Personnalité
Borderline
Les cafétérias, un
espace de vie
par Patricia Reymond
Tous les deux ans, une diététicienne se
penche sur les assiettes de l'UNIL. Le rapport rendu cette
année par Laurence Margot confirme une tendance
forte, celle d'une destructuration des repas. Elle constate
en effet une évolution du régime des
étudiants toujours plus adeptes de l'alimentation
fast-food. Ceux-ci préfèrent manger sur le
pouce si bien que le réfectoire perd
régulièrement sa clientèle au profit de
la Brasserie et des cafétérias.
Les étudiants aiment se restaurer là
où ils suivent des cours et cherchent avant tout
à échapper aux contraintes, certains optant
pour le pique-nique. Il est donc probable que l'avenir
appartient aux îlots de tendances culinaires
variées façon Manora. A l'avenir les
cafétérias devraient développer leur
offre (crêpes, omelettes, soupes, salades).
Les cafétérias des sciences humaines
accueillent toujours plus d'étudiants. Difficile si
on arrive à midi et quart de trouver une place...
Pourtant le niveau 1 du BFSH2 offre encore des espaces
vides. Pourquoi ne pas rajouter des chaises et des tables?
Ce serait si agréable de grignoter, refaire le monde
ou discuter du prochain séminaire en admirant les
expos de l'Unité d'art contemporain! Après
tout, le B2 n'offre pas beaucoup d'autres lieux de vie.
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28 avril,
journée d'info sur le généie
génétique: promesses à
tenir
Le monde scientifique veut aller à la rencontre du
grand public. C'est pourquoi la fondation Gen Suisse a
proposé la mise sur pied, le 28 avril, d'une
journée d'information sur le génie
génétique. Des chercheurs de l'UNIL ont
répondu présents.
«Les chercheurs s'efforcent de tenir une promesse
faite avant la votation du 7 juin 1998, à savoir de
poursuivre le dialogue engagé avec la
population», explique Markus Imhof du Laboratoire de
biotechnologie moléculaire UNIL-EPFL. Qu'on se
souvienne des débats passionnés qui avaient
précédé le rejet de l'initiative
Gen-Lex. Partisans et opposants s'étaient
opposés sur des thèmes aussi brûlants
que la biodiversité, le clonage ou la brevetage
d'animaux ou de plantes génétiquement
modifiées.
Le 28 avril 1998, quelque 3000 chercheurs et chercheuses
avaient manifesté dans les rues de Lugano, Zurich,
Genève et en faveur de la recherche en Suisse. Si le
monde scientifique a réussi à convaincre le
peuple, un grand nombre de craintes subsistent. Des sondages
récents disent qu'une majorité de Suisses ne
voudraient pas manger de plantes génétiquement
modifiées.
C'est pourquoi les laboratoires seront dans les rues de
Zurich, Lausanne, Bâle et Berne. Les scientifiques
expliqueront les objectifs de leurs recherches et
répondront au public sur des questions de
sécurité et d'éthique.
L'Université de Genève propose un spectacle et
l'Université de Berne organise une conférence
de presse «Science et Société» sur
Gen-Lex et les travaux de la commission d'éthique
pour le génie génétique dans le domaine
non humain et sur les enjeux, les avantages et les risques
du génie génétique. Proposée par
Gen Suisse, cette opération est
réalisée par les milieux académiques,
avec le soutien d'organismes tels que le FNRS. Patricia
Reymond
Gen suisse se
présente
Cette fondation réalise un
impressionant travail d'information en faveur du
génie génétique: hotline, site internet
(www.gensuisse.ch), brochures et séminaires. Elle
réunit des politiciens tels que les conseillers
nationaux Jacques-Simon Eggly et Christiane Leuenberger et
des chercheurs comme Michel Aguet de l'ISREC et le Prof.
Claude Bron de l'Institut de biochimie de l'UNIL.
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Dans les
coulisses de l'emploi
Vous êtes assistant-e, secrétaire,
laborantin-e, informaticien-ne ou apprenti-e à
l'UNIL? Uniscope a rendu visite à ceux qui traitent
vos dossiers!
L'Université ce sont des étudiants et des
professeurs, nous sommes d'accord, mais également
tous ceux &endash; que l'on oublie parfois &endash; et qui
travaillent à son bon fonctionnement: le personnel
administratif et technique, les assistants, le personnel
auxiliaire et en amont ceux qui les gèrent. Visite
guidée du côté du Bureau de gestion du
personnel.
Gérer les 430 employés administratifs et
techniques fixes de l'Université de Lausanne, les
quelque 1000 dossiers d'assistants, les 50 apprentis (de
commerce et laborantins) et les 80 auxiliaires c'est le
travail des quatre employés du Bureau de gestion du
personnel: Christian de Trey, chef du service, Tessa Gozzo,
Marylise Maret Roux et Joseph Scuderi.
Leur tâche principale est la gestion administrative
des dossiers. Il faut dire que chaque contrat d'engagement
(par exemple) suit un véritable parcours du
combattant: de la Faculté (Décanat) il passe
au Bureau de gestion du personnel de l'UNIL puis au Service
du personnel de l'Etat, pour signature, ensuite au
Département de la formation et de la jeunesse, puis
retour au Décanat, via le service du personnel de
l'UNIL qui en renvoie une copie au service du personnel de
l'Etat....de quoi avoir le tournis et perdre patience!
Christian de Trey s'occupe également de la gestion
des budgets du personnel, et en particulier d'aider les
facultés à établir le leur. «Ce
n'est pas moi qui décide, les décisions sont
prises par le Rectorat et les Facultés. Mon
rôle est plutôt celui de conseiller»,
précise-t-il.
La troisième tâche est peut-être la
plus délicate: «il m'arrive parfois de devoir
désamorcer des conflits, précise Christian de
Trey, qu'il s'agisse d'une mésentente entre deux
employés ou d'un problème lié à
une promotion ou un salaire «ce n'est pas forcement une
tâche désagréable»,
souligne-t-il.
Une des difficultés principales est sans aucun
doute de devoir s'accommoder de la rigidité du statut
du personnel de l'Etat de Vaud et de ses règles
très complexes &endash; «cette loi date de plus
de 50 ans précise le responsable du service, elle est
complètement dépassée. Son
remplacement, heureusement est à l'étude»
&endash; sans oublier les lenteurs de cette administration;
pas étonnant lorsque l'on sait qu'elle traite plus de
24000 dossiers avec un système de gestion un peu
archaïque!
Des changements souhaitables? «Je pense qu'il manque
à l'Université un véritable Service de
ressources humaines qui pourrait intégrer des
évaluations du personnel, gérer des plans de
carrière, veiller à la formation continue et
aider les facultés à procéder au
recrutement. J'aimerais également que
l'Université obtienne une plus grande autonomie dans
la gestion du personnel, qu'elle n'ait pas toujours à
en référer à l'Etat, notamment pour
décider d'une promotion ou pour fixer un
salaire».
Tessa Gozzo s'occupe de la gestion du personnel
administratif et technique (PAT) de l'Université.
Cette vaste catégorie englobe aussi bien des
laborantins, des informaticiens du Centre informatique que
des concièrges, des techniciens, des
secrétaires, des ingénieurs ou des
employés des secrétariats des facultés,
par exemple. En bref ils occupent une centaine de fonctions
différentes. Outre veiller à la gestion
administrative des dossiers (changement d'affectation, de
taux d'activité, promotions, licenciements, maladies,
allocations, etc.), Tessa Gozzo qui est en contact aussi
bien avec le PAT qu'avec les secrétariats des
facultés, le service du personnel de l'Etat de Vaud
ou celui de l'emploi, est amenée à
répondre à un grand nombre de questions,
«il faut alors savoir où diriger les gens, on
m'a même demandé dernièrement le
programme des cours d'histoire», remarque la jeune
femme en souriant.
Un souhait? «Avoir la possibilité de
participer à un plus grand nombre de cours de
formation continue.»
Joseph Scuderi, s'occupe de la gestion des assistants en
sciences humaines et ceux du Rectorat. Mis à part la
gestion des nouveaux contrats, il s'agit également de
procéder à de nombreuses
réactualisations (changements d'Etat civil,
allocations pour enfants, changements de taux
d'activité) «qui sont assez fréquentes
chez les assistants», précise Joseph Scuderi. Si
depuis dix ans le nombre d'assistants est stable, c'est
l'inverse pour les contrats. En effet, restrictions
budgétaires obligent, les facultés se tournent
de plus en plus vers d'autres sources de financement (fonds
privés, FNRS) pour rétribuer leurs assistants,
«cette situation implique pour nous de nombreuses
modifications de contrats».
«Au service du personnel on a parfois l'impression
d'être un peu entre le marteau et l'enclume,
précise Joseph Scuderi, d'un côté il
faut répondre aux demandes parfois pressantes des
facultés et en même temps il s'agit de
respecter les délais (rigides) du service du
personnel de l'Etat de Vaud».
C'est Marylise Maret Roux, qui gère les dossiers
des assistants en sciences et en médecine ainsi que
ceux des médecins-assistants.
«Ce que je préfère dans ce travail?
Les contacts avec les assistants lorsqu'ils viennent me voir
pour régler des problèmes administratifs. Ceux
dont je m'occupe sont cléments, râlent peu et
sont précis... c'est peut-être dû
à leur profession...!»
Le plus ennuyeux? «le fait d'être
obligé d'avancer par à coup. Un exemple:
soudain un professeur ou une faculté obtient des
fonds privés, certains assistants voient alors leur
taux d'activité payé par l'UNIL baisser...
pour moi cela peut représenter une centaine de
dossiers à modifier... et on ne le sait jamais
à l'avance».
«Bien que l'administration cantonale est
extrêmement rigide, nous avons de bonnes relations
avec le service du personnel de l'Etat de Vaud, c'est
essentiel, car nous sommes souvent en contact, mais c'est
aussi à nous de les entretenir», précise
Mrylise Maret Roux.
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La recherche
à la rescousse des espèces
menacées
La Suisse qui joue volontiers les premiers de classe en
matière de récupération mérite
peut-être le bonnet d'âne pour la conservation
des espèces puisqu'elle figure parmi les pays qui
comptent le plus de plantes et d'animaux menacés
d'extinction. Conscients de ce paradoxe, les chercheurs de
l'Institut d'écologie se mettent au service de la
biologie de la conservation.
La biologie de la conservation est une discipline
récente qui repose sur un enjeu difficile, à
savoir comprendre et prévoir le fonctionnement des
écosystèmes et des espèces afin d'en
assurer la survie à long terme. «En un mot, elle
s'attache au maintien de la biodiversité»,
souligne Luca Fumagalli. Notons encore que cette discipline
s'intéresse autant à la flore et qu'à
la faune.
Le Laboratoire de biologie de la conservation (LBC) est
né de la volonté de mettre à
disposition les compétences des chercheurs de
l'Institut d'écologie dans le domaine de la gestion
de la faune et la flore. En effet, Nicolas Perrin et ses
collègues assument déjà des mandats
d'études sur la dynamique des populations animales en
dirigeant des thèses sur le bouquetin, le grand
tétras et la truite dans le canton de Vaud. Il
était nécessaire de créer une structure
commune à tous les projets en cours.
L'idée a rencontré un grand enthousiasme -
preuve qu'elle répond à un besoin -
auprès des différents organismes
contactés, dont l'Office fédéral de
l'environnement et des paysages qui accepté de
financer des équipements. Un an après la
soumission du projet, le laboratoire a vu le jour.
Le LBC réunit des experts en analyse
spatio-temporelle des espèces et des
généticiens de la conservation. Pour le
moment, il intègre les professeurs, doctorants et
chercheurs avancés qui travaillent déjà
sur un projet. Mais le centre aura aussi une mission de
formation auprès des étudiants avancés
et leur permettra de concilier recherches fondamentale et
appliquée. «Il devrait faciliter leur insertion
dans un domaine qui exige une grande rigueur
scientifique.»
Le LBC peut effectuer une grande variété
d'expertises génétiques. Les espèces
rares, quelle que soient leur aire de répartition et
leurs exigences écologiques, ont souvent une aire de
répartition fragmentée et des populations de
petite taille. Elles ont donc une probabilité
d'extinction plus forte que les grandes, pour des raisons
tant démographiques que génétiques.
«L'outil moléculaire permet d'évaluer la
taille d'une population», souligne Nicolas Perrin.
C'est pourquoi elle s'avère particulièrement
utile pour des espèces discrètes qu'il est
difficile d'observer. A partir de quelques poils, on peut
estimer l'importance d'un groupe. «Cette méthode
présente l'avantage de ne pas être
invasive.»
L'un des grands débats actuels est de savoir
quelle est l'importance relative des facteurs
génétiques dans la survie à court ou
long terme des espèces. Dès lors, on peut
utiliser la méthode des marqueurs
génétiques pour déterminer si les
modifications observées dans une population se sont
faites sous l'influence d'une intervention humaine (par
exemple, une pollution qui affecterait les truites d'une
rivière).
Au
sein des populations isolées de petite taille, les
gênes ont tendance à se fixer. Cette
particularité explique pourquoi il est possible de
déterminer si les loups tués en Valais
venaient d'Italie. L'équipe de Jacques Hausser a
obtenu un mandat de la Confédération pour
l'autopsie des victimes. Toutes les analyses se feront donc
à Lausanne.
Proche de nos tests de paternité, cette technique
trouve d'autres applications et on peut imaginer que le
laboratoire fasse des expertises dans des procès de
braconnage. Elle permet aussi d'évaluer la
parenté d'une population locale menacée avec
une autre plus abondante. Cela a été fait pour
l'ours des Pyrénées dont on cherche à
étoffer le cheptel en introduisant des plantigrades
d'Europe de l'Est.
De par son intégration dans le milieu
universitaire, le LBC regroupe des chercheurs en contact
avec la recherche fondamentale. C'est pourquoi il devrait
combler une lacune puisqu'à l'heure actuelle, aucun
bureau privé ne peut disposer de l'infrastructure et
de l'ensemble des compétences nécessaires pour
effectuer les analyses et simulations proposées par
le LBC.
Aux Etats-Unis et au Canada, de tels laboratoires
existent. Il s'agit souvent de spin-offs, ce qui n'est pas
le cas ici. «Notre but n'est pas de faire du profit
mais d'apporter une contribution scientifique à des
projets d'intérêt public.» Parmi ses
clients potentiels, on compte la
Confédération, les cantons et des
organisations non gouvernementales.
L'équipe du prof. Hausser veut créer un
réseau de labos pour favoriser échanges et
collaborations. Une convention avec l'Université de
Grenoble a déjà été
signée par l'UNIL. «De plus, nous avons
déjà pressenti de nombreux partenaires, comme
le Centre suisse de floristique ou le Centre suisse de
cartographie de la faune.»
Au
siècle passé, les bouquetins vaudois ont
été chassé jusqu'à
l'extinction.
Simulation de population: grâce à cet outil,
la Conservation de la faune peut élaborer des plans
de tirs pour le bouquetin et prévoir
l'évolution des populations.Patricia Reymond
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Traces de
Carthage à la BCUR
La BCU reçoit du 6 mai au 26 juin une exposition
originale de stèles votives de Carthage. Il s'agit
d'un retour aux sources puisque Jean Spiro, qui les a
découvertes, a enseigné à Lausanne.
Les stèles exposées au Palais de Rumine
n'ont jamais été vues par le public. Elles ont
été ramenées en 1890 par J. Spiro, un
Suisse en Tunisie. Il s'agit des premières
stèles carthaginoises arrivées en Europe
puisqu'à la même époque, le bateau qui
ramenait les stèles commandées par le Louvre a
coulé dans le port de Toulon. A l'origine, les
pierres étaient au nombre de 18. Le Suisse en a
offert deux au Musée cantonal d'archéologie et
d'histoire de Lausanne. Trois ont été
léguées à la Tunisie, une est à
la garde de François Paschoud et six sont
propriété de l'arrière petit-fils,
Léo Dubal-Spiro, initiateur de l'exposition. Six
autres ont disparu.
L'expo en présente neuf. Elles portent des
inscriptions votives en alphabet phénico-punique,
ornées de motifs d'inspiration lybico-berbère.
Il s'agit de dédicaces à la déesse
Tanit faites par des Carthaginois qui lui sacrifiaient un
jeune enfant, peut-être leur premier-né.
Détail intéressant, les pierres
présentent l'influence de deux civilisations, l'une
d'origine sémitique de type patriarcale, l'autre
d'inspiration africaine et matriarcale.
J. Spiro n'a pas effectué de fouilles
archéologiques importantes. «Mon
grand-père se souvenait que son père avait
trouvé ces stèles sur la plage» explique
Léo Dubal. A l'époque, on ignorait
l'emplacement du tophet, aire sacrificielle de Carthage. En
1895, Jean Spiro a publié Les inscriptions et les
stèles votives de Carthage. Il faudra encore
patienter 26 ans pour que F. Icard et P. Gielly le
découvrent. Depuis, on a exhumé plus de 7000
stèles mais le tophet devrait en abriter encore
50'000. Celles de J. Spiro provoqueront à coup
sûr l'admiration du grand public.
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Mobilité:
des unis à la carte
Les étudiants sont de plus en plus nombreux
à faire un séjour d'études. Envie de
découvrir une nouvelle culture ou de prendre de la
distance... Pour répondre à ces attentes, les
Relations internationales multiplient les accords avec les
autres unis et s'offrent un nouveau site Internet.
Quelles sont les tendances actuelles de la
mobilité? Incontestablement, elle augmente. «Mis
à part les juristes, la majorité des
étudiants qui ont le choix entre la Suisse et
l'étranger choisissent cette deuxième
possibilité», explique Antoinette Charon,
responsable du service. On constate une forte demande pour
les pays anglophones. Comme le nombre de places en
Grande-Bretagne est restreint &endash; les unis anglaises,
très demandées, privilégient les
ressortissants de l'Union européenne &endash; les
Relations internationales cherchent à avoir encore
plus d'accords avec les Etats-Unis, le Canada et
l'Australie. Récemment, des contacts ont
été pris avec des unis sud-africaines. Les
étudiants privilégient le monde occidental et
on a l'impression que les pays du Sud sont un peu
oubliés. Sous le rectorat d'Eric Junod, l'UNIL a
recherché des accords avec les pays en voie de
développement, mais ils sont difficiles à
concrétiser. A l'initiative de Jean-Claude
Bünzli qui était vice-recteur lors du
précédent rectorat, elle offre trois bourses
à des jeunes doctorants de ces pays.
Les étudiants en médecine (c'est une
particularité de Lausanne) et en lettres bougent plus
que les autres. Certains veulent découvrir une autre
mentalité ou une autre culture, d'autres suivre de
nouveaux cours et découvrir une nouvelle forme de
pédagogie... «Nous sommes frappés de voir
comme les étudiants s'affirment pendant leur
absence», explique A. Charon. «C'est pourquoi, un
séjour à l'étranger est toujours
bénéfique, même si l'université
d'accueil ne figure pas parmi les plus prestigieuses.»
Partir ne signifie pas forcément prendre du retard
dans ses études, même si tous les profs ne
jouent pas le jeu de la reconnaissance. Mieux
informés &endash; les contacts se multiplient entre
candidats au départ et ceux qui sont partis &endash;
les étudiants perdent moins de temps qu'au
début des programmes de mobilité. Parmi les
entraves à la mobilité, on compte les langues,
la crainte de ne pas voir ses cours reconnus et les
échecs au premier certificat. L'argent constitue
aussi un grand obstacle, même si l'UNIL se montre
généreuse par rapport à d'autres
unis.
Au dernier semestre, 245 Lausannois ont tenté
l'aventure, ce qui est beaucoup puisque la mobilité
concerne une petite partie des étudiants
(2e cycle sauf l'année du mémoire).
Et l'UNIL a reçu 285 étudiants
extérieurs. La mobilité joue dans les deux
sens car les étrangers qui viennent à Lausanne
élargissent l'horizon de ceux qui n'ont pas eu
l'occasion de partir. En Suisse, l'UNIL est très
attractive malgré le coût de la vie dont se
plaignent la majorité des étrangers. Mais elle
se trouve en concurrence avec les unis françaises.
«Anglais et Américains croient souvent que nous
parlons un dialecte, une sorte de welchdutsch.»
Partants ou arrivants, la majorité des
étudiants se disent plus motivés et sûrs
d'eux après leur séjour. Les échecs
sont rares et sont dûs à des lacunes
linguistiques qui auraient souvent pu être
comblées avant le départ. Alors tentés?
A votre tour!
Femmes plus mobiles?
La mobilité, tout le monde l'encourage, certains
voudraient la rendre obligatoire mais on ne sait pas
vraiment pourquoi ça marche. En 1997, elle a fait
l'objet d'une étude qui met l'accent sur les
critères socio-démographiques. Ses auteurs ont
donné la parole à des étudiants
CH-Unimobil, et Erasmus Suisse. Les résultats de leur
enquête sont parfois surprenants (ainsi les femmes
seraient plus enclines à la mobilité mais
cette tendance diminue). Malgré des chiffres parfois
inexacts, cette étude à le mérite
d'apporter des réponses aux questions «qui bouge
et pourquoi?», ce qui explique aussi en partie pourquoi
certains renoncent à partir.
U. Streickeisen. M. Diem. La mobilité
universitaire. Berne: OFES, 1998.
Macrovirus, un
nouveau défi
Le macrovirus Melissa a fait la une des journaux en se
propageant à une vitesse rarement
égalée jusqu'ici. L'UNIL a-t-elle
été épargnée? Une enquête
au CI est l'occasion de rappeler quelques règles
élémentaires de sécurité.
Malgré Melissa, le Centre informatique n'a pas
enregistré une recrudescence de catastrophes.
«Sur PC, nous avons eu des contagions par Happy 99 et
rencontré des macrovirus en chimie», explique
Silvio Viotti. Un macrovirus s'accroche aux fichiers Word ou
Excell, les endommage ou les modifie. Il pose de nouveaux
défis au monde Mac. «Jusqu'en 1995, les Macs de
l'UNIL étaient épargnés. L'apparition
de macrovirus qui ne sont pas écrits en langage
machine et ne dépendent pas d'une plate-forme
spécifique a tout changé. Nous avons eu des
difficultés à trouver des antivirus
efficaces», se souvient Philippe Ryter. «Par
chance, les stations UNIX et les Macs intéressaient
peu les hackers désrieux de faire parler d'eux en
piégeant les PC (lesquels représentent
près de 95% de la micro). Et ils s'attaquent
davantage au monde économique qu'aux milieux
académiques.» Tous ne produisent pas une
catastrophe. Ainsi Melissa n'est efficace qu'avec Office 97
et la messagerie Outlook. «Quelqu'un peut l'avoir
reçu et jeté sans s'en rendre compte. Mais il
peut aussi le propager.»
Les
virus sont souvent discrets. «Lorsque vos documents
Word se changent tout seuls en modèles, vous pouvez
craindre le pire.» Que faire quand le disque est
atteint? «Souvent les gens se rendent compte qu'ils
n'ont pas adopté une politique de sauvegarde
appropriée.» Comme ils font rarement des
backups, P. Ryter étudie la possibilité
d'introduire des systèmes de sauvegarde automatique.
L'UNIL a acquis des antivirus Virex (Mac) et Doctor Solomon
(PC) disponibles depuis le serveur du CI. On trouve dans
leur site les infos nécessaires à
l'installation. Le choix d'un antivirus n'est pas facile car
il en existe beaucoup. «Mais ils se valent tous»,
tempère S. Viotti. L'UNIL a choisi le sien avec
Genève et elles ont acheté une licence
commune.
Performant, il ignore évidemment les nouveaux
virus. «C'est pourquoi il ne suffit pas d'installer
l'application mais aussi mettre à jour la base de
données qui lui sert de check-liste.»
prévient P. Ryter. Internet est un moyens
privilégié de propager les virus. Happy 99 a
voyagé à travers le monde par mail. Mais
contrairement à la rumeur, un virus ne peut se
transmettre par un simple mail. Il faut qu'il circule avec
un programme ou un document attaché.
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Personnalité
borderline
Dans le cadre de son cours de «privat-docent»,
sur les troubles de la personnalité au 20e
siècle, Jacques Gasser, psychiatre au
Département de psychiatrie adulte à Cery,
chercheur et chargé d'enseignement à
l'Institut d'histoire de la médecine, abordera le
thème de la personnalité borderline.
Apparue à la fin du 19e siècle
la notion de personnalité borderline ou état
limite a d'abord été utilisée pour
qualifier des troubles que l'on situait à la
frontière entre un état normal et un
état pathologique. La question de cette limite se
posait de façon particulièrement aiguë
sur le terrain de la psychiatrie légale, en
particulier lorsqu'il fallait déterminer si la
responsabilité pénale d'auteurs d'actes
criminels pouvait être considérée comme
diminuée pour des raisons psychiatriques»,
précise Jacques Gasser. Vers les années 30,
cette zone intermédiaire marquera la limite entre la
névrose et la psychose. Puis, après la mort de
Freud, la question centrale posée par certains
auteurs est celle de l'accessibilité à la cure
analytique classique. En effet un certain nombre de patients
seraient non analysables bien que n'étant pas
franchement psychotiques. Ces patients, dorénavant
nommés borderline développeraient une
anxiété intense et des sentiments
d'insécurité devant toute
interprétation qui seraient vécues comme
autant de critiques, signe d'une blessure narcissique
profonde résultant de carence affective de la petite
enfance. Ce n'est que dans les années 1970 que cette
notion est reconnue comme une structure stable de
l'organisation de la personnalité et devient une
entité à part entière des
classifications psychiatriques. La personnalité
borderline fait actuellement partie des dix troubles de la
personnalité de la nosologie américaine.
Présentant une grande insécurité
intérieure avec un sentiment de vide, une
intolérance à la frustration, une crainte du
rejet, les patients borderline souffrent en
général de divers troubles du comportement
(auto-agressivité, instabilité affective, abus
de substance, etc.). Malgré une insertion
socioprofessionnelle souvent préservée, leurs
dysfonctionnements relationnels sont à l'origine de
décompensations (dépressions graves, par
exemple). «Ce sont des personnes très
agissantes, précise le psychiatre, pour eux c'est
noir ou blanc, il n'y a pas de nuances. Si, par exemple, ils
craignent d'être abandonnés (parfois à
tort), ils anticiperont la rupture». Ces patients
entrent en général en traitement lors de
phases de décompensation et, précise Jacques
Gasser, «la mise en place d'un cadre
thérapeutique est souvent délicate car ce
dernier est remis en cause régulièrement par
la personne borderline. La difficulté majeure est
d'instaurer un climat de confiance malgré ces
obstacles». (s.v)
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