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12 - 18 mai 1999

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Une démarche de qualité

par Axel Broquet

Le réseau romand de conseil, formation et évaluation pour l'enseignement universitaire (R-CFE) est officiellement lancé!

C'est pour l'UNIL une merveilleuse occasion de rattraper son retard en matière de pédagogie universitaire.

Certes, nous n'avons que de très bons professeurs qui donnent des cours excellents à des étudiants archi-motivés. Supposons cependant que l'on veuille faire encore mieux, «laver plus blanc que blanc!»

Mettre en commun ses expériences et ses compétences, réaliser des actions communes, alimenter de plusieurs côtés un site Internet, c'est à la fois une saine émulation et une bonne gestion des ressources de chacun. C'est aussi un gain de temps pour tous et un élargissement des points de vue et des perspectives.

A une époque où l'Université étend ses prestations dans les secteurs de la formation continue et du télé-enseignement, il n'est que légitime qu'elle applique à elle-même une regard critique sur la formation qu'elle assume. Avant que d'autres le fassent à sa place!

C'est une démarche de qualité, un contrôle d'efficacité qui demande la participation de chacun, enseignés et enseignants. Encore faut-il accepter de se remettre en cause!


 

Arc lémanique: synergies pédagogiques

Les Universités de Genève et de Lausanne et l'EPFL mettent en réseau leurs compétences spécifiques pour développer la qualité des formations qu'elles assurent. C'est une mise en commun des prestations, des méthodes et des expériences acquises dans l'évaluation des enseignements, le conseil et la formation pédagogiques.

Ce réseau, officiellement inauguré par une conférence de presse le 5 mai, est ouvert aux autres universités romandes. Son Conseil de direction est constitué d'un vice-recteur de chacune des deux unis, du vice-président de l'EPFL et des conseillers pédagogiques des trois hautes écoles. Il se concrétise par l'organisation de conférences et d'ateliers de formation à l'attention des enseignants et des assistants des trois institutions, et la mise à disposition de guides pratiques et d'un fonds documentaire. Chaque conseiller pédagogique lui consacre 10% de son activité. Le réseau est complété par un site Internet qui présente l'éventail des prestations et fournit notamment des données bibliographiques d'ouvrages de pédagogie universitaire (www.unige-unil.ch/r-cfe.).

Evaluation pour tous

Depuis plusieurs années, l'évaluation de l'enseignement tend à se généraliser. L'EPFL a une pratique de plusieurs années et toutes les disciplines y participent; l'Université de Genève s'y est lancée depuis quelques années, sur base de démarches individuelles puis de façon plus systématique en médecine et en sciences économiques et sociales. L'UNIL - qui n'a pas encore choisi son conseiller pédagogique - a également connu des expériences localisées, basées le plus souvent sur le volontariat.

Après deux ans d'expériences pilotes sur les trois sites, l'évaluation généralisée des enseignements débutera cet automne, sur base d'un questionnaire commun. Aux facultés et sections de déterminer le calendrier et l'ampleur de l'opération!

Effectuée par les étudiants, cette évaluation fournit de manière anonyme à l'enseignant et au responsable de la discipline concernée les éléments pour garantir l'adéquation des cours, séminaires et travaux pratiques aux objectifs de formation.

C'est un appui à l'enseignant et non une action administrative de contrôle et d'examen de ses capacités scientifiques. D'autres voies existent liées au renouvelement de son mandat!

Les questionnaires sont adaptés aux différentes méthodes d'enseignement (cours, travaux pratiques, séminaires) et aux niveaux pré- et postgrade de la formation. A la demande, ils peuvent être ajustés de manière encore plus spécifique sur le domaine scientifique concerné.

Les résultats du test sont ensuite analysés par le conseiller pédagogique et l'enseignant. Leur examen détermine les éventuels points faibles à corriger et les solutions à envisager; pas d'obligations mais des conseils pour rendre l'enseignement plus efficace: des cours et des ateliers à suivre, des brochures à lire, ...

Axel Broquet

Les conseillers

Jean-Louis Ricci, responsable de l'Unité d'évaluation de l'enseignement et d'insertion professionnelle - UNEEDIP, EPFL, 1015 Lausanne tél. 693 22 70 fax 693 60 70 JeanLouis.Ricci@epfl.ch.
Nicole Rege Colet, adjointe au rectorat à la formation et à l'évaluation Rectorat - Uni Dufour Uni. Genève ,1211 Genève 4, tél.. 022/ 705 73 66 fax 329 42 90.
Nicole.RegeColet@rectorat.unige.ch.
Le/la répondant/e pour l'UNIL n'a pas encore été désigné/e. Rens. Oscar Burlet, vice-recteur.
 
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Comme si vous y étiez

Reconstituer la vie quotidienne des Lausannois il y a 2000 ans, c'est le pari tenu par le Musée romain de Vidy à travers une exposition qui fait la part belle au multimédia.

Fondée à la fin du Ier siècle avant J.-C., Lousonna est une des villes romaines les mieux connues de Suisse, grâce aux fouilles qui ont précédé l'aménagement de l'Expo nationale de 62 et la construction de l'autoroute. Lausanne antique est le fruit d'une relecture des documents élaborés lors des fouilles depuis 70 ans. «Nous disposons des archives de Frédéric Gilliard, l'archéologue qui y a travaillé de 1936 à 1942. Comme il était architecte, ses relevés topographiques nous sont très précieux». explique Nathalie Pichard-Sardet, conservatrice du musée. Archéologues, architectes, maquettistes et infographistes ont uni leurs efforts pour rendre une image vivante des bâtiments les plus spectaculaires: la basilique, les nautes, le port, le forum et son temple.

Grâce aux maquettes et images 3D, le visiteur est convié à une véritable balade virtuelle dans une cité antique. Des bornes interactives apportent un complément d'informations sur la vie de cette cité portuaire et de ses métiers. Libre à lui de compléter cette visite par une promenade dans les ruines de Vidy. L'un des temps forts de l'expo est une vidéo qui raconte l'arrivée du batelier Dolvinda dans le port de Lausanne: une occasion de voir la basilique reconstituée en images de synthèse. «Nous avons bénéficié de l'appui de Pierre André, un architecte spécialiste de la construction romaine.»

«La reconstitution en 3D permet de rendre compte des volumes. C'est un nouveau moyen de présenter l'archéologie», se réjouit Nathalie Pichard-Sardet. «Mais qu'il s'agisse d'une maquette ou d'images virtuelles, le travail de l'archéologue reste le même. Face aux lacunes de sources, il doit prendre parti.»

Pour spectaculaires qu'elles soient, les reconstitutions en images de synthèse sont coûteuses. «Il a fallu traiter 4500 images, note Christophe Roulet de Sapristi production, pour 3 minutes de film.» Cette société de production d'images numériques y a consacré deux mois de travail. L'objectif du musée et de ses partenaires est de réunir toute la documentation sur Lousonna dans un CD-ROM. Reste à trouver un financement...

Lausanne antique, Musée romain Vidy, Bois-de-Vaux 24, tél. 625 10 84

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HEP-UNIL, des synergies possibles

En 2000, le canton de Vaud aura sa Haute Ecole Pédagogique (HEP). Quoique le projet soit encore soumis à consultation, Uniscope s'est intéressé aux interactions possibles avec l'Université.

La formation des maîtres est en pleine mutation. Tous les cantons ont des projets de HEP, que l'on peut souhaiter compatibles pour faciliter la mobilité des enseignants. Mais tous n'ont pas la même avance, Zürich et le Valais figurant parmi les pionniers. Le modèle zurichois est cité en exemple car il aligne le niveau des enseignants aux standards européens, introduit la recherche pédagogique là où elle n'existe pas encore et développe la formation continue. Berne, Neuchâtel et le Jura travaillent sur un projet commun mais multisite avec une mise en réseau de leurs écoles.

Une école professionnelle

Vaud se prépare à réunir dans la nouvelle HEP toutes les formations initiales, secondes et continues des enseignants de la scolarité tant obligatoire que post-obligatoire, y compris de l'enseignement spécialisé. Une révolution qui signifie la fin des filières actuelles: école normale pour les uns, séminaire pédagogique pour les autres. Il s'agit de développer une culture professionnelle commune à l'ensemble des maîtres vaudois, une manière pour les iniateurs du projet de répondre aux attentes de la société face aux incertitudes du temps. Sans nier les spécificités de travail liées à l'âge et aux capacités des élèves, il leur paraît nécessaire d'avoir une approche commune du rôle de l'enseignant. Tout le monde sait qu'une profession évolue en 35 ans carrière. Aussi est-il souhaitable que la formation initiale ne soit pas trop cloisonnée.

Pourquoi ne pas regrouper toutes ces formations en milieu académique comme à Genève(voir p. 5)? «Parce que la plupart des cantons romands s'acheminent vers notre solution», explique Pierre Gervais du DFJ. «Comme nous désirons mettre en commun certaines formations dites rares (maître de travaux manuels par ex.), il est nécessaire de s'harmoniser.»

Une occasion manquée?

Le Rectorat a eu l'occasion de présenter sa vision de la HEP lors d'une première consultation en 1998. L'UNIL souhaitait prendre en charge la formation de tous les maîtres, y compris ceux du primaire, et la HEP aurait bénéficié du même statut que l'Ecole de Français Moderne. «Nous nous inspirions de Genève», estime le vice-recteur Oscar Burlet. Mais faire entrer la formation des maîtres dans le giron universitaire posait un problème de fonds. Est-il nécessaire d'avoir une licence pour enseigner à de jeunes enfants? Beaucoup en doutaient. Pour Pierre Gervais, «ceci impliquerait une rupture avec la tradition de l'enseignement vaudois». Oscar Burlet plaide pour une formation de bon niveau. «Même les jeunes enfants ont besoin de maîtres cultivés et ouverts. Quelqu'un qui a parfaitement assimilé la matière saura être clair et concret.»

Les réserves de l'Université

L'UNIL a émis deux réserves sur le projet. Elle est intervenue contre l'allongement des études à deux ans (contre un à l'actuel SPES). «Faut-il vraiment sept ans pour devenir maître alors qu'il en faut six pour être médecin?» s'interroge Oscar Burlet. «Nous demandons aux concepteurs du projet de raccourcir ces deux ans en donnant la possibilité à nos étudiants avancés d'acquérir une expérience pédagogique car il serait regrettable qu'ils s'engagent sans avoir une idée du métier.» Cette question n'est pas encore arrêtée. «Pour l'instant, nous proposons une formation HEP de trois semestres aux licenciés», explique Pierre Gervais.

L'autre réserve concerne l'exigence de plusieurs disciplines. Si cela ne pose pas de problème en Lettres où on choisit trois branches, d'autres facultés sont pénalisées. La Faculté des sciences prépare donc une licence généraliste pour les futurs enseignants. Ce point est encore en discussion entre l'UNIL et la HEP.

Amorces de collaborations

L'UNIL propose que la HEP finance des salaires de maîtres assistants pour dispenser à ses étudiants des enseignements spécifiques. Les facultés concernées &endash; essentiellement Lettres et SSP &endash; ont déjà soumis des projets de cours. En mai, la HEP va donner la liste de ceux qu'elle a retenus. Ses responsables se sont montrés intéressés par les disciplines transversales, notamment par des cours sur la gestion de la violence.

Le projet de loi fait la part belle à la formation continue qui sera inscrite au cahier des charges de tous. Reste à savoir s'ils voudront en profiter... Les possibilités de perfectionnement et une culture professionelle commune permettront aux maîtres de changer de poste plus facilement. Actuellement, rien n'est prévu pour les maîtres licenciés qui désireraient se perfectionner dans leur domaine, ou en changer. A noter que les étudiants HEP pourront effectuer leur post-formation au cours d'emploi et à l'UNIL.

Recherches communes?

La HEP devrait être un centre de recherche dans le domaine des sciences de l'éducation et ses concepteurs veulent favoriser l'intégration de nouvelles problématiques (insertion des enfants migrants, prévention en matière d'abus sexuels, etc). L'Alma mater pourrait aussi profiter des services de la HEP. «L'idéal serait de mener des recherches conjointes», espère Oscar Burlet. Enfin, L'UNIL s'intéresse à la formation des futurs professeurs de la HEP à laquelle elle aimerait participer.

L'Educateur, n° 2/99Toutes les modalités du projet ne sont pas connues mais on peut dire que la HEP offrira trois voies de formation: maître généraliste (école enfantine et primaire), semi-généraliste (5-9e sauf prégymnasiale), spécialiste (secondaire), maître d'enseignement professionnel (apprentis).

Selon la voie de formation envisagée, le candidat devra être porteur des titres suivants: titre universitaire, certificat de maturité, maturité spécialisée socio-pédagogique, titre d'une école spécialisée (Ecole cantonale d'art) ou d'autres expériences professionnelles équivalentes. (pr)

UNIGE responsable de formation

A Genève, la formation des enseignants primaires est partiellement universitaire depuis 1930, au niveau bac+3. Des précisions avec Philippe Perrenoud, professeur à la Faculté de psychologie et sciences de l'éducation.

Ce système n'a rien de révolutionnaire pour les Genevois qui suivent l'exemple de pays européens et nord-américains. «Genève a fait cavalier seul, parce qu'elle était confrontée à différents problèmes (économie largement tertiaire, forte immigration par exemple) et aussi parce que les sciences de l'éducation y ont connu un fort développement (Piaget, Claparède, etc)», analyse Philippe Perrenoud.

Pouvez-vous nous présenter le système genevois de formation des enseignants depuis la réforme de 1996?

Il y a 3 mentions de la licence en sciences de l'éducation: recherche et intervention, formateurs d'adultes et enseignants primaires. Toutes durent 4 ans, avec un tronc commun d'un an et trois parcours distincts de second cycle. Chaque mention forme à la recherche et ouvre sur le 3e cycle et le doctorat. Notons que les niveaux académiques sont équivalents. Les premiers étudiants de la licence avec mention «Enseignement» achèveront leur cycle en juin 99. La plupart, semble-t-il, trouveront un poste dans l'enseignement primaire.

Les futurs enseignants du secondaire sont-ils intégrés dans le 3e cycle de la FPSE ou suivent-ils des cours spécifiques?

Tous les enseignants secondaires ont une licence complète. Ils peuvent enseigner au cycle d'orientation (secondaire inférieur) ou au post-obligatoire, y compris les écoles professionnelles. Ils sont formés en emploi durant 2 ans, un à deux jours par semaine, en didactique de leur branche et pédagogie, dans une institution rattachée au DIP. Cette structure est en cours de réforme, mais ne deviendra pas une HEP. Le partenariat avec l'UNIGE est en cours de négociation, mais ces étudiants ne suivent pas encore les cours de la FPSE.

On entend parfois qu'il n'est pas utile d'avoir une licence pour enseigner à de jeunes enfants. Quelle est votre position?

La qualification d'un enseignant ne se fonde pas seulement sur les connaissances à enseigner, mais sur les compétences requises pour enseigner. De ce point de vue, enseigner à de jeunes enfants est complexe, parce que la communication verbale est moins évidente et parce que l'imbrication entre apprentissage, socialisation et développement intellectuel est plus forte. A Genève, la formation est la même pour les enfants de 4 à 8 ans et les nouveaux enseignants sont polyvalents.

Quels sont à votre avis, les avantages du système genevois sur le système vaudois? Serait-il davantage eurocompatible?

Le projet vaudois présente des convergences de conception. Il a d'ailleurs été question de l'insérer à l'UNIL, qui semblait prête à entrer en matière. Le DFJ a préféré garder le contrôle du projet et de la formation... La différence n'est pas dans l'eurocompatibilité mais éventuellement dans l'articulation entre théorie et pratique. Les HEP doivent trouver des partenariats externes et leur personnel n'est pas toujours formé en sciences de l'éducation, problèmes que la FPSE n'a pas. Elle prévoit 30 à 40% de temps dans les classes et a développé des unités compactes plus appropriées que les juxtaposition de stages et de cours.

Il se peut que la HEP vaudoise se rapproche de ce modèle au cours des années. Elle va intégrer une partie de la recherche en éducation, ce qui va dans le même sens. De toute façon, FPSE et HEP romandes vont travailler en réseau. C'est déjà le cas au niveau des chefs de projet.

Sera-t-il possible pour Genève de reconnaître les diplômes vaudois?

Un concordat intercantonal autorise tous les enseignants suisses brevetés à postuler dans n'importe quel autre canton trois ans après leur diplôme. Leur dossier est donc traité, mais cela n'efface pas les différences de salaires et de compétences réelles, ni les protectionnismes locaux.

Dans le projet vaudois (avant-projet de juillet 98), on a parlé de demander aux candidats une expérience extra-scolaire ou un séjour à l'étranger. Que pensez-vous de telles mesures?

Elles me semblent excellentes. Genève prévoit un stage extra-muros (souvent dans le monde du travail ou le Tiers Monde) durant les études, en été. Pour ce qui est des langues, la procédure d'admission valorise les stages linguistiques.

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Patricia Reymond

«Harcellés-es,je suis là pour vous aider»

Depuis l'automne 1997, Françoise Méan, médiatrice, est chargée de prévenir, règler ou désamorcer des problèmes de harcèlement sexuel et/ou psychologique (mobbing) à l'UNIL.

Le rôle de Françoise Méan est multiple: à la fois conseillère dans la gestion de conflits, elle est également chargée d'informer la communauté universitaire des risques du mobbing et du harcèlement sexuel ainsi que des droits des employés. Une plaquette d'information a d'ailleurs été publiée récemment (en 1998) par l'UNIL Harcèlement sexuel, harcèlement psychologique et deux conférences-débats auront lieu dans le courant du mois prochain (voir encadré) afin de sensibiliser les responsables d'équipe aux problèmes de conflits professionnels.

Pour Françoise Méan, cet effort d'information a rendu les gens plus attentifs à certaines situations et elle a vu des demandes d'aide ou simplement de renseignements s'accroître. Mais elle constate «n'avoir été confrontée qu'à quelques cas «graves», la plupart des personnes qui me contactent sont dans des situations de conflit qui n'ont pas encore dégénérés en mobbing ou harcèlement sexuel. Le but est alors de prévenir un dérapage».

Dans un climat économiquement instable, certains employés hésitent à évoquer une situation de travail parfois très tendue avec leur supérieur de peur d'être renvoyés, ils encaissent, parfois surestiment leurs forces et craquent, situation qui peut mener à la dépression. Le travail de Françoise Méan est de casser cette logique en offrant son aide dans la recherche de solutions qui permettent de retrouver confiance et plaisir dans son travail. Pour la médiatrice, «il est essentiel d'améliorer la communication entre responsables hierarchiques et collaborateurs, mais aussi entre collègues».

Françoise Méan médiatrice à l'Université de Lausanne depuis près de deux ansFrançoise Méan offre une permanence le mardi de 13h à15h, Château de Dorigny, 1er étage. Elle consulte également son répondeur (944 16 30) et répond aux appels dans les 24hL'UNIL organise, les 20 mai et 3 juin, des conférences-débats auquelles ont été conviés les doyens, les présidents de sections et les directeurs d'Instituts de l'UNIL. Animées par Gilbert Künzi, directeur du Service de santé du personnel de l'Etat de Genève Angelo Vicario, psychologue-sociologue, consultant pour les questions de gestion des ressources humaines et Françoise Méan, médiatrice à l'UNIL, cette initiative vise à offrir aux responsables d'équipe de l'Université les moyens de prévenir des dysfonctionnements suceptibles de perturber le climat de travail et des outils d'intervention en cas de conflits bloqués au sein d'une équipe. (sv)
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Entre un messie déjà venu et un messie à venir

Présenter une réalité aussi plurielle que le messianisme, voilà un programme ambitieux mais qui ne rebute pas Lucie Kaennel et les professeurs Pierre Gisel et Jean-Christophe Attias, les organisateurs d'un colloque grand public sur ce thème.

Le messianisme occupe une place à part dans le judaïsme. La venue du messie, la fin des temps et le retour du Royaume de Dieu ont nourri l'espérance des croyants. Mais le messie est aussi une figure centrale du christianisme. A la différence que le Christ est venu mais qu'il n'a pas encore changé le monde... Les Chrétiens ont souvent accordé une importance exagérée au messianisme dans le judaïsme alors que de nombreux courants juifs ne le sont pas, à l'image de la pensée rationaliste de Maïmonide. On a véhiculé l'image des pauvres Juifs attendant obstinément leur messie, un cliché cher à l'antijudaïsme du Moyen-Age.

Le but de ce colloque est de sortir des images convenues et des parallélismes faciles. Le messianisme a considérablement évolué aux cours des siècles et a pris de multiples visages; c'est que démontreront les chercheurs réunis à Lausanne. Une approche possible du phénomène est de s'engager sur la voie du comparatisme. C'est pourquoi les organisateurs ont fait appel à des spécialistes musulman et manichéiste qui expliqueront que d'autres religions connaissent des courants similaires. Enfin, une anthropologue montrera que diverses traditions non monothéistes connaissent des formes de messianisme. Thème traditionnel, le messianisme et les espérances qu'il suscite reviennent à l'actualité dans un monde en mutation, à l'approche d'un nouveau millénaire.

Patricia Reymond

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Maladie d' Alzheimer

On estime que la maladie d'Alzheimer touche environ 4% de la population de plus de 65 ans. Il s'agit d'une démence sénile, c'est à dire d'une maladie qui apparaît avec l'âge et qui touche le cerveau.

La maladie d'Alzheimer (MA) provoque la dégénérescence de cellules nerveuses, les neurones, et en particulier celles impliquées dans les fonctions de la mémoire et les fonctions intellectuelles. La maladie se manifeste d'abord par les troubles de la mémoire qui s'aggravent progressivement. D'oublis fréquents (le malade, par exemple, ne se souvient pas d'événements récents ou peine à utiliser correctement les mots), la maladie peut évoluer jusqu'à l'amnésie. Un patient est considéré comme atteint de MA lorsque se manifestent, en plus des pertes de mémoire, une perte du language (aphasie), de la stratégie des mouvements (apraxie) ou de la reconnaissance visuelle (agnosie).

Les lésions cérébrales dues à la maladie d'Alzheimer sont de deux types: les plaques séniles et la dégénérescence neurofibrillaire. Elles sont observées dans les régions cérébrales en particulier dans le cortex. Les plaques séniles, sont des dépôts d'une substance (amyloïde) qui s'installe progressivement dans le cerveau, en particulier dans la substance grise du cortex cérébral (là où se situent les cellules nerveuses), et va tuer progressivement tous les neurones, surtout ceux impliqués dans les fonctions cognitives (mémoire, lecture, écriture, langage, reconnaissance visuelle, etc.). Les neurones qui dégénèrent se remplissent de filaments pathologiques, c'est la dégénérescence neurofibrillaire.

Pour Pantéleimon Giannakopoulos, professeur-adjoint au Département de psychiatrie à l'Hôpital de Belle-Idée, à Genève, qui viendra parler de ses travaux sur la M A, les recherches récentes ont montré une relation entre les types de troubles (apraxie, aphasie, agnosie) des patients malades de MA, et certaines régions corticales touchées par la dégénérescence neurofibrillaire. Un exemple: l'apraxie «de l'habillage» (difficultés à s'habiller) est souvent liée à des lésions du lobe pariétal droit. Si la cartographie des lésions dégénératives et ses relations avec certains troubles se fait de plus en plus précise, il n'existe pas encore à ce jour de médicament permettant de soigner la maladie. Mais les progrès de la recherche en neurologie, gériatrie ou en imagerie cérébrale, vont permettre un diagnostic de plus en plus précoce et, par conséquent, freiner l'évolution de la maladie. (sv)

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