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Loisirs en tandem
par Patricia Reymond
L'UNIL attire de plus en plus d'étudiants
étrangers. S'ils apprécient le cadre de
Dorigny, la proximité des montagnes et du
Musée olympique, ils déplorent souvent le
manque de possibilité de rencontrer des Suisses sur
le site des Hautes Ecoles ou en dehors. Qu'il est dur en
effet d'être seul dans une queue à la
cafétéria, un TSOL bondé, un
cinéma très fréquenté... Pour
provoquer les occasions de contact entre les
étudiants étrangers et la population vaudoise,
les aumôneries des Hautes Ecoles et d'autres
organismes ont imaginé Unisloisirs, une formule
inspirée de Tandem. Là, il ne s'agit plus
seulement de se rencontrer pour parler à tour de
rôle la langue de l'autre mais aussi de partager des
loisirs, un repas ou une ballade. Alors si vous avez une
activité favorite comme les échecs, la danse,
le tennis, etc, inscrivez-vous. Vous trouverez certainement
quelqu'un qui a les mêmes intérêts.
Intéressés par Unisloisirs?
- Inscrivez-vous ou demandez des informations
auprès de:
- Marc
Simond, Affaires socio-culturelles, tél. 692
21 17
- Herijao
Randretsanilo, Aumônerie Hautes Ecoles,
tél. 692 21 47
En catimini, la
bête revient
Malgré
les invectives des éleveurs et les menaces des
chasseurs, le loup revient en Suisse. Le Groupement d'Etudes
Biologiques (GEB) et la Société Vaudoise des
Sciences Naturelles ont invité deux
conférenciers pour en débattre.
Le loup du Simplon est mort, mais d'autres vont migrer
vers la Suisse, prédisent les spécialistes.
Selon l'autopsie effectuée en janvier sur la
bête, il s'agit en effet d'un jeune mâle, comme
celui de Reckingen. Cela confirme la thèse de deux
jeunes venus d'Italie. Les loups vivent en petites meutes.
Les jeunes mâles quittent un jour leurs semblables
pour rechercher un nouvel espace vital. Les deux animaux
tués sont visiblement entrés en Suisse pour
cette raison.
Cette migration des loups vers le nord laisse
prévoir de nouvelles arrivées en Suisse, par
le Valais mais également le Tessin, puisque l'on
attend aussi l'arrivée du loup dans le Val Maggia et
les Centovalli. Un spécialiste italien, Luigi
Boitani, prévoit le retour du loup dans le canton de
Vaud pour 2001-2002.
Le loup a-t-il une place dans notre pays? Pour en
débattre et informer le public, le GEB a
invité le docteur et naturaliste François
Burnier à venir raconter ses voyages (de 1989
à 1999) au Parc National des Abruzzes où
vivent une cinquantaine de loups sur un territoire grand
comme le canton de Soleure. «Mon propos n'est pas de
dire ce qu'il faudrait faire en Suisse mais d'expliquer
comment les Italiens ont réussi à faire
cohabiter harmonieusement les loups et les
humains.»
Face à lui, Raphaël Arlettaz de l'Institut de
zoologie et d'écologie animale, présentera les
possibles apports de la recherche scientifique au
problème du loup. En particulier, il
présentera les analyses génétiques qui
permettent de déterminer si un animal a
été égorgé par un loup ou par un
chien. En effet, le nombre de bêtes massacrées
par les chiens que des promeneurs inconscients laissent
divaguer est très supérieur au
prélèvement effectué par le loup.
Cette méthode d'analyse génétique a
été développée entre Grenoble et
Lausanne et donne des résultats fiables.
Contrairement aux prévisions, il est possible de
distinguer entre un loup et un chien loup. Mais ces analyses
coûtent cher. «Et encore, faut-il qu'il y ait des
traces, poils ou crottes!», souligne Cornelis Neet,
Conservateur de la Faune et chargé de cours à
l'IZEA.
Les scientifiques utilisent aussi la
télémétrie pour suivre les loups. Les
bêtes sont capturées et munies d'un collier
émetteur. Il devient possible d'intervenir lorsque
l'animal se rapproche des troupeaux. «Je suis pour une
élimination systématique du loup du moment
qu'il s'attaque aux troupeaux», dit R. Arlettaz. Mais
ce carnassier trouvera-t-il assez de gibier pour subsister
dans nos régions où la pression des chasseurs
est forte? «Dans les préalpes vaudoises, le loup
risque de ne pas trouver un réservoir de gibier
suffisant et de s'attaquer au bétail, prévient
C. Neet, mais restera discret dans le Jura.» Au Parc
des Abruzzes où la chasse est interdite, les loups
n'ont pas fait diminuer les populations de chevreuils et de
cerfs et s'attaquent très rarement au
bétail.
Actuellement, la Confédération subventionne
le projet Kora dont l'un des buts est de fournir aux
éleveurs des chiens de protection. R. Arlettaz reste
sceptique: «Où trouver les 2500 chiens
nécessaires pour protéger les troupeaux du
Valais?» En effet, la majorité des troupeaux est
composée de quelques têtes et les
éleveurs pratiquent un élevage «du
dimanche». «Doit-on condamner un animal pour une
activité économiquement très
marginale?», s'interroge F. Burnier. Pour vivre en
bonne harmonie avec le loup, il faudrait modifier les
habitudes de travail (regroupement des troupeaux,
installation de barrières, dressage de chiens) et
revaloriser la fonction de berger comme cela s'est fait aux
Abruzzes.
R. Arlettaz terminera son exposé en chiffrant les
coûts de la recherche scientifique. Des coûts
qui seront difficiles à éviter... Car comme
l'explique C. Neet: «Il ne s'agit pas de décider
si on veut réintroduire le loup puisqu'il revient
naturellement. Quelle que soit la solution adoptée,
elle ne sera pas gratuite.» Des études
historiques montrent que l'extermination du loup au
siècle dernier a passé par le fusil mais aussi
par la pose de pièges et d'appâts de poison.
Des solutions radicales qui présenteraient davantage
de risques pour les promeneurs, leurs enfants et leurs
chiens que quelques loups craintifs se terrant au fonds des
bois...
Le retour naturel du loup, ma 27 avril à 18h00,
amphithéâtre du Bâtiment de biologie.
Tél. 643 63 20.
Loup désiré
ou détesté, loup toujours
rêvé
*Kora
«Projets de recherches coordonnées pour la
conservation et la gestion des carnivores en Suisse»):
kora@swissonline.chPatricia ReymondL'Institut
fédéral de recherches sur la forêt, la
neige et le paysage (FNP) a étudié l'attitude
de la population. Les sondages montrent que la
majorité des Suisses accueillent favorablement le
retour du loup. Mais là où il
réapparaît vraiment, cette adhésion est
vite oubliée et on se met à craindre pour ses
animaux, pour le gibier et parfois pour sa propre
sécurité. Les entretiens conduits par le FNP
permettent de distinguer trois types d'individus qui
projettent chacun leur perception du loup: l'opposant
fidèle aux traditions, le partisan post-moderne et le
partisan ambivalent.
Aux yeux du partisan, le loup est un symbole de
l'ambivalence entre l'attachement à des valeurs
traditionnelles et la recherche individuelle de nouvelles
valeurs. Il est donc en principe favorable à la
présence du loup. Mais si le partisan ambivalent est
confronté à des problèmes concrets
posés par la présence du loup, il risque de
s'opposer à son retour. On peut supposer qu'une
majorité de la population appartient à ce type
de partisans ambivalents.
Voir www.wsl.ch/land/evolution/predator.
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Voyage au
centre de la CUSO
Dans le paysage académique helvétique
où la coordination interuniversitaire est
nécessaire, sinon capitale, la Conférence
universitaire de Suisse occidentale (CUSO) poursuit ses
principales missions: organiser et coordonner des programmes
de troisième cycle et des post-grades et
réfléchir à l'organisation optimale de
certaines disciplines.
La CUSO regroupe les hautes écoles de Suisse
romande (Berne y compris), leurs cantons, le Conseil des
EPF, ainsi que les cantons du Valais, du Jura et du Tessin.
Présidée par le chef du département de
l'instruction publique de l'un des cantons universitaires
membres (actuellement Francine Jeanprêtre), la CUSO
est chargée de développer des programmes par
la mise en commun de ressources académiques de
chacune des institutions, par une répartition des
tâches et des compétences et le
développement de spécificités propres
à chaque partenaire. Ses activités consistent
principalement à créer et à
développer des cours de troisème cycle et des
cours postgrades (voir encadrés p. 3), mais elle
s'occupe également, par l'intermédiaire de ses
commissions de branche, de procéder à
l'évaluation et à la réorganisation de
certaines disciplines. La CUSO est aussi l'organe de
surveillance du réseau des bibliothèques
romandes et tessinoises (RERO) et de la Communauté
d'études pour l'aménagement du territoire
(CEAT).
Financement
Les programmes organisés par la CUSO sont
entièrement financés par les cantons membres.
A titre d'exemple, en 1998 Vaud a versé 473000.-,
Genève 630000.-, le Valais, le Tessin et le Jura
entre 25000 et 35000.- chacuns. Par ailleurs,
l'Université de Bâle (qui ne fait pas partie de
la CUSO) a versé 60000.- en échange du droit
pour ses étudiants de participer aux cours de 3e
cycle. Les deux tiers du budget de la CUSO sont
dévolus directement aux activités de la
Commission postgrade (voir encadré p.3) et, en
particulier aux cours de 3e cycle. Avec la mise sur pied
récente (1996) de programmes post-grades, une
nouvelle tâche s'y est ajoutée sans que le
budget n'ait augmenté. Pour Denis Billotte,
secrétaire général adjoint de la CUSO,
«nous pouvons utiliser pour le développement des
postgrades la part non utilisée du budget des 3e
cycles, ce qui permet, par exemple, de décharger le
professeur principal responsable du programme, mais il
s'agit de mesures d'incitation, pas de financement à
long terme». Les universités doivent ainsi
assurer au minimum les deux tiers du financement des
post-grades CUSO.
Philosophie
souple
La CUSO, n'en déplaise à certains, n'est
pas un organe supra-universitaire et n'a, par
conséquent, guère de pouvoir de
décision contraignante sur ses membres. Elle n'a pas
la vocation de diriger, mais plutôt d'inciter à
collaborer. Pour Denis Billotte, il s'agit avant tout d'un
«réseau de bonnes volontés qui exprime
des collaborations scientifiques spontanées». La
Conférence préconise une approche du bas vers
le haut, «l'impulsion doit venir des professeurs»
souligne le secrétaire général
adjoint.
Dans un paysage universitaire suisse en pleine mutation,
on peut toutefois se demander ce qu'il adviendra de la CUSO.
«C'est un pari, souligne Denis Billotte, je suis
persuadé que même des réseaux comme
celui de l'arc lémanique ou BENEFRI (Berne,
Neuchâtel, Fribourg) ne sont pas toujours suffisants
pour proposer toute la variété de
postformations et de spécialisations
nécessaires. Pour des enseignements tels que les MBA,
par exemple, qui drainent un grand nombre
d'étudiants, prêts à payer le prix de
leur formation, la collaboration n'est pas forcément
nécessaire. Mais il en est autrement pour d'autres
disciplines, moins courues ou moins rentables, l'ethnologie
ou la sociologie, ou encore dont le cursus nécessite
des compétences très
diversifiées». «Le but de la CUSO, remarque
Pierre-Luigi Dubied, président de la CPG, est
justement de garder un lien entre toutes les
universités de Suisse occidentale, et d'éviter
la partition entre deux réseaux. De plus, pour ce qui
est des réalisations concrètes, les
3e cycles, par exemple, ils ont une histoire, il
sont fortement implantés, alors que les regroupements
ont le défaut de n'exister que de façon
virtuelle.»
La CUSO, née en 1994, a remplacé la
Conférence universitaire romande (CUR) qui existait
depuis le début des années 70. Celle-ci a
largement contribué au développement des 3e
cycles romands pendant plus de vingt ans. Son remplacement
visait à élargir la collaboration
interuniversitaire à différents domaines
(post-grades, voire 1er et 2e cycles).
Actuellement, l'activité de la CUSO ne s'arrête
déjà plus aux frontières de son espace
régional, puisqu'elle collabore avec la région
Rhône-Alpes et que des universités
alémaniques comme Bâle ou Zurich regardent avec
intérêt du côté de l'espace de
Suisse occidentale.
Organes de la
CUSO
Pierre-Luigi
Dubied, président de la Commission post-grade de
la CUSO
Marie-Claude
Ormond, secrétaire générale de la
CUSO
Denis
Billotte, secrétaire général
adjoint de la CUSO
La CUSO, elle-même organe faîtier qui
décide du budget et des grandes orientations, s'est
dotée de différents organes afin d'organiser
et de gérer ses différentes activités.
La Commission de coordination (CCSO), organe executif,.
présidée par Eric Junod, propose les branches
à coordonner, les objectifs à réaliser
et les budgets. La Commission postgrades (CPG),
présidée par Pierre-Luigi Dubied, gère
les 3e cycles, évalue leurs activités et
s'occupe de la reconnaissance et du subventionement des
post-grades. Les commissions scientifiques (au nombre de 18)
organisent les enseignements de 3e cycle, elles
dépendent de la CPG. Les commissions de branche
(nommées de cas en cas), composées des
représentants de la branche concernée,
présentent les modalités de coordination de la
branche. Elles dépendent de la CCSO. Le
secrétariat général, situé
à Berne, s'occupe de la préparation du travail
des commissions et des contacts avec les différents
partenaires et les organes politiques.
Les six hautes écoles de la Suisse occidentales:
Lausanne, Fribourg, Genève, Neuchâtel, Berne et
l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne
font partie de l'espace CUSO
 
  
Les troisèmes cycles de
la CUSO: le succès
Les cours de 3e cycles organisés sous
l'égide de la CUSO sont destinés à des
étudiants possédant un titre universitaire de
deuxième cycle (licence ou diplôme) et
désirant se spécialiser dans un domaine
particulier, ou approfondir leurs connaissances, en
particulier en vue d'un doctorat. Contrairement aux
post-grades, ils n'offrent pas de diplôme, mais
seulement une attestation de participation. Ces
enseignements qui durent de quelques heures à
quelques jours, parfois un semestre, peuvent prendre la
forme de conférences, colloques, séminaires,
etc., et recouvrent près de 20 domaines aussi divers
que les mathématiques, le droit, les sciences
politiques, la recherche opérationnelle, la
sociologie, l'aménagement du territoire, la
psychologie la théologie, les lettres, la gestion
d'entreprise, l'économie politique, les sciences
biologiques, les sciences pharmaceutiques et les sciences de
la terre.
En 1998, les 3e cycles CUSO ont comptabilisé plus
de 3150 heures d'enseignement, qui correspondent à
4000 «billets vendus» (à environ 2500
personnes différentes). Plus de 70% des participants
sont des personnes engagées sur une voie doctorale ou
post-doctorale. Si les 3e cycles ne sont pas obligatoires
dans la formation doctorale ils constituent parfois des
prérequis fortement recommandés. (sv)
Les post-grades de la CUSO: le
démarrage
Les premiers postgrades CUSO, régis par la
Convention relative aux post-grades, ont
démarré en 1996. Il s'agit de formations
structurées qui sont destinées, comme les
cours de 3e cycle, à des étudiants
diplômés souhaitant parfaire ou approfondir
leur formation. Organisés par au moins deux hautes
écoles de l'espace CUSO et destinés
principalement aux étudiants des universités
membres, ils comprennent au minimum 120h de cours
spécifiques dispensés sur une année,
sanctionnés par des évaluations notées
ainsi que la rédaction d'un travail de diplôme.
Le volume total doit être équivalent à
60 crédits au moins (ce qui correspond à un
DEA français). Le titre obtenu est un diplôme
de spécialisation pos-tgrade. Il est
délivré conjointement par les hautes
écoles impliquées dans le programme et par la
CUSO.
A ce jour la CUSO a mis sur pied cinq post-grades: en
ethno-anthropologie, en santé du travail, en
sociologie, en géographie et en biologie. Deux autres
programmes, en pharmacie hospitalière et en sciences
du langage sont en cours d'examen et seront probablement
reconnus pour la rentrée académique 1999.
Pour Denis Billotte, «si l'on arrivait dans cinq ans
à proposer en permanence une quinzaine de
post-grades, nous serions très satisfaits.»
(sv)
Hors Champs,
l'ambition de se placer en marge
La Suisse compte de nombreux festivals mais il n'y a pas
de revue de cinéma proprement romande. Pourquoi ne
pas profiter d'être à l'uni pour en
créer une? C'est le pari que ce sont lancés
des étudiants en esthétique du
cinéma.
L'université offrait un cadre idéal: des
étudiants désireux de partager leur savoir, du
matériel et de la documentation, ainsi que la
proximité du Centre Audiovisuel (CAV).
Informé, le professeur François Albera a
trouvé l'idée excellente et a accepté
de valoriser le travail accompli par les étudiants
pour Hors Champs. C'est ainsi que les articles de fonds
comptent comme des séminaires. «Alors que la
Suisse est riche en manifestations &endash; qu'on pense aux
festivals de Nyon, de Genève, de Fribourg, de Soleure
ou de Locarno &endash; on ne trouve aucune revue romande
depuis Travelling qui paraissait dans les années
1970. Les cinéphiles n'ont d'autre choix que de se
rabattre sur des journaux étrangers.»
«Nous profitons de travailler en dehors de toute
contrainte professionnelle pour aborder les thèmes
qui nous tiennent à cur et faire
découvrir des cinéastes peu connus, en toute
indépendance et sans censure», explique Helena
Hill. L'ambition du comité de rédaction n'est
pas d'imiter Première ou Studio, ni même les
Cahiers du cinéma. «Nous ne couvrons pas
forcément l'actualité.» Le numéro
zéro était consacré à
l'Amérique latine tandis que le numéro un
contenait un dossier sur le réalisateur russe
Sokourov. Le prochain sera consacré au thème
de l'image comme objet de consommation.
Le comité de redaction compte trois
étudiants qui assument toutes les étapes de la
création du journal depuis le choix des sujets
jusqu'à la vente des numéros. «Lorsqu'un
thème est retenu, nous cherchons des étudiants
ou des assistants capables de traiter le sujet, soit parce
qu'ils sont passionnés, soit parce qu'ils ont
travaillé sur ce thème.» Difficile de
recruter des volontaires? Certainement, les étudiants
sont généralement absorbés par leurs
études, leur mémoire, etc. «Mais le
problème est ailleurs. Ils sont souvent
perfectionnistes et ne veulent pas publier tant qu'ils ne
sont pas au bout de leur recherche.»
Naturellement une telle revue ne s'improvise pas. Les
rédacteurs ont mis une année à
peaufiner leur projet. Histoire aussi de s'essayer à
la mise en pages et à la recherche de subventions...
La vente des exemplaires d'Hors Champs peine à
couvrir les frais d'imprimerie. «Nous manquons de temps
et de savoir-faire pour trouver de la publicité,
avoue Helena Hill, d'autant qu'une revue tirée
à mille exemplaires intéresse peu les
publicitaires.»
Vous pouvez acheter Hors Champs à la section
d'Histoire et esthétique du cinéma, à
la librairie Basta, à la Cinémathèque
et dans les cinémas indépendants de Lausanne
(Bellevaux, Le Bourg et Richmond) et de Genève (ABC
Voltaire, Spoutnik, etc). «Lors du festival d'automne
de Paris, le numéro s'est vendu comme des petits
pains.» De fil en aiguille, les étudiants ont
découvert que la rédaction d'une revue ne
s'improvise pas, qu'écrire un article ne se
résume pas à trouver un sujet, voir un film et
interviewer un réalisateur.
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Des
conflits...même en famille
Les conflits familiaux sont courants et normaux, ils sont
mêmes synonymes d'évolution... pour autant
qu'ils soient bien résolus.
Qui n'a pas vécu de crises au sein du cercle
familial?. Ces conflits sont fréquents et même
«normaux», précise Nicolas Duruz,
professeur de psychologie à l'Université de
Lausanne, et psychothérapeute au Centre d'Etude de la
Famille. Dans le cadre d'un cycle de conférences,
orgqanisé par le GRAAP, sur le thème la
famille, guerre et paix, Nicolas Duruz parlera des crises et
des conflits familiaux. «La famille est un groupe
d'individus qui doit évoluer et grandir,
précise le professeur. Les crises lui donnent
l'occasion d'adopter de nouvelles règles et par
conséquent de se réorganiser». Mais les
conflits n'arrivent pas par hasard, ils se placent à
des moments cruciaux du cycle de vie, comme à la
naissance d'un enfant, lors de son entrée à
l'école, pendant l'adolescence ou lors de son
départ du «nid» familial. «A chacun de
ces moments, l'enfant puis le jeune adulte va se comporter
selon des règles différentes et remettre en
question les règles de fonctionnement de la cellule
familiale». Si elle est ouverte, la crise est
créatrice, par contre elle est symptomatique
lorsqu'elle est étouffée et que les conflits
ne sont pas explicités, les solutions pas
négociées. Anciennes et nouvelles
règles familiales coexistent alors et peuvent
conduire à des situations graves. Un exemple typique:
l'anorexie. Par son comportement &endash; refus de manger
&endash; l'adolescent exprime une revendication
d'indépendance (nouvelles règles), mais sa
façon de la revendiquer, au point de mettre sa vie en
danger, implique une attitude de dépendance
(anciennes règles).
Pour Nicolas Duruz, qui voit le nombre de consultations
familiales augmenter, la famille vit une sorte de crise
d'identité. «Autrefois les solutions aux
conflits étaient inscrites dans le tissu des grandes
familles; aujourd'hui, alors que les modèles
familiaux sont plus diversifiés et moins
valorisés, chaque famille nucléaire doit
inventer ses solutions et elle se trouve parfois un peu
démunie.»
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Traduire sans
trahir
La Librairie des Ecrivains à Lausanne accueille
pour la deuxième fois les lectures organisées
par le Centre de traduction littéraire de Lausanne
(CTL). L'occasion pour auteurs, traducteurs et public de se
rencontrer autour de textes qui viennent d'être
traduits ou en cours de traduction.
«Nous avons choisi d'organiser ces rencontres
littéraires au centre de la ville car je pense qu'il
est important de faire partie intégrante de la vie
culturelle locale», souligne Francesco Biamonte,
secrétaire du Centre de traduction littéraire
de l'UNIL. Ainsi à partir du 19 avril, la Librairie
des Ecrivains ouvrira ses portes une fois par semaine
à ces rencontres plutôt informelles, où
auteurs et traducteurs liront dans le texte original et en
traduction des passages de leurs ouvrages et dialogueront
avec le public. Ce cycle de lectures s'inscrit dans la
récente tendance à valoriser le travail de la
traduction littéraire trop longtemps resté
dans l'ombre. Mais il vise également à
promouvoir certaines initiatives régionales
d'écriture, de traduction et d'édition avec,
par exemple, de jeunes auteurs suisses comme
l'alémanique Peter Weber (le 19 avril) et le
lausannois Ivan Farron (le 26 avril).
Les activités du Centre de traduction
littéraire, dont la vocation est d'offrir une
interface entre les savoirs historiques, culturels et
linguistiques de l'université et les traducteurs
littéraires, se développent actuellement, avec
notamment la création d'un demi-poste de professeure
associée pour la rentrée académique 99.
(sv)
Les lectures
Les lectures ont lieu à la Librairie des Ecivains,
Grand.-Saint-Jean 5, le lundi à 18h30.
19 avril: Peter Weber, écrivain, (Zürich), et
Colette Kowalski, traductrice (Lyon) à propos du
roman Der Wettermacher. 26 avril: Ivan Farron
écrivain (Lausanne) et Marcel Schwander, traducteur
(Lausanne), à propos du roman Un après-midi
avec Wackernagel. 3 mai: Yvette Z'Grabben, écrivaine
(Genève) et Markus Hediger traducteur (Zürich),
à propos du roman: La Punta. 17 mai: Georges-Arthur
Goldschmidt, écrivain (Paris) et Brigitte Grosse,
traductrice (Hambourg) à propos du roman: Quand Freud
voit la mer.
7 juin (au Conservatoire): Bernard Lortholary, traducteur
(Paris), à propos du roman de Peter Härtling
Schumanns Schatten.. Avec quelques mélodies de
Schumann.
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