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première attraction touristique d'Europe, a échappé à la faillite.

par Jocelyn Rochat, journaliste RP

 

 

Après cinq années d'exploitation, le parc d'attractions géant de Marne-la-Vallée a connu tous les états d'âme. Débuts en fanfare, premiers résultats calamiteux, plan de restructuration, licenciements par centaines, européanisation de la gestion, puis une lente remontée vers les premiers bénéfices. Depuis peu, Euro Disney a un avenir. Explications.

Cet été, Disneyland Paris, l'ex-Euro Disney, jubile. Parce que le parc d'attractions célèbre ses cinq années d'existence, et parce que l'antenne européenne de la Walt Disney Company commence enfin à récolter quelques bénéfices après plusieurs déficits records.

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Si le dépôt de bilan a même été envisagé, cette solution a vite été écartée: pas question de laisser tomber un site qui a attiré 11 millions de visiteurs la première année et qui a valu à l'économie française un apport en devises touristiques de 5 milliards de francs français (réd. tous les chiffres sont donnés en francs français; à l'heure où nous rédigeons, le change est de quatre FF pour un franc suisse), près d'un milliard en recettes fiscales et 47'000 emplois directs et indirects.

 

Euro Disney, un cas d'école

Mais avant de retrouver un pâle sourire, les responsables du parc sont passés par tous les sentiments.

Comment expliquer un départ aussi chaotique?

Le parc a-t-il une chance de devenir rentable un jour, malgré ses 15 milliards de FF de dettes?

C'est notamment pour répondre à ces questions que des chercheurs de l'Ecole des HEC de l'Université de Lausanne ont enquêté sur place.

Autre objectif avoué par Francis Léonard et Alexandra Etienne-Benz: tirer de la matière d'enseignement de ces fréquentes visites dans le temple du divertissement. "Parce que cette entreprise fournit un formidable cas d'étude des problèmes de gestion multiculturelle", souligne Francis Léonard. "C'est encore une entreprise qui se veut évolutive, qui a été contrainte de l'être et qui y parvient.

Tout notre intérêt scientifique et académique pour cette entreprise tient aussi au fait que c'est un lieu d'expérience, d'évolution et de remise en cause permanente", ajoute Alexandra Etienne-Benz.

Le professeur de marketing et la chargée de cours et consultante chez Arthur D. Little International ont publié une étude de cas consacrée au parc d'attractions en 1994.

Un travail dont une version réactualisée doit sortir de presse en juin 1997.

 

 

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D'EuroDisney à Disneyland Paris

Disneyland Paris en chiffres

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Un avenir, malgré tout

Sous de nombreux aspects, l'expérience Euro Disney fait penser à Eurotunnel. Grand rêve, projet viable mais gestion chaotique, et, finalement déficit vertigineux. "C'est vrai. Eurotunnel est aussi une réalisation géante dans laquelle le montage financier initial n'est pas sain: il n'y a pas assez de fonds propres, note Alexandra Etienne-Benz. Et Eurotunnel est aussi un de ces projets pseudo-privés où l'intérêt est tellement stratégique que les Etats sont derrière et que les banques s'engagent parce qu'elles se sentent garanties par l'Etat. C'est typique de la France et des grands pays latins. le gouvernement dit "Je veux" et tout le monde suit."

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Après l'an 2000, il est possible que la Walt Disney Company doive mettre un peu d'eau dans son vin. Au niveau financier comme pour ce qui est de l'indépendance à accorder aux nouveaux dirigeants européens, qui ont succédé aux Américains lorsque la catastrophe menaçait. Mais la chance de Disneyland Paris, estime Alexandra Etienne-Benz, c'est que ni la maison-mère aux Etats-Unis, ni les banques, ni les politiques qui ont souhaité son arrivée, ne laisseront tomber.

Pour en savoir plus sur Disneyland Paris, visitez son site WWW

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