No 365

19 - 25 mai 1999

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Edito. Dépasser les frontières de Dorigny
En finir avec ses allergies
L'Université façon C. Kleiber, les doyens s'expriment
Le Centre de langues fête ses 10 ans
Sport et neurosciences cognitives
Le droit des uns se heurte toujours au droit des autres
Dépassé, l'Etat providence?


Dépasser les frontières de Dorigny

par Patricia Reymond

Des colloques et conférences sur le site, le festival de théâtre à la Grange, parfois des visites de profs étrangers... Uniscope n'a pas l'ambition de vous décrocher la lune mais de donner un aperçu de ce qui se passe à Dorigny, avec parfois quelques incursions au bout du lac ou du côté de Berne...

Malheureusement, Uniscope ne s'aventure guère au-delà, au grand regret des nostalgiques de la rubrique «Unis dans le rétro». Pourtant, nous savons tous que le monde ne s'arrête pas au pont de la Sorge... Quelques infos sur les unis à travers le monde nous aideraient certainement à réfléchir sur notre propre actualité académique... Qui sait, par exemple, que l'Université de Buenos Aires risque de fermer en octobre prochain pour cause de coupures budgétaires aussi drastiques que soudaines?

A défaut d'envoyé spécial, Uniscope voudrait vous recommander le site de l'Agence universitaire de la Francophonie au www. aupelf-uref.org. Actualités universitaires, conseils mobilité, offres d'emplois, bourses et prix, il vous propose aussi des liens vers de nombreuses organisations académiques à travers le monde.


 

En finir avec ses allergies

On a parfois l'impression que le nombre d'allergies augmente, ce qui n'est pas faux d'ailleurs. Par contre, on ignore souvent que des traitements existent. Pour transmettre les progrès de la recherche, les spécialistes du CHUV et de Genève organisent une journée destinée aux médecins.

La gamme des allergènes est très vaste (pollens, huiles, résines, solvants, colorants alimentaires, agents conservateurs, etc). Contrairement à ce qu'on pense parfois, les allergies se soignent très bien. En effet, si l'immunothérapie existe depuis le début du siècle, la qualité des traitements s'est beaucoup améliorée depuis une dizaine d'années grâce à une meilleure connaissance des allergènes. Mais ils sont longs car ils consistent à désensibiliser le patient.

On lui injecte par voie sous-cutanée l'allergène responsable de ses troubles. Avec le temps, le médecin augmente le dosage jusqu'à ce que les effets nocifs s'estompent.

Les risques d'effets secondaires sont bien réels, si bien que le patient allergique risque d'être découragé par la nature contraignante et la durée du traitement. Pourtant l'immunothérapie obtient en général de bons résultats et la personne bénéficie d'une bonne protection pendant quelques années. «Bien entendu, les polyallergiques ont souvent une moins bonne réponse au traitement.», explique le prof. François Spertini.

Assurer la compliance

C'est pourquoi les divisions d'immunologie du CHUV et des Hôpitaux universitaires de Genève organisent une journée d'information destinée aux praticiens non spécialistes. Il s'agit de présenter les traitements actuels et leurs risques. Les intervenants n'oublieront pas de traiter des problèmes de communication avec le patient. «La motivation de la personne allergique est un facteur essentiel dans la réussite du traitement, dit François Spertini, c'est ce que nous appelons la compliance.»

L'allergologie est un domaine très vaste. Le but de cette journée romande n'est donc pas de couvrir tous les aspects mais de coller à l'actualité.«L'an passé par exemple, nous avions traité des allergies croisées.» La première partie de cette 13e journée sera consacrée à l'immunothérapie, la seconde aux allergies de la peau les plus courantes (urticaire, dermatite atopique, psoriasis). Patricia Reymond

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L'Université façon C. Kleiber,

les doyens s'expriment

«Pour l'Université», c'est le titre de la brochure récemment publiée par Charles Kleiber, secrétaire d'Etat à la science et à la recherche .

Dans ces quelque 180 pages, qui viennent prolonger, étoffer et développer le message du Conseil fédéral sur l'encouragement de la formation, de la recherche et de la technologie de novembre dernier, on lit d'abord l'avis de Charles Kleiber, mais aussi ceux de chercheurs, professeurs, journalistes ou étudiants.

Uniscope a demandé aux doyens de l'UNIL de s'exprimer sur cette publication. Voici les deux premiers textes, ceux des doyens des Facultés de lettres et de droit. Les réactions de leurs collègues &endash; qui ont bien voulu répondre à notre appel &endash; suivront dans le prochain numéro. (sv)

Pour l'Université. Charles Kleiber, disponible au Service de presse

Qu'en pensez-vous Messieurs les doyens?

Denis Piotet, Faculté de droit

«Etre bref sur ce rapport relève de la gageure! Je pourrais me résumer en disant que si les bonnes questions sont posées, les bonnes réponses ne sont pas toujours données. En mettant le doigt sur les difficultés actuelles, et le lien qui doit nécessairement être tissé entre société et Universités, le rapport fait certainement avancer la discussion.

C'est cependant sur le modèle décrit en deuxième partie que le plus de remarques critiques peuvent être formulées, au regard de la rigidité du moule imposé, substituant des blocages horizontaux à des blocages verticaux. Le modèle du réseau suppose en soi le développement de secteurs de pointe qui n'est pas nécessairement compatible face à un affaiblissement progressif du premier cycle; ce modèle du réseau a certainement devant lui un avenir prometteur, et peut parvenir à étayer des projets de développement de très haute qualité; l'on ne saurait cependant s'y plier systématiquement. Ainsi, en droit, la valeur critique de l'unité performante de recherche est souvent ramenée à une seule personne, sans que le FNRS ou d'autres institutions n'aient à intervenir; la mise en réseau peut même affaiblir la performance, alors qu'elle peut la développer à d'autres occasions. Le résultat n'en reste pas moins dans tous les cas une prestation scientifique de qualité qui ne peut compter pour zéro dans l'allocation des ressources. De façon plus générale, faire du réseau le pilier du développement universitaire peut être d'autant plus discuté que l'on semble revenir sur cette idée aux Etats-Unis alors que cette politique dominait lors du séjour de Monsieur Kleiber sur place.

En fait, le rapport rend certainement une image exacte de l'université du futur, parce qu'il est pétri de contradictions, à l'image de la politique universitaire suisse. Ainsi en va-t-il du lien tissé entre les procédures d'évaluation et les contrats de prestation, avant d'avoir défini, sur le plan des autorités politiques notamment, ce que doivent être les critères d'évaluation décisifs. Encore plus nette est la contradiction entre la qualification d'une université actuelle «trop administrée» (p. 52) et les procédures administratives nouvelles et supplémentaires résultant des évaluations et contractualisations (p.100-101). De même, la contradiction répétée à plusieurs reprises entre l'université de masse (où l'on souligne qu'en Suisse les Facultés de droit ont le taux d'encadrement le plus désastreux) et le remède que serait la mise en réseau avec l'économie privée (partenariat inexistant en droit sauf quelques rares disciplines spécialisées) ou publique (nul, puisqu'il n'y a en droit, que des partenaires «d'autorité», p. 89).»

Remy Jolivet, doyen de la Faculté des lettres

 «Ces réflexions, comme les grandes lignes du projet d'université intégrée, sont séduisantes. L'analyse, quoique très générale - trop parfois - reste nuancée, les jugements sont équilibrés, sans anathème. La spécificité des sciences humaines et sociales est relevée souvent et avec pertinence. Les idées sont claires.

Texte séduisant, donc. Mais habile aussi à masquer quelques contradictions qu'il faudra bien affronter. Les deux plus flagrantes concernent le cœur même du projet et sa mise en œuvre.

L'auteur insiste à diverses reprises sur la complexité de cette mise en œuvre, sur le temps qui sera nécessaire. Réalisme bienvenu, bien préférable au volontarisme brouillon qui prévaut souvent. Mais, au nom même de ce réalisme, on ne peut que rester rêveur devant la foi de Charles Kleiber en une autorégulation des processus. Pour tout dire, elle paraît même fort suspecte, lénifiante. Sans doute s'agit-il de rassurer: tout se fera en douceur, vous n'avez rien à craindre. Il paraît évident au contraire que, si l'on désire s'engager dans cette voie, il vaudrait mieux en planifier soigneusement et strictement les étapes. Un seul exemple: l'harmonisation administrative et le dégagement de ressources budgétaires doivent précéder le développement de la mobilité. Les difficultés du rapprochement entre les Universités de Lausanne et de Genève nous en donnent tous les jours de nouvelles preuves.

Plus grave encore, parce que touchant à la nature même du projet: n'est-il pas contradictoire de prétendre défendre l'autonomie de l'Université, la liberté académique, la liberté de la recherche, tout en proposant un système qui confie le pouvoir de décision à une instance politique - la nouvelle Conférence universitaire suisse rassemblant des représentants des cantons et de la Confédération - et qui prive l'Université d'une garantie de ressources, celles-ci dépendant désormais, pour une large part, de contrats de prestations? On voit bien de quelle autonomie il est alors question et Madame Brunschwig Graf l'avoue sans fard: «les choix, les objectifs sont déterminés par l'autorité politique, mais le choix des moyens est laissé aux responsables des instituts de formation» (p. 171). C'est l'autonomie du débrouillez-vous pour faire ce que l'on vous demande... Inacceptable.

Ce document mérite une discussion beaucoup plus détaillée que les quelques lignes qui précèdent. Sa contribution aux débats à venir est importante. Il faut souhaiter que ces débats aient lieu et qu'il reste un espace pour la négociation.»

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Le Centre de langues fête ses 10 ans

Le Centre de langues de l'Université fête ses dix ans le 21 mai prochain. L'occasion pour Uniscope de faire le bilan d'une décennie riche en développements.

Vous souhaitez parfaire vos connaissances linguistiques afin de pouvoir rédiger des rapports scientifiques en Anglais suivre des colloques en Allemand, vous préparer à un échange, ou tout simplement parfaire ou acquérir les bases d'une langue que vous ne connaissez pas encore? Telle est la misson du Centre de langues de l'Université.

Pour Brigitte Forster Vosicki, responsable du Centre de langues, «il est essentiel de proposer un enseignement des langues qui soit adapté aux besoins de l'université et tourné vers la pratique. Dans le monde du travail actuel on devrait parler correctement au moins deux langues étrangères».

Destinés exlusivement aux étudiants, aux membres du corps enseignant et au personnel administratif et technique de l'UNIL, les cours, d'orientation pratique, sont adaptés aux besoins académiques et professionnels. La palette est large: cours de préparation aux examens, cours destinés aux chercheurs et aux scientifiques, cours de langues intensifs pendant les vacances, cours thématiques ou cours en autonomie par exemple.

Le Centre delangues en mouvement

Depuis 1989, année de sa fondation, le Centre de langues s'est considérablement étoffé. De 193 participants il a passé à près de 800, 10 ans plus tard. Son offre s'est également diversifiée: il propose actuellement des cours en six langues différentes &endash; dont le suisse allemand et le français pour non-francophones&endash;. C'est l'anglais qui a le plus de succès, suivi par l'allemand, l'espagnol, le français et le russe.

Financement

Le Centre de langues est partiellement auto-financé. Les participants doivent débourser entre 300.- et 700.- par année, pour suivre les cours, au regret de la responsable «l'apprentissage des langues devrait être gratuit afin de donner la possibilité à chacun d'y participer. Les cours devraient même être pris en considération dans le cursus universitaire, comme en Finlande, par exemple, où l'on peut étudier la chimie et le français». La Faculté des sciences sociales et politiques a d'ailleurs fait office de pionnier en la matière puisqu'elle a mandaté le Centre de langues à dispenser un séminaire d'Anglais créditable (6 crédits): intitulé «English for Social Sciences».

Brigitte Forster Vosicki, directrice du Cdl, en quelques mots

Sophie VassauxBrigitte Forster Vosicki, originaire d'Allemagne, est arrivée à Lausanne à la fin des années 1970, après un tour du monde. Elle a d'abord suivi les cours de l'école de Français moderne, puis obtenu une licence en Lettres. Enseignante au Centre de langues depuis 1989 elle en est la responsable depuis 1993.

Ces hobbies? Les voyages, «j'aime tout particulièrement la Croatie, mon mari en est originaire et nous y avons beaucoup d'amis et puis j'aime aussi beaucoup danser», confie-t-elle. Avec deux enfants en bas âge, un emploi du temps plutôt chargé, on se demande où cette femme souriante et hyper-active trouve son énergie.... «oh! vous savez, l'être humain a énormément de ressources..». Son dada: «lire le Spiegel au moins chaque semaine de A à Z... afin de me tenir au courant, c'est, je crois, ma seule dépendance.» (sv)

Un passeport de langues eurocompatible

Un portfolio personnel, commun à tous les pays européens, pour noter, évaluer et montrer ses connaissances de langues, voilà un projet de taille &endash; pour l'instant pilote &endash; lancé par le Conseil de l'Europe.
Ce «passeport linguistique» se présente sous forme de classeur et comporte trois rubriques:
-le passeport de langues, qui donne une vision complète de l'état actuel de toutes les connaissances linguistiques et des certificats et attestations correspondants rendus comparables grâce à un cadre de référence commun;
- la biographie d'apprentissage, renseigne sur l'histoire personnelle de l'apprentissage linguistique
- le dossier, est un recueil de différents types de travaux illustrant les performances linguistiques atteintes.
Ce passeport sert d'abord à informer des connaissances linguistiques et interculturelles mais aussi à inciter et stimuler l'apprentissages des langues. Commun à tous les pays d'Europe, basé sur l'auto-évaluation, il s'agit, pour Brigitte Forster Vosicki, qui coordonne l'expérimentation du projet au niveau des hautes écoles européennes, «d'un système transparent et d'un outil d'avenir, qui sert à mesurer, évaluer, planifier l'apprentissage des langues et à rendre comparable les connaissances linguistiques au niveau international. Il vise aussi à favoriser la mobilité.» S.Vassaux
 
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Sport et neurosciences cognitives

La réussite sportive passe-t-elle par un bon entraînement des neurones? Imagerie mentale et activation du système moteur feront l'objet d'une conférence du neuro-cognitien venu tout spécialement de Lyon.

Les sportifs connaissent le phénomène: il est possible d'améliorer notablement ses gestes si on les répète mentalement de façon régulière. Ainsi, pour devenir champion de ski, il ne suffit pas de traiter en permanence les informations des sens et corriger sa trajectoire, il faut prévoir les étapes de la course et prendre des décisions avant que le geste soit fait. Il faut comprendre qu'un mouvement ne se résume pas à un muscle qui se contracte mais met en jeu des processus neurophysiologiques complexes.

Pour en parler, Françoise Schenk a invité Marc Jeannerod, professeur à l'Institut des sciences cognitives de l'Université Claude Bernard de Lyon et chercheur à l'INSERM. Il abordera la question des représentations mentales de l'action dans une perspective originale qui met en lumière les relations entre perception, mémoire et action.

«L'Institut des sciences du sport et de l'éducation existe depuis 2 ans mais a encore peu d'activité de recherche, mis à part les travaux de Françoise Schenk sur l'orientation. Par contre, nous organisons des conférences pour susciter un intérêt pour la recherche» explique Jorg Fuchslocher.

Neurosciences cognitives, 19 mai à 18h00, BFSH2, 2024, tél. 692 21 80

Photo André Rau, In Elle, avril 1999.

Patricia Reymond

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Le droit des uns se heurte toujours au droit des autres

Les débats contre la vivisection semblent oubliés. Le nouvel article de loi sur la dignité de la créature qui sert de base à la protection des animaux a été adopté depuis 2 ans aurait-il apaisé les esprits?

Gary Larson, 1996, in Ça m'intéresse, janv. 1997La soirée se déroulait à merveilles... lorsque M. Eléphant aperçut le clavier en ivoire.

La question de la dignité animale est-elle encore d'actualité? «Oui, réplique Hugues Poltier, chercheur au Département interfacultaire d'éthique, car la notion de dignité de la créature reste floue.» La question des limites de cette dignité a suscité des débats passionnés en Suisse alémanique. Quel être vivant peut-il bénéficier de ce statut? Les animaux? Les plantes?» Le simple fait que la discussion soit restée confinée à la Suisse allemande montre que cette question n'est pas évidente pour tous. «D'ailleurs nous aimerions amener le débat ici et en clarifier les termes.» La protection des animaux touche-t-elle moins les Romands? Hugues Poltier est plus nuancé: «Il y a certainement des raisons linguistiques et culturelles qui expliquent pourquoi le message n'a pas passé.» Peut-être les Alémaniques ont-ils une autre vision de la nature?

Le premier souci des organisateurs est de clarifier les aspects juridiques. L'animal est-il sujet de droit ou objet? Pour assurer la pluralité des opinions, ils ont invité le Dr. Antoine Goetschel qui a été le promoteur de la notion de «dignité de l'animal» en Suisse et Thomas Luchsinger qui représente une position modérée plus classique.

L'attention des organisateurs se focalise sur l'utilisation des animaux à but scientifique et des chercheurs viendront expliquer pourquoi ils font de l'expérimentation animale. Le Dr. Henk Verhoog de Leiden parlera des abus dans les laboratoires. Membre d'un comité d'éthique, il présentera son expérience. «Pour être capable de faire les expérimentations, les chercheurs sont obligés de mettre une distance émotionnelle entre les animaux en général et les bêtes qui leur servent de matériel de laboratoire.»

Mais les éthiciens désirent replacer le débat dans un contexte plus large, tant il est vrai que l'homme fait largement usage des animaux (qu'on pense aux poulets en batterie). C'est pourquoi ils ont invité un anthropologue qui présentera ses réflexions sur les rapports homme/animal dans différentes cultures. Enfin, le Prof. Ulrich Tröhler de Freiburg in Breisgau apportera un éclairage historique sur l'expérimentation animale. (pr)

Colloque du 19-20 mai 1999, CHUV, aud. M. Mayor, Débat public, le 19 à 18 h00.

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Dépassé, l'Etat providence?

Faut-il abandonner l'Etat providence? Pour en débattre, le professeur François-Xavier Merrien croisera le fer avec Jean-François Cavin, directeur du Centre patronal vaudois.

Pourquoi ce titre provocateur? «Nous avons pensé qu'à l'aube du XXIe siècle, la question mérite d'être posée», explique Kristin Thelen, assistante en SSP. «L'Etat peut-il pourvoir au bien-être de ses citoyens? N'a-t-il pas même le devoir de le faire?» Mais cette conception est-elle réalisable dans un monde caractérisé par un libéralisme croissant? François-Xavier Merrien abordera le problème avec une approche internationale et critique. En effet, la question est légitime: «Existe-t-il différentes sortes d'Etat-providence dans le monde? Ont-ils rempli leur mission?»

A l'heure de la globalisation de l'économie mondiale, la politique est-elle encore possible? Depuis 91, la Suisse a vu son taux de chômage multiplié par 5 et la dette publique globale doubler en 6 ans. Parallèlement, dans ces années de crise, les inégalités se sont creusées, les plus riches trouvant des opportunités nouvelles d'accroître leur part au revenu pendant que les moins qualifiés voyaient leur position se précariser.

La Suisse ne connaît pas la situation des USA mais compte plus de 7% de pauvres. Plus grave, elle voit le nombre de ses «working poors» augmenter. En même temps, les grosses fortunes prospèrent, notamment grâce aux gains spéculatifs qui sont, dans notre pays, fiscalement non imposables. Dès lors, il peut sembler naturel de recourir aux mécanismes de solidarité pour, sinon résoudre la crise, du moins en atténuer les conséquences. Mais l'Etat social est souvent attaqué par ceux qui ont le plus profité de ces dernières années et les milieux économiques réclament une baisse de la fiscalité des entreprises au nom de la compétitivité de la place économique helvétique.

Le débat sera d'autant plus animé que les conférenciers auront chacun 20 minutes pour convaincre, avant d'être soumis aux questions du public. Comme le prof. Merrien est spécialiste de cette matière et que M. Cavin défend des intérêts particuliers, le débat promet d'être animé. La conférence est ouverte à un large public.Venez donc nombreux!

Cette conférence est organisée par Mosaïque (ex AMNU), une association d'étudiants qui a pour but d'aborder des sujets d'actualité internationale en organisant des conférences, des projets humanitaires et des concours de simulation de l'ONU. (pr)

Patricia Reymond

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