Les
Sciences et la Cité
par Sophie Vassaux
La Vallée de la Jeunesse porte déjà
bien son nom mais elle le portera peut-être encore
mieux en l'an 2000, puisqu'elle accueillera un «espace
des inventions» destiné aux enfants de 7
à 14 ans. La Rotonde sera transformée pour
l'occasion en différents espaces conçus comme
un parcours ludique visant à expliquer l'histoire et
l'évolution d'une invention. Organisé en
collaboration avec l'Université, l'EPFL et les
enseignants du secondaire et du primaire, voilà un
projet qui pourrait constituer un espace de rencontre. Entre
les grands et les petits d'abord, mais aussi entre
professeurs, parents, chercheurs et enseignants.
Dans le même esprit, et dans celui du Bazar de la
Faculté des sciences/UNIL
(www.unil.ch/sc/pages/bazar/bazar.htm) et du groupe
I-Média, la Faculté des sciences de
l'Université de Genève met sur pied une
«passerelle science-cité» piloté par
des chercheurs de l'Université et des citoyens. Un
site internet a d'ores et déjà
été créé:
www.unige.ch/science-cite. A l'heure où les
enseignants, le public et les chercheurs peinent à se
rencontrer, voilà des initiatives qui donnent
l'espoir d'une réconciliation entre deux mondes qui
s'ignorent trop souvent.
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Adolescentes
plus fragiles
Filles et garçons ne sont
pas égaux devant la puberté... c'est en tout
cas le constat de Monique Bolognini, sociologue, responsable
d'une unité de recherche au Service Universitaire de
Psychiatrie des Enfants et des Adolescents (SUPEA), à
Lausanne.
William Gedney: Nous avons le temps, 1964. In:
Photographies d'Enfants, ed. Time Life
«Dans l'enfance, les garçons tendent à
être psychologiquement plus fragiles que les filles,
mais cette tendance s'inverse assez nettement par la suite,
en particulier lors du passage de l'enfance à
l'âge adulte. Il s'agit d'un phénomène
généralisé que l'on observe dans tous
les pays industrialisés», constate Monique
Bolognini, qui lors d'un cycle de séminaires
organisé par l'Unité multidisciplinaire de
santé des adolescents (UMSA) parlera des
différences entre les sexes: ampleur et
signification.
Si les troubles comportementaux sont en majeure partie
masculins (comme par exemple la violence), les troubles
psychiques tels que états dépressifs, troubles
alimentaires ou anxiété liée au stress
sont essentiellement l'apanage des adolescentes...
Des causes? Monique Bolognini en souligne trois. D'abord
la manifestation des troubles serait le résultat
d'une socialisation différentielle: on apprend
à un garçon à ne pas pleurer, par
exemple. Ensuite, l'identification au rôle de femme
est encore de nos jours moins valorisant que celui de
l'homme, le passage à l'âge adulte est donc un
peu plus périlleux. Enfin, les transformations
biologiques liées à la puberté sont
beaucoup plus visibles chez une fille que chez un
garçon, celles-ci «ont plus de peine à
accepter les changements physiques, parfois même elles
les refusent, surtout dans une société qui
idéalise la maigreur», souligne la sociologue.
Il ne paraît dès lors pas étonnant que
les troubles des conduites alimentaires (anorexie et
boulimie) touchent les filles dans plus de 90% des cas.
Le problème majeur de la prévention est la
quasi-invisibilité des signes précurseurs de
tels troubles, il est donc difficile d'agir. Pour la
sociologue, «la boulimie est probablement le trouble
qui passe le plus inaperçu». L'adolescente est
alors seule face à sa souffrance. «N'oublions
pas que ces dysfonctionnements tradusient le plus souvent un
profond mal-être, il est donc important que celui-ci
soit expliqué, sinon le risque est grand que les
troubles deviennent chroniques», conclut la
sociologue.
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Apprentissage
des langues et informatique: le mariage
La Faculté des lettres de l'Université de
Lausanne s'est dotée d'un centre multimédia
flambant neuf. Profitant de l'usure des anciens laboratoires
de langues elle a décidé de s'équiper
«hi-tech».
Près de 50 ordinateurs sont venus compléter
et moderniser l'ancien laboratoire de langues
rebaptisé pour l'occasion, Centre multimédia
ou CMM. Un matériel informatique sophistiqué
renforce un appareillage désormais désuet.
L'Université de Lausanne fait uvre de pionnier
puisqu'elle est parmi les premières
universités européennes à
s'équiper de la sorte.
Destiné en priorité aux étudiants et
professeurs des Sections de langues de la Faculté des
lettres, Georgette Blanc, responsable du Centre
multimédia, remarque cependant que l'«on y
rencontre de plus en plus d'étudiants de langue
maternelle étrangère venant parfaire leur
français», de plus il sera également
ouvert aux étudiants du Centre de langues.
Les ordinateurs sont équipés d'un programme
(Speaker auteur) permettant aux enseignants de composer
leurs cours eux-mêmes. «Cette solution a
été préférée à
l'achat de logiciels
«prêts-à-l'emploi», souligne la
responsable, les licences étant très
chères et les programmes non modifiables. De plus les
logiciels adaptés à l'enseignement
universitaire sont rares».
De son côté, l'étudiant travaille sur
la version élève du même programme. Le
système permet d'exercer les langues par
écrit, oralement et en utilisant le son et l'image
pour un apprentissage plus ludique. Le professeur, quant
à lui, peut superviser le travail des
étudiants et entrer directement en interaction avec
eux.
Prendre le temps
Une difficulté cependant, il s'agit du temps
nécessaire à la préparatoin d'un cours:
Georgette Blanc l'estime, au début, entre 10 et 15
heures pour un cours de 2 heures. Ce qui pourrait bien
rebuter un certain nombre de professeurs à utiliser
ces outils du futur. La responsable ne semble cependant pas
en souci, «l'intérêt est grand pour ces
nouvelles méthodes d'enseignement et d'apprentissage,
et les postes de plus en plus souvent
occupés».
Le CMM, c'est
où?
Au BFSH2 salle 1015: laboratoire
de langues; salle 1018: salle multimédia avec 24
ordinateurs sous forme de réseau, pour un
apprentissage individuel en présence d'un
enseignant.
Au BFSH1 salle 255: salle
multimédia avec 22 ordinateurs, 3 lecteurs
vidéo et 15 cassetophones, pour un travail en
autonomie (ouvert de 9h à17h).
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Doper la
recherche suisse
Le Fonds national lance un nouvel instrument
d'encouragement à la recherche, le programme
«Pôles de recherche nationaux» (PRN). Une
petite présentation s'impose.
Présenté dans le cadre du «Message sur
la promotion de la formation, de la recherche et de la
technologie pendant la période 2000-2003», le
coup d'envoi du programme PRN a été
donné avec l'ouverture d'un concours public en mars
1999.
Inspiré par des exemples américains,
allemands et hollandais, l'objectif premier du programme est
le renforcement durable de la place de la recherche en
Suisse dans des domaines économiquement et
socialement importants tels que les sciences de la vie, ou
l'environnement.
Les PRN devraient renforcer le contact avec
l'interdisciplinarité, les partenaires
non-académiques, le transfert de technologie et de
savoir vers des utilisateurs potentiels, ainsi qu'exercer
une influence positive sur la qualité de
l'enseignement et de la formation des jeunes chercheuses et
chercheurs.
Il est clair que la structure, la taille et le mode de
fonctionnement des projets varieront en fonction du domaine
de recherche. Par contre tous devront répondre aux
conditions suivantes:
* être basé dans une haute école
suisse et bénéficier de son soutien à
long terme;
* être dirigé par une personne hautement
qualifiée qui devra y consacrer au moins un tiers de
son temps;
* s'étendre sur plusieurs années et
disposer d'un budget conséquent.
* privilégier une approche dite
intégrée (de la recherche fondamentale aux
applications) dans des domaines utiles à la
société ou à l'économie.
* inclure un centre de compétences (leading
houses) qui entretiendra des réseaux de
recherche.
Ces réseaux pourront avoir comme partenaires des
groupes de chercheurs des hautes écoles
spécialisées (HES), de l'économie et
des administrations ou encore d'organisations non
gouvernementales.
Les PRN disposeront d'une large autonomie en
matière de développement scientifique, de
management et de répartition des moyens entre les
différents groupes de recherche.
A
lire pour patienter
Les propositions des chercheurs suisses devraient
être sur le net dans les semaines à venir. En
attendant, lire l'interview d'Urs Christ, collaborateur au
programme PRN, par Eva Herrmann dans le Tages Anzeiger du
13.04.99 disponible à l'adresse suivante:
www.tages-anzeiger.ch/archiv/99april/990413/244504.HTM
Mix & RemixPatricia Reymond5 &endash; 11 mai 1999
Questions sur les PRN au
secrétaire général du FNRS
Les
chercheurs suisses avaient jusqu'au 31 mars pour
présenter leurs déclarations d'intention au
secrétariat des PRN. Uniscope a voulu recueillir les
premières impressions de Hans Peter Hertig,
secrétaire général du FNRS
La route est encore longue avant le démarrage d'un
PRN et les chances de chaque participant ne sont que de 4%
selon les estimations du Tages Anzeiger. Les groupes de
recherche qui ont déposé une
déclaration d'intention auront jusqu'au 31 juillet
pour présenter une première version du projet,
une esquisse qui sera ensuite évaluée par des
experts. Les requêtes détaillées sont
attendues pour février 2000. Les premiers PRN
commenceront leurs activités en janvier 2001.
Le FNRS a reçu 230 projets.
En principe, il doit en sélectionner une quinzaine.
N'est-il pas possible d'en retenir davantage?
Le Conseil fédéral nous a attribué
un montant de 120 millions de francs qui seront
dévolus aux pôles nationaux de recherche pour
la période 2001-2003. Dans ces conditions, nous
devons en limiter le nombre. C'est pourquoi nous envisageons
d'en soutenir une quinzaine en tout. Pour la première
phase de 2001, nous pensons choisir huit projets qui
recevront 2 à 6 millions de francs par an pendant dix
ans.
Avez-vous été surpris
par le nombre élevé de projets?
Non. Remarquons que parmi les 229 projets &endash; dont
27 lausannois &endash; qui nous ont été
soumis, il s'agit de déclarations d'intention et non
de présentations détaillées.
Maintenant, les hautes écoles doivent nous indiquer
quels projets elles veulent soutenir. D'ici
l'été, leur nombre devrait se réduire
au moins de moitié ou même des deux tiers.
Le FNRS avait-il fixé des
consignes?
Oui. Les critères formels ont été
définis dans le programme de mise au concours. La
déclaration d'intention devait être contenue
dans un texte de 5000 signes mais l'esquisse du projet devra
être beaucoup plus précise (voir
encadré).
Quels seront les critères de
sélection? Allez-vous privilégier les sciences
exactes?
Nous allons privilégier les quatre domaines que le
Conseil fédéral a définis comme
prioritaires, à savoir les sciences de la vie, les
sciences de l'environnement et du développement
durable, les technologies de l'information et
télécommunications, les sciences humaines et
sociales.
Qu'attendez-vous des
universités? Doivent-elles soutenir
financièrement les projets?
L'université d'accueil du projet a plusieurs
moyens d'apporter son soutien (mise à disposition de
locaux et d'infrastructures, décharge de cours pour
le directeur du projet, etc).
Qui va évaluer les esquisses
de projets?
Chaque esquisse va être évaluée par
trois experts internationaux. Elle sera soumise à une
expertise du Conseil de la recherche. En dernier lieu, ce
sera au Département fédéral de
l'intérieur de décider.
Que peut-on dire sur l'ensemble des
projets? Quels sont les domaines d'intérêt des
chercheurs suisses?
Je ne peux pas vous répondre dans l'état
actuel. Il est difficile de comparer des projets très
différents les uns des autres et nous n'avons pas
fait de statistiques. Mais nous pouvons déjà
dire que de nombreux projets sont interdisciplinaires. Les
déclarations se répartissent plus ou moins
dans les proportions suivantes: un tiers pour les sciences
sociales et humaines, un tiers pour celles de la vie, un
sixième pour l'environnement et un sixième
pour les technologies.
Une collaboration avec les milieux
non académiques est-elle une condition pour
l'acceptation d'un PRN?
Non, mais les propositions qui ne prévoient ni
application pratique ni transfert de savoir ou de
technologie ont moins de chances de succès.
Le directeur d'un PRN doit jouir
d'une réputation internationale. Quels seront les
critères d'appréciation?
Nous nous basons sur les critères reconnus par la
Peer Review.
Quelle est la différence
entre un PRN et un Programme prioritaire (PP)?
Rappelons que les PRN sont destinés à
prendre le relais des PP lancés dans les
années 90 pour renforcer la place scientifique
suisse.
La
définition et le processus de sélection d'un
PRN s'appuie sur une démarche de type «bottom
up». Au contraire des PP existants à la
thématique très large, les PRN se construisent
autour d'un centre de compétences et d'un projet
précis. La plus importante différence entre
ces deux instruments réside dans le fait que les
hautes écoles sont davantage impliquées dans
le processus. Leurs responsables seront associés au
processus de décision depuis le début. Les
universités devront identifier leurs centres de
compétences et les mettre en avant.
DR, Service de presse FNRS
Propos recueillis par Patricia Reymond
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Brûler
les planches de la Grange
Le 4e festival de Théâtre
universitaire de Lausanne ouvre ses portes le 11 mai. 12
manifestations, un cocktail de productions maison,
d'accueils de troupes venant notamment d'Angleterre, de
Belgique, et d'Israël. En ouverture de festival, le
Théâtre 1015 avec Dispersion et la Sun and Moon
Company, avec Hanjo de Yukio Mishima et Pleuvoir, puis... de
Roelof Overmeer.
Comme toute institution culturelle qui se respecte, le
festival de théâtre universitaire a ses troupes
permanentes avec lesquelles il a en quelque sorte
signé un contrat de confiance: il s'agit du
Théâtre 1015, et de la Sun and Moon Company:
David Junod, organisateur du festival, tient en effet
à dynamiser la création sur le site.
Un drame japonais
Roelof Overmeer de la Soon Moon Compagny exprime
d'ailleurs sa reconnaissance envers David Junod:
«Grâce à lui, le festival devient de plus
en plus sérieux, les exigences de plus en plus
grandes, c'est très motivant pour nous!» Le
bouillant homme de théâtre présente deux
pièces, l'une de son cru: Pleuvoir, puis... et
Hanjo de Yukio Mishima. Dans la première, une femme
ayant «tué» son mari est poursuivie et
harcelée par trois Furies qui lui reprochent son
acte. S'engage alors un travail entre l'énergie
passive et l'énergie active qui entraîne une
transformation de la femme. Dans la seconde pièce,
les acteurs se lancent dans l'interprétation de
thèmes inspirés du No anciens. Rappelons que
le No trouve ses racines dans les cérémonies
religieuses au Japon. En 1956, Yukio Mishima évoque
l'attente d'un amant, dans une salle d'attente d'une gare de
Tokyo. «L'accent est mis sur
l'intériorité. Il n'a aura pas
d'éclairages, les acteurs seront des ombres, ce qui
renforcera ce sentiment.»
Une brochette d'auteurs
Le
Théâtre 1015 est dirigé depuis deux ans
par Alain Subilia. Au départ de son travail avec les
étudiants, il n'y avait aucune image. Puis les
acteurs ont lu des textes, ceux de Peter Handke, de la
Genèse, de Georges Perec et de Samuel Beckett, qui
ont été «à la base d'une
organisation spatiale et temporelle de la
matière.» Le fil conducteur de spectacle
pourrait être l'errance, l'exil, le chemin que
l'être humain fait avec l'autre. »Mon intention
n'est cependant pas de faire un spectacle totalisant sur le
sujet! La dispersion, c'est comme un noyau qui s'ouvre et se
referme, ou comme le cur, ou encore comme un astre sur
sa trajectoire. Je tiens à montrer comment on se
disperse et on se retrouve dans la vie. J'ai aussi
travaillé sur la parole: l'acteur est une sorte de
passeur de parole.»
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Relire et
comprendre Saint Paul
Pour
un chercheur, le cours public est l'occasion de partager son
savoir avec la population. Ce semestre, le Professeur Daniel
Marguerat nous offre une vision renouvelée de Paul.
Accusé d'avoir conduit Juifs et Chrétiens
à la rupture, l'homme militait pourtant pour que le
destin d'Israël fût respecté.
Le cycle sur Paul de Tarse proposé par la
Faculté de théologie a attiré chaque
soir 500 personnes, un succès qui surprend Daniel
Marguerat. «Après tout, Paul n'est pas une
figure populaire comme Jésus. De quoi ne l'a-t-on pas
accusé? Dogmatique, antiféministe... Il
traîne une mauvaise réputation. Pourtant c'est
un homme d'une actualité folle, qu'il faudrait relire
pour redécouvrir.» Pour sa part, D. Marguerat
aimerait montrer les enjeux de cette pensée. En
effet, Paul de Tarse est rarement lu, même au sein de
l'Eglise qui laisse de côté des textes
dérangeants. «On oublie trop souvent qu'il fut
maintes fois réinterprété. Comme il a
marqué le christianisme, l'Antiquité et le
Moyen-Age l'ont récupéré.»
Il en fut ainsi avec la question féminine. Sa
Lettre aux Corinthiens recommande bien aux femmes de se
couvrir dans les assemblées mais on oublie que Paul a
uvré pour l'égalité entre les
chrétiens. Dans ses communautés, les femmes
pouvaient prier et prophétiser.» Selon Daniel
Marguerat, Paul défend une identité ouverte.
«J'entends par là que Dieu, tel qu'il le
conçoit, accepte les personnes indépendamment
de leurs qualités et de leurs acquis.» Dans ce
sens, la pensée paulienne va à contre-courant
du libéralisme ambiant qui juge les personnes au
mérite.
Déjà à son époque, ce juif
rénégat irritait. On l'accuse encore d'avoir
provoqué une rupture entre Juifs et Chrétiens.
Issu de l'élite du judaïsme, il a
été séduit par le caractère
universaliste du christianisme. «Mais Paul souhaitait
qu'Israël fût respecté. Il disait que les
Juifs seraient sauvés à la fin du
monde.»
Sa pensée se résume dans les Lettres aux
Romains, 11 qui compare le christianisme aux branches d'un
olivier et le judaïsme à ses racines. Il dit aux
chrétiens qu'ils ont été greffés
sur l'arbre d'Israël: «Si tu te glorifies, sache
que ce n'est pas toi qui portes la racine mais que c'est la
racine qui te porte.» Ce texte a été
oublié au profit de l'Evangile écrit vingt ans
après, plus imprégné d'un certain
antijudaïsme. «En lisant Paul, on comprend
pourquoi le judaïsme et le christianisme se sont
séparés mais l'antisémitisme s'est fait
sans lui.»
Israël face à son destin, me 5 mai, 18h30,
Aula de Rumine, Cycle Paul de Tarse, un homme aux prises
avec Dieu.
Mais pourquoi donc avoir choisi cette photo moderne et ce
titre provocateur? La question fait sourire Daniel
Marguerat. «Nous voulions montrer l'actualité de
Paul qui ne jugeait pas les hommes sur leur apparence comme
les néo-libéraux. Quant au titre, c'est vrai
que le destin de Paul fut marqué par des
ruptures.». Patricia Reymond
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Quand nos
manies prennent le dessus
«L'intégration des approches cliniques en
psychiatrie. L'exemple du trouble
obsessionnel-compulsif», tel est le titre de la
leçon inaugurale de François Borgeat,
professeur et directeur du Département universitaire
de psychiatrie adulte (DUPA).
Selon François Borgeat 1,5% de la population est
atteinte de troubles obsessionnels-compulsifs (T.O.C.). Ce
trouble va bien au-delà de la simple manie ou de
l'obsession que tout un chacun a un jour ou l'autre
vécu, il s'agit là d'une maladie, souvent
handicapante. Le T.O.C., c'est un besoin
irrépressible de répéter (compulsion)
sans cesse un rituel, souvent bizarre, comme se laver,
ranger les objets dans un ordre précis ou
vérifier que l'on a bien fermé portes et
fenêtres ou éteint l'électricité.
Pour les médecins, un trouble obsessionnel-compulsif
est considéré comme pathologique lorsqu'il
prend plus d'une heure par jour et qu'il interfère de
façon significative avec la vie professionnelle,
sociale et familiale. François Borgeat remarque
«beaucoup d'obsessionnels-compulsifs fonctionnent
à un niveau moins élevé que leurs
talents leur permettraient car leur maladie est un poids
souvent très lourd à porter.» Pour
beaucoup, les troubles ont commencé à la
pré-adolescence déjà. Par la suite ils
évoluent de façon cyclique, étant plus
ou moins prononcés selon les périodes et les
événement de la vie du patient, mais les
rémissions complètes sont rares.
«Le défi de la psychiatrie actuelle est d'y
intégrer les approches modernes, comme la biologie ou
les neurosciences. Dans le cas des troubles
obsessionnels-compulsifs, les seuls traitements qui ont
démontré une bonne efficacité sont les
médications serotonergiques et les thérapies
cognitivo-comportamentales (visant à amener le
patient à penser autrement)», souligne le
directeur du DUPA.. (sv)
François Borgeat en
quelques mots
Après avoir
été chercheur au Centre de recherche Fernand
Séguin à Montréal et dirigé
pendant 8ans le Département de psychiatrie de
l'Université de Montréal, François
Borgeat a été nommé chef du
Département universitaire de psychiatrie adulte
(DUPA) à Cery, en 1996. Spécialisé dans
les troubles liés à l'anxiété,
il a notamment fait des recherches sur le bio feed-back et
sur la perception préconsciente et subliminale. Il a
contribué a réorganiser le DUPA, en
créant notamment la section des troubles anxieux et
de l'humeur.
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