No 366

26 mai - 1er juin 1999

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Chaque année entre 100 et 150 étudiants lausannois «s'excantonalisent» régulièrement afin de suivre des cours dans d'autres universités. Qu'ils se rendent à Genève, Neuchâtel ou Fribourg, cela représente un véritable casse-tête et une montagne de paperasse pour le Rectorat qui rembourse les frais de transport effectifs au cas par cas, sur présentation du billet de train demi-tarif. Dans un souci de simplification et afin d'unifier les mesures de remboursement avec l'Université de Genève, le Rectorat a tenté en octobre dernier d'introduire de nouveaux principes sous-forme de remboursements forfaitaires à trois niveaux selon la fréquence des déplacements. Or, face aux plaintes de nombreux étudiants voyant leurs frais de transport augmenter, il a fallu faire marche-arrière. Pour l'instant aucune nouvelle décision n'a été prise et rien ne changera avant la rentrée académique 2000-2001.

Cette tentative avortée aura au moins permis au Rectorat en manque de données (qui-va-où-quand-combien-ça-coûte), d'y voir un peu plus clair et plus vite.


 

Demain: l'eau pour tous

A la fin du deuxième millénaire on meurt encore par manque d'eau. Dans son «manifeste de l'eau», Riccardo Petrella, professeur à l'Université catholique de Louvain et président du Groupe de Lisbonne offre quelques explications et solutions au problème de l'eau.

Roland Gerth, in Animan n°67, 1995

Plus de 1,4 milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau potable et 2 milliards ne bénéficient d'aucun système sanitaire domestique ni d'assainissement des eaux usées. Selon le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) 15 millions de personnes meurent par manque d'eau et de vivres à cause de la sécheresse. Si rien n'est entrepris pour modifier cette tendance, plus de 4 milliards de personnes, soit la moitié de la population mondiale n'aura pas accès à l'eau potable en 2025. L'inégale répartition des ressources en eau &endash; 60% sont localisées dans 9 pays alors que 80 pays représentant le 40% de la population sont confrontés à une pénurie d'eau &endash; , la pollution, la croissance démographique et les gaspillages, sont les raisons généralement invoquées pour expliquer ces pénuries. Mais elles ne suffisent pas à rendre compte de la situation. Comment expliquer que les problèmes n'ont pas été résolus, malgré la prise de conscience par les autorités politiques de la «crise de l'eau» dès le milieu des années 70, malgré les nombreuses initiatives prises au niveau national et international, les investissements effectués et la mobilisation de milliers d'ONG? C'est que l'accès à l'eau est source de pouvoir, c'est un enjeu stratégique majeur, &endash; nombreux sont les conflits dont la cause est liée aux ressources en eau &endash; et surtout, un enjeu économique. En effet, pour Riccardo Petrella, qui est l'invité du Groupe Regards Critiques, le 26 mai, «l'eau est demeurée jusqu'à une date récente, l'un des derniers domaines de biens et de services publics à ne pas être touché par la vague de privatisation, qui a emporté , au cours des vingt dernières années la quasi totalité des autres secteurs «publics» (banques, assurances, télécommunications, gaz, etc.)», mais ce temps semble désormais révolu. Or il a été montré que la privatisation de l'eau a de graves conséquences pour les usagers. Un exemple: à Manille où l'eau a été privatisée en 1997, la pénurie touche actuellement 40% de la population, il n'y pas de système d'assainissement des eaux usées, 50% de l'eau se perd en fuites et l'eau accessible est largement polluée.

Face à cette situation préoccupante et afin de renverser cette tendance, le Comité promoteur mondial pour l'eau, présidé par Mario Soares, ancien président de la République du Portugal, et géré par Riccardo Petrella, a lancé le projet de «Contrat mondial de l'eau». Il se fonde sur la reconnaissance de l'eau en tant que bien vital, patrimonial, commun, et mondial, et est inspiré par deux finalités principales: l'accès de base à l'eau pour tout être humain et la gestion solidaire et durable intégrée de l'eau.

Il fixe également un certains nombre d'objectifs, comme la constitution d'un réseau de parlements pour l'eau, la mise en place de «trois milliards de robinets d'ici l'an 2000» (dont le but est d'atteindre une «absence zéro d'eau»), la «paix par l'eau» (qui vise à désarmer les conflits liés à l'eau), la réduction de la pollution et des gaspillages (en transformant les systèmes d'irrigation liés à l'agriculture intensive), et en créant un moratoire des grands barrages ou le développement et la modernisation du système de distribution et d'assainissement des eaux pour les 600 villes qui en 2020 auront plus d'un million d'habitants.

L'eau est rare, mais c'est un besoin vital au même titre que l'air. Le contrat mondial vise à une meilleure gestion, qui soit démocratique et participative, afin de rendre l'eau aux citoyens.

Pourquoi un contrat mondial de l'eau? Riccardo Petrella, 26 mai BFSH2 salle 2106.

Conférence organisée par le Groupe Regards Critiques*

Pour un contrat mondial, Riccardo Petrella, 1998, Editions Page 2 - Le Courrier. 25.-

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De la lectureL'Université selon Charles Kleiber, les doyens s'expriment (suite du n° 365)

Uniscope a demandé aux doyens de s'exprimer sur la publication «Pour l'Université» de Charles Kleiber.

La semaine dernière nous avons donné la parole aux doyens de Droit, Denis Piotet et de Lettres, Remy Joilvet. Cette semaine c'est au tour de François Grize de nous donner son avis. Les autres doyens n'ont pas souhaité s'exprimer.(sv)

François Grize, doyen des Sciences

«La première partie de l'ouvrage de M. Kleiber recense les attentes, craintes et critiques des milieux de l'économie et de la société envers les universités. En marge des constats, l'auteur nous interpelle. Comment nous situons-nous par rapport à nos voisins? Quels sont les fondements de nos succès? Quelle partie les universités suisses devront-elles jouer pour conserver une place de premier plan dans le concert international?

Il propose ensuite sa vision de ce que pourrait ou devrait être les universités de demain. En particulier, il précise son concept de réseau, composé d'entités autonomes, contraintes à la collaboration, mais néanmoins en compétition entre elles. Mariage de contradictions? Dans tous les cas une voie difficile et très suisse.

L'intérêt majeur du «pavé» (on peut regretter l'absence d'un résumé) est de préciser les enjeux auxquels la Suisse scientifique doit faire face. Depuis qu'il est Secrétaire d'Etat, M. Kleiber a pris de très nombreuses initiatives, qui paraissaient souvent désordonnées.

Son ouvrage a l'immense mérite d'expliquer clairement la cohérence de ses décisions.

Au-delà de ces explications, l'ouvrage reste ouvert au dialogue. Il se termine en donnant la parole à plusieurs personnalités qui ne partagent pas nécessairement la vision de M. Kleiber. A nous de nous situer.»

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Une révolution tranquille

Que peuvent faire deux facultés qui partagent des disciplines? Dans ce domaine, les sciences et la médecine sont déjà engagées dans un processus de coordination des tâches.

Les sciences de la vie se trouvent à la frontière de deux disciplines, la biologie fondamentale et la médecine. De plus en plus d'étudiants en sciences vont suivre des cours dans des instituts de médecine. «Parmi les cours et travaux pratiques les plus fréquentés se trouvent des enseignements de biochimie, physiologie et pharmacologie», dit Pierre Magistretti, directeur du Centre des sciences médicales de base. C'est pour coordonner leur formation qu'est né le département interfacultaire pour les enseignements de 2e cycle en biologie. Comme le souligne Stefan Catsicas, directeur de l'Institut de biologie cellulaire et de morphologie, «On assiste à un formidable essor de la biologie. En conséquence, l'Uni doit être capable de répondre aux attentes des étudiants.»

Le but de cette nouvelle structure est de discuter des plans et règlements d'études pour le 2e cycle de biologie. «Nous devons identifier les domaines de pointe où nous pouvons proposer des travaux de certificat et aussi identifier les lacunes» dit Stefan Catsicas. Il devra aussi veiller à la répartition optimale des ressources liées par cet enseignement. Il appartiendra aux enseignants des instituts concernés de faire l'estimation des besoins puisque ceux-ci augmentent chaque année. «Ensemble, nous pouvons proposer un plan de développement propre à combler notre retard par rapport d'autres unis.»

S'il appartient à la fois aux Facultés des sciences et de médecine, la nouvelle structure est administrativement rattachée à la Faculté des sciences. Notons que d'autres institutions sont associées à ce projet. Parmi ceux-ci, citons l'ISREC et l'Institut Ludwig. qui contribuent à la formation des étudiants (notamment en offrant des travaux de diplôme). «La création du département est une réponse à un vrai problème de structure. La biologie nécessite de plus en plus d'infrastructures à très haute technologie», dit le doyen François Grize. «La Faculté de médecine prend en charge un tiers de nos enseignements, il est normal qu'elle soit consultée pour les plans d'études. En attendant, pourquoi pas, la création d'une Faculté de biologie?» (pr)

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Les chercheurs croisent le fer

La maîtrise du travail du fer figure parmi les étapes de développement les plus importantes des sociétés humaines. Plusieurs régions du monde pourraient revendiquer l'origine de cette invention. Pour faire le point, des chercheurs de Lausanne et de Genève mettent sur pied une table ronde placée sous les auspices de l'UNESCO.

Depuis dix ans, l'archéologie du fer a beaucoup progressé. «On s'est rendu compte de l'importance du fer dans les sociétés anciennes puisqu'avec on fait des outils et des armes», se réjouit Vincent Serneels, géologue et spécialiste des scories et autres vestiges métallurgiques antiques ou médiévaux. L'intérêt des archéologues sur le terrain a permis de multiplier les analyses d'échantillons. Mais les nouvelles découvertes n'apportent pas de réponse définitive au débat des origines.

On situe généralement la naissance de la sidérurgie du fer en Anatolie à la fin du IIIe millénaire avant notre ère. De là, ces techniques et les améliorations qui les ont suivies se seraient diffusées à travers l'Europe et le bassin méditerranéen. C'est du moins ce que soutient la théorie diffusionniste. Mais des chercheurs avancent une autre hypothèse, celle des foyers d'invention indépendants.

L'énigme africaine

A cet égard, l'archéologie africaine offre des résultats remarquables. En Afrique sub-saharienne, on trouve des cultures du fer dans des régions très isolées et des objets en fer très anciens, peut-être aussi vieux qu'en Anatolie, ce qui exclurait l'hypothèse d'une diffusion du Proche-Orient au continent noir en si peu de temps.

L'ennui, c'est que les deux hypothèses sont crédibles. Selon Vincent Serneels, diffusionnistes et autonomistes ont des arguments. «Alors qu'en Europe, on peut parler d'un continuum d'inventions (le fer succédant au bronze), certaines régions d'Afrique adoptent en même temps les deux métaux. Mais le phénomène peut être interprété de deux façons. Soit ces populations ont trouvé du fer et du bronze à la même époque, soit elles ont été en contact avec une culture qui maîtrisait les deux technologies.

«Aujourd'hui nous nous trouvons dans une sorte d'impasse, explique Eric Huysecom du Département d'anthropologie et d'écologie de l'Université de Genève, et il est difficile d'avoir un aperçu de ce que font les archéologues spécialisés dans d'autres cultures. C'est pourquoi cette table ronde se propose, en réunissant des chercheurs peu habitués à se rencontrer, de dresser un bilan de nos connaissances actuelles.»

Eclairage sur le passé

Pour mieux comprendre, les modes de fabrication antiques, l'étude ethnologique des savoir-faire contemporains est très importante. C'est pourquoi les organisateurs ont fait appel à des anthropologues qui ont travaillé dans des pays en voie de développement. Des films comme le saisissant Inagina consacré aux forgerons Dogon du Mali jetteront un éclairage renouvelé sur ces techniques traditionnelles.

Bien que réunissant des spécialistes du monde entier, les organisateurs du colloque ont voulu le rendre accessible au plus grand nombre en proposant une journée d'introduction destinée à donner les bases techniques (méthodes d'analyses des échantillons, problème de datation, etc), ainsi qu'une approche méthodologique solide.

Colloque du 4-7 juin. Museum d'histoire naturelle, Malagnou 1. Tél. 022/702 69 73

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Le poids des images

Notre société est une grande consommatrice d'images, mais comment les digérons-nous? Cette semaine, la section de cinéma donne la parole à Harun Farocki, cinéaste engagé, essayiste de talent fasciné par le pouvoir des images.


Qui êtes-vous, Monsieur Farocki?

Patricia ReymondNé en 1944, en République tchèque, H. Farocki a étudié au Deutsche Film und Fernsehakademie Berlin en 66. Il a réalisé 70 films, surtout des documentaires et des téléfilms. On peut citer: Ihre Zeitung qui s'attaque au groupe de presse Springler et Nicht löschbares Feuer contre la guerre du Vietnam. Critique et spécialiste de Godard, H. Farocki est aussi professeur à l'Université de Berkeley. «On ne doit pas chercher de nouvelles images mais travailler les images présentes afin qu'elles deviennent nouvelles», ainsi résume-t-il son travail. (pr)

L'œuvre de Farocki est centrée autour de l'image. En effet, il s'interroge sur la place des images dans notre société et sur notre capacité (incapacité?) à les déchiffrer. Ses films réutilisent celles des autres et il aime changer leur rythme, leur taille ou les mettre en relation. L'un des traits qui caractérise sa filmographie, c'est certainement son besoin de prendre une certaine distance. Fasciné par la pub et les médias, il a par exemple filmé les photographes de Playboy.

Son travail s'apparente parfois à celui d'un compilateur. Arbeiter verlassen die Fabrik (1995) est constitué d'extraits montrant des ouvriers quittant leur lieu de travail. Une manière de rappeler que dans notre société post-industrielle «les histoires au cinéma commencent toujours après le travail.» Videogramme einer Revolution (1992) qui traite de la chute de Caucescu en 1989 utilise aussi des images d'archives pour montrer que «le point de vue adopté par la caméra face aux événements ne signifie pas seulement la réalisation d'une image mais aussi une prise de position politique.»

Comment les étudiants de cinéma ont-ils découvert Farocki? En effet, si le cinéaste allemand est très apprécié en Suisse allemande, il est peu connu des francophones. Tout a commencé lorsque les étudiants du professeur François Alberà l'ont interviewé au Festival de Locarno.

Très impressionnés par sa démarche de théoricien du cinéma, ils ont travaillé sur ses films. La revue Hors-Champ lui a consacré un dossier et François Alberà a invité le cinéaste à Lausanne. La Cinémathèque suisse et l'Ecole supérieure des arts visuels de Genève se sont très vite associées à cette démarche. De là est née l'idée d'un atelier qui mêlerait projections de films, présentations du cinéaste et discussions avec le public. Cinéphiles, sociologues et journalistes devraient être nombreux.

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L'égalité en question

Patricia Roux. Couple et égalité, un ménage impossible, Réalités sociales Lausanne, 1999. Avec la collaboration de Valérie Perrin, Marianne Modak et Bernard Voutat.

Résultat d'une enquête menée auprès de 400 personnes mariées, ce livre montre que si tout le monde est d'accord sur le principe de l'égalité, dans les faits les femmes continuent à être désavantagées puisque 4/5 des couples interrogés leur laissaient le souci de gérer le quotidien.

Pourtant, cette situation n'est pas forcément vécue comme une injustice. Les résultats du travail de Patricia Roux sont à cet égard éloquent: ainsi, 3/4 des sondés &endash; hommes et femmes &endash; estiment que les épouses sont désavantagées mais moins de la moitié pensent que l'organisation au sein de leur couple défavorise l'épouse.

L'enquête montre qu'une certaine pression sociale force les couples à justifier leur fonctionnement actuel (participation aux tâches ménagères, indépendance, etc) mais ne les conduit pas toujours à se remettre en question. De fait, l'inégale répartition des tâches quotidiennes est rarement perçue comme anormale, quand bien même les hommes reconnaissent souvent leur faible participation au ménage. On constate que les femmes se satisfont d'une situation qui leur semble de toute façon plus satisfaisante que celle de leurs mères.

En fait, le principe d'égalité ne résiste pas à la réalité quotidienne et les époux privilégient d'autres valeurs pour préserver l'équilibre au sein du couple, la plupart des femmes préférant éviter les tensions et considérant l'aide du mari comme un «plus» appréciable. (pr)

Quino. Le monde de Mafalda. Paris, 1990

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L'Eglise face à la Shoah, les mécanismes du discours

L'antijudaïsme de l'Eglise a-t-il servi l'antisémitisme des nazis? Comment justifier le silence de Pie XII, quand des millions d'innocents étaient massacrés dans les camps? En 1998, Jean-Paul II a présenté la position du Vatican par rapport à la Shoah.

Anthony Rhodes. The Vatican in the Age of Dictators. London, 1973La signature du Concordat entre l'Eglise catholique et le régime faschiste en 1929

L'intérêt de ce texte tient bien sûr à la position complexe de l'Eglise de Rome par rapport à la question juive. A l'époque la déclaration du pape avait suscité de nombreuses réactions Deux ans plus tard, un chercheur israélien s'est prêté à une analyse du texte en question.

«Ma perspective sera strictement textuelle» explique-t-il, «ma communication a en effet pour objet l'examen des mécanismes lexicaux, sémantiques et pragmatiques du Document d'Eglise.» Il voudrait mettre au jour l'ensemble des représentations qui définissent, en la matière, la position du Vatican, et caractériser les procédures, argumentatives, au moyen desquelles le Saint Siège formule une écriture de l'histoire. L'étude de ce document sera également conduite de façon à en souligner le caractère de narration fondatrice dans l'optique du «Jubilé de l'Eglise» (entrée dans le nouveau millenium). Dans cette optique, il s'attachera à reconnaître dans ce texte les marques distinctives de tout discours institutionnel.

Cette conférence est organisée par le professeur Jean-Michel Adam, dans le cadre du séminaire: «Analyse des discours. L'argumentation politique». Comme G.-E. Sarfati s'intéresse de près au discours politique, ses centres d'intérêt et sa démarche méthodologique sont proches des travaux menés dans le cadre du Centre de recherches en linguistique textuelle et analyse des discours. Bien que le cours soit destiné aux étudiants en linguistique française, parions qu'il intéressera également les historiens et les théologiens.

Patricia Reymond

Petit curriculum vitae

Né en 1957, G.-E. Sarfati est linguiste et historien de la philosophie. Docteur en linguistique de Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, habilité à la direction de recherche à l'Université de la Sorbonne-Paris IV) et professeur à l'Université de Tel-Aviv (Département de Langue et Littérature françaises). Ses travaux portent sur la théorie et l'analyse des rapports entre discours et doxa, opinion.

Ses derniers livres: Eléments d'analyse du discours. Paris, 1997; Discours ordinaires et identités juives. Paris, 1999. (pr)

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Violence: objet d'histoire

Violences symboliques, collectives, quotidiennes, ses interprétations, son instrumentalisation savante: l'expertise, tels sont les thèmes que Frédéric Chauvaud, professeur d'histoire à l'Université de Poitiers, abordera lors de sa conférence intitulée «la violence saisie par l'histoire: itinéraire et projets (1789-1940)».

Il s'agit pour Frédéric Chauvaud d'analyser le thème de la violence «dans la perspective d'une histoire des sensibilités collectives et individuelles et d'une histoire anthropologique». La violence est considérée comme objet d'étude, objet d'histoire à part entière.

Pour l'historien, qui retracera l'histoire de la violence de la Révolution française jusqu'au début de la seconde Guerre Mondiale, «la Révolution de 1789 joue le rôle d'une grille de lecture permettant pour les hommes et les femmes du 19e siècle et de la première moitié du 20e de lire les manifestations de la violence. Les insurrections de 1827, 1830, 1832, 1851... sont interprétées en référence à la révolution française. Les violences criminelles, plus individuelles et quotidiennes sont aussi définies par le code pénal de 1791, le code des délits et des peines de l'an IV, le code de 1810. La guerre de 1914-18 suite des interrogations sur l'intensité des combats, mais elles ne sont guère si éloignées des questions relatives aux campagnes impériales ou, sous le Second Empire, de Solférino. 1940 ouvre une nouvelle période qui se concrétisera lors de la Libération, l'holocauste et la bombe atomique ne permettant plus de porter sur la violence le même regard». (sv)

La violence saisie par l'histoire: itinéraire et projet (1789-1940), Frédéric Chauvaud,1 juin, 10h 15, BFSH2,salle 3021

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