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28 avril - 4 mai 1999

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Personnalité Borderline

 


 

Les cafétérias, un espace de vie

par Patricia Reymond

Tous les deux ans, une diététicienne se penche sur les assiettes de l'UNIL. Le rapport rendu cette année par Laurence Margot confirme une tendance forte, celle d'une destructuration des repas. Elle constate en effet une évolution du régime des étudiants toujours plus adeptes de l'alimentation fast-food. Ceux-ci préfèrent manger sur le pouce si bien que le réfectoire perd régulièrement sa clientèle au profit de la Brasserie et des cafétérias.

Les étudiants aiment se restaurer là où ils suivent des cours et cherchent avant tout à échapper aux contraintes, certains optant pour le pique-nique. Il est donc probable que l'avenir appartient aux îlots de tendances culinaires variées façon Manora. A l'avenir les cafétérias devraient développer leur offre (crêpes, omelettes, soupes, salades).

Les cafétérias des sciences humaines accueillent toujours plus d'étudiants. Difficile si on arrive à midi et quart de trouver une place... Pourtant le niveau 1 du BFSH2 offre encore des espaces vides. Pourquoi ne pas rajouter des chaises et des tables? Ce serait si agréable de grignoter, refaire le monde ou discuter du prochain séminaire en admirant les expos de l'Unité d'art contemporain! Après tout, le B2 n'offre pas beaucoup d'autres lieux de vie.

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28 avril, journée d'info sur le généie génétique: promesses à tenir

Le monde scientifique veut aller à la rencontre du grand public. C'est pourquoi la fondation Gen Suisse a proposé la mise sur pied, le 28 avril, d'une journée d'information sur le génie génétique. Des chercheurs de l'UNIL ont répondu présents.

«Les chercheurs s'efforcent de tenir une promesse faite avant la votation du 7 juin 1998, à savoir de poursuivre le dialogue engagé avec la population», explique Markus Imhof du Laboratoire de biotechnologie moléculaire UNIL-EPFL. Qu'on se souvienne des débats passionnés qui avaient précédé le rejet de l'initiative Gen-Lex. Partisans et opposants s'étaient opposés sur des thèmes aussi brûlants que la biodiversité, le clonage ou la brevetage d'animaux ou de plantes génétiquement modifiées.

Le 28 avril 1998, quelque 3000 chercheurs et chercheuses avaient manifesté dans les rues de Lugano, Zurich, Genève et en faveur de la recherche en Suisse. Si le monde scientifique a réussi à convaincre le peuple, un grand nombre de craintes subsistent. Des sondages récents disent qu'une majorité de Suisses ne voudraient pas manger de plantes génétiquement modifiées.

C'est pourquoi les laboratoires seront dans les rues de Zurich, Lausanne, Bâle et Berne. Les scientifiques expliqueront les objectifs de leurs recherches et répondront au public sur des questions de sécurité et d'éthique. L'Université de Genève propose un spectacle et l'Université de Berne organise une conférence de presse «Science et Société» sur Gen-Lex et les travaux de la commission d'éthique pour le génie génétique dans le domaine non humain et sur les enjeux, les avantages et les risques du génie génétique. Proposée par Gen Suisse, cette opération est réalisée par les milieux académiques, avec le soutien d'organismes tels que le FNRS. Patricia Reymond

Gen suisse se présente

Cette fondation réalise un impressionant travail d'information en faveur du génie génétique: hotline, site internet (www.gensuisse.ch), brochures et séminaires. Elle réunit des politiciens tels que les conseillers nationaux Jacques-Simon Eggly et Christiane Leuenberger et des chercheurs comme Michel Aguet de l'ISREC et le Prof. Claude Bron de l'Institut de biochimie de l'UNIL.

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Dans les coulisses de l'emploi

Vous êtes assistant-e, secrétaire, laborantin-e, informaticien-ne ou apprenti-e à l'UNIL? Uniscope a rendu visite à ceux qui traitent vos dossiers!

L'Université ce sont des étudiants et des professeurs, nous sommes d'accord, mais également tous ceux &endash; que l'on oublie parfois &endash; et qui travaillent à son bon fonctionnement: le personnel administratif et technique, les assistants, le personnel auxiliaire et en amont ceux qui les gèrent. Visite guidée du côté du Bureau de gestion du personnel.

Gérer les 430 employés administratifs et techniques fixes de l'Université de Lausanne, les quelque 1000 dossiers d'assistants, les 50 apprentis (de commerce et laborantins) et les 80 auxiliaires c'est le travail des quatre employés du Bureau de gestion du personnel: Christian de Trey, chef du service, Tessa Gozzo, Marylise Maret Roux et Joseph Scuderi.

Leur tâche principale est la gestion administrative des dossiers. Il faut dire que chaque contrat d'engagement (par exemple) suit un véritable parcours du combattant: de la Faculté (Décanat) il passe au Bureau de gestion du personnel de l'UNIL puis au Service du personnel de l'Etat, pour signature, ensuite au Département de la formation et de la jeunesse, puis retour au Décanat, via le service du personnel de l'UNIL qui en renvoie une copie au service du personnel de l'Etat....de quoi avoir le tournis et perdre patience!

Christian de Trey s'occupe également de la gestion des budgets du personnel, et en particulier d'aider les facultés à établir le leur. «Ce n'est pas moi qui décide, les décisions sont prises par le Rectorat et les Facultés. Mon rôle est plutôt celui de conseiller», précise-t-il.

La troisième tâche est peut-être la plus délicate: «il m'arrive parfois de devoir désamorcer des conflits, précise Christian de Trey, qu'il s'agisse d'une mésentente entre deux employés ou d'un problème lié à une promotion ou un salaire «ce n'est pas forcement une tâche désagréable», souligne-t-il.

Une des difficultés principales est sans aucun doute de devoir s'accommoder de la rigidité du statut du personnel de l'Etat de Vaud et de ses règles très complexes &endash; «cette loi date de plus de 50 ans précise le responsable du service, elle est complètement dépassée. Son remplacement, heureusement est à l'étude» &endash; sans oublier les lenteurs de cette administration; pas étonnant lorsque l'on sait qu'elle traite plus de 24000 dossiers avec un système de gestion un peu archaïque!

Des changements souhaitables? «Je pense qu'il manque à l'Université un véritable Service de ressources humaines qui pourrait intégrer des évaluations du personnel, gérer des plans de carrière, veiller à la formation continue et aider les facultés à procéder au recrutement. J'aimerais également que l'Université obtienne une plus grande autonomie dans la gestion du personnel, qu'elle n'ait pas toujours à en référer à l'Etat, notamment pour décider d'une promotion ou pour fixer un salaire».

Tessa Gozzo s'occupe de la gestion du personnel administratif et technique (PAT) de l'Université. Cette vaste catégorie englobe aussi bien des laborantins, des informaticiens du Centre informatique que des concièrges, des techniciens, des secrétaires, des ingénieurs ou des employés des secrétariats des facultés, par exemple. En bref ils occupent une centaine de fonctions différentes. Outre veiller à la gestion administrative des dossiers (changement d'affectation, de taux d'activité, promotions, licenciements, maladies, allocations, etc.), Tessa Gozzo qui est en contact aussi bien avec le PAT qu'avec les secrétariats des facultés, le service du personnel de l'Etat de Vaud ou celui de l'emploi, est amenée à répondre à un grand nombre de questions, «il faut alors savoir où diriger les gens, on m'a même demandé dernièrement le programme des cours d'histoire», remarque la jeune femme en souriant.

Un souhait? «Avoir la possibilité de participer à un plus grand nombre de cours de formation continue.»

Joseph Scuderi, s'occupe de la gestion des assistants en sciences humaines et ceux du Rectorat. Mis à part la gestion des nouveaux contrats, il s'agit également de procéder à de nombreuses réactualisations (changements d'Etat civil, allocations pour enfants, changements de taux d'activité) «qui sont assez fréquentes chez les assistants», précise Joseph Scuderi. Si depuis dix ans le nombre d'assistants est stable, c'est l'inverse pour les contrats. En effet, restrictions budgétaires obligent, les facultés se tournent de plus en plus vers d'autres sources de financement (fonds privés, FNRS) pour rétribuer leurs assistants, «cette situation implique pour nous de nombreuses modifications de contrats».

«Au service du personnel on a parfois l'impression d'être un peu entre le marteau et l'enclume, précise Joseph Scuderi, d'un côté il faut répondre aux demandes parfois pressantes des facultés et en même temps il s'agit de respecter les délais (rigides) du service du personnel de l'Etat de Vaud».

C'est Marylise Maret Roux, qui gère les dossiers des assistants en sciences et en médecine ainsi que ceux des médecins-assistants.

«Ce que je préfère dans ce travail? Les contacts avec les assistants lorsqu'ils viennent me voir pour régler des problèmes administratifs. Ceux dont je m'occupe sont cléments, râlent peu et sont précis... c'est peut-être dû à leur profession...!»

Le plus ennuyeux? «le fait d'être obligé d'avancer par à coup. Un exemple: soudain un professeur ou une faculté obtient des fonds privés, certains assistants voient alors leur taux d'activité payé par l'UNIL baisser... pour moi cela peut représenter une centaine de dossiers à modifier... et on ne le sait jamais à l'avance».

«Bien que l'administration cantonale est extrêmement rigide, nous avons de bonnes relations avec le service du personnel de l'Etat de Vaud, c'est essentiel, car nous sommes souvent en contact, mais c'est aussi à nous de les entretenir», précise Mrylise Maret Roux.

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La recherche à la rescousse des espèces menacées

La Suisse qui joue volontiers les premiers de classe en matière de récupération mérite peut-être le bonnet d'âne pour la conservation des espèces puisqu'elle figure parmi les pays qui comptent le plus de plantes et d'animaux menacés d'extinction. Conscients de ce paradoxe, les chercheurs de l'Institut d'écologie se mettent au service de la biologie de la conservation.

La biologie de la conservation est une discipline récente qui repose sur un enjeu difficile, à savoir comprendre et prévoir le fonctionnement des écosystèmes et des espèces afin d'en assurer la survie à long terme. «En un mot, elle s'attache au maintien de la biodiversité», souligne Luca Fumagalli. Notons encore que cette discipline s'intéresse autant à la flore et qu'à la faune.

Le Laboratoire de biologie de la conservation (LBC) est né de la volonté de mettre à disposition les compétences des chercheurs de l'Institut d'écologie dans le domaine de la gestion de la faune et la flore. En effet, Nicolas Perrin et ses collègues assument déjà des mandats d'études sur la dynamique des populations animales en dirigeant des thèses sur le bouquetin, le grand tétras et la truite dans le canton de Vaud. Il était nécessaire de créer une structure commune à tous les projets en cours.

L'idée a rencontré un grand enthousiasme - preuve qu'elle répond à un besoin - auprès des différents organismes contactés, dont l'Office fédéral de l'environnement et des paysages qui accepté de financer des équipements. Un an après la soumission du projet, le laboratoire a vu le jour.

Le LBC réunit des experts en analyse spatio-temporelle des espèces et des généticiens de la conservation. Pour le moment, il intègre les professeurs, doctorants et chercheurs avancés qui travaillent déjà sur un projet. Mais le centre aura aussi une mission de formation auprès des étudiants avancés et leur permettra de concilier recherches fondamentale et appliquée. «Il devrait faciliter leur insertion dans un domaine qui exige une grande rigueur scientifique.»

Le LBC peut effectuer une grande variété d'expertises génétiques. Les espèces rares, quelle que soient leur aire de répartition et leurs exigences écologiques, ont souvent une aire de répartition fragmentée et des populations de petite taille. Elles ont donc une probabilité d'extinction plus forte que les grandes, pour des raisons tant démographiques que génétiques. «L'outil moléculaire permet d'évaluer la taille d'une population», souligne Nicolas Perrin. C'est pourquoi elle s'avère particulièrement utile pour des espèces discrètes qu'il est difficile d'observer. A partir de quelques poils, on peut estimer l'importance d'un groupe. «Cette méthode présente l'avantage de ne pas être invasive.»

L'un des grands débats actuels est de savoir quelle est l'importance relative des facteurs génétiques dans la survie à court ou long terme des espèces. Dès lors, on peut utiliser la méthode des marqueurs génétiques pour déterminer si les modifications observées dans une population se sont faites sous l'influence d'une intervention humaine (par exemple, une pollution qui affecterait les truites d'une rivière).

Au sein des populations isolées de petite taille, les gênes ont tendance à se fixer. Cette particularité explique pourquoi il est possible de déterminer si les loups tués en Valais venaient d'Italie. L'équipe de Jacques Hausser a obtenu un mandat de la Confédération pour l'autopsie des victimes. Toutes les analyses se feront donc à Lausanne.

Proche de nos tests de paternité, cette technique trouve d'autres applications et on peut imaginer que le laboratoire fasse des expertises dans des procès de braconnage. Elle permet aussi d'évaluer la parenté d'une population locale menacée avec une autre plus abondante. Cela a été fait pour l'ours des Pyrénées dont on cherche à étoffer le cheptel en introduisant des plantigrades d'Europe de l'Est.

De par son intégration dans le milieu universitaire, le LBC regroupe des chercheurs en contact avec la recherche fondamentale. C'est pourquoi il devrait combler une lacune puisqu'à l'heure actuelle, aucun bureau privé ne peut disposer de l'infrastructure et de l'ensemble des compétences nécessaires pour effectuer les analyses et simulations proposées par le LBC.

Aux Etats-Unis et au Canada, de tels laboratoires existent. Il s'agit souvent de spin-offs, ce qui n'est pas le cas ici. «Notre but n'est pas de faire du profit mais d'apporter une contribution scientifique à des projets d'intérêt public.» Parmi ses clients potentiels, on compte la Confédération, les cantons et des organisations non gouvernementales.

L'équipe du prof. Hausser veut créer un réseau de labos pour favoriser échanges et collaborations. Une convention avec l'Université de Grenoble a déjà été signée par l'UNIL. «De plus, nous avons déjà pressenti de nombreux partenaires, comme le Centre suisse de floristique ou le Centre suisse de cartographie de la faune.»

Au siècle passé, les bouquetins vaudois ont été chassé jusqu'à l'extinction.

Simulation de population: grâce à cet outil, la Conservation de la faune peut élaborer des plans de tirs pour le bouquetin et prévoir l'évolution des populations.Patricia Reymond


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Traces de Carthage à la BCUR

La BCU reçoit du 6 mai au 26 juin une exposition originale de stèles votives de Carthage. Il s'agit d'un retour aux sources puisque Jean Spiro, qui les a découvertes, a enseigné à Lausanne.

Les stèles exposées au Palais de Rumine n'ont jamais été vues par le public. Elles ont été ramenées en 1890 par J. Spiro, un Suisse en Tunisie. Il s'agit des premières stèles carthaginoises arrivées en Europe puisqu'à la même époque, le bateau qui ramenait les stèles commandées par le Louvre a coulé dans le port de Toulon. A l'origine, les pierres étaient au nombre de 18. Le Suisse en a offert deux au Musée cantonal d'archéologie et d'histoire de Lausanne. Trois ont été léguées à la Tunisie, une est à la garde de François Paschoud et six sont propriété de l'arrière petit-fils, Léo Dubal-Spiro, initiateur de l'exposition. Six autres ont disparu.

L'expo en présente neuf. Elles portent des inscriptions votives en alphabet phénico-punique, ornées de motifs d'inspiration lybico-berbère. Il s'agit de dédicaces à la déesse Tanit faites par des Carthaginois qui lui sacrifiaient un jeune enfant, peut-être leur premier-né. Détail intéressant, les pierres présentent l'influence de deux civilisations, l'une d'origine sémitique de type patriarcale, l'autre d'inspiration africaine et matriarcale.

J. Spiro n'a pas effectué de fouilles archéologiques importantes. «Mon grand-père se souvenait que son père avait trouvé ces stèles sur la plage» explique Léo Dubal. A l'époque, on ignorait l'emplacement du tophet, aire sacrificielle de Carthage. En 1895, Jean Spiro a publié Les inscriptions et les stèles votives de Carthage. Il faudra encore patienter 26 ans pour que F. Icard et P. Gielly le découvrent. Depuis, on a exhumé plus de 7000 stèles mais le tophet devrait en abriter encore 50'000. Celles de J. Spiro provoqueront à coup sûr l'admiration du grand public.

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Mobilité: des unis à la carte

Les étudiants sont de plus en plus nombreux à faire un séjour d'études. Envie de découvrir une nouvelle culture ou de prendre de la distance... Pour répondre à ces attentes, les Relations internationales multiplient les accords avec les autres unis et s'offrent un nouveau site Internet.

Quelles sont les tendances actuelles de la mobilité? Incontestablement, elle augmente. «Mis à part les juristes, la majorité des étudiants qui ont le choix entre la Suisse et l'étranger choisissent cette deuxième possibilité», explique Antoinette Charon, responsable du service. On constate une forte demande pour les pays anglophones. Comme le nombre de places en Grande-Bretagne est restreint &endash; les unis anglaises, très demandées, privilégient les ressortissants de l'Union européenne &endash; les Relations internationales cherchent à avoir encore plus d'accords avec les Etats-Unis, le Canada et l'Australie. Récemment, des contacts ont été pris avec des unis sud-africaines. Les étudiants privilégient le monde occidental et on a l'impression que les pays du Sud sont un peu oubliés. Sous le rectorat d'Eric Junod, l'UNIL a recherché des accords avec les pays en voie de développement, mais ils sont difficiles à concrétiser. A l'initiative de Jean-Claude Bünzli qui était vice-recteur lors du précédent rectorat, elle offre trois bourses à des jeunes doctorants de ces pays.

Les étudiants en médecine (c'est une particularité de Lausanne) et en lettres bougent plus que les autres. Certains veulent découvrir une autre mentalité ou une autre culture, d'autres suivre de nouveaux cours et découvrir une nouvelle forme de pédagogie... «Nous sommes frappés de voir comme les étudiants s'affirment pendant leur absence», explique A. Charon. «C'est pourquoi, un séjour à l'étranger est toujours bénéfique, même si l'université d'accueil ne figure pas parmi les plus prestigieuses.» Partir ne signifie pas forcément prendre du retard dans ses études, même si tous les profs ne jouent pas le jeu de la reconnaissance. Mieux informés &endash; les contacts se multiplient entre candidats au départ et ceux qui sont partis &endash; les étudiants perdent moins de temps qu'au début des programmes de mobilité. Parmi les entraves à la mobilité, on compte les langues, la crainte de ne pas voir ses cours reconnus et les échecs au premier certificat. L'argent constitue aussi un grand obstacle, même si l'UNIL se montre généreuse par rapport à d'autres unis.

Au dernier semestre, 245 Lausannois ont tenté l'aventure, ce qui est beaucoup puisque la mobilité concerne une petite partie des étudiants (2e cycle sauf l'année du mémoire). Et l'UNIL a reçu 285 étudiants extérieurs. La mobilité joue dans les deux sens car les étrangers qui viennent à Lausanne élargissent l'horizon de ceux qui n'ont pas eu l'occasion de partir. En Suisse, l'UNIL est très attractive malgré le coût de la vie dont se plaignent la majorité des étrangers. Mais elle se trouve en concurrence avec les unis françaises. «Anglais et Américains croient souvent que nous parlons un dialecte, une sorte de welchdutsch.» Partants ou arrivants, la majorité des étudiants se disent plus motivés et sûrs d'eux après leur séjour. Les échecs sont rares et sont dûs à des lacunes linguistiques qui auraient souvent pu être comblées avant le départ. Alors tentés? A votre tour!

Femmes plus mobiles?

La mobilité, tout le monde l'encourage, certains voudraient la rendre obligatoire mais on ne sait pas vraiment pourquoi ça marche. En 1997, elle a fait l'objet d'une étude qui met l'accent sur les critères socio-démographiques. Ses auteurs ont donné la parole à des étudiants CH-Unimobil, et Erasmus Suisse. Les résultats de leur enquête sont parfois surprenants (ainsi les femmes seraient plus enclines à la mobilité mais cette tendance diminue). Malgré des chiffres parfois inexacts, cette étude à le mérite d'apporter des réponses aux questions «qui bouge et pourquoi?», ce qui explique aussi en partie pourquoi certains renoncent à partir.

U. Streickeisen. M. Diem. La mobilité universitaire. Berne: OFES, 1998.

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Macrovirus, un nouveau défi

Le macrovirus Melissa a fait la une des journaux en se propageant à une vitesse rarement égalée jusqu'ici. L'UNIL a-t-elle été épargnée? Une enquête au CI est l'occasion de rappeler quelques règles élémentaires de sécurité.

Malgré Melissa, le Centre informatique n'a pas enregistré une recrudescence de catastrophes. «Sur PC, nous avons eu des contagions par Happy 99 et rencontré des macrovirus en chimie», explique Silvio Viotti. Un macrovirus s'accroche aux fichiers Word ou Excell, les endommage ou les modifie. Il pose de nouveaux défis au monde Mac. «Jusqu'en 1995, les Macs de l'UNIL étaient épargnés. L'apparition de macrovirus qui ne sont pas écrits en langage machine et ne dépendent pas d'une plate-forme spécifique a tout changé. Nous avons eu des difficultés à trouver des antivirus efficaces», se souvient Philippe Ryter. «Par chance, les stations UNIX et les Macs intéressaient peu les hackers désrieux de faire parler d'eux en piégeant les PC (lesquels représentent près de 95% de la micro). Et ils s'attaquent davantage au monde économique qu'aux milieux académiques.» Tous ne produisent pas une catastrophe. Ainsi Melissa n'est efficace qu'avec Office 97 et la messagerie Outlook. «Quelqu'un peut l'avoir reçu et jeté sans s'en rendre compte. Mais il peut aussi le propager.»

Les virus sont souvent discrets. «Lorsque vos documents Word se changent tout seuls en modèles, vous pouvez craindre le pire.» Que faire quand le disque est atteint? «Souvent les gens se rendent compte qu'ils n'ont pas adopté une politique de sauvegarde appropriée.» Comme ils font rarement des backups, P. Ryter étudie la possibilité d'introduire des systèmes de sauvegarde automatique. L'UNIL a acquis des antivirus Virex (Mac) et Doctor Solomon (PC) disponibles depuis le serveur du CI. On trouve dans leur site les infos nécessaires à l'installation. Le choix d'un antivirus n'est pas facile car il en existe beaucoup. «Mais ils se valent tous», tempère S. Viotti. L'UNIL a choisi le sien avec Genève et elles ont acheté une licence commune.

Performant, il ignore évidemment les nouveaux virus. «C'est pourquoi il ne suffit pas d'installer l'application mais aussi mettre à jour la base de données qui lui sert de check-liste.» prévient P. Ryter. Internet est un moyens privilégié de propager les virus. Happy 99 a voyagé à travers le monde par mail. Mais contrairement à la rumeur, un virus ne peut se transmettre par un simple mail. Il faut qu'il circule avec un programme ou un document attaché.

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Personnalité borderline

Dans le cadre de son cours de «privat-docent», sur les troubles de la personnalité au 20e siècle, Jacques Gasser, psychiatre au Département de psychiatrie adulte à Cery, chercheur et chargé d'enseignement à l'Institut d'histoire de la médecine, abordera le thème de la personnalité borderline.

Apparue à la fin du 19e siècle la notion de personnalité borderline ou état limite a d'abord été utilisée pour qualifier des troubles que l'on situait à la frontière entre un état normal et un état pathologique. La question de cette limite se posait de façon particulièrement aiguë sur le terrain de la psychiatrie légale, en particulier lorsqu'il fallait déterminer si la responsabilité pénale d'auteurs d'actes criminels pouvait être considérée comme diminuée pour des raisons psychiatriques», précise Jacques Gasser. Vers les années 30, cette zone intermédiaire marquera la limite entre la névrose et la psychose. Puis, après la mort de Freud, la question centrale posée par certains auteurs est celle de l'accessibilité à la cure analytique classique. En effet un certain nombre de patients seraient non analysables bien que n'étant pas franchement psychotiques. Ces patients, dorénavant nommés borderline développeraient une anxiété intense et des sentiments d'insécurité devant toute interprétation qui seraient vécues comme autant de critiques, signe d'une blessure narcissique profonde résultant de carence affective de la petite enfance. Ce n'est que dans les années 1970 que cette notion est reconnue comme une structure stable de l'organisation de la personnalité et devient une entité à part entière des classifications psychiatriques. La personnalité borderline fait actuellement partie des dix troubles de la personnalité de la nosologie américaine. Présentant une grande insécurité intérieure avec un sentiment de vide, une intolérance à la frustration, une crainte du rejet, les patients borderline souffrent en général de divers troubles du comportement (auto-agressivité, instabilité affective, abus de substance, etc.). Malgré une insertion socioprofessionnelle souvent préservée, leurs dysfonctionnements relationnels sont à l'origine de décompensations (dépressions graves, par exemple). «Ce sont des personnes très agissantes, précise le psychiatre, pour eux c'est noir ou blanc, il n'y a pas de nuances. Si, par exemple, ils craignent d'être abandonnés (parfois à tort), ils anticiperont la rupture». Ces patients entrent en général en traitement lors de phases de décompensation et, précise Jacques Gasser, «la mise en place d'un cadre thérapeutique est souvent délicate car ce dernier est remis en cause régulièrement par la personne borderline. La difficulté majeure est d'instaurer un climat de confiance malgré ces obstacles». (s.v)

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