Jocelyn Rochat
L'été arrive, donc, à nous la science, l'histoire, la zoologie et les classiques de la littérature placés depuis des mois sur la pile des livres à lire dès que possible. Mais faut-il, pour trouver son nouveau bonheur, partir pour Antibes (et visiter son Musée Picasso), San Francisco (et découvrir ses musées des pompiers et de la bande-dessinée), Santorin (et flâner sur son site archéologique de l'Atlantide, doublé de visites du volcan en sommeil), l'Afrique (et faire des centaines de photos d'éléphants dans les réserves naturelles) et autres Key West (pour, bien sûr, visiter la maison d'Hemingway)? Pas forcément. Le dépaysement, la détente, l'enrichissement et la culture se découvrent aussi à côté de chez nous. Par exemple, en prenant la file avec les 288 milliers de touristes qui, chaque année, visitent le Château de Chillon. Un monument qui fait tellement partie du décor qu'on en imagine davantage le passé paisible qu'on ne le connaît vraiment.
Variante bucolique: le pique-nique dans les forêts qui entourent la Vallée de Joux, histoire d'observer les colonies et la course organisée des fourmis, qui, à cette époque de l'année, se voient pousser des ailes. Cette occupation, appelée myrmécologie, est encore praticable sur la plupart des lieux de vacances: les fourmis ont en effet l'habitude de se rendre sur les sites touristiques dont elles apprécient, comme nous, la chaleur et l'humidité.
La mode des vacances intelligentes, devrait, finalement, transformer «Allez savoir!» en compagnon de voyage quasi indispensable. Puisque lui aussi ne cherche qu'à, selon la formule consacrée, informer en distrayant.
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