Le mystère Shakespeare

Quinze publications lui sont consacrées chaque jour: essais, gloses et interprétations de toutes tendances, adaptations théâtrales et cinématographiques par centaines... Shakespeare demeure l'auteur le plus commenté et le plus joué au monde. Mais dès lors qu'on s'attache à sa biographie, tout n'est plus que conjectures...

l'exception de sa naissance à Stratford-sur-Avon un 26 avril 1564, le personnage privé échappe à l'investigation... Son nom d'abord: Shakspere, Shaxper, Shagsberd ou Shakespeare? Là-dessus, on perd toute trace de lui jusqu'à l'âge de 28 ans. Shakespeare n'a probablement jamais fréquenté l'université et Ben Jonson a écrit qu'il "savait peu de latin et encore moins de grec", phrase qui donne lieu à diverses interprétations. Et alimente la controverse dite des "anti-stratfordiens", apparue au XIXe siècle, selon laquelle Shakespeare, paysan illettré mais fortuné, aurait fait écrire ses uvres par un nègre.... Les anti-stratfordiens ont déniché des dizaines de prétendants potentiels, du philosophe Francis Bacon à... la Reine Elisabeth, en passant par le Comte d'Oxford, le Comte de Derby et la plupart des pairs du royaume, voire Christopher Marlowe...

Homme fruste ou génie?

Homme fruste, peu instruit et donc inapte à la spéculation intellectuelle aux yeux des sceptiques, Shakespeare est perçu par les autres comme un autodidacte de génie à la curiosité universelle. Les lacunes de sa biographie ne laissent guère d'espoir d'éclairer le débat. On ne résistera donc pas à citer le trait de George Bernard Shaw: "Les pièces de William Shakespeare n'ont pas été écrites par William Shakespeare mais par quelqu'un qui s'appelait également William Shakespeare".

Unique apport de la science à la connaissance du grand William, les recherches récentes menées conjointement en Allemagne par un professeur de littérature et les spécialistes de la police criminelle. Elles ont permis d'authentifier, selon la méthode du portrait-robot, trois effigies du dramaturge. Le buste érigé sur sa tombe à Stratford, une gravure du peintre néerlandais Martin Droeshout et un masque mortuaire conservé à Darmstadt, près de Mayence, représentent bien une seule et même personne. Là-dessus, les experts de Wiesbaden ont distingué, près de l'il gauche, une sorte de furoncle. Diagnostic: le syndrome de Miculicz, cancer des glandes lacrymales, serait à l'origine du décès de Shakespeare, survenu en 1616...

V.Z.



Last modified: 7.10.1996