Une démarche de
qualité
par Axel Broquet
Le réseau romand de conseil, formation et
évaluation pour l'enseignement universitaire (R-CFE)
est officiellement lancé!
C'est pour l'UNIL une merveilleuse occasion de rattraper
son retard en matière de pédagogie
universitaire.
Certes, nous n'avons que de très bons professeurs
qui donnent des cours excellents à des
étudiants archi-motivés. Supposons cependant
que l'on veuille faire encore mieux, «laver plus blanc
que blanc!»
Mettre en commun ses expériences et ses
compétences, réaliser des actions communes,
alimenter de plusieurs côtés un site Internet,
c'est à la fois une saine émulation et une
bonne gestion des ressources de chacun. C'est aussi un gain
de temps pour tous et un élargissement des points de
vue et des perspectives.
A une époque où l'Université
étend ses prestations dans les secteurs de la
formation continue et du télé-enseignement, il
n'est que légitime qu'elle applique à
elle-même une regard critique sur la formation qu'elle
assume. Avant que d'autres le fassent à sa place!
C'est une démarche de qualité, un
contrôle d'efficacité qui demande la
participation de chacun, enseignés et enseignants.
Encore faut-il accepter de se remettre en cause!
Arc
lémanique: synergies pédagogiques
Les Universités de Genève et de Lausanne et
l'EPFL mettent en réseau leurs compétences
spécifiques pour développer la qualité
des formations qu'elles assurent. C'est une mise en commun
des prestations, des méthodes et des
expériences acquises dans l'évaluation des
enseignements, le conseil et la formation
pédagogiques.
Ce réseau, officiellement inauguré par une
conférence de presse le 5 mai, est ouvert aux autres
universités romandes. Son Conseil de direction est
constitué d'un vice-recteur de chacune des deux unis,
du vice-président de l'EPFL et des conseillers
pédagogiques des trois hautes écoles. Il se
concrétise par l'organisation de conférences
et d'ateliers de formation à l'attention des
enseignants et des assistants des trois institutions, et la
mise à disposition de guides pratiques et d'un fonds
documentaire. Chaque conseiller pédagogique lui
consacre 10% de son activité. Le réseau est
complété par un site Internet qui
présente l'éventail des prestations et fournit
notamment des données bibliographiques d'ouvrages de
pédagogie universitaire
(www.unige-unil.ch/r-cfe.).
Evaluation pour
tous
Depuis plusieurs années, l'évaluation de
l'enseignement tend à se généraliser.
L'EPFL a une pratique de plusieurs années et toutes
les disciplines y participent; l'Université de
Genève s'y est lancée depuis quelques
années, sur base de démarches individuelles
puis de façon plus systématique en
médecine et en sciences économiques et
sociales. L'UNIL - qui n'a pas encore choisi son conseiller
pédagogique - a également connu des
expériences localisées, basées le plus
souvent sur le volontariat.
Après deux ans d'expériences pilotes sur
les trois sites, l'évaluation
généralisée des enseignements
débutera cet automne, sur base d'un questionnaire
commun. Aux facultés et sections de déterminer
le calendrier et l'ampleur de l'opération!
Effectuée par les étudiants, cette
évaluation fournit de manière anonyme à
l'enseignant et au responsable de la discipline
concernée les éléments pour garantir
l'adéquation des cours, séminaires et travaux
pratiques aux objectifs de formation.
C'est un appui à l'enseignant et non une action
administrative de contrôle et d'examen de ses
capacités scientifiques. D'autres voies existent
liées au renouvelement de son mandat!
Les questionnaires sont adaptés aux
différentes méthodes d'enseignement (cours,
travaux pratiques, séminaires) et aux niveaux
pré- et postgrade de la formation. A la demande, ils
peuvent être ajustés de manière encore
plus spécifique sur le domaine scientifique
concerné.
Les résultats du test sont ensuite analysés
par le conseiller pédagogique et l'enseignant. Leur
examen détermine les éventuels points faibles
à corriger et les solutions à envisager; pas
d'obligations mais des conseils pour rendre l'enseignement
plus efficace: des cours et des ateliers à suivre,
des brochures à lire, ...
Les conseillers
- Jean-Louis Ricci, responsable
de l'Unité d'évaluation de l'enseignement
et d'insertion professionnelle - UNEEDIP, EPFL, 1015
Lausanne tél. 693 22 70 fax 693 60 70
JeanLouis.Ricci@epfl.ch.
- Nicole Rege Colet, adjointe au
rectorat à la formation et à
l'évaluation Rectorat - Uni Dufour Uni.
Genève ,1211 Genève 4, tél.. 022/
705 73 66 fax 329 42 90.
- Nicole.RegeColet@rectorat.unige.ch.
- Le/la répondant/e pour
l'UNIL n'a pas encore été
désigné/e. Rens. Oscar Burlet,
vice-recteur.
-
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Comme si vous y
étiez
Reconstituer la vie quotidienne
des Lausannois il y a 2000 ans, c'est le pari tenu par le
Musée romain de Vidy à travers une exposition
qui fait la part belle au multimédia.
Fondée à la fin du Ier
siècle avant J.-C., Lousonna est une des villes
romaines les mieux connues de Suisse, grâce aux
fouilles qui ont précédé
l'aménagement de l'Expo nationale de 62 et la
construction de l'autoroute. Lausanne antique est le fruit
d'une relecture des documents élaborés lors
des fouilles depuis 70 ans. «Nous disposons des
archives de Frédéric Gilliard,
l'archéologue qui y a travaillé de 1936
à 1942. Comme il était architecte, ses
relevés topographiques nous sont très
précieux». explique Nathalie Pichard-Sardet,
conservatrice du musée. Archéologues,
architectes, maquettistes et infographistes ont uni leurs
efforts pour rendre une image vivante des bâtiments
les plus spectaculaires: la basilique, les nautes, le port,
le forum et son temple.
Grâce aux maquettes et images 3D, le visiteur est
convié à une véritable balade virtuelle
dans une cité antique. Des bornes interactives
apportent un complément d'informations sur la vie de
cette cité portuaire et de ses métiers. Libre
à lui de compléter cette visite par une
promenade dans les ruines de Vidy. L'un des temps forts de
l'expo est une vidéo qui raconte l'arrivée du
batelier Dolvinda dans le port de Lausanne: une occasion de
voir la basilique reconstituée en images de
synthèse. «Nous avons
bénéficié de l'appui de Pierre
André, un architecte spécialiste de la
construction romaine.»
«La reconstitution en 3D permet de rendre compte des
volumes. C'est un nouveau moyen de présenter
l'archéologie», se réjouit Nathalie
Pichard-Sardet. «Mais qu'il s'agisse d'une maquette ou
d'images virtuelles, le travail de l'archéologue
reste le même. Face aux lacunes de sources, il doit
prendre parti.»
Pour spectaculaires qu'elles soient, les reconstitutions
en images de synthèse sont coûteuses. «Il
a fallu traiter 4500 images, note Christophe Roulet de
Sapristi production, pour 3 minutes de film.» Cette
société de production d'images
numériques y a consacré deux mois de travail.
L'objectif du musée et de ses partenaires est de
réunir toute la documentation sur Lousonna dans un
CD-ROM. Reste à trouver un financement...
Lausanne antique, Musée romain Vidy, Bois-de-Vaux
24, tél. 625 10 84
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sommet
HEP-UNIL, des
synergies possibles
En 2000, le canton de Vaud aura sa Haute Ecole
Pédagogique (HEP). Quoique le projet soit encore
soumis à consultation, Uniscope s'est
intéressé aux interactions possibles avec
l'Université.
La formation des maîtres est en pleine mutation.
Tous les cantons ont des projets de HEP, que l'on peut
souhaiter compatibles pour faciliter la mobilité des
enseignants. Mais tous n'ont pas la même avance,
Zürich et le Valais figurant parmi les pionniers. Le
modèle zurichois est cité en exemple car il
aligne le niveau des enseignants aux standards
européens, introduit la recherche pédagogique
là où elle n'existe pas encore et
développe la formation continue. Berne,
Neuchâtel et le Jura travaillent sur un projet commun
mais multisite avec une mise en réseau de leurs
écoles.
Une école
professionnelle
Vaud se prépare à réunir dans la
nouvelle HEP toutes les formations initiales, secondes et
continues des enseignants de la scolarité tant
obligatoire que post-obligatoire, y compris de
l'enseignement spécialisé. Une
révolution qui signifie la fin des filières
actuelles: école normale pour les uns,
séminaire pédagogique pour les autres. Il
s'agit de développer une culture professionnelle
commune à l'ensemble des maîtres vaudois, une
manière pour les iniateurs du projet de
répondre aux attentes de la société
face aux incertitudes du temps. Sans nier les
spécificités de travail liées à
l'âge et aux capacités des
élèves, il leur paraît nécessaire
d'avoir une approche commune du rôle de l'enseignant.
Tout le monde sait qu'une profession évolue en 35 ans
carrière. Aussi est-il souhaitable que la formation
initiale ne soit pas trop cloisonnée.
Pourquoi ne pas regrouper toutes ces formations en milieu
académique comme à Genève(voir p. 5)?
«Parce que la plupart des cantons romands s'acheminent
vers notre solution», explique Pierre Gervais du DFJ.
«Comme nous désirons mettre en commun certaines
formations dites rares (maître de travaux manuels par
ex.), il est nécessaire de s'harmoniser.»
Une occasion
manquée?
Le Rectorat a eu l'occasion de présenter sa vision
de la HEP lors d'une première consultation en 1998.
L'UNIL souhaitait prendre en charge la formation de tous les
maîtres, y compris ceux du primaire, et la HEP aurait
bénéficié du même statut que
l'Ecole de Français Moderne. «Nous nous
inspirions de Genève», estime le vice-recteur
Oscar Burlet. Mais faire entrer la formation des
maîtres dans le giron universitaire posait un
problème de fonds. Est-il nécessaire d'avoir
une licence pour enseigner à de jeunes enfants?
Beaucoup en doutaient. Pour Pierre Gervais, «ceci
impliquerait une rupture avec la tradition de l'enseignement
vaudois». Oscar Burlet plaide pour une formation de bon
niveau. «Même les jeunes enfants ont besoin de
maîtres cultivés et ouverts. Quelqu'un qui a
parfaitement assimilé la matière saura
être clair et concret.»
Les réserves de
l'Université
L'UNIL a émis deux réserves sur le projet.
Elle est intervenue contre l'allongement des études
à deux ans (contre un à l'actuel SPES).
«Faut-il vraiment sept ans pour devenir maître
alors qu'il en faut six pour être
médecin?» s'interroge Oscar Burlet. «Nous
demandons aux concepteurs du projet de raccourcir ces deux
ans en donnant la possibilité à nos
étudiants avancés d'acquérir une
expérience pédagogique car il serait
regrettable qu'ils s'engagent sans avoir une idée du
métier.» Cette question n'est pas encore
arrêtée. «Pour l'instant, nous proposons
une formation HEP de trois semestres aux
licenciés», explique Pierre Gervais.
L'autre réserve concerne l'exigence de plusieurs
disciplines. Si cela ne pose pas de problème en
Lettres où on choisit trois branches, d'autres
facultés sont pénalisées. La
Faculté des sciences prépare donc une licence
généraliste pour les futurs enseignants. Ce
point est encore en discussion entre l'UNIL et la HEP.
Amorces de
collaborations
L'UNIL propose que la HEP finance des salaires de
maîtres assistants pour dispenser à ses
étudiants des enseignements spécifiques. Les
facultés concernées &endash; essentiellement
Lettres et SSP &endash; ont déjà soumis des
projets de cours. En mai, la HEP va donner la liste de ceux
qu'elle a retenus. Ses responsables se sont montrés
intéressés par les disciplines transversales,
notamment par des cours sur la gestion de la violence.
Le projet de loi fait la part belle à la formation
continue qui sera inscrite au cahier des charges de tous.
Reste à savoir s'ils voudront en profiter... Les
possibilités de perfectionnement et une culture
professionelle commune permettront aux maîtres de
changer de poste plus facilement. Actuellement, rien n'est
prévu pour les maîtres licenciés qui
désireraient se perfectionner dans leur domaine, ou
en changer. A noter que les étudiants HEP pourront
effectuer leur post-formation au cours d'emploi et à
l'UNIL.
Recherches
communes?
La HEP devrait être un centre de recherche dans le
domaine des sciences de l'éducation et ses
concepteurs veulent favoriser l'intégration de
nouvelles problématiques (insertion des enfants
migrants, prévention en matière d'abus
sexuels, etc). L'Alma mater pourrait aussi profiter des
services de la HEP. «L'idéal serait de mener des
recherches conjointes», espère Oscar Burlet.
Enfin, L'UNIL s'intéresse à la formation des
futurs professeurs de la HEP à laquelle elle aimerait
participer.
L'Educateur, n° 2/99Toutes les modalités du
projet ne sont pas connues mais on peut dire que la HEP
offrira trois voies de formation: maître
généraliste (école enfantine et
primaire), semi-généraliste (5-9e
sauf prégymnasiale), spécialiste (secondaire),
maître d'enseignement professionnel (apprentis).
Selon la voie de formation envisagée, le candidat
devra être porteur des titres suivants: titre
universitaire, certificat de maturité,
maturité spécialisée
socio-pédagogique, titre d'une école
spécialisée (Ecole cantonale d'art) ou
d'autres expériences professionnelles
équivalentes. (pr)
UNIGE responsable de
formation
A Genève, la formation
des enseignants primaires est partiellement universitaire
depuis 1930, au niveau bac+3. Des précisions avec
Philippe Perrenoud, professeur à la Faculté de
psychologie et sciences de
l'éducation.
Ce système n'a rien de révolutionnaire pour
les Genevois qui suivent l'exemple de pays européens
et nord-américains. «Genève a fait
cavalier seul, parce qu'elle était confrontée
à différents problèmes (économie
largement tertiaire, forte immigration par exemple) et aussi
parce que les sciences de l'éducation y ont connu un
fort développement (Piaget, Claparède,
etc)», analyse Philippe Perrenoud.
Pouvez-vous nous
présenter le système genevois de formation des
enseignants depuis la réforme de
1996?
Il y a 3 mentions de la licence en sciences de
l'éducation: recherche et intervention, formateurs
d'adultes et enseignants primaires. Toutes durent 4 ans,
avec un tronc commun d'un an et trois parcours distincts de
second cycle. Chaque mention forme à la recherche et
ouvre sur le 3e cycle et le doctorat. Notons que
les niveaux académiques sont équivalents. Les
premiers étudiants de la licence avec mention
«Enseignement» achèveront leur cycle en
juin 99. La plupart, semble-t-il, trouveront un poste dans
l'enseignement primaire.
Les futurs enseignants du
secondaire sont-ils intégrés dans le
3e cycle de la FPSE ou suivent-ils des cours
spécifiques?
Tous les enseignants secondaires ont une licence
complète. Ils peuvent enseigner au cycle
d'orientation (secondaire inférieur) ou au
post-obligatoire, y compris les écoles
professionnelles. Ils sont formés en emploi durant 2
ans, un à deux jours par semaine, en didactique de
leur branche et pédagogie, dans une institution
rattachée au DIP. Cette structure est en cours de
réforme, mais ne deviendra pas une HEP. Le
partenariat avec l'UNIGE est en cours de négociation,
mais ces étudiants ne suivent pas encore les cours de
la FPSE.
On entend parfois qu'il n'est
pas utile d'avoir une licence pour enseigner à de
jeunes enfants. Quelle est votre
position?
La qualification d'un enseignant ne se fonde pas
seulement sur les connaissances à enseigner, mais sur
les compétences requises pour enseigner. De ce point
de vue, enseigner à de jeunes enfants est complexe,
parce que la communication verbale est moins évidente
et parce que l'imbrication entre apprentissage,
socialisation et développement intellectuel est plus
forte. A Genève, la formation est la même pour
les enfants de 4 à 8 ans et les nouveaux enseignants
sont polyvalents.
Quels sont à votre
avis, les avantages du système genevois sur le
système vaudois? Serait-il davantage
eurocompatible?
Le projet vaudois présente des convergences de
conception. Il a d'ailleurs été question de
l'insérer à l'UNIL, qui semblait prête
à entrer en matière. Le DFJ a
préféré garder le contrôle du
projet et de la formation... La différence n'est pas
dans l'eurocompatibilité mais éventuellement
dans l'articulation entre théorie et pratique. Les
HEP doivent trouver des partenariats externes et leur
personnel n'est pas toujours formé en sciences de
l'éducation, problèmes que la FPSE n'a pas.
Elle prévoit 30 à 40% de temps dans les
classes et a développé des unités
compactes plus appropriées que les juxtaposition de
stages et de cours.
Il se peut que la HEP vaudoise se rapproche de ce
modèle au cours des années. Elle va
intégrer une partie de la recherche en
éducation, ce qui va dans le même sens. De
toute façon, FPSE et HEP romandes vont travailler en
réseau. C'est déjà le cas au niveau des
chefs de projet.
Sera-t-il possible pour
Genève de reconnaître les diplômes
vaudois?
Un concordat intercantonal autorise tous les enseignants
suisses brevetés à postuler dans n'importe
quel autre canton trois ans après leur diplôme.
Leur dossier est donc traité, mais cela n'efface pas
les différences de salaires et de compétences
réelles, ni les protectionnismes locaux.
Dans le projet vaudois
(avant-projet de juillet 98), on a parlé de demander
aux candidats une expérience extra-scolaire ou un
séjour à l'étranger. Que pensez-vous de
telles mesures?
Elles me semblent excellentes. Genève
prévoit un stage extra-muros (souvent dans le monde
du travail ou le Tiers Monde) durant les études, en
été. Pour ce qui est des langues, la
procédure d'admission valorise les stages
linguistiques.
Retour au
sommet
«Harcellés-es,je
suis là pour vous aider»
Depuis
l'automne 1997, Françoise Méan,
médiatrice, est chargée de prévenir,
règler ou désamorcer des problèmes de
harcèlement sexuel et/ou psychologique (mobbing)
à l'UNIL.
Le rôle de Françoise Méan est
multiple: à la fois conseillère dans la
gestion de conflits, elle est également
chargée d'informer la communauté universitaire
des risques du mobbing et du harcèlement sexuel ainsi
que des droits des employés. Une plaquette
d'information a d'ailleurs été publiée
récemment (en 1998) par l'UNIL Harcèlement
sexuel, harcèlement psychologique et deux
conférences-débats auront lieu dans le courant
du mois prochain (voir encadré) afin de sensibiliser
les responsables d'équipe aux problèmes de
conflits professionnels.
Pour Françoise Méan, cet effort
d'information a rendu les gens plus attentifs à
certaines situations et elle a vu des demandes d'aide ou
simplement de renseignements s'accroître. Mais elle
constate «n'avoir été confrontée
qu'à quelques cas «graves», la plupart des
personnes qui me contactent sont dans des situations de
conflit qui n'ont pas encore
dégénérés en mobbing ou
harcèlement sexuel. Le but est alors de
prévenir un dérapage».
Dans un climat économiquement instable, certains
employés hésitent à évoquer une
situation de travail parfois très tendue avec leur
supérieur de peur d'être renvoyés, ils
encaissent, parfois surestiment leurs forces et craquent,
situation qui peut mener à la dépression. Le
travail de Françoise Méan est de casser cette
logique en offrant son aide dans la recherche de solutions
qui permettent de retrouver confiance et plaisir dans son
travail. Pour la médiatrice, «il est essentiel
d'améliorer la communication entre responsables
hierarchiques et collaborateurs, mais aussi entre
collègues».
- Françoise Méan médiatrice
à l'Université de Lausanne depuis
près de deux ansFrançoise Méan offre
une permanence le mardi de 13h à15h, Château
de Dorigny, 1er étage. Elle consulte
également son répondeur (944 16 30) et
répond aux appels dans les 24hL'UNIL organise, les
20 mai et 3 juin, des conférences-débats
auquelles ont été conviés les
doyens, les présidents de sections et les
directeurs d'Instituts de l'UNIL. Animées par
Gilbert Künzi, directeur du Service de santé
du personnel de l'Etat de Genève Angelo Vicario,
psychologue-sociologue, consultant pour les questions de
gestion des ressources humaines et Françoise
Méan, médiatrice à l'UNIL, cette
initiative vise à offrir aux responsables
d'équipe de l'Université les moyens de
prévenir des dysfonctionnements suceptibles de
perturber le climat de travail et des outils
d'intervention en cas de conflits bloqués au sein
d'une équipe. (sv)
- Retour au sommet
Entre un messie
déjà venu et un messie à
venir
Présenter
une réalité aussi plurielle que le
messianisme, voilà un programme ambitieux mais qui ne
rebute pas Lucie Kaennel et les professeurs Pierre Gisel et
Jean-Christophe Attias, les organisateurs d'un colloque
grand public sur ce thème.
Le messianisme occupe une place à part dans le
judaïsme. La venue du messie, la fin des temps et le
retour du Royaume de Dieu ont nourri l'espérance des
croyants. Mais le messie est aussi une figure centrale du
christianisme. A la différence que le Christ est venu
mais qu'il n'a pas encore changé le monde... Les
Chrétiens ont souvent accordé une importance
exagérée au messianisme dans le judaïsme
alors que de nombreux courants juifs ne le sont pas,
à l'image de la pensée rationaliste de
Maïmonide. On a véhiculé l'image des
pauvres Juifs attendant obstinément leur messie, un
cliché cher à l'antijudaïsme du
Moyen-Age.
Le but de ce colloque est de sortir des images convenues
et des parallélismes faciles. Le messianisme a
considérablement évolué aux cours des
siècles et a pris de multiples visages; c'est que
démontreront les chercheurs réunis à
Lausanne. Une approche possible du phénomène
est de s'engager sur la voie du comparatisme. C'est pourquoi
les organisateurs ont fait appel à des
spécialistes musulman et manichéiste qui
expliqueront que d'autres religions connaissent des courants
similaires. Enfin, une anthropologue montrera que diverses
traditions non monothéistes connaissent des formes de
messianisme. Thème traditionnel, le messianisme et
les espérances qu'il suscite reviennent à
l'actualité dans un monde en mutation, à
l'approche d'un nouveau millénaire.
Retour au
sommet
Maladie d'
Alzheimer
On estime que la maladie
d'Alzheimer touche environ 4% de la population de plus de 65
ans. Il s'agit d'une démence sénile, c'est
à dire d'une maladie qui apparaît avec
l'âge et qui touche le cerveau.
La maladie d'Alzheimer (MA) provoque la
dégénérescence de cellules nerveuses,
les neurones, et en particulier celles impliquées
dans les fonctions de la mémoire et les fonctions
intellectuelles. La maladie se manifeste d'abord par les
troubles de la mémoire qui s'aggravent
progressivement. D'oublis fréquents (le malade, par
exemple, ne se souvient pas d'événements
récents ou peine à utiliser correctement les
mots), la maladie peut évoluer jusqu'à
l'amnésie. Un patient est considéré
comme atteint de MA lorsque se manifestent, en plus des
pertes de mémoire, une perte du language (aphasie),
de la stratégie des mouvements (apraxie) ou de la
reconnaissance visuelle (agnosie).
Les lésions cérébrales dues à
la maladie d'Alzheimer sont de deux types: les plaques
séniles et la dégénérescence
neurofibrillaire. Elles sont observées dans les
régions cérébrales en particulier dans
le cortex. Les plaques séniles, sont des
dépôts d'une substance (amyloïde) qui
s'installe progressivement dans le cerveau, en particulier
dans la substance grise du cortex cérébral
(là où se situent les cellules nerveuses), et
va tuer progressivement tous les neurones, surtout ceux
impliqués dans les fonctions cognitives
(mémoire, lecture, écriture, langage,
reconnaissance visuelle, etc.). Les neurones qui
dégénèrent se remplissent de filaments
pathologiques, c'est la dégénérescence
neurofibrillaire.
Pour Pantéleimon Giannakopoulos,
professeur-adjoint au Département de psychiatrie
à l'Hôpital de Belle-Idée, à
Genève, qui viendra parler de ses travaux sur la M A,
les recherches récentes ont montré une
relation entre les types de troubles (apraxie, aphasie,
agnosie) des patients malades de MA, et certaines
régions corticales touchées par la
dégénérescence neurofibrillaire. Un
exemple: l'apraxie «de l'habillage»
(difficultés à s'habiller) est souvent
liée à des lésions du lobe
pariétal droit. Si la cartographie des lésions
dégénératives et ses relations avec
certains troubles se fait de plus en plus précise, il
n'existe pas encore à ce jour de médicament
permettant de soigner la maladie. Mais les progrès de
la recherche en neurologie, gériatrie ou en imagerie
cérébrale, vont permettre un diagnostic de
plus en plus précoce et, par conséquent,
freiner l'évolution de la maladie. (sv)
Retour au
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