Qui
est alcoolique?
Etes-vous gros buveur ou alcoolique (voire alcoolo-dépendant,
selon le terme moins stigmatisant que préfèrent les
professionnels)? Voici les critères établis par l’OMS
à l’in-tention des médecins cen-sés ré-pondre
à cette question. Pour diagnostiquer avec certitude un syndrome
de dépendance, par exemple à l’alcool, il faut
que trois des six manifestations suivantes aient été
présentes en même temps du-rant la dernière
année chez un patient-:
– un désir puissant ou compulsif de
boire de l’alcool
– des difficultés à contrôler
l’utilisation de cette substance psycho-active (difficulté
à gérer le début ou l’interruption de
la consommation, ou difficulté à fixer des niveaux
de con-sommation)
– l’apparition d’un syndrome
de se-vrage physiologique quand le buveur diminue ou interrompt
sa consomma-tion d’alcool
– la mise en évidence d’une tolérance
aux effets de la substance-: le sujet a besoin d’une quantité
d’alcool plus importante pour obtenir l’effet désiré
– l’abandon progressif des autres sour-ces
de plaisir et d’intérêt au profit de la substance
psycho-active, avec augmentation du temps passé à
se la procurer, à la consommer ou à récupérer
de ses effets
– la poursuite de la consommation d’alcool,
malgré l’apparition de conséquences manifestement
nocives.
A noter que la ré-duction des modes de consommation (par
exem--ple la tendance à consommer tous les jours la même
quantité d’alcool) a encore été décrite
comme une ca-ractéristique d’un syndrome de dépendance.
De son côté, Jean-Bernard Daeppen souligne enfin que
cette liste de manifestations ne sert pas seulement à diagnostiquer
l’alcoolisme, mais qu’elle permet encore de détecter
des dépendances à toutes les substances psycho-actives
telles que le tabac, les opiacés, la cocaïne, le cannabis
ou les tranquillisants.
Geneviève Brunet |