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au sommaire des numéros du
semestre
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- Edito.
Dépasser les
frontières de Dorigny
- En finir
avec ses allergies
- L'Université
façon C. Kleiber, les doyens
s'expriment
- Le Centre
de langues fête ses 10 ans
- Sport et
neurosciences cognitives
- Le droit
des uns se heurte toujours au droit des
autres
- Dépassé,
l'Etat providence?
Dépasser les
frontières de Dorigny
par Patricia Reymond
Des colloques et conférences sur le site, le
festival de théâtre à la Grange, parfois
des visites de profs étrangers... Uniscope n'a pas
l'ambition de vous décrocher la lune mais de donner
un aperçu de ce qui se passe à Dorigny, avec
parfois quelques incursions au bout du lac ou du
côté de Berne...
Malheureusement, Uniscope ne s'aventure guère
au-delà, au grand regret des nostalgiques de la
rubrique «Unis dans le rétro». Pourtant,
nous savons tous que le monde ne s'arrête pas au pont
de la Sorge... Quelques infos sur les unis à travers
le monde nous aideraient certainement à
réfléchir sur notre propre actualité
académique... Qui sait, par exemple, que
l'Université de Buenos Aires risque de fermer en
octobre prochain pour cause de coupures budgétaires
aussi drastiques que soudaines?
A défaut d'envoyé spécial, Uniscope
voudrait vous recommander le site de l'Agence universitaire
de la Francophonie au www. aupelf-uref.org.
Actualités universitaires, conseils mobilité,
offres d'emplois, bourses et prix, il vous propose aussi des
liens vers de nombreuses organisations académiques
à travers le monde.
En finir avec
ses allergies
On a parfois l'impression que le nombre d'allergies
augmente, ce qui n'est pas faux d'ailleurs. Par contre, on
ignore souvent que des traitements existent. Pour
transmettre les progrès de la recherche, les
spécialistes du CHUV et de Genève organisent
une journée destinée aux médecins.
La gamme des allergènes est très vaste
(pollens, huiles, résines, solvants, colorants
alimentaires, agents conservateurs, etc). Contrairement
à ce qu'on pense parfois, les allergies se soignent
très bien. En effet, si l'immunothérapie
existe depuis le début du siècle, la
qualité des traitements s'est beaucoup
améliorée depuis une dizaine d'années
grâce à une meilleure connaissance des
allergènes. Mais ils sont longs car ils consistent
à désensibiliser le patient.
On lui injecte par voie sous-cutanée
l'allergène responsable de ses troubles. Avec le
temps, le médecin augmente le dosage jusqu'à
ce que les effets nocifs s'estompent.
Les risques d'effets secondaires sont bien réels,
si bien que le patient allergique risque d'être
découragé par la nature contraignante et la
durée du traitement. Pourtant l'immunothérapie
obtient en général de bons résultats et
la personne bénéficie d'une bonne protection
pendant quelques années. «Bien entendu, les
polyallergiques ont souvent une moins bonne réponse
au traitement.», explique le prof. François
Spertini.
Assurer la
compliance
C'est pourquoi les divisions d'immunologie du CHUV et des
Hôpitaux universitaires de Genève organisent
une journée d'information destinée aux
praticiens non spécialistes. Il s'agit de
présenter les traitements actuels et leurs risques.
Les intervenants n'oublieront pas de traiter des
problèmes de communication avec le patient. «La
motivation de la personne allergique est un facteur
essentiel dans la réussite du traitement, dit
François Spertini, c'est ce que nous appelons la
compliance.»
L'allergologie est un domaine très vaste. Le but
de cette journée romande n'est donc pas de couvrir
tous les aspects mais de coller à
l'actualité.«L'an passé par exemple, nous
avions traité des allergies croisées.» La
première partie de cette 13e
journée sera consacrée à
l'immunothérapie, la seconde aux allergies de la peau
les plus courantes (urticaire, dermatite atopique,
psoriasis). Patricia Reymond
Retour au
sommet
L'Université
façon C. Kleiber,
les doyens s'expriment
«Pour l'Université», c'est le titre de
la brochure récemment publiée par Charles
Kleiber, secrétaire d'Etat à la science et
à la recherche .
Dans ces quelque 180 pages, qui viennent prolonger,
étoffer et développer le message du Conseil
fédéral sur l'encouragement de la formation,
de la recherche et de la technologie de novembre dernier, on
lit d'abord l'avis de Charles Kleiber, mais aussi ceux de
chercheurs, professeurs, journalistes ou
étudiants.
Uniscope
a demandé aux doyens de l'UNIL de s'exprimer sur
cette publication. Voici les deux premiers textes, ceux des
doyens des Facultés de lettres et de droit. Les
réactions de leurs collègues &endash; qui ont
bien voulu répondre à notre appel &endash;
suivront dans le prochain numéro. (sv)
Pour l'Université. Charles Kleiber, disponible au
Service de presse
Qu'en pensez-vous Messieurs les
doyens?
Denis Piotet, Faculté de droit
«Etre
bref sur ce rapport relève de la gageure! Je pourrais
me résumer en disant que si les bonnes questions sont
posées, les bonnes réponses ne sont pas
toujours données. En mettant le doigt sur les
difficultés actuelles, et le lien qui doit
nécessairement être tissé entre
société et Universités, le rapport fait
certainement avancer la discussion.
C'est cependant sur le modèle décrit en
deuxième partie que le plus de remarques critiques
peuvent être formulées, au regard de la
rigidité du moule imposé, substituant des
blocages horizontaux à des blocages verticaux. Le
modèle du réseau suppose en soi le
développement de secteurs de pointe qui n'est pas
nécessairement compatible face à un
affaiblissement progressif du premier cycle; ce
modèle du réseau a certainement devant lui un
avenir prometteur, et peut parvenir à étayer
des projets de développement de très haute
qualité; l'on ne saurait cependant s'y plier
systématiquement. Ainsi, en droit, la valeur critique
de l'unité performante de recherche est souvent
ramenée à une seule personne, sans que le FNRS
ou d'autres institutions n'aient à intervenir; la
mise en réseau peut même affaiblir la
performance, alors qu'elle peut la développer
à d'autres occasions. Le résultat n'en reste
pas moins dans tous les cas une prestation scientifique de
qualité qui ne peut compter pour zéro dans
l'allocation des ressources. De façon plus
générale, faire du réseau le pilier du
développement universitaire peut être d'autant
plus discuté que l'on semble revenir sur cette
idée aux Etats-Unis alors que cette politique
dominait lors du séjour de Monsieur Kleiber sur
place.
En fait, le rapport rend certainement une image exacte de
l'université du futur, parce qu'il est pétri
de contradictions, à l'image de la politique
universitaire suisse. Ainsi en va-t-il du lien tissé
entre les procédures d'évaluation et les
contrats de prestation, avant d'avoir défini, sur le
plan des autorités politiques notamment, ce que
doivent être les critères d'évaluation
décisifs. Encore plus nette est la contradiction
entre la qualification d'une université actuelle
«trop administrée» (p. 52) et les
procédures administratives nouvelles et
supplémentaires résultant des
évaluations et contractualisations (p.100-101). De
même, la contradiction répétée
à plusieurs reprises entre l'université de
masse (où l'on souligne qu'en Suisse les
Facultés de droit ont le taux d'encadrement le plus
désastreux) et le remède que serait la mise en
réseau avec l'économie privée
(partenariat inexistant en droit sauf quelques rares
disciplines spécialisées) ou publique (nul,
puisqu'il n'y a en droit, que des partenaires
«d'autorité», p. 89).»
Remy Jolivet, doyen de la Faculté des
lettres
«Ces
réflexions, comme les grandes lignes du projet
d'université intégrée, sont
séduisantes. L'analyse, quoique très
générale - trop parfois - reste
nuancée, les jugements sont équilibrés,
sans anathème. La spécificité des
sciences humaines et sociales est relevée souvent et
avec pertinence. Les idées sont claires.
Texte séduisant, donc. Mais habile aussi à
masquer quelques contradictions qu'il faudra bien affronter.
Les deux plus flagrantes concernent le cur même
du projet et sa mise en uvre.
L'auteur insiste à diverses reprises sur la
complexité de cette mise en uvre, sur le temps
qui sera nécessaire. Réalisme bienvenu, bien
préférable au volontarisme brouillon qui
prévaut souvent. Mais, au nom même de ce
réalisme, on ne peut que rester rêveur devant
la foi de Charles Kleiber en une autorégulation des
processus. Pour tout dire, elle paraît même fort
suspecte, lénifiante. Sans doute s'agit-il de
rassurer: tout se fera en douceur, vous n'avez rien à
craindre. Il paraît évident au contraire que,
si l'on désire s'engager dans cette voie, il vaudrait
mieux en planifier soigneusement et strictement les
étapes. Un seul exemple: l'harmonisation
administrative et le dégagement de ressources
budgétaires doivent précéder le
développement de la mobilité. Les
difficultés du rapprochement entre les
Universités de Lausanne et de Genève nous en
donnent tous les jours de nouvelles preuves.
Plus grave encore, parce que touchant à la nature
même du projet: n'est-il pas contradictoire de
prétendre défendre l'autonomie de
l'Université, la liberté académique, la
liberté de la recherche, tout en proposant un
système qui confie le pouvoir de décision
à une instance politique - la nouvelle
Conférence universitaire suisse rassemblant des
représentants des cantons et de la
Confédération - et qui prive
l'Université d'une garantie de ressources, celles-ci
dépendant désormais, pour une large part, de
contrats de prestations? On voit bien de quelle autonomie il
est alors question et Madame Brunschwig Graf l'avoue sans
fard: «les choix, les objectifs sont
déterminés par l'autorité politique,
mais le choix des moyens est laissé aux responsables
des instituts de formation» (p. 171). C'est l'autonomie
du débrouillez-vous pour faire ce que l'on vous
demande... Inacceptable.
Ce document mérite une discussion beaucoup plus
détaillée que les quelques lignes qui
précèdent. Sa contribution aux débats
à venir est importante. Il faut souhaiter que ces
débats aient lieu et qu'il reste un espace pour la
négociation.»
Retour au
sommet
Le Centre de
langues fête ses 10 ans
Le Centre de langues de l'Université fête
ses dix ans le 21 mai prochain. L'occasion pour Uniscope de
faire le bilan d'une décennie riche en
développements.
Vous souhaitez parfaire vos connaissances linguistiques
afin de pouvoir rédiger des rapports scientifiques en
Anglais suivre des colloques en Allemand, vous
préparer à un échange, ou tout
simplement parfaire ou acquérir les bases d'une
langue que vous ne connaissez pas encore? Telle est la
misson du Centre de langues de l'Université.
Pour Brigitte Forster Vosicki, responsable du Centre de
langues, «il est essentiel de proposer un enseignement
des langues qui soit adapté aux besoins de
l'université et tourné vers la pratique. Dans
le monde du travail actuel on devrait parler correctement au
moins deux langues étrangères».
Destinés exlusivement aux étudiants, aux
membres du corps enseignant et au personnel administratif et
technique de l'UNIL, les cours, d'orientation pratique, sont
adaptés aux besoins académiques et
professionnels. La palette est large: cours de
préparation aux examens, cours destinés aux
chercheurs et aux scientifiques, cours de langues intensifs
pendant les vacances, cours thématiques ou cours en
autonomie par exemple.
Le Centre delangues en mouvement
Depuis 1989, année de sa fondation, le Centre de
langues s'est considérablement étoffé.
De 193 participants il a passé à près
de 800, 10 ans plus tard. Son offre s'est également
diversifiée: il propose actuellement des cours en six
langues différentes &endash; dont le suisse allemand
et le français pour non-francophones&endash;. C'est
l'anglais qui a le plus de succès, suivi par
l'allemand, l'espagnol, le français et le russe.
Financement
Le Centre de langues est partiellement
auto-financé. Les participants doivent
débourser entre 300.- et 700.- par année, pour
suivre les cours, au regret de la responsable
«l'apprentissage des langues devrait être gratuit
afin de donner la possibilité à chacun d'y
participer. Les cours devraient même être pris
en considération dans le cursus universitaire, comme
en Finlande, par exemple, où l'on peut étudier
la chimie et le français». La Faculté des
sciences sociales et politiques a d'ailleurs fait office de
pionnier en la matière puisqu'elle a mandaté
le Centre de langues à dispenser un séminaire
d'Anglais créditable (6 crédits):
intitulé «English for Social Sciences».
Brigitte
Forster Vosicki, directrice du Cdl, en quelques
mots
Sophie VassauxBrigitte Forster Vosicki, originaire
d'Allemagne, est arrivée à Lausanne à
la fin des années 1970, après un tour du
monde. Elle a d'abord suivi les cours de l'école de
Français moderne, puis obtenu une licence en Lettres.
Enseignante au Centre de langues depuis 1989 elle en est la
responsable depuis 1993.
Ces hobbies? Les voyages, «j'aime tout
particulièrement la Croatie, mon mari en est
originaire et nous y avons beaucoup d'amis et puis j'aime
aussi beaucoup danser», confie-t-elle. Avec deux
enfants en bas âge, un emploi du temps plutôt
chargé, on se demande où cette femme souriante
et hyper-active trouve son énergie.... «oh! vous
savez, l'être humain a énormément de
ressources..». Son dada: «lire le Spiegel au moins
chaque semaine de A à Z... afin de me tenir au
courant, c'est, je crois, ma seule dépendance.»
(sv)
Un passeport de langues
eurocompatible
- Un portfolio personnel, commun à tous les pays
européens, pour noter, évaluer et montrer
ses connaissances de langues, voilà un projet de
taille &endash; pour l'instant pilote &endash;
lancé par le Conseil de l'Europe.
- Ce «passeport linguistique» se
présente sous forme de classeur et comporte trois
rubriques:
- -le passeport de langues, qui donne une vision
complète de l'état actuel de toutes les
connaissances linguistiques et des certificats et
attestations correspondants rendus comparables
grâce à un cadre de référence
commun;
- - la biographie d'apprentissage, renseigne sur
l'histoire personnelle de l'apprentissage
linguistique
- - le dossier, est un recueil de différents
types de travaux illustrant les performances
linguistiques atteintes.
- Ce passeport sert d'abord à informer des
connaissances linguistiques et interculturelles mais
aussi à inciter et stimuler l'apprentissages des
langues. Commun à tous les pays d'Europe,
basé sur l'auto-évaluation, il s'agit, pour
Brigitte Forster Vosicki, qui coordonne
l'expérimentation du projet au niveau des hautes
écoles européennes, «d'un
système transparent et d'un outil d'avenir, qui
sert à mesurer, évaluer, planifier
l'apprentissage des langues et à rendre comparable
les connaissances linguistiques au niveau international.
Il vise aussi à favoriser la
mobilité.» S.Vassaux
-
- Retour au sommet
Sport et
neurosciences cognitives
La
réussite sportive passe-t-elle par un bon
entraînement des neurones? Imagerie mentale et
activation du système moteur feront l'objet d'une
conférence du neuro-cognitien venu tout
spécialement de Lyon.
Les sportifs connaissent le phénomène: il
est possible d'améliorer notablement ses gestes si on
les répète mentalement de façon
régulière. Ainsi, pour devenir champion de
ski, il ne suffit pas de traiter en permanence les
informations des sens et corriger sa trajectoire, il faut
prévoir les étapes de la course et prendre des
décisions avant que le geste soit fait. Il faut
comprendre qu'un mouvement ne se résume pas à
un muscle qui se contracte mais met en jeu des processus
neurophysiologiques complexes.
Pour en parler, Françoise Schenk a invité
Marc Jeannerod, professeur à l'Institut des sciences
cognitives de l'Université Claude Bernard de Lyon et
chercheur à l'INSERM. Il abordera la question des
représentations mentales de l'action dans une
perspective originale qui met en lumière les
relations entre perception, mémoire et action.
«L'Institut des sciences du sport et de
l'éducation existe depuis 2 ans mais a encore peu
d'activité de recherche, mis à part les
travaux de Françoise Schenk sur l'orientation. Par
contre, nous organisons des conférences pour susciter
un intérêt pour la recherche» explique
Jorg Fuchslocher.
Neurosciences cognitives, 19 mai à 18h00, BFSH2,
2024, tél. 692 21 80
Photo André Rau, In Elle, avril 1999.
Patricia Reymond
Retour au
sommet
Le droit des
uns se heurte toujours au droit des autres
Les débats contre la vivisection semblent
oubliés. Le nouvel article de loi sur la
dignité de la créature qui sert de base
à la protection des animaux a été
adopté depuis 2 ans aurait-il apaisé les
esprits?
Gary
Larson, 1996, in Ça m'intéresse, janv. 1997La
soirée se déroulait à merveilles...
lorsque M. Eléphant aperçut le clavier en
ivoire.
La question de la dignité animale est-elle encore
d'actualité? «Oui, réplique Hugues
Poltier, chercheur au Département interfacultaire
d'éthique, car la notion de dignité de la
créature reste floue.» La question des limites
de cette dignité a suscité des débats
passionnés en Suisse alémanique. Quel
être vivant peut-il bénéficier de ce
statut? Les animaux? Les plantes?» Le simple fait que
la discussion soit restée confinée à la
Suisse allemande montre que cette question n'est pas
évidente pour tous. «D'ailleurs nous aimerions
amener le débat ici et en clarifier les termes.»
La protection des animaux touche-t-elle moins les Romands?
Hugues Poltier est plus nuancé: «Il y a
certainement des raisons linguistiques et culturelles qui
expliquent pourquoi le message n'a pas passé.»
Peut-être les Alémaniques ont-ils une autre
vision de la nature?
Le premier souci des organisateurs est de clarifier les
aspects juridiques. L'animal est-il sujet de droit ou objet?
Pour assurer la pluralité des opinions, ils ont
invité le Dr. Antoine Goetschel qui a
été le promoteur de la notion de
«dignité de l'animal» en Suisse et Thomas
Luchsinger qui représente une position
modérée plus classique.
L'attention des organisateurs se focalise sur
l'utilisation des animaux à but scientifique et des
chercheurs viendront expliquer pourquoi ils font de
l'expérimentation animale. Le Dr. Henk Verhoog de
Leiden parlera des abus dans les laboratoires. Membre d'un
comité d'éthique, il présentera son
expérience. «Pour être capable de faire
les expérimentations, les chercheurs sont
obligés de mettre une distance émotionnelle
entre les animaux en général et les
bêtes qui leur servent de matériel de
laboratoire.»
Mais les éthiciens désirent replacer le
débat dans un contexte plus large, tant il est vrai
que l'homme fait largement usage des animaux (qu'on pense
aux poulets en batterie). C'est pourquoi ils ont
invité un anthropologue qui présentera ses
réflexions sur les rapports homme/animal dans
différentes cultures. Enfin, le Prof. Ulrich
Tröhler de Freiburg in Breisgau apportera un
éclairage historique sur l'expérimentation
animale. (pr)
Colloque du 19-20 mai 1999, CHUV, aud. M. Mayor,
Débat public, le 19 à 18 h00.
Retour au
sommet
Dépassé,
l'Etat providence?
Faut-il abandonner l'Etat providence? Pour en
débattre, le professeur François-Xavier
Merrien croisera le fer avec Jean-François Cavin,
directeur du Centre patronal vaudois.
Pourquoi ce titre provocateur? «Nous avons
pensé qu'à l'aube du XXIe siècle, la
question mérite d'être posée»,
explique Kristin Thelen, assistante en SSP. «L'Etat
peut-il pourvoir au bien-être de ses citoyens?
N'a-t-il pas même le devoir de le faire?» Mais
cette conception est-elle réalisable dans un monde
caractérisé par un libéralisme
croissant? François-Xavier Merrien abordera le
problème avec une approche internationale et
critique. En effet, la question est légitime:
«Existe-t-il différentes sortes
d'Etat-providence dans le monde? Ont-ils rempli leur
mission?»
A l'heure de la globalisation de l'économie
mondiale, la politique est-elle encore possible? Depuis 91,
la Suisse a vu son taux de chômage multiplié
par 5 et la dette publique globale doubler en 6 ans.
Parallèlement, dans ces années de crise, les
inégalités se sont creusées, les plus
riches trouvant des opportunités nouvelles
d'accroître leur part au revenu pendant que les moins
qualifiés voyaient leur position se
précariser.
La Suisse ne connaît pas la situation des USA mais
compte plus de 7% de pauvres. Plus grave, elle voit le
nombre de ses «working poors» augmenter. En
même temps, les grosses fortunes prospèrent,
notamment grâce aux gains spéculatifs qui sont,
dans notre pays, fiscalement non imposables. Dès
lors, il peut sembler naturel de recourir aux
mécanismes de solidarité pour, sinon
résoudre la crise, du moins en atténuer les
conséquences. Mais l'Etat social est souvent
attaqué par ceux qui ont le plus profité de
ces dernières années et les milieux
économiques réclament une baisse de la
fiscalité des entreprises au nom de la
compétitivité de la place économique
helvétique.
Le débat sera d'autant plus animé que les
conférenciers auront chacun 20 minutes pour
convaincre, avant d'être soumis aux questions du
public. Comme le prof. Merrien est spécialiste de
cette matière et que M. Cavin défend des
intérêts particuliers, le débat promet
d'être animé. La conférence est ouverte
à un large public.Venez donc nombreux!
Cette conférence est organisée par
Mosaïque (ex AMNU), une association d'étudiants
qui a pour but d'aborder des sujets d'actualité
internationale en organisant des conférences, des
projets humanitaires et des concours de simulation de l'ONU.
(pr)
Patricia Reymond
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