Certaines évaluations de campagne de prévention ont montré une efficacité très modeste, qu'il s'agisse du tabac, de l'alcool ou du sida. Il est donc très important de cibler la prévention, coller des affiches ne suffit pas», constate Monique Bolognini.
«On sait par ailleurs que l'information basée sur les conséquences négatives n'a aucun effet, ajoute Bernard Plancherel. Aux Etats-Unis, en matière de tabagisme, on cherche le salut par l'exemple en ayant recours dans les classes à un leader non-fumeur, avec l'espoir que les jeunes vont s'identifier à lui.
La prévention vise maintenant davantage à réinsérer les jeunes, au niveau scolaire ou professionnel, et à améliorer l'estime de soi. L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) a lancé récemment un programme qui poursuit ces objectifs. Et à Lausanne, la Maison des jeunes, un foyer pour adolescents, propose, dans un cadre ouvert, diverses activités sans rapport direct avec le contenu des comportements mais dont le but est aussi la réinsertion.»
Sensibiliser les enfants
La prévention doit également être très précoce : «La consommation de substances est liée à celle de cigarettes. Les jeunes qui commencent à consommer très tôt ont tous fumé des cigarettes au préalable, vers neuf, dix ans, constate Monique Bolognini. Cela ne veut pas dire qu'en consommant des cigarettes, on devient consommateur de substance mais c'est un prérequis. Il est rarissime de passer directement au cannabis. Les enfants doivent donc être sensibilisés très tôt à ce genre d'acte «innocent» qui consiste à fumer une clope de temps en temps.» Enfin, toutes les stratégies qui visent à coordonner les interventions sont les bienvenues.
«Une équipe vient d'être mandatée à Lausanne pour travailler dans cette direction, poursuit la sociologue. Notre système est tel que de nombreuses institutions et personnes - médecin, psychologue, éducateur - interviennent en ordre dispersé. Il s'agit d'éviter que le jeune se balade de l'un à l'autre tout en maintenant un comportement qu'on cherche à modifier.»