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  Allez savoir ! Le magazine de l'Université de Lausanne
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Édito

 
Jocelyn Rochat, rédacteur en chef
 
Oubliez ce que vous avez entendu sur l'Ancien Testament

J’ai une confession à vous faire. J’ai toujours eu de la peine avec les lectures de l’Ancien Testament entendues le dimanche au culte.

Parce que je n’ai jamais compris ce dieu capable de noyer la terre sous un déluge interminable quand il ne pétrifiait pas des villes pécheresses. Si j’arrivais à imaginer que YHWH ait pu engloutir dans la mer l’armée égyptienne lancée à la poursuite du peuple d’Israël – après tout, il a bien tenté de prévenir le pharaon via Moïse et les sept plaies d’Egypte –, je n’ai jamais éprouvé la moindre communion d’esprit avec ce dieu vindicatif et colonisateur qui faisait tomber les murailles de Jéricho au son des trompettes, afin de dépouiller ses habitants d’un territoire qu’il destinait à ses adorateurs.

Autant dire que, pour moi, ce dieu colère de l’Ancien Testament est resté un mystère pendant plusieurs décennies. YHWH pouvait être impressionnant et certainement terrifiant, il restait impossible de lui adresser la moindre prière.

Sans doute une crainte diffuse de recevoir la foudre en retour ou d’être transformé en statue de pierre au moindre faux pas.

Ironie mise à part, cette époque est révolue. Car ce numéro d’Allez savoir! apporte une révélation à tous ceux qui sont dans mon cas. Les archéologues qui sondent les terres d’Abraham, de Moïse et du roi David, comme les exégètes de la Bible dont fait partie le professeur Thomas Römer de l’Université de Lausanne, vous proposent désormais une autre manière de lire l’Ancien Testament.

Dans cette relecture à découvrir en page 26 de ce magazine, le dieu guerrier glorifié dans les premiers livres de la Bible n’engloutit plus les troupes du pharaon dans la mer. Pour la simple et bonne raison qu’un tel épisode est impensable, historiquement parlant. Ce dieu colonisateur se voit même offrir un alibi pour la bataille de Jéricho, puisque celle-ci n’a, selon toute vraisemblance, jamais eu lieu. Les archéologues et les exégètes de la Bible nous apprennent enfin que des épisodes dramatiques comme le déluge et les interventions divines dans diverses opérations militaires humaines sont très probablement des inventions venues de Mésopotamie qui ont fini par influencer les rédacteurs de l’Ancien Testament.

Bref, pour ces raisons et beaucoup d’autres encore, les archéologues et les exégètes nous prouvent désormais par a + b qu’il n’est plus possible de lire les premiers livres de la Bible à la lettre. Et c’est une excellente nouvelle. Pour notre sérénité, le dimanche à l’heure du culte, et parce que nous traversons une époque où les interprétations fondamentalistes n’ont jamais été aussi influentes. Une époque perturbée où ce message rationnel n’a, sans doute, jamais été aussi nécessaire.

Jocelyn Rochat

 
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