D'ERASMUS à SOCRATES

      ERASMUS, c'était sur le plan européen un programme coordonné de mobilité pour l'enseignement supérieur. Il permettait aux étudiant(e)s bénéficiaires d'un subside de séjourner 3 à 12 mois au sein d'une haute école partenaire de la leur, dans le cadre d'un Programme interuniversitaire de coopération (PIC). Un des objectifs initiaux (10% d'étudiants mobiles en Europe) n'ayant été qu'à demi atteint, un nouveau programme a vu le jour.

      Si les étudiants n'allaient pas à l'Europe, l'Europe viendrait aux étudiants, sous les formes notamment d'échanges de professeurs, d'écoles d'été, de cours à thématique européenne et d'enseignement à distance. Ainsi, dès 1997/98, SOCRATES remplacera ERASMUS qui se trouve intégré dans la structure de son successeur.


      Entretien avec Antoinette Charon, adjointe du Rectorat aux relations internationales:

      Qu'apporte selon vous le nouveau programme européen SOCRATES?

      Pour nous, il aurait plutôt tendance à compliquer le travail! Dans ERASMUS, les contrats d'échanges se préparaient entre enseignants, avant d'être approuvés à Bruxelles. Cette année, chaque haute école a dû rassembler au sein d'une demande de contrat unique l'ensemble de ses activités européennes pour 1997/98. L'approche est donc indéniablement centralisatrice. Les universités doivent négocier des accords bilatéraux avec les partenaires des anciens réseaux ERASMUS. Là où un seul accord suffisait pour se lier à dix universités, il est nécessaire aujourd'hui d'en conclure une dizaine et pour 1997/98, l'UNIL va devoir signer 115 accords bilatéraux... La participation non officielle suisse en 1997/98 sera financée par la Confédération et, comme avec ERASMUS, des bourses seront toujours à disposition des candidats.

      SOCRATES propose, par ailleurs, de nouvelles activités intéressantes pour l'UNIL, tels les "détachements" d'enseignants (1 à 8 semaines). Pour 1997/98, il n'y a pas moins de 43 projets d'échange d'enseignants prévus. Augmentation substantielle: l'an dernier, seuls 3 profs de l'UNIL avaient fait le pas par ERASMUS! Nouveaux également, les cours intensifs et les postgrades européens dans des domaines aussi divers que la modélisation informatique (sciences de la terre), les études shakespeariennes ou le droit européen.

      Et pour les étudiants?

      Ils sont chaque année plus nombreux à vouloir partir à l'étranger et pour 1997/98 nous espérons pouvoir leur offrir encore plus de places que sous ERASMUS, ainsi que de nouvelles destinations dans de nouveaux domaines. Mais il y a aussi quelques problèmes, notamment la difficulté croissante à obtenir que des étudiants suisses aillent dans des universités anglaises ou irlandaises, sans payer des finances d'inscription prohibitives. C'est pourquoi l'UNIL tente de consolider ses contacts avec le reste du monde anglophone (USA, Australie, Afrique du Sud).

      L'autre grand changement est l'introduction généralisée d'ECTS, prévue pour 1997/98.

      ECTS, c'est quoi?

      Une abréviation qui signifie European Credit Transfer System ou 'Système européen de transferts de crédits capitalisables'. Il s'agit d'un procédé censé faciliter la reconnaissance des séjours d'études effectués dans une autre université. Le principe est le suivant: chaque cours, séminaire ou travail personnel est doté d'un nombre déterminé de crédits, qu'il faut obtenir pour valider son séjour. On vise d'autre part une certaine transparence: ainsi, chaque offre de cours doit être assortie d'un descriptif précis qui permette d'organiser au mieux études et séjour. A Lausanne, on prévoit l'introduction du système de crédits dans toutes les facultés pour la rentrée 1997/98, sauf en Médecine et HEC, où ce système est déjà en vigueur. Cette évolution devrait également faciliter le passage entre les diverses voies d'études au sein de l'UNIL.



      Last modified: 7.10.1996