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21 - 27 avril 1999
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Loisirs en tandem

par Patricia Reymond

L'UNIL attire de plus en plus d'étudiants étrangers. S'ils apprécient le cadre de Dorigny, la proximité des montagnes et du Musée olympique, ils déplorent souvent le manque de possibilité de rencontrer des Suisses sur le site des Hautes Ecoles ou en dehors. Qu'il est dur en effet d'être seul dans une queue à la cafétéria, un TSOL bondé, un cinéma très fréquenté... Pour provoquer les occasions de contact entre les étudiants étrangers et la population vaudoise, les aumôneries des Hautes Ecoles et d'autres organismes ont imaginé Unisloisirs, une formule inspirée de Tandem. Là, il ne s'agit plus seulement de se rencontrer pour parler à tour de rôle la langue de l'autre mais aussi de partager des loisirs, un repas ou une ballade. Alors si vous avez une activité favorite comme les échecs, la danse, le tennis, etc, inscrivez-vous. Vous trouverez certainement quelqu'un qui a les mêmes intérêts.

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Inscrivez-vous ou demandez des informations auprès de:
Marc Simond, Affaires socio-culturelles, tél. 692 21 17
Herijao Randretsanilo, Aumônerie Hautes Ecoles, tél. 692 21 47


En catimini, la bête revient

Malgré les invectives des éleveurs et les menaces des chasseurs, le loup revient en Suisse. Le Groupement d'Etudes Biologiques (GEB) et la Société Vaudoise des Sciences Naturelles ont invité deux conférenciers pour en débattre.

Le loup du Simplon est mort, mais d'autres vont migrer vers la Suisse, prédisent les spécialistes. Selon l'autopsie effectuée en janvier sur la bête, il s'agit en effet d'un jeune mâle, comme celui de Reckingen. Cela confirme la thèse de deux jeunes venus d'Italie. Les loups vivent en petites meutes. Les jeunes mâles quittent un jour leurs semblables pour rechercher un nouvel espace vital. Les deux animaux tués sont visiblement entrés en Suisse pour cette raison.

Cette migration des loups vers le nord laisse prévoir de nouvelles arrivées en Suisse, par le Valais mais également le Tessin, puisque l'on attend aussi l'arrivée du loup dans le Val Maggia et les Centovalli. Un spécialiste italien, Luigi Boitani, prévoit le retour du loup dans le canton de Vaud pour 2001-2002.

Le loup a-t-il une place dans notre pays? Pour en débattre et informer le public, le GEB a invité le docteur et naturaliste François Burnier à venir raconter ses voyages (de 1989 à 1999) au Parc National des Abruzzes où vivent une cinquantaine de loups sur un territoire grand comme le canton de Soleure. «Mon propos n'est pas de dire ce qu'il faudrait faire en Suisse mais d'expliquer comment les Italiens ont réussi à faire cohabiter harmonieusement les loups et les humains.»

Face à lui, Raphaël Arlettaz de l'Institut de zoologie et d'écologie animale, présentera les possibles apports de la recherche scientifique au problème du loup. En particulier, il présentera les analyses génétiques qui permettent de déterminer si un animal a été égorgé par un loup ou par un chien. En effet, le nombre de bêtes massacrées par les chiens que des promeneurs inconscients laissent divaguer est très supérieur au prélèvement effectué par le loup.

Cette méthode d'analyse génétique a été développée entre Grenoble et Lausanne et donne des résultats fiables. Contrairement aux prévisions, il est possible de distinguer entre un loup et un chien loup. Mais ces analyses coûtent cher. «Et encore, faut-il qu'il y ait des traces, poils ou crottes!», souligne Cornelis Neet, Conservateur de la Faune et chargé de cours à l'IZEA.

Les scientifiques utilisent aussi la télémétrie pour suivre les loups. Les bêtes sont capturées et munies d'un collier émetteur. Il devient possible d'intervenir lorsque l'animal se rapproche des troupeaux. «Je suis pour une élimination systématique du loup du moment qu'il s'attaque aux troupeaux», dit R. Arlettaz. Mais ce carnassier trouvera-t-il assez de gibier pour subsister dans nos régions où la pression des chasseurs est forte? «Dans les préalpes vaudoises, le loup risque de ne pas trouver un réservoir de gibier suffisant et de s'attaquer au bétail, prévient C. Neet, mais restera discret dans le Jura.» Au Parc des Abruzzes où la chasse est interdite, les loups n'ont pas fait diminuer les populations de chevreuils et de cerfs et s'attaquent très rarement au bétail.

Actuellement, la Confédération subventionne le projet Kora dont l'un des buts est de fournir aux éleveurs des chiens de protection. R. Arlettaz reste sceptique: «Où trouver les 2500 chiens nécessaires pour protéger les troupeaux du Valais?» En effet, la majorité des troupeaux est composée de quelques têtes et les éleveurs pratiquent un élevage «du dimanche». «Doit-on condamner un animal pour une activité économiquement très marginale?», s'interroge F. Burnier. Pour vivre en bonne harmonie avec le loup, il faudrait modifier les habitudes de travail (regroupement des troupeaux, installation de barrières, dressage de chiens) et revaloriser la fonction de berger comme cela s'est fait aux Abruzzes.

R. Arlettaz terminera son exposé en chiffrant les coûts de la recherche scientifique. Des coûts qui seront difficiles à éviter... Car comme l'explique C. Neet: «Il ne s'agit pas de décider si on veut réintroduire le loup puisqu'il revient naturellement. Quelle que soit la solution adoptée, elle ne sera pas gratuite.» Des études historiques montrent que l'extermination du loup au siècle dernier a passé par le fusil mais aussi par la pose de pièges et d'appâts de poison. Des solutions radicales qui présenteraient davantage de risques pour les promeneurs, leurs enfants et leurs chiens que quelques loups craintifs se terrant au fonds des bois...

Le retour naturel du loup, ma 27 avril à 18h00, amphithéâtre du Bâtiment de biologie. Tél. 643 63 20.

Loup désiré ou détesté, loup toujours rêvé

*Kora «Projets de recherches coordonnées pour la conservation et la gestion des carnivores en Suisse»): kora@swissonline.chPatricia ReymondL'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (FNP) a étudié l'attitude de la population. Les sondages montrent que la majorité des Suisses accueillent favorablement le retour du loup. Mais là où il réapparaît vraiment, cette adhésion est vite oubliée et on se met à craindre pour ses animaux, pour le gibier et parfois pour sa propre sécurité. Les entretiens conduits par le FNP permettent de distinguer trois types d'individus qui projettent chacun leur perception du loup: l'opposant fidèle aux traditions, le partisan post-moderne et le partisan ambivalent.

Aux yeux du partisan, le loup est un symbole de l'ambivalence entre l'attachement à des valeurs traditionnelles et la recherche individuelle de nouvelles valeurs. Il est donc en principe favorable à la présence du loup. Mais si le partisan ambivalent est confronté à des problèmes concrets posés par la présence du loup, il risque de s'opposer à son retour. On peut supposer qu'une majorité de la population appartient à ce type de partisans ambivalents.

Voir www.wsl.ch/land/evolution/predator.

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Voyage au centre de la CUSO

Dans le paysage académique helvétique où la coordination interuniversitaire est nécessaire, sinon capitale, la Conférence universitaire de Suisse occidentale (CUSO) poursuit ses principales missions: organiser et coordonner des programmes de troisième cycle et des post-grades et réfléchir à l'organisation optimale de certaines disciplines.

La CUSO regroupe les hautes écoles de Suisse romande (Berne y compris), leurs cantons, le Conseil des EPF, ainsi que les cantons du Valais, du Jura et du Tessin. Présidée par le chef du département de l'instruction publique de l'un des cantons universitaires membres (actuellement Francine Jeanprêtre), la CUSO est chargée de développer des programmes par la mise en commun de ressources académiques de chacune des institutions, par une répartition des tâches et des compétences et le développement de spécificités propres à chaque partenaire. Ses activités consistent principalement à créer et à développer des cours de troisème cycle et des cours postgrades (voir encadrés p. 3), mais elle s'occupe également, par l'intermédiaire de ses commissions de branche, de procéder à l'évaluation et à la réorganisation de certaines disciplines. La CUSO est aussi l'organe de surveillance du réseau des bibliothèques romandes et tessinoises (RERO) et de la Communauté d'études pour l'aménagement du territoire (CEAT).

Financement

Les programmes organisés par la CUSO sont entièrement financés par les cantons membres. A titre d'exemple, en 1998 Vaud a versé 473000.-, Genève 630000.-, le Valais, le Tessin et le Jura entre 25000 et 35000.- chacuns. Par ailleurs, l'Université de Bâle (qui ne fait pas partie de la CUSO) a versé 60000.- en échange du droit pour ses étudiants de participer aux cours de 3e cycle. Les deux tiers du budget de la CUSO sont dévolus directement aux activités de la Commission postgrade (voir encadré p.3) et, en particulier aux cours de 3e cycle. Avec la mise sur pied récente (1996) de programmes post-grades, une nouvelle tâche s'y est ajoutée sans que le budget n'ait augmenté. Pour Denis Billotte, secrétaire général adjoint de la CUSO, «nous pouvons utiliser pour le développement des postgrades la part non utilisée du budget des 3e cycles, ce qui permet, par exemple, de décharger le professeur principal responsable du programme, mais il s'agit de mesures d'incitation, pas de financement à long terme». Les universités doivent ainsi assurer au minimum les deux tiers du financement des post-grades CUSO.

Philosophie souple

La CUSO, n'en déplaise à certains, n'est pas un organe supra-universitaire et n'a, par conséquent, guère de pouvoir de décision contraignante sur ses membres. Elle n'a pas la vocation de diriger, mais plutôt d'inciter à collaborer. Pour Denis Billotte, il s'agit avant tout d'un «réseau de bonnes volontés qui exprime des collaborations scientifiques spontanées». La Conférence préconise une approche du bas vers le haut, «l'impulsion doit venir des professeurs» souligne le secrétaire général adjoint.

Dans un paysage universitaire suisse en pleine mutation, on peut toutefois se demander ce qu'il adviendra de la CUSO. «C'est un pari, souligne Denis Billotte, je suis persuadé que même des réseaux comme celui de l'arc lémanique ou BENEFRI (Berne, Neuchâtel, Fribourg) ne sont pas toujours suffisants pour proposer toute la variété de postformations et de spécialisations nécessaires. Pour des enseignements tels que les MBA, par exemple, qui drainent un grand nombre d'étudiants, prêts à payer le prix de leur formation, la collaboration n'est pas forcément nécessaire. Mais il en est autrement pour d'autres disciplines, moins courues ou moins rentables, l'ethnologie ou la sociologie, ou encore dont le cursus nécessite des compétences très diversifiées». «Le but de la CUSO, remarque Pierre-Luigi Dubied, président de la CPG, est justement de garder un lien entre toutes les universités de Suisse occidentale, et d'éviter la partition entre deux réseaux. De plus, pour ce qui est des réalisations concrètes, les 3e cycles, par exemple, ils ont une histoire, il sont fortement implantés, alors que les regroupements ont le défaut de n'exister que de façon virtuelle.»

La CUSO, née en 1994, a remplacé la Conférence universitaire romande (CUR) qui existait depuis le début des années 70. Celle-ci a largement contribué au développement des 3e cycles romands pendant plus de vingt ans. Son remplacement visait à élargir la collaboration interuniversitaire à différents domaines (post-grades, voire 1er et 2e cycles). Actuellement, l'activité de la CUSO ne s'arrête déjà plus aux frontières de son espace régional, puisqu'elle collabore avec la région Rhône-Alpes et que des universités alémaniques comme Bâle ou Zurich regardent avec intérêt du côté de l'espace de Suisse occidentale.

Organes de la CUSO

Pierre-Luigi Dubied, président de la Commission post-grade de la CUSO

Marie-Claude Ormond, secrétaire générale de la CUSO

Denis Billotte, secrétaire général adjoint de la CUSO

La CUSO, elle-même organe faîtier qui décide du budget et des grandes orientations, s'est dotée de différents organes afin d'organiser et de gérer ses différentes activités. La Commission de coordination (CCSO), organe executif,. présidée par Eric Junod, propose les branches à coordonner, les objectifs à réaliser et les budgets. La Commission postgrades (CPG), présidée par Pierre-Luigi Dubied, gère les 3e cycles, évalue leurs activités et s'occupe de la reconnaissance et du subventionement des post-grades. Les commissions scientifiques (au nombre de 18) organisent les enseignements de 3e cycle, elles dépendent de la CPG. Les commissions de branche (nommées de cas en cas), composées des représentants de la branche concernée, présentent les modalités de coordination de la branche. Elles dépendent de la CCSO. Le secrétariat général, situé à Berne, s'occupe de la préparation du travail des commissions et des contacts avec les différents partenaires et les organes politiques.

Les six hautes écoles de la Suisse occidentales: Lausanne, Fribourg, Genève, Neuchâtel, Berne et l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne font partie de l'espace CUSO

Les troisèmes cycles de la CUSO: le succès

Les cours de 3e cycles organisés sous l'égide de la CUSO sont destinés à des étudiants possédant un titre universitaire de deuxième cycle (licence ou diplôme) et désirant se spécialiser dans un domaine particulier, ou approfondir leurs connaissances, en particulier en vue d'un doctorat. Contrairement aux post-grades, ils n'offrent pas de diplôme, mais seulement une attestation de participation. Ces enseignements qui durent de quelques heures à quelques jours, parfois un semestre, peuvent prendre la forme de conférences, colloques, séminaires, etc., et recouvrent près de 20 domaines aussi divers que les mathématiques, le droit, les sciences politiques, la recherche opérationnelle, la sociologie, l'aménagement du territoire, la psychologie la théologie, les lettres, la gestion d'entreprise, l'économie politique, les sciences biologiques, les sciences pharmaceutiques et les sciences de la terre.

En 1998, les 3e cycles CUSO ont comptabilisé plus de 3150 heures d'enseignement, qui correspondent à 4000 «billets vendus» (à environ 2500 personnes différentes). Plus de 70% des participants sont des personnes engagées sur une voie doctorale ou post-doctorale. Si les 3e cycles ne sont pas obligatoires dans la formation doctorale ils constituent parfois des prérequis fortement recommandés. (sv)

Les post-grades de la CUSO: le démarrage

Les premiers postgrades CUSO, régis par la Convention relative aux post-grades, ont démarré en 1996. Il s'agit de formations structurées qui sont destinées, comme les cours de 3e cycle, à des étudiants diplômés souhaitant parfaire ou approfondir leur formation. Organisés par au moins deux hautes écoles de l'espace CUSO et destinés principalement aux étudiants des universités membres, ils comprennent au minimum 120h de cours spécifiques dispensés sur une année, sanctionnés par des évaluations notées ainsi que la rédaction d'un travail de diplôme. Le volume total doit être équivalent à 60 crédits au moins (ce qui correspond à un DEA français). Le titre obtenu est un diplôme de spécialisation pos-tgrade. Il est délivré conjointement par les hautes écoles impliquées dans le programme et par la CUSO.

A ce jour la CUSO a mis sur pied cinq post-grades: en ethno-anthropologie, en santé du travail, en sociologie, en géographie et en biologie. Deux autres programmes, en pharmacie hospitalière et en sciences du langage sont en cours d'examen et seront probablement reconnus pour la rentrée académique 1999.

Pour Denis Billotte, «si l'on arrivait dans cinq ans à proposer en permanence une quinzaine de post-grades, nous serions très satisfaits.» (sv)

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Hors Champs, l'ambition de se placer en marge


La Suisse compte de nombreux festivals mais il n'y a pas de revue de cinéma proprement romande. Pourquoi ne pas profiter d'être à l'uni pour en créer une? C'est le pari que ce sont lancés des étudiants en esthétique du cinéma.

L'université offrait un cadre idéal: des étudiants désireux de partager leur savoir, du matériel et de la documentation, ainsi que la proximité du Centre Audiovisuel (CAV). Informé, le professeur François Albera a trouvé l'idée excellente et a accepté de valoriser le travail accompli par les étudiants pour Hors Champs. C'est ainsi que les articles de fonds comptent comme des séminaires. «Alors que la Suisse est riche en manifestations &endash; qu'on pense aux festivals de Nyon, de Genève, de Fribourg, de Soleure ou de Locarno &endash; on ne trouve aucune revue romande depuis Travelling qui paraissait dans les années 1970. Les cinéphiles n'ont d'autre choix que de se rabattre sur des journaux étrangers.»

«Nous profitons de travailler en dehors de toute contrainte professionnelle pour aborder les thèmes qui nous tiennent à cœur et faire découvrir des cinéastes peu connus, en toute indépendance et sans censure», explique Helena Hill. L'ambition du comité de rédaction n'est pas d'imiter Première ou Studio, ni même les Cahiers du cinéma. «Nous ne couvrons pas forcément l'actualité.» Le numéro zéro était consacré à l'Amérique latine tandis que le numéro un contenait un dossier sur le réalisateur russe Sokourov. Le prochain sera consacré au thème de l'image comme objet de consommation.

Le comité de redaction compte trois étudiants qui assument toutes les étapes de la création du journal depuis le choix des sujets jusqu'à la vente des numéros. «Lorsqu'un thème est retenu, nous cherchons des étudiants ou des assistants capables de traiter le sujet, soit parce qu'ils sont passionnés, soit parce qu'ils ont travaillé sur ce thème.» Difficile de recruter des volontaires? Certainement, les étudiants sont généralement absorbés par leurs études, leur mémoire, etc. «Mais le problème est ailleurs. Ils sont souvent perfectionnistes et ne veulent pas publier tant qu'ils ne sont pas au bout de leur recherche.»

Naturellement une telle revue ne s'improvise pas. Les rédacteurs ont mis une année à peaufiner leur projet. Histoire aussi de s'essayer à la mise en pages et à la recherche de subventions... La vente des exemplaires d'Hors Champs peine à couvrir les frais d'imprimerie. «Nous manquons de temps et de savoir-faire pour trouver de la publicité, avoue Helena Hill, d'autant qu'une revue tirée à mille exemplaires intéresse peu les publicitaires.»

Vous pouvez acheter Hors Champs à la section d'Histoire et esthétique du cinéma, à la librairie Basta, à la Cinémathèque et dans les cinémas indépendants de Lausanne (Bellevaux, Le Bourg et Richmond) et de Genève (ABC Voltaire, Spoutnik, etc). «Lors du festival d'automne de Paris, le numéro s'est vendu comme des petits pains.» De fil en aiguille, les étudiants ont découvert que la rédaction d'une revue ne s'improvise pas, qu'écrire un article ne se résume pas à trouver un sujet, voir un film et interviewer un réalisateur.

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Des conflits...même en famille

Les conflits familiaux sont courants et normaux, ils sont mêmes synonymes d'évolution... pour autant qu'ils soient bien résolus.

Qui n'a pas vécu de crises au sein du cercle familial?. Ces conflits sont fréquents et même «normaux», précise Nicolas Duruz, professeur de psychologie à l'Université de Lausanne, et psychothérapeute au Centre d'Etude de la Famille. Dans le cadre d'un cycle de conférences, orgqanisé par le GRAAP, sur le thème la famille, guerre et paix, Nicolas Duruz parlera des crises et des conflits familiaux. «La famille est un groupe d'individus qui doit évoluer et grandir, précise le professeur. Les crises lui donnent l'occasion d'adopter de nouvelles règles et par conséquent de se réorganiser». Mais les conflits n'arrivent pas par hasard, ils se placent à des moments cruciaux du cycle de vie, comme à la naissance d'un enfant, lors de son entrée à l'école, pendant l'adolescence ou lors de son départ du «nid» familial. «A chacun de ces moments, l'enfant puis le jeune adulte va se comporter selon des règles différentes et remettre en question les règles de fonctionnement de la cellule familiale». Si elle est ouverte, la crise est créatrice, par contre elle est symptomatique lorsqu'elle est étouffée et que les conflits ne sont pas explicités, les solutions pas négociées. Anciennes et nouvelles règles familiales coexistent alors et peuvent conduire à des situations graves. Un exemple typique: l'anorexie. Par son comportement &endash; refus de manger &endash; l'adolescent exprime une revendication d'indépendance (nouvelles règles), mais sa façon de la revendiquer, au point de mettre sa vie en danger, implique une attitude de dépendance (anciennes règles).

Pour Nicolas Duruz, qui voit le nombre de consultations familiales augmenter, la famille vit une sorte de crise d'identité. «Autrefois les solutions aux conflits étaient inscrites dans le tissu des grandes familles; aujourd'hui, alors que les modèles familiaux sont plus diversifiés et moins valorisés, chaque famille nucléaire doit inventer ses solutions et elle se trouve parfois un peu démunie.»

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Traduire sans trahir

La Librairie des Ecrivains à Lausanne accueille pour la deuxième fois les lectures organisées par le Centre de traduction littéraire de Lausanne (CTL). L'occasion pour auteurs, traducteurs et public de se rencontrer autour de textes qui viennent d'être traduits ou en cours de traduction.

«Nous avons choisi d'organiser ces rencontres littéraires au centre de la ville car je pense qu'il est important de faire partie intégrante de la vie culturelle locale», souligne Francesco Biamonte, secrétaire du Centre de traduction littéraire de l'UNIL. Ainsi à partir du 19 avril, la Librairie des Ecrivains ouvrira ses portes une fois par semaine à ces rencontres plutôt informelles, où auteurs et traducteurs liront dans le texte original et en traduction des passages de leurs ouvrages et dialogueront avec le public. Ce cycle de lectures s'inscrit dans la récente tendance à valoriser le travail de la traduction littéraire trop longtemps resté dans l'ombre. Mais il vise également à promouvoir certaines initiatives régionales d'écriture, de traduction et d'édition avec, par exemple, de jeunes auteurs suisses comme l'alémanique Peter Weber (le 19 avril) et le lausannois Ivan Farron (le 26 avril).

Les activités du Centre de traduction littéraire, dont la vocation est d'offrir une interface entre les savoirs historiques, culturels et linguistiques de l'université et les traducteurs littéraires, se développent actuellement, avec notamment la création d'un demi-poste de professeure associée pour la rentrée académique 99. (sv)

Les lectures

Les lectures ont lieu à la Librairie des Ecivains, Grand.-Saint-Jean 5, le lundi à 18h30.

19 avril: Peter Weber, écrivain, (Zürich), et Colette Kowalski, traductrice (Lyon) à propos du roman Der Wettermacher. 26 avril: Ivan Farron écrivain (Lausanne) et Marcel Schwander, traducteur (Lausanne), à propos du roman Un après-midi avec Wackernagel. 3 mai: Yvette Z'Grabben, écrivaine (Genève) et Markus Hediger traducteur (Zürich), à propos du roman: La Punta. 17 mai: Georges-Arthur Goldschmidt, écrivain (Paris) et Brigitte Grosse, traductrice (Hambourg) à propos du roman: Quand Freud voit la mer.

7 juin (au Conservatoire): Bernard Lortholary, traducteur (Paris), à propos du roman de Peter Härtling Schumanns Schatten.. Avec quelques mélodies de Schumann.

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