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Chaque année entre 100 et 150 étudiants
lausannois «s'excantonalisent»
régulièrement afin de suivre des cours dans
d'autres universités. Qu'ils se rendent à
Genève, Neuchâtel ou Fribourg, cela
représente un véritable casse-tête et
une montagne de paperasse pour le Rectorat qui rembourse les
frais de transport effectifs au cas par cas, sur
présentation du billet de train demi-tarif. Dans un
souci de simplification et afin d'unifier les mesures de
remboursement avec l'Université de Genève, le
Rectorat a tenté en octobre dernier d'introduire de
nouveaux principes sous-forme de remboursements forfaitaires
à trois niveaux selon la fréquence des
déplacements. Or, face aux plaintes de nombreux
étudiants voyant leurs frais de transport augmenter,
il a fallu faire marche-arrière. Pour l'instant
aucune nouvelle décision n'a été prise
et rien ne changera avant la rentrée
académique 2000-2001.
Cette tentative avortée aura au moins permis au
Rectorat en manque de données
(qui-va-où-quand-combien-ça-coûte), d'y
voir un peu plus clair et plus vite.
Demain: l'eau
pour tous
A la fin du deuxième
millénaire on meurt encore par manque d'eau. Dans son
«manifeste de l'eau», Riccardo Petrella,
professeur à l'Université catholique de
Louvain et président du Groupe de Lisbonne offre
quelques explications et solutions au problème de
l'eau.
Roland Gerth, in Animan n°67, 1995
Plus de 1,4 milliard de personnes n'ont pas accès
à l'eau potable et 2 milliards ne
bénéficient d'aucun système sanitaire
domestique ni d'assainissement des eaux usées. Selon
le PNUD (Programme des Nations unies pour le
développement) 15 millions de personnes meurent par
manque d'eau et de vivres à cause de la
sécheresse. Si rien n'est entrepris pour modifier
cette tendance, plus de 4 milliards de personnes, soit la
moitié de la population mondiale n'aura pas
accès à l'eau potable en 2025.
L'inégale répartition des ressources en eau
&endash; 60% sont localisées dans 9 pays alors que 80
pays représentant le 40% de la population sont
confrontés à une pénurie d'eau &endash;
, la pollution, la croissance démographique et les
gaspillages, sont les raisons généralement
invoquées pour expliquer ces pénuries. Mais
elles ne suffisent pas à rendre compte de la
situation. Comment expliquer que les problèmes n'ont
pas été résolus, malgré la prise
de conscience par les autorités politiques de la
«crise de l'eau» dès le milieu des
années 70, malgré les nombreuses initiatives
prises au niveau national et international, les
investissements effectués et la mobilisation de
milliers d'ONG? C'est que l'accès à l'eau est
source de pouvoir, c'est un enjeu stratégique majeur,
&endash; nombreux sont les conflits dont la cause est
liée aux ressources en eau &endash; et surtout, un
enjeu économique. En effet, pour Riccardo Petrella,
qui est l'invité du Groupe Regards Critiques, le 26
mai, «l'eau est demeurée jusqu'à une date
récente, l'un des derniers domaines de biens et de
services publics à ne pas être touché
par la vague de privatisation, qui a emporté , au
cours des vingt dernières années la quasi
totalité des autres secteurs «publics»
(banques, assurances, télécommunications, gaz,
etc.)», mais ce temps semble désormais
révolu. Or il a été montré que
la privatisation de l'eau a de graves conséquences
pour les usagers. Un exemple: à Manille où
l'eau a été privatisée en 1997, la
pénurie touche actuellement 40% de la population, il
n'y pas de système d'assainissement des eaux
usées, 50% de l'eau se perd en fuites et l'eau
accessible est largement polluée.
Face
à cette situation préoccupante et afin de
renverser cette tendance, le Comité promoteur mondial
pour l'eau, présidé par Mario Soares, ancien
président de la République du Portugal, et
géré par Riccardo Petrella, a lancé le
projet de «Contrat mondial de l'eau». Il se fonde
sur la reconnaissance de l'eau en tant que bien vital,
patrimonial, commun, et mondial, et est inspiré par
deux finalités principales: l'accès de base
à l'eau pour tout être humain et la gestion
solidaire et durable intégrée de l'eau.
Il fixe également un certains nombre d'objectifs,
comme la constitution d'un réseau de parlements pour
l'eau, la mise en place de «trois milliards de robinets
d'ici l'an 2000» (dont le but est d'atteindre une
«absence zéro d'eau»), la «paix par
l'eau» (qui vise à désarmer les conflits
liés à l'eau), la réduction de la
pollution et des gaspillages (en transformant les
systèmes d'irrigation liés à
l'agriculture intensive), et en créant un moratoire
des grands barrages ou le développement et la
modernisation du système de distribution et
d'assainissement des eaux pour les 600 villes qui en 2020
auront plus d'un million d'habitants.
L'eau est rare, mais c'est un besoin vital au même
titre que l'air. Le contrat mondial vise à une
meilleure gestion, qui soit démocratique et
participative, afin de rendre l'eau aux citoyens.
Pourquoi un contrat mondial de l'eau? Riccardo Petrella,
26 mai BFSH2 salle 2106.
Conférence organisée par le Groupe Regards
Critiques*
Pour un contrat mondial, Riccardo Petrella, 1998,
Editions Page 2 - Le Courrier. 25.-
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De la
lectureL'Université selon Charles Kleiber, les doyens
s'expriment (suite du n° 365)
Uniscope a demandé aux doyens de s'exprimer sur la
publication «Pour l'Université» de Charles
Kleiber.
La semaine dernière nous avons donné la
parole aux doyens de Droit, Denis Piotet et de Lettres, Remy
Joilvet. Cette semaine c'est au tour de François
Grize de nous donner son avis. Les autres doyens n'ont pas
souhaité s'exprimer.(sv)
François Grize, doyen des
Sciences
«La première partie de l'ouvrage de M.
Kleiber recense les attentes, craintes et critiques des
milieux de l'économie et de la société
envers les universités. En marge des constats,
l'auteur nous interpelle. Comment nous situons-nous par
rapport à nos voisins? Quels sont les fondements de
nos succès? Quelle partie les universités
suisses devront-elles jouer pour conserver une place de
premier plan dans le concert international?
Il propose ensuite sa vision de ce que pourrait ou
devrait être les universités de demain. En
particulier, il précise son concept de réseau,
composé d'entités autonomes, contraintes
à la collaboration, mais néanmoins en
compétition entre elles. Mariage de contradictions?
Dans tous les cas une voie difficile et très
suisse.
L'intérêt majeur du «pavé»
(on peut regretter l'absence d'un résumé) est
de préciser les enjeux auxquels la Suisse
scientifique doit faire face. Depuis qu'il est
Secrétaire d'Etat, M. Kleiber a pris de très
nombreuses initiatives, qui paraissaient souvent
désordonnées.
Son ouvrage a l'immense mérite d'expliquer
clairement la cohérence de ses décisions.
Au-delà de ces explications, l'ouvrage reste
ouvert au dialogue. Il se termine en donnant la parole
à plusieurs personnalités qui ne partagent pas
nécessairement la vision de M. Kleiber. A nous de
nous situer.»
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Une
révolution tranquille
Que peuvent faire deux facultés qui partagent des
disciplines? Dans ce domaine, les sciences et la
médecine sont déjà engagées dans
un processus de coordination des tâches.
Les sciences de la vie se trouvent à la
frontière de deux disciplines, la biologie
fondamentale et la médecine. De plus en plus
d'étudiants en sciences vont suivre des cours dans
des instituts de médecine. «Parmi les cours et
travaux pratiques les plus fréquentés se
trouvent des enseignements de biochimie, physiologie et
pharmacologie», dit Pierre Magistretti, directeur du
Centre des sciences médicales de base. C'est pour
coordonner leur formation qu'est né le
département interfacultaire pour les enseignements de
2e cycle en biologie. Comme le souligne Stefan
Catsicas, directeur de l'Institut de biologie cellulaire et
de morphologie, «On assiste à un formidable
essor de la biologie. En conséquence, l'Uni doit
être capable de répondre aux attentes des
étudiants.»
Le but de cette nouvelle structure est de discuter des
plans et règlements d'études pour le
2e cycle de biologie. «Nous devons
identifier les domaines de pointe où nous pouvons
proposer des travaux de certificat et aussi identifier les
lacunes» dit Stefan Catsicas. Il devra aussi veiller
à la répartition optimale des ressources
liées par cet enseignement. Il appartiendra aux
enseignants des instituts concernés de faire
l'estimation des besoins puisque ceux-ci augmentent chaque
année. «Ensemble, nous pouvons proposer un plan
de développement propre à combler notre retard
par rapport d'autres unis.»
S'il appartient à la fois aux Facultés des
sciences et de médecine, la nouvelle structure est
administrativement rattachée à la
Faculté des sciences. Notons que d'autres
institutions sont associées à ce projet. Parmi
ceux-ci, citons l'ISREC et l'Institut Ludwig. qui
contribuent à la formation des étudiants
(notamment en offrant des travaux de diplôme).
«La création du département est une
réponse à un vrai problème de
structure. La biologie nécessite de plus en plus
d'infrastructures à très haute
technologie», dit le doyen François Grize.
«La Faculté de médecine prend en charge
un tiers de nos enseignements, il est normal qu'elle soit
consultée pour les plans d'études. En
attendant, pourquoi pas, la création d'une
Faculté de biologie?» (pr)
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Les chercheurs
croisent le fer
La maîtrise du travail du fer figure parmi les
étapes de développement les plus importantes
des sociétés humaines. Plusieurs
régions du monde pourraient revendiquer l'origine de
cette invention. Pour faire le point, des chercheurs de
Lausanne et de Genève mettent sur pied une table
ronde placée sous les auspices de l'UNESCO.
Depuis dix ans, l'archéologie du fer a beaucoup
progressé. «On s'est rendu compte de
l'importance du fer dans les sociétés
anciennes puisqu'avec on fait des outils et des armes»,
se réjouit Vincent Serneels, géologue et
spécialiste des scories et autres vestiges
métallurgiques antiques ou médiévaux.
L'intérêt des archéologues sur le
terrain a permis de multiplier les analyses
d'échantillons. Mais les nouvelles découvertes
n'apportent pas de réponse définitive au
débat des origines.
On situe généralement la naissance de la
sidérurgie du fer en Anatolie à la fin du
IIIe millénaire avant notre ère. De
là, ces techniques et les améliorations qui
les ont suivies se seraient diffusées à
travers l'Europe et le bassin méditerranéen.
C'est du moins ce que soutient la théorie
diffusionniste. Mais des chercheurs avancent une autre
hypothèse, celle des foyers d'invention
indépendants.
L'énigme africaine
A cet égard, l'archéologie africaine offre
des résultats remarquables. En Afrique
sub-saharienne, on trouve des cultures du fer dans des
régions très isolées et des objets en
fer très anciens, peut-être aussi vieux qu'en
Anatolie, ce qui exclurait l'hypothèse d'une
diffusion du Proche-Orient au continent noir en si peu de
temps.
L'ennui, c'est que les deux hypothèses sont
crédibles. Selon Vincent Serneels, diffusionnistes et
autonomistes ont des arguments. «Alors qu'en Europe, on
peut parler d'un continuum d'inventions (le fer
succédant au bronze), certaines régions
d'Afrique adoptent en même temps les deux
métaux. Mais le phénomène peut
être interprété de deux façons.
Soit ces populations ont trouvé du fer et du bronze
à la même époque, soit elles ont
été en contact avec une culture qui
maîtrisait les deux technologies.
«Aujourd'hui nous nous trouvons dans une sorte
d'impasse, explique Eric Huysecom du Département
d'anthropologie et d'écologie de l'Université
de Genève, et il est difficile d'avoir un
aperçu de ce que font les archéologues
spécialisés dans d'autres cultures. C'est
pourquoi cette table ronde se propose, en réunissant
des chercheurs peu habitués à se rencontrer,
de dresser un bilan de nos connaissances
actuelles.»
Eclairage sur le passé
Pour mieux comprendre, les modes de fabrication antiques,
l'étude ethnologique des savoir-faire contemporains
est très importante. C'est pourquoi les organisateurs
ont fait appel à des anthropologues qui ont
travaillé dans des pays en voie de
développement. Des films comme le saisissant Inagina
consacré aux forgerons Dogon du Mali jetteront un
éclairage renouvelé sur ces techniques
traditionnelles.
Bien que réunissant des spécialistes du
monde entier, les organisateurs du colloque ont voulu le
rendre accessible au plus grand nombre en proposant une
journée d'introduction destinée à
donner les bases techniques (méthodes d'analyses des
échantillons, problème de datation, etc),
ainsi qu'une approche méthodologique solide.
Colloque du 4-7 juin. Museum d'histoire naturelle,
Malagnou 1. Tél. 022/702 69 73
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Le poids des
images
Notre
société est une grande consommatrice d'images,
mais comment les digérons-nous? Cette semaine, la
section de cinéma donne la parole à Harun
Farocki, cinéaste engagé, essayiste de talent
fasciné par le pouvoir des images.
Qui êtes-vous, Monsieur
Farocki?
Patricia ReymondNé en 1944,
en République tchèque, H. Farocki a
étudié au Deutsche Film und Fernsehakademie
Berlin en 66. Il a réalisé 70 films, surtout
des documentaires et des téléfilms. On peut
citer: Ihre Zeitung qui s'attaque au groupe de presse
Springler et Nicht löschbares Feuer contre la guerre du
Vietnam. Critique et spécialiste de Godard, H.
Farocki est aussi professeur à l'Université de
Berkeley. «On ne doit pas chercher de nouvelles images
mais travailler les images présentes afin qu'elles
deviennent nouvelles», ainsi résume-t-il son
travail. (pr)
L'uvre de Farocki est centrée autour de
l'image. En effet, il s'interroge sur la place des images
dans notre société et sur notre
capacité (incapacité?) à les
déchiffrer. Ses films réutilisent celles des
autres et il aime changer leur rythme, leur taille ou les
mettre en relation. L'un des traits qui caractérise
sa filmographie, c'est certainement son besoin de prendre
une certaine distance. Fasciné par la pub et les
médias, il a par exemple filmé les
photographes de Playboy.
Son travail s'apparente parfois à celui d'un
compilateur. Arbeiter verlassen die Fabrik (1995) est
constitué d'extraits montrant des ouvriers quittant
leur lieu de travail. Une manière de rappeler que
dans notre société post-industrielle «les
histoires au cinéma commencent toujours après
le travail.» Videogramme einer Revolution (1992) qui
traite de la chute de Caucescu en 1989 utilise aussi des
images d'archives pour montrer que «le point de vue
adopté par la caméra face aux
événements ne signifie pas seulement la
réalisation d'une image mais aussi une prise de
position politique.»
Comment les étudiants de cinéma ont-ils
découvert Farocki? En effet, si le cinéaste
allemand est très apprécié en Suisse
allemande, il est peu connu des francophones. Tout a
commencé lorsque les étudiants du professeur
François Alberà l'ont interviewé au
Festival de Locarno.
Très impressionnés par sa démarche
de théoricien du cinéma, ils ont
travaillé sur ses films. La revue Hors-Champ lui a
consacré un dossier et François Alberà
a invité le cinéaste à Lausanne. La
Cinémathèque suisse et l'Ecole
supérieure des arts visuels de Genève se sont
très vite associées à cette
démarche. De là est née l'idée
d'un atelier qui mêlerait projections de films,
présentations du cinéaste et discussions avec
le public. Cinéphiles, sociologues et journalistes
devraient être nombreux.
Retour au sommet
L'égalité
en question
Patricia Roux. Couple et égalité, un
ménage impossible, Réalités sociales
Lausanne, 1999. Avec la collaboration de Valérie
Perrin, Marianne Modak et Bernard Voutat.
Résultat
d'une enquête menée auprès de 400
personnes mariées, ce livre montre que si tout le
monde est d'accord sur le principe de
l'égalité, dans les faits les femmes
continuent à être désavantagées
puisque 4/5 des couples interrogés leur laissaient le
souci de gérer le quotidien.
Pourtant, cette situation n'est pas forcément
vécue comme une injustice. Les résultats du
travail de Patricia Roux sont à cet égard
éloquent: ainsi, 3/4 des sondés &endash;
hommes et femmes &endash; estiment que les épouses
sont désavantagées mais moins de la
moitié pensent que l'organisation au sein de leur
couple défavorise l'épouse.
L'enquête montre qu'une certaine pression sociale
force les couples à justifier leur fonctionnement
actuel (participation aux tâches
ménagères, indépendance, etc) mais ne
les conduit pas toujours à se remettre en question.
De fait, l'inégale répartition des
tâches quotidiennes est rarement perçue comme
anormale, quand bien même les hommes reconnaissent
souvent leur faible participation au ménage. On
constate que les femmes se satisfont d'une situation qui
leur semble de toute façon plus satisfaisante que
celle de leurs mères.
En fait, le principe d'égalité ne
résiste pas à la réalité
quotidienne et les époux privilégient d'autres
valeurs pour préserver l'équilibre au sein du
couple, la plupart des femmes préférant
éviter les tensions et considérant l'aide du
mari comme un «plus» appréciable. (pr)
Quino. Le monde de Mafalda. Paris, 1990
Retour au sommet
L'Eglise face
à la Shoah, les mécanismes du
discours
L'antijudaïsme
de l'Eglise a-t-il servi l'antisémitisme des nazis?
Comment justifier le silence de Pie XII, quand des millions
d'innocents étaient massacrés dans les camps?
En 1998, Jean-Paul II a présenté la position
du Vatican par rapport à la Shoah.
- Anthony Rhodes. The Vatican in the Age of Dictators.
London, 1973La signature du Concordat entre l'Eglise
catholique et le régime faschiste en 1929
L'intérêt de ce texte tient bien sûr
à la position complexe de l'Eglise de Rome par
rapport à la question juive. A l'époque la
déclaration du pape avait suscité de
nombreuses réactions Deux ans plus tard, un chercheur
israélien s'est prêté à une
analyse du texte en question.
«Ma perspective sera strictement textuelle»
explique-t-il, «ma communication a en effet pour objet
l'examen des mécanismes lexicaux, sémantiques
et pragmatiques du Document d'Eglise.» Il voudrait
mettre au jour l'ensemble des représentations qui
définissent, en la matière, la position du
Vatican, et caractériser les procédures,
argumentatives, au moyen desquelles le Saint Siège
formule une écriture de l'histoire. L'étude de
ce document sera également conduite de façon
à en souligner le caractère de narration
fondatrice dans l'optique du «Jubilé de
l'Eglise» (entrée dans le nouveau millenium).
Dans cette optique, il s'attachera à
reconnaître dans ce texte les marques distinctives de
tout discours institutionnel.
Cette conférence est organisée par le
professeur Jean-Michel Adam, dans le cadre du
séminaire: «Analyse des discours.
L'argumentation politique». Comme G.-E. Sarfati
s'intéresse de près au discours politique, ses
centres d'intérêt et sa démarche
méthodologique sont proches des travaux menés
dans le cadre du Centre de recherches en linguistique
textuelle et analyse des discours. Bien que le cours soit
destiné aux étudiants en linguistique
française, parions qu'il intéressera
également les historiens et les
théologiens.
Petit curriculum vitae
Né en 1957, G.-E. Sarfati est linguiste et
historien de la philosophie. Docteur en linguistique de
Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales,
habilité à la direction de recherche à
l'Université de la Sorbonne-Paris IV) et professeur
à l'Université de Tel-Aviv (Département
de Langue et Littérature françaises). Ses
travaux portent sur la théorie et l'analyse des
rapports entre discours et doxa, opinion.
Ses derniers livres: Eléments d'analyse du
discours. Paris, 1997; Discours ordinaires et
identités juives. Paris, 1999. (pr)
Retour au sommet
Violence: objet
d'histoire
Violences symboliques, collectives, quotidiennes, ses
interprétations, son instrumentalisation savante:
l'expertise, tels sont les thèmes que
Frédéric Chauvaud, professeur d'histoire
à l'Université de Poitiers, abordera lors de
sa conférence intitulée «la violence
saisie par l'histoire: itinéraire et projets
(1789-1940)».
Il s'agit pour Frédéric Chauvaud d'analyser
le thème de la violence «dans la perspective
d'une histoire des sensibilités collectives et
individuelles et d'une histoire anthropologique». La
violence est considérée comme objet
d'étude, objet d'histoire à part
entière.
Pour l'historien, qui retracera l'histoire de la violence
de la Révolution française jusqu'au
début de la seconde Guerre Mondiale, «la
Révolution de 1789 joue le rôle d'une grille de
lecture permettant pour les hommes et les femmes du 19e
siècle et de la première moitié
du 20e de lire les manifestations de la violence.
Les insurrections de 1827, 1830, 1832, 1851... sont
interprétées en référence
à la révolution française. Les
violences criminelles, plus individuelles et quotidiennes
sont aussi définies par le code pénal de 1791,
le code des délits et des peines de l'an IV, le code
de 1810. La guerre de 1914-18 suite des interrogations sur
l'intensité des combats, mais elles ne sont
guère si éloignées des questions
relatives aux campagnes impériales ou, sous le Second
Empire, de Solférino. 1940 ouvre une nouvelle
période qui se concrétisera lors de la
Libération, l'holocauste et la bombe atomique ne
permettant plus de porter sur la violence le même
regard». (sv)
La violence saisie par l'histoire: itinéraire et
projet (1789-1940), Frédéric Chauvaud,1 juin,
10h 15, BFSH2,salle 3021
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