Les crânes déformés

Les archéologues identifient les premiers cimetières burgondes grâce à la présence d'individus au crâne déformé. La majorité des ossements particuliers ont été découverts sur les rives du Léman, notamment à Genève, Nyon, Genolier, St-Prex, Lausanne et La Tour-de-Peilz.

Une coutume barbare voulait en effet que le crâne des enfants soit déformé pour des raisons esthétiques. Les ossements modifiés proviennent en majorité de femmes. Cette pratique venue d'Orient avait cours chez les peuples nomades. "Il est donc tentant de supposer que ces crânes déformés ont appartenu à des individus étrangers qui se sont associés aux Burgondes par mariage, dit Justin Favrod. On peut penser aux Alains, peuple d'origine iranienne qui est entré en contact avec les Burgondes sur le Rhin. Les Burgondes n'étaient en effet pas un peuple au sens génétique. Toute personne qui reconnaissait les rois et les lois burgondes faisait partie du peuple." Quoi qu'il en soit, cette pratique de la déformation des crânes n'a pas perduré. Elle semble même disparaître très rapidement dès la fondation du royaume.


Service de presse de l'UNIL


Last modified: 7.10.1996