Edito

    Le laborantin, le chasseur, les animaux et nous

      Où en est l'homme de la fin du vingtième siècle dans ses relations avec les animaux? Une thèse de l'Ecole des HEC relativement optimiste quant à l'avenir de l'industrie de la fourrure) et un mini-symposium du Département de pharmacologie et de toxicologie consacré aux méthodes de substitution à l'expérimentation animale ont récemment abordé cette question controversée.

      On y a notamment appris que, grâce à un appareil sophistiqué développé par un chercheur de l'ISREC (Institut suisse de recherches expérimentales contre le cancer), il est désormais possible de renoncer à certaines expériences sur les animaux. Un progrès qui permet d'épargner plusieurs centaines de souris chaque année.

      La méthode de substitution comporte cependant quelques inconvénients: elle est plus lente et beaucoup plus coûteuse, entre dix et vingt fois plus chère que le recours aux animaux de laboratoire. Malgré le soutien financier de plusieurs associations antivivisection ou de protection des animaux, tous les frais supplémentaires occasionnés ne sont pas couverts.

      Dans le cas de la fourrure, on découvrira dans les pages qui suivent que la protection intégrale des animaux sauvages (il s'agit d'espèces qui ne sont pas en voie de disparition) met en péril 60'000 familles Inuit et amérindiennes établies dans des réserves du Nord de l'Amérique, dont la chasse t constitue la culture et le mode de subsistance depuis des centaines d'années.

      L'homme occidental, qui est la principale cible des campagnes publicitaires des lobbies antifourrure, hésite désormais entre deux manières d'avoir mauvaise conscience. Entre le souci légitime du bienêtre des espèces sauvages et le respect des traditions de populations natives que les colons occidentaux ont déjà massacrées et parquées dans des réserves par le passé, il faut bien faire un choix.

      L'annulation d'un salon international sur la fourrure prévu initialement à mimars à Lausanne (suite notamment à une pétition réunissant les signatures de plus de 40'000 opposants), devrait, nous l'espérons, permettre une lecture plus sereine des travaux et réflexions dont ÇAllez savoir! È se fait largement l'écho dans ce numéro.

      N'étant pas tout à fait "politiquement corrects", ils ont l'avantage d'échapper à la pensée unique et de stimuler la réflexion. Et ce en sachant que, comme le répétait volontiers Oscar Wilde, "la vérité est rarement pure et jamais simple".


    Jocelyn Rochat


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