Les indices laissés dans la voiture
Les peintures automobiles en criminalistique
Dans le
domaine des voitures toujours, les traces de peinture sont des
indices importants pour les enquêteurs qui disposent de
méthodes d'analyse de plus en plus fines et d'un
appareillage moderne qui laissent moins de place que
naguère à l'incertitude. C'est ce que tend
à démontrer une autre thèse, "Les
peintures automobiles en criminalistique", de Geneviève Massonnet.
Les fabricants de voitures procèdent en général de la même façon pour peindre les carrosseries. La démarche tient en quatre étapes. La première est une phase de préparation et de nettoyage, notamment par phosphatage. La deuxième consiste à appliquer une couche d'accrochage; suit une couche d'apprêt qui précède la couche de finition. L'épaisseur finale des quatre couches est la plupart du temps inférieure à deux-dixièmes de millimètre. L'analyse des peintures bénéficie, comme on l'a dit, de tout un arsenal de moyens dont le choix dépend de plusieurs facteurs, comme la quantité et la forme des échantillons disponibles (éclats ou restes d'abrasion), leur couleur et le but recherché.
De l'importance des couches de peinture
Viennent ensuite une série de tests plus élaborés qui vont de la pyrolise et la chromatographie en phase gazeuse à l'activation neutronique, en passant par la fluorescence X. "La spectrométrie infrarouge tient une place de choix dans cet arsenal pour ce qui est de l'analyse et de l'identification des composés principalement organiques présents dans les peintures", explique Geneviève Massonnet. Non destructive, rapide et facile d'emploi, elle est considérée comme l'"empreinte digitale" du composé.
C'est à ce travail d'analyse sur des peintures de
différentes provenances mais de même couleur que
s'est livrée la jeune scientifique, afin de
déterminer le "pouvoir discriminatoire" de chacune des
techniques, et ensuite de choisir la série la plus
appropriée à chaque cas.
Il s'agissait enfin pour elle de jeter les fondements d'une
base de données informatisée permettant, à
partir d'un éclat de peinture, de retrouver la marque et
éventuellement le modèle de voiture. C'est bien
sûr le cas de l'accident de circulation avec délit
de fuite qui est ici visé.
Déterminer la marque du véhicule dans 90% des cas
Seconde bonne surprise: des tests à l'aveugle, réalisés sur la base de seulement quinze peintures de même couleur, ont permis de déterminer dans treize cas sur quinze la marque d'un véhicule dans le cas d'éclats de provenance inconnue. "Ces résultats, écrit Geneviève Massonnet, tendent à prouver qu'un faible nombre d'échantillons, déterminé en fonction des variations introduites dans les diverses chaînes de montage par les producteurs d'automobiles, peut être utilisé pour la création d'une base de données représentative du parc automobile suisse."