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24 mars - 13 avril 1999

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Le rêve des Etats généraux
Etudier vraiment pour soi
Au service des enseignant-e-s
L'Institut Benjamin Constant fête ses 20 ans
A la découverte des peintres du Chablais


Le rêve des Etats généraux

La base - comprenez: les étudiants, le personnel administratif et technique, le corps intermédiaire et une partie du corps professoral, bref ceux qui, en général, n'ont que peu de pouvoir de décision dans le monde universitaire actuel - prendra la parole le 25 mars, à l'occasion des Etats généraux, où l'on débattra du rapprochement UNIL-UNIGE-EPFL.

Une journée sans cours pour discuter, repenser, proposer, débattre de l'avenir des hautes écoles lémaniques. Le Rectorat a donné son accord et même son soutien à la manifestation. Cela à de quoi surprendre lorsque l'on sait que le projet de rapprochement a été préparé dans le secret des alcoves rectorales et politiciennes. Qu'à cela ne tienne, si certains pessimistes n'y voient qu'un alibi de participation, un débat déjà oublié à l'aube du 26 mars, les rêves les plus fous sont encore permis... Et nos chefs, peut-être, se rallieront à certa

Sophie Vassaux

Etats Généraux pour tous

Le 25 mars prochain auront lieu simultanément à Lausanne et à Genève des Etats généraux. L'occasion pour chacun de s'exprimer à propos du rapprochement des Universités de Lausanne et de Genève, mais aussi de l'avenir de ces institutions dans un paysage universitaire helvétique en pleine mutation.

Organisés par la FAE (Fédération des associations d'étudiants) et la CUAE (Conférence universitaire des associations d'étudiants), les états généraux sont soutenus par les Rectorats de Lausanne et Genève, qui, pour l'occasion, suspendent les cours afin que tous les membres de la communauté universitaire puissent y participer.

Pour préparer ce grand débat et poser les bases d'une discussion concernant les questions du rapprochement Lausanne-Genève, de l'avenir général de l'université, mais aussi de certains problèmes récurrents (encadrement et organisation interne, offre de formation, harmonisation des statuts et des règlements, etc.), quatre groupes de travail se sont constitués et réunis à plusieurs reprises. Ils représentent tous les membres de la communauté universitaire (corps intermédiaire, étudiants, corps professoral et personnel administratif et technique). Leurs discussions serviront à mettre en avant une diversité de points de vue. Pour Gilles Pierrehumbert, secrétaire général de la FAE, «il est important de faire participer aux Etats Généraux la communauté universitaire entière, et en particulier les gens que l'on a pas souvent l'habitude d'entendre».

La journée se déclinera en trois temps: le matin s'ouvrira sur une synthèse des discussions des groupes de travail, puis des intervenants extérieurs (du CHUV ou de l'étranger) viendront faire part de leurs expériences afin d'élargir le débat. L'après-midi sera consacré à la mise en place d'une plateforme de revendication qui devrait aboutir à des propositions concrètes communes avec Genève.

L'idée d'Etats généraux a été lancée en automne 1997 déjà. La FAE et la CUAE dénonçaient alors la politique d'information des Rectorats demandant une meilleure participation de la base au processus de rapprochement. Depuis, les choses ont changé puisque le rapprochement semble imminent. Les débats initialement prévus se sont donc trouvés élargis aux questions de l'avenir général des universités lémaniques.

Les Etats généraux ont eu lieu le 25 mars dès 8h30 à l'auditoire 1031 du BSFH2.ines propositions fraîches et nouvelles émanant de la base.

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Etudier vraiment pour soi

 Photo Alain Herzog, 1999

Pour la majorité des étudiants, il est difficile de concevoir d'étudier sans passer d'examen et sans obtenir de papier. C'est pourtant ce que font les auditeurs. L'Uniscope s'est penché sur les motivations de ces étudiants qui ont choisi d'apprendre sans compétition.

Pour bénéficier du statut d'auditeur, il suffit de s'inscrire avant le début des cours et de payer bien évidemment 150 francs par semestre. Mais les personnes au chômage ainsi que les enseignants du secondaire vaudois disposent d'un rabais appréciable puisque la taxe semestrielle est ramenée à 30 francs. Dans ce cas, le statut d'auditeur est compris dans leur formation continue.

Toutefois, l'accès à l'Université est assez restrictif. Les auditeurs n'ont accès ni aux séminaires, ni aux exercices, ni aux travaux pratiques, laboratoires et cliniques. Certaines branches leur sont tout à fait fermées comme la Faculté de médecine, la section de pharmacie et l'Ecole de Français moderne. «Les cours EFM sont conçus pour des petits groupes» explique Jocelyne Schenk. «Si nous acceptions des auditeurs, il est fort probable que nous aurions trop de gens qui préféreraient les cours de l'uni, plus complets et moins chers, à ceux des écoles de la place.» Enfin, leur admission à l'Institut de police scientifique et à la Faculté des sciences est soumise à autorisation de la part de la direction.

«Il faut comprendre que nous ne pouvons admettre des étudiants à cause du secret médical», explique Gisèle Maradan qui est adjointe de faculté en médecine. «En effet, dès la troisième année, les étudiants ont des présentations de cas. C'est pourquoi nous devons refuser les auditeurs, même s'il nous arrive souvent d'avoir des demandes pour un cours spécifique.» Il faut dire aussi que les cours de médecine de première et deuxième années sont trop fréquentés pour pouvoir faire de la place à des auditeurs...

Pour le semestre d'hiver 1998, l'UNIL a accueilli 105 étudiants-auditeurs qui proviennent en majorité de Suisse (à 90%). On compte toutefois quelques étudiants venus d'Europe (France, Belgique, Italie, Lettonie) mais aussi d'ailleurs (USA, Australie, etc). Une constatation s'impose: la majorité des auditeurs viennent du monde occidental. Le Service des immatriculations ne dispose pas de statistiques sur la durée moyenne des études des auditeurs. «On sait en revanche que certaines personnes sont là depuis dix ans» note Elisabeth Ferrajoli.

En moyenne, les auditeurs sont plus âgés que les étudiants. La benjamine des auditeurs qui se sont inscrits en hiver 1998 a 18 ans. Sur 105 inscrits, 11 sont nés après 1975 et 45 nés avant 1950. Mais ces chiffres sont peut-être trompeurs. «Un jeune peut tout à fait suivre des cours sans s'inscrire. Il y a fort peu de chances pour qu'il se distingue de la masse des étudiants» remarque Jean-Pierre Girardin, adjoint de la Faculté des sciences. On dispose de très peu de statistiques ou d'études sur les auditeurs. Claude Roulin, responsable du Service d'orientation, n'a jamais été confronté à une demande de conseil d'un auditeur. «C'est un groupe qui nous est totalement inconnu.»

Quelles sont les motivations des auditeurs? Un très grand nombre s'inscrivent en Lettres. «La plupart font cela pour s'occuper» confie une auditrice d'un certain âge. «J'étudie pour garder l'esprit alerte» dit un autre. Les motivations peuvent cependant varier d'une faculté à l' autre. Nady Vocat qui travaille à la Faculté de droit a souvent des téléphones de gens qui veulent s'inscrire comme auditeurs. «Il s'agit généralement de gens qui travaillent et qui auraient besoin d'acquérir des bases juridiques. Mais tous ne s'inscrivent pas, beaucoup y renoncent.»

Les femmes forment une part importante des effectifs. En 1998, elles représentaient 65% des inscrits. Peut-on en conclure que ce statut permet aux femmes de suivre les études qu'elles n'ont pas pu faire? Pas vraiment puisque la plupart ont déjà bénéficié d'une formation supérieure. Si les Lettres attirent des retraités désireux d'enrichir leur culture générale qui vont suivre plusieurs cours, ce n'est pas le cas d'HEC. «La grande majorité de nos auditeurs travaille dans des assurances, des banques ou un service du marketing, dit Christiane Jeangirard, ils viennent pour un cours ou deux, d'entente avec leur patron qui connaît les professeurs.»

Un campus accueillant

On ignore combien abandonnent les cours. Ceux qui persévèrent ont réussi à nouer des connaissances sur le site. «C'est étonnant de voir comment le fait de se retrouver étudiant simplifie les rapports. Dans les cours d'histoire de l'art, j'ai retrouvé un ancien camarade d'études. Alors que pendant notre vie professionnelle, nous nous vouvoyions, ici nous nous sommes tout de suite dit tu», constate Jacqueline Bach. Plusieurs louent la gentillesse des étudiants, même s'ils avouent qu'il faut un certain temps d'adaptation. Une dame regrette pourtant l'impatience de quelques uns. «Certains jeunes critiquent les vieux auditeurs qui prennent place près du professeur. Mais moi je suis sourde.»

Les auditeurs sont souvent critiques face à l'université car ils ont une certaine distance. Les plus âgés sont bien placés pour rendre compte des évolutions. «Lorsque j'ai fait mes études de médecine, explique Jacqueline Bach, nous étions six femmes sur 48. Autant dire que nous prenions nos études comme un défi. Je suis heureuse qu'il y ait de plus en plus de femmes à l'université. D'ailleurs les jeunes filles d'aujourd'hui me semblent plus studieuses et plus pragmatiques que leurs collègues masculins.»

Plusieurs auditeurs ont constaté que les restrictions budgétaires ont des répercussions sur la qualité de l'enseignement. Ils sont d'ailleurs directement concernés par la diminution des cours ex cathedra. «Il n'est pas facile de faire des études scientifiques aujourd'hui, constate Rémy!= Panchard, les jeunes doivent digérer beaucoup de matières.» A l'avenir, on peut souhaiter que l'Université écoute davantage ses auditeurs. Elle ne fait pas de publicité particulière pour les attirer. Pourtant, ceux-ci peuvent bel et bien jeter des ponts entre l'Alma mater et la cité.

Auditeurs 1998

Lettres 53, SSP 22, HEC 12, Théologie 10, Sciences 6, Droit 2

Patricia Reymond

Etre auditeur, une certaine façon de garder l'esprit alerte et de faire ce qu'on aime

Jacqueline Bach, pédiatre à la retraite, suit les cours d'histoire, histoire de l'art et philosophie. Elle a commencé comme auditrice en 1987 pour finir par passer une licence en histoire de l'art et italien terminée en 1996. «J'ai hésité avant de devenir étudiante car je ne voulais pas prendre la place d'un jeune. Mais il est beaucoup plus stimulant d'être étudiant qu'auditeur car dans le premier cas, on est astreint à un travail personnel.»

Après avoir essayé diverses formules (Ecole club Migros, Université populaire), elle apprécie l'ambiance de l'Université, les étudiants qu'elle trouve chaleureux et les professeurs qui lui demandent quand elle fera une thèse! «Je voulais étudier sur une église où mon père avait fait des travaux archéologiques mais Marcel Grandjean craignait que je ne fus déçue de voir que les écrits de mon père étaient dépassés. Pourtant j'ai bien conscience du temps qui passe», sourit-elle. Et maintenant pourquoi ne pas continuer avec un 3e cycle? «Restons modeste. J'aurais voulu faire un certificat en histoire médiévale mais je n'ai pas le courage de réviser toute l'histoire.» Jacqueline Bach a suivi divers cours (grec, archéologie) et s'intéresse à différents domaines, sauf à la médecine qui ne la motive plus. «Et puis, à mon âge, je ne vais quant même pas commencer une nouvelle faculté!»

Après une carrière comme ingénieur civil, Rémy Panchard suit des cours comme auditeur en chimie, biochimie et astrophysique. Sa soif d'apprendre soulève l'enthousiasme de ses professeurs. «Pendant que j'étudiais à Zurich, je me suis rendu compte que j'avais d'autres intérêts que le génie civil mais comme je venais d'une famille modeste, je n'ai pas osé le dire à mes parents. J'ai étudié la biochimie comme hobby, puis je suis arrivé au stade où je ne pouvais progresser tout seul.» Il paie avec plaisir sa taxe d'inscription. «Je trouve que c'est peu payer pour la liberté de choix. Je regrette simplement de ne pas pouvoir faire des exercices.»

Avant de commencer les cours, R. Panchard s'était rendu auprès de Gérald Savary, qui s'occupe des affaires étudiantes en sciences. «J'ai été bien reçu par les professeurs. Et aussi par les étudiants, même si au début, ils ne savaient trop que penser de ce bonhomme qui faisait de la chimie par plaisir.» L'année prochaine, il veut continuer avec des cours de maths et peut-être de philosophie. «Ayant une certaine expérience de vie, j'aurais peut-être une autre vision des choses que les professeurs. Qui sait?»

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Au service des enseignant-e-s

Le Service de l'enseignement et des enseignants au Rectorat s'est doté de deux nouvelles tâches: le contrôle budgétaire des postes d'enseignants et l'élargissement des processus d'évaluation à celle des enseignements par les étudiants. L'occasion pour Uniscope d'en faire un rapide panorama et de présenter deux «nouvelles têtes»: Maria Rey et Isabelle Lambert (voir encadrés).

Le Service de l'enseignement (ex-chancellerie), dirigé par le vice-recteur Oscar Burlet, s'occupe de la gestion de tout le personnel enseignant de l'UNIL, (des maîtres assistants aux professeurs ordinaires), soit environ 370 personnes en 1998. Il s'occupe des tâches courantes, comme le renouvellement des contrats, la repourvue ou la modification des postes, mais également de la préparation des «grands» projets (une trentaine, qui vont des cours du troisième âge aux projets de cours postgrades, en passant par la nouvelle forme du cahier des charges des enseignants) et des évaluations des enseignants dans le cadre des procédures de renouvellement et des unités d'enseignement et de recherche (conjointes avec Genève). Depuis peu le service a, en plus, la charge du contrôle budgétaire des postes et de l'évaluation des enseignements par les étudiants.

«Avant Orchidée II, l'Etat attribuait un nombre de postes à gérer et nous nous préoccupions rarement de coûts. Maintenant le canton nous alloue notamment une enveloppe budgétaire pour le personnel, que nous pouvons gérer à notre guise, dans le cadre légal. Cela permet une gestion plus précise, nous donne une marge de manœuvre plus large, mais nécessite un contrôle accru», précise le vice-recteur.

Deuxième «nouveauté» du service: l'évaluation des enseignements par les étudiants. L'expérience pilote menée pendant deux ans (voir Uniscope n°348), sera généralisée à tous les enseignements de premier cycle à partir de la rentrée d'octobre 1999. Pour le suivi et le soutien pédagogique des enseignants un demi poste sera créé, qui dépendra du service des enseignants et de la Commission de l'enseignement. De plus un réseau de soutien pédagogique est en train de se mettre en place en collaboration avec l'EPFL et l'UNIGE. Dans ce cadre, des ateliers pédagogiques sont organisés, destinés aux professeurs, d'autres suivront, pour les assistants.

Sophie Vassaux

Maria Rey a succédé à Maryse Winzenried, partie seconder le recteur, en octobre dernier. Elle s'occupe de tout le secrétariat du service de l'enseignement et des enseignants.

«Ce qui me plaît c'est d'être un peu au coeur du service, toutes les informations transitent par moi», explique Maria Rey.

Après une formation d'employée de commerce et des spécialisations en communication d'entreprise et management, ainsi qu'en tourisme, Maria Rey a occupé des postes d'assistante de direction dans différentes entreprises. Du tourisme à la construction, en passant par la presse ou l'administration fédérale, elle a côtoyé de multiples domaines. Pas étonnant dès lors qu'elle avoue être «flexible d'éducation et facilement adaptable à un nouvel environnement».

Côté loisirs, mis à part l'opéra, en particulier les compositeurs italiens, cette voyageuse avoue un faible pour ce qu'elle appelle «la Grande Europe». Un projet d'escapade? «Pourquoi pas relier Helsinki à St-Petersbourg en train, j'aime partir à la découverte», conclut cette femme dynamique. (sv)

Isabelle Lambert a succédé le 1er février dernier à Pierre Coullery comme adjointe du vice recteur. Elle a la charge du contrôle budgétaire, des évaluations (des unités de recherche et d'enseignement et celle des procédures de renouvellement) et seconde Oscar Burlet dans la préparation des projets du Rectorat..

Après une formation en psychologie du travail, entre Genève et Neuchâtel et un MBA, elle a acquis différentes expériences dans le domaine de la formation professionnelle, de la formation d'adultes ainsi qu'en ressources humaines.

«Ce poste explique la jeune femme j'y suis venue un peu par hasard et par curiosité. Il y a beaucoup à faire, des choses nouvelles à apprendre mais cela ne me fait pas peur au contraire, pour moi c'est un challenge. Mon principal atout? Essayer d'appréhender mon travail d'une façon globale, sans me perdre dans des détails» précise Isabelle Lambert.

Entre deux week-ends à la montagne à surfer sur les pistes, cette sportive pleine d'entrain trouve encore le temps de pratiquer l'aviron à Dorigny «pour profiter un peu du lac». (sv)

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L'Institut et l'Association Constant fêtent leurs 20 ans

L'Institut Benjamin Constant, rattaché à la Faculté des lettres fête ses vingt ans, de même que l'Association du même nom qui collabore étroitement avec l'Institut. Cet anniversaire constitue une occasion de redécouvrir une figure marquante de l'époque révolutionnaire.

Né en 1767 à Lausanne et mort en 1830 à Paris, Benjamin Constant a vécu intensément la césure de 1789 entre temps anciens et nouveaux. Grand voyageur, écrivain et homme politique, il a produit une œuvre dense et variée. Ses textes littéraires comme Adolphe ou les Journaux intimes sont autant d'étapes majeures dans l'histoire du roman et de l'autobiographie. Ses nombreux essais politiques, dont les Principes de politique de 1806 présentent la synthèse, révèlent la personnalité forte d'un homme qui croyait à la liberté et à la démocratie. Enfin, ses réflexions sur la religion sont capitales pour un historien du sentiment religieux.

La BCU possède une très importante collection de manuscrits Constant qui l'emporte sur celle de la Bibliothèque nationale de Paris avec 200'000 feuillets. Si la mission principale de l'Institut est de mettre en valeur ce fonds et de collaborer à ses éditions, il s'ouvre aussi aux proches de l'écrivain, en particulier au Groupe de Coppet et plus généralement à l'histoire de cette période.

Très ouvert sur l'étranger, le centre collabore avec des chercheurs du monde entier. On peut d'ailleurs obtenir sur demande des copies scannées de documents originaux. «Au niveau international, on constate un très fort regain d'intérêt pour le personnage, surtout pour le volet politique de son œuvre.» Un intérêt qui vient en partie d'un malentendu... En effet, Benjamin Constant est très souvent vu comme l'un des inventeurs du libéralisme européen. «Alors que le libéralisme tel qu'il le concevait était très éloigné du libéralisme américain.» Heureuse conséquence de ce regain d'intérêt, les éditions de poche de ses œuvres se multiplient.

Malgré l'intérêt que présente cette institution pour l'UNIL, l'Institut fonctionne avec peu de moyens. Son directeur est choisi parmi les professeurs d'histoire mais la Faculté des lettres ne prévoit aucune décharge pour ce poste. En conséquence, le Prof. Alain Dubois qui occupe cette fonction exerce bénévolement son mandat. En outre, le centre a perdu ses deux demi-postes d'assistants et fonctionne avec deux documentalistes à mi-temps, Anne Hofmann et Marianne Berlinder.

C'est pourquoi l'Institut ne pourrait assumer ses tâches de recherche et de promotion sans l'aide de l'Association Benjamin Constant forte de ses 170 membres. Il faut souligner que c'est une association en pleine croissance, qui accueille des chercheurs, des amateurs et de nombreux étudiants de plusieurs facultés (Lettres, SSP et Droit), tant il est vrai que la figure de Benjamin Constant intéresse de nombreux domaines (de l'histoire du droit à celle des idées).

«Cette association, explique son président François Rosset, s'est donné pour mission de promouvoir l'œuvre de Benjamin Constant, de faire mieux connaître les circonstances de sa vie et de réunir les personnes intéressées par cet écrivain et homme politique et par l'époque où il a vécu.» Nul doute que Benjamin Constant lui-même se serait senti à l'aise dans cette association cosmopolite dont les membres viennent du monde entier. Elle publie une revue de qualité, les Annales Benjamin Constant.

Pour fêter dignement cet anniversaire, l'Institut organise un colloque international qui réunira des noms prestigieux tels que Jean-Denis Bredin de l'Académie française et Jean Starobinski mais aussi de jeunes chercheurs du monde entier, y compris du Brésil. Par ailleurs, une exposition se tiendra du 15 avril au 12 mai dans le hall de la bibliothèque de Dorigny. «Nous voulons mettre en contact les étudiants avec des spécialistes internationaux» dit Anne Hofman. Etudiants et curieux y seront donc les bienvenus.

Institut Benjamin Constant, bât. central, BCU 4e étage, tél. 692 30 27, fax 30 29, http://unil.ch/ibc/

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Partir à la découverte des peintres du Chablais

Monter une expo, le rêve lorsqu'on étudie l'histoire de l'art? Un groupe d'étudiants de l'UNIL ont tenté l'expérience. Plus qu'une exposition, il s'agit de promouvoir la région du Chablais.

L'exposition est construite autour de l'œuvre de Frédéric Rouge, le peintre le plus connu, mais aussi de Marcel Amiguet, Albert Morerod, Auguste Veillon, François Birbaum, Edouard Castres et Pierre-Daniel Duchoux. Elle a lieu au Musée historique du Chablais qui a été créé en 1996 pour remplacer celui du Vieux Bex. Anne Bielman, présidente de l'Association historique de Bex, cherchait un moyen de dynamiser ce lieu de 250 m2. L'idée de l'exposition est née d'une rencontre avec le Prof. Philippe Junod qui a été impressionné par l'espace offert par le nouveau musée.

Il a proposé d'offrir à des étudiants de l'UNIL, une occasion pratique de travailler à un projet commun. Les étudiants intéressés se sont répartis le travail, si bien que l'expo s'articule autour de quatre sections: paysages, portraits, orientalisme ( parce que Veillon et Amiguet ont voyagé en Orient) et arts graphiques. «Nous avons eu la chance d'avoir les archives d'Amiguet» explique Delphine Perreten.

Le fil rouge entre les diverses sections est donné par les artistes eux-mêmes et la montagne. Si leur nombre est restreint, la variété des œuvres exposées est réelle. «Si les artistes valaisans sont moins nombreux, cela tient au fait que le tourisme était à l'époque plus développé sur le versant vaudois», rappelle Anne Bielman. Les peintres ont travaillé sur différents projets (peintures, affiches, cartes postales). «Nous voulions mettre l'accent sur la diversité des œuvres produites par des artistes d'une région donnée, en l'occurrence le Chablais vaudois et valaisan à la fin du XIXe siècle», commente Delphine Perreten.

Ce fut l'occasion de prendre part à toutes les étapes du montage de l'exposition, depuis la création du répertoire, au choix des œuvres, à la négociation avec les propriétaires, au transport et à la réception des œuvres. «Nous avons compris qu'une telle entreprise nécessite de la diplomatie, le sens du travail en équipe et le souci du détail (régler des problèmes d'assurance par exemple)», dit Rachel Noël.

En prolongement, Philippe Junod, son assistant et les étudiants ont préparé une étude de la vie, de la carrière et de l'écho rencontré par quelques peintres chablaisiens. Ces textes seront publiés dans la Revue du Mandement de Bex.

Inauguration 26 mars, billet 4 frs ou combiné avec l'expo Bex & Arts (sculptures en plein air) et le Musée du Sel

Patricia Reymond

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