.
7 L’Inde et les éléphants du roi
Poros
Au printemps 327, Alexandre quitte Bactres pour se diriger vers
l’ouest de l’Inde, en franchissant notamment la passe
de Khyber, entre l’Afghanistan et le Pakistan. De l’autre
côté du fleuve Hydaspe, il y a Poros, un roi indien
qui a refusé de se soumettre et qui l’attend avec
des éléphants. La bataille s’engage et Alexandre
l’emporte une fois de plus, grâce notamment aux archers
à cheval recrutés en Asie. Après cette nouvelle
percée, le conquérant fonde plusieurs villes, dont
une Alexandrie Bucéphale (Djelapour) dédiée
à son cheval.
8 Forcé de faire demi-tour
Alexandre songe alors à poursuivre sa route à l’Est,
vers de nouvelles contrées mal connues, car, nous dit l’historien
antique Arrien, «il ne considérait pas la guerre
comme terminée tant qu’il subsisterait quelque chose
d’hostile». Mais cette fois, ses soldats refusent
de le suivre. Invaincu par l’ennemi mais forcé de
capituler devant une révolte des siens, Alexandre doit
faire marche arrière. Il rentre via l’océan
Indien, qu’il atteint en descendant le fleuve jusqu’à
Pattala où il arrive en janvier 325. En décembre,
le retour vers la Perse est décidé. Il se fait sur
terre et sur mer, et représente une partie très
meurtrière du périple, suite à de nombreux
affrontements avec les autochtones.
9 Un empire ébranlé
De retour à Persépolis, Alexandre dé-couvre
la fragilité de son empire. Il fait exécuter plusieurs
responsables qu’il avait précédemment placés
à la tête des territoires conquis et qui ont failli.
Par ailleurs, ses initiatives visant à faire cohabiter
au mieux ses soldats et les divers peuples de l’empire de
Darius ne cessent d’inquiéter les Macédoniens,
qui critiquent l’«orientalisation» de leur général.
10 Epilogue à Babylone
De retour en Babylonie, Alexandre lan-ce les préparatifs
en vue de sa pro-chai-ne campagne qui doit viser la cô-te
arabe du golfe Persique. Mais à la fin 324, le conquérant
voit son com-pagnon Héphestion, «celui qu’il
ai-mait le plus», mourir de maladie. Cet-te disparition
annonce la sienne, puisque Alexandre rejoint son ami dans l’au-delà
en juin 323, à la suite d’une probable malaria. Comme
il n’a pas désigné de successeur, son empi-re
éclate au fil des guerres de succession. L’un de
ses généraux, Ptolé-mée, s’empare
de son sarcophage et l’emmène en Egypte, à
Alexandrie. Si l’existence de ce tombeau est attestée
jusqu’au IIIe siècle de notre ère, il a sans
doute été pillé très tôt et
l’on n’en a pas retrouvé de trace archéologique
Jocelyn Rochat