No 367

2 - 8 juin 1999

Retour au sommaire des numéros du semestre

Edito: Tempus fugit
La pédophilie, c'est quoi?
Nous n'avons pas tous la même notion du temps
La santé, notre bien le plus précieux
Patients psychiques en prison
La quatrième dimension à l'honneur d'un colloque
L'inconscient contrarié
Le pardon, c'est une reconnaissance, pas des excuses
Neuroscience et psychologie


Tempus fugit...

par Patricia Reymond

A l'époque des examens, le temps fuit trop vite et les étudiants ont parfois l'impression d'en avoir perdu la notion... Et leurs professeurs, chercheraient-ils eux aussi à rattraper le temps perdu? C'est ce qu'on pourrait penser en parcourant le mémento de l'UNIL, tant il est vrai que le temps y est présent, passé et futur.

Les historiens et les anthropologues confrontent leurs notions du temps, du passé et de l'actualité qui sait rattraper l'histoire , les linguistes effectuent un voyage dans le temps tandis que les éthiciens constatent que, parfois il faut aller à la rencontre du passé pour aller de l'avant.

Quant aux sociologues, ils recoivent cette semaine le professeur Georges Ballandier qui parlera de temporalité, de modernité et de démocratie. Une occasion de rencontrer un vrai acteur de son temps puisque l'écrivain et anthropologue a été résistant en 39-45 avant de vivre mai 68. Le professeur devrait parler des difficultés qu'éprouve notre société à digérer le passé, elle qui est si avide à consommer le présent et qui se projette sans cesse dans un futur à court terme. Rendez-vous donc le 3 juin 1999...

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La pédophilie c'est quoi?

Photographies d'enfants,éd. Time life, 1971

La pédophilie n'est pas ce que croit le commun des mortels. Le psychanalyste belge, Serge André tordra le cou à quelques idées reçues lors d'une conférence qu'il donnera le 8 juin au CHUV.

Tout le monde se souvient de l'affaire Dutroux, ce pervers qui séquestrait des enfants, en abusait sexuellement et les tuait. La révélation de ce cas judiciaire et médiatique avait défrayé la chronique, en Belgique au milieu des années 1990. Cette affaire a très certainement permis à de nombreuses victimes d'abus sexuels de s'exprimer, mais pour Serge André, psychanalyste à Bruxelles, elle a surtout créé la confusion. «Dutroux est sûrement un criminel, vraisemblablement un psychopathe, peut-être un pervers sadique, mais certainement pas un pédophile».

Alors, la pédophilie c'est quoi? Pour Serge André, il ne faut pas confondre le crime sexuel avec l'attrait sexuel, «la signification de la pédophilie est l'amour électif des enfants, en considérant l'amour dans son sens le plus large, de l'amour platonique à l'acte sexuel le plus cru, et l'enfant comme un être pré-pubère», explique le psychanalyste. Contrairement au pervers sadique, le viol n'intéresse, en principe pas le pédophile. «Le discours du pédophile se fonde sur la thèse que l'enfant consent aux relations qu'il a avec lui», précise Serge André. A ne pas confondre non plus avec l'inceste: très rares sont les pédophiles qui séduisent aussi leur propre enfant. A l'opposé des pères incesteux, les pédophiles développent une idée très élevée de la paternité et sont en général de bons pères.

La pédophilie n'est pas un fait nouveau, c'est plutôt sa traque qui le devient dans le contexte d'une société où l'enfant se voit anormalement adulé. Que ce soit dans les sociétés hélléniques, romaines, moyen-âgeuses et même dans certaines sociétés actuelles, l'usage sexuel des enfants est considérée comme une chose normale. Par ailleurs la presse des années 70 et 80 a encensé certains livres relatant des aventures pédophiles. Pour le psychanalyste, «la chasse au pédophile qui devient le mot d'ordre dans nos pays doit donc être considérée plus comme un fait bizarre que comme un progrès de civilisation. En tant que psychanalyste, je pense qu'avant d'engager la lutte contre la pédophilie il conviendrait d'abord d'éclaircir pour quoi et contre quoi le pédophile lutte lui-même. Cela nécessite de l'entendre avant de le condamner».

Sophie Vassaux

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Nous n'avons pas tous la même notion du temps

Comment les communautés conçoivent-elles leur histoire? A l'heure où notre mémoire collective est soumise à des révisions sévères, anthropologues et historiens parlent du temps, du passé et du présent qui modifie notre rapport au passé.

Les sociétés humaines ont chacune une manière de construire leur histoire qui passe par plusieurs formes de mise en discours (oral, écrit, iconographie). Pour les mettre en lumière, les professeurs Claude Calame et Mondher Kilani organisent un colloque sur la mise en discours du temps. «Nous avons adopté deux perspectives qui devraient se croiser, explique Claude Calame, la première est de confronter diverses approches du temps dans différentes cultures. La seconde est de comparer les différents modèles d'historicité avec lesquels travaillent les historiens et les anthropologues.» Ceux-ci ont-ils toujours la même conception du temps? Peut-être pas car les uns travaillent sur des écrits et les autres avec un matériel oral.

«Nous voulons montrer que toutes les historiographies, y compris celles des sociétés traditionnelles, évoluent en fonction du présent. Je m'en étais rendu compte en étudiant l'évolution de la figure d'Orphée dans l'imaginaire athénien antique. Et le contact avec les Occidentaux a changé la manière dont bien des cultures voyaient leur histoire», dit Claude Calame.

Réécriture du passé kanak

Parmi les interventions, retenons celle d'Alban Bensa de l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) qui s'est intéressé à l'historiographie des peuples de Nouvelle-Calédonie. Durant la colonisation, la structure socio-politique des sociétés kanak a été bouleversée par l'administration française. Suivant l'adage de «diviser pour mieux régner» ,celle-ci a mis en place des grandes et petites chefferies et ont placé les clans dans une situation de rivalité qui a encore exacerbé des conflits ancestraux. Le souvenir de cette période se perpétue aujourd'hui sous deux formes de narration historique déterminées, celle des vaincus qui n'ont pas pu prendre des grandes chefferies et celle des vainqueurs.

A sa suite, Gabrielle Spiegel de l'Université de Baltimore montrera en quoi l'Holocauste a modifié la manière d'écrire l'histoire des Juifs. Irène Maffi de Milan présentera la façon dont le passé en mis en scène dans les musées de Jordanie. Pierre Vidal-Naquet dressera un portrait de Thucydide, le fondateur de l'histoire politique et Ugo Fabietti de l'Université de Milan démontrera comment une société stratifiée tel que celle du Pakistan construit son histoire.

Sally Humphreys d'Ann Arbor parlera des calendriers grecs et le chercheur au CNRS Gérard Lenclud de l'utilisation de l'histoire en URSS et dans les sociétés amérindiennes. Quant à son collègue Jean Cuisenier, il s'appuiera sur les travaux qu'il a menés en Roumanie et Bulgarie pour montrer comment le temps est censé se dérouler dans l'au-delà.

Perspective épistémologique

Le colloque fait la part belle aux aspects épistémologiques. Parmi les exposés, Philippe Carrard mettra en lumière les difficultés du travail d'historien. Comment négocie-t-il la relation entre le passé, les faits qu'il rapporte, et le présent de l'écriture? Peut-il mettre entre parenthèses sa propre temporalité alors qu'il dispose d'informations ultérieures auxquelles les contemporains ne pouvaient accéder? Telles sont les questions qu'il se propose d'aborder.

Jocelyne Dakhlia de l'EHESS s'interrogera sur la difficulté que l'historiographie de l'Islam éprouve à traiter de la question du temps et Bernard Muller de l'Université de Genève s'attaquera aux controverses existant entre l'historien des sciences et celui des sciences sociales, une communication qui voudrait dépasser l'antagonisme entre l'histoire disciplinaire et l'histoire de la discipline... Enfin, François Hartog de l'EHESS parlera du formidable essor de l'histoire du temps présent et des ambiguïtés existantes entre passé récent et actualité.

Représentations discursives du temps, historiographie et anthropologie, 7-8 juin, Institut suisse de droit comparé.

Patricia Reymond

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La santé, notre bien le plus cher?

On parle souvent des abus et gaspillages du système de santé. Le «managed care» en tant que gestion des soins peut-il améliorer le système alors que l'évaluation de ses performances est difficile? Pour en parler, l'Ecole des HEC invite un spécialiste israélien.

Les coûts de la santé remettent en cause nos systèmes de santé européens. Le modèle américain dit managed care se veut une approche encadrée du financement et de la distribution des soins, dans le but de maîtriser les coûts et maintenir la qualité, mais les pratiques de ces organisations de soins gérées en réseau se situent au cœur des débats &endash; en particulier par ce que les patients n'ont plus la liberté de choisir leur médecin &endash; et certains experts parlent de «compétition régulée».

Le 4 juin, Jacob Glazer viendra parler du problème de l'évaluation et de l'amélioration de la performance des systèmes de soins. Il constate que ces réseaux de soins ont un système de sélection très défavorables aux personnes gravement malades. «Les plans santé calculées par tête (capitation) faussent la qualité des services en dissuadant les adhésions à risque et en attirant les profitables. En effet, les criètres définis (Adverse selection) visent surtout à recruter des gens en bonne santé» Jacob Glazer analysera leur système d'ajustement au risque et illustrera son exposé par l'exemple de Medicaid (régime d'assurance américain pour les pauvres et les handicapés). (pr)

Notre invité

Diplômé de Northwestern (USA), Jacob Glazer est Senior Lecturer à la Faculté de management de l'Université de Tel Aviv. Ses intérêts sont les modes d'organisation de la production industrielle, le management de la santé et la théorie économique. Parmi ses articles, citons: «Payer Competition and Cost Shifting in Health Care» In Journal of Economics and Management Strategy 3, 1994. (pr)

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Patients psychiques en prison

Evoquer le problème des patients psychiques en prison, la nécessité ou non de leur incarcération, leurs droits, les limites d'un milieu carcéral à leur traitement, tel est le but d'un colloque organisé par le GRAAP à Cery.

Faut-il emprisonner les «fous dangereux» pour protéger la société au lieu de leur proposer un traitement psychiatrique adapté? Selon quels critères la responsabilité d'un acte «criminel» est-elle considérée comme limitée? Est-il normal qu'un patient psychique subisse une peine plus longue qu'une personne dite «normale» pour le même «crime»? Avocats, psychiatres, juges et autres professionnels concernés par la question des patients psychiques emprisonnés aborderont ces différents thèmes à l'occasion d'un colloque organisé par le GRAAP (Groupe d'aide et d'action psychiatrique) les 3 et 4 juin prochains à Cery.

Pour Jean-Philippe Duflon, président de la section romande de la Société suisse de psychiatrie sociale et infirmier chef au Service de médecine et de psychiatrie pénitentiaire à Lausanne, les problèmes de la psychiatrie en milieu carcéral sont de plusieurs ordres. «La prison étant une institution rigide et fermée par définition, il est difficile de mettre en œuvre tous les accompagnements nécessaires au traitement des patients-prisonniers. La relation thérapeutique y est rarement volontaire, le patient n'a ni le choix de son traitement, ni celui de son médecin.» Il y manque également des traitements spécifiques à certains types de maladie. Un exemple: les prisons vaudoises acceuillent plusieurs dizaines de patients délinquants sexuels, il conviendrait donc de mettre sur pied rapidement un traitement spécifique à ce type de délinquance.

Comment alors se donner les moyens de soigner ces prisonniers particuliers? Pour l'infirmier chef, c'est d'abord une volonté politique qu'il faut développer, mais aussi donner davantage de moyens financiers et humains à la médecine pénitentiaire en général et psychiatrique en particulier. Beaucoup de solutions seront à inventer, au niveau de soins carcéraux, mais également à celui de la réinsertion. En effet il n'existe à ce jour que très peu d'organismes spécialisés dans la réinsertion des patients psychiques. Pour Jean-Philippe Duflon, «les solutions à imaginer devront être interdisciplinaires, la santé des patients psychiques, ne peut pas être seulement une histoire de soignants...»

En organisant ce colloque, le GRAAP veut apporter sa contribution dans la recherche d'une psychiatrie plus humaine, que les patients soient délinquants ou non. (sv)

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La quatrième dimension à l'honneur d'un colloque

«On a touché à l'espace», c'est le titre d'un colloque qui aura lieu à la Grange les 3 et 4 juin prochains. Interdisciplinaire, il vise à montrer l'influence de la science sur les représentations de l'espace et du temps dans les années 1900-1930.

Le début du siècle est largement influencé par des découvertes scientifiques (comme la théorie de la relativité ou la notion d'espace courbe en physique, par exemple). Elles ont remis en question une certaine vision du monde, en particulier de l'espace et donné naissance à ce qu'on a appelé la quatrième dimension. Que se soit dans les textes littéraires (Guillaume Apollinaire, Alfred Jarry, Max Jacob, etc.), au cinéma (Jean Cocteau, Eisenstein), dans la peinture (Pablo Picasso, Marcel Duchamp, etc.) ou dans la photographie (Man Ray) nombreux sont les artistes et critiques qui ont expérimenté de nouvelles interprétations et représentations de l'espace et du temps.

Quelques exemples: au cinéma, l'espace et le temps sont manipulés par la magie du montage: chez Jean Cocteau, on ouvre une porte à Paris et on la referme à Berlin. En littérature, Apollinaire appréhende le temps, présent, passé et futur en un seul regard. En peinture, le temps devient «visible», avec Marcel Duchamp (voir illustration ci-contre).

Pour les organisateurs du colloque, Danielle Chaperon, professeure associée, et Philippe Moret, maître assistant, tous deux à la section de français moderne, «dans les trente premières années du siècle, l'espace forme avec le temps un monstrueux amalgame. Ce colloque a pour but d'en rendre compte, dans différentes disciplines (français, histoire de l'art et sciences). Cette manifestation vise également à mettre en relation ces domaines, afin d'en déterminer un imaginaire commun.

Le début du siècle, c'est aussi peut-être le dernier moment où l'on peut observer une influence aussi directe des sciences sur les arts et la littérature.»(sv)

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L'inconscient contrarié

Comment concilier son goût pour la liberté et les contraintes imposées par l'éthique en général et la foi chrétienneen particulier? Tel est le sujet choisi par le professeur Thierry de Saussure pour faire ses adieux aux Facultés de théologie de Lausanne et de Genève.

«J'ai choisi un titre volontairement ambigü, explique le théologien qui est aussi psychanalyste freudien, car enfin les deux termes peuvent paraître contradictoires. En effet, peut-on accepter des limites à sa liberté?» Pour sa leçon d'adieu, Thierry de Saussure aimerait présenter un condensé de ce qu'il a enseigné aux étudiants de lettres, théologie et SSP qui suivaient son enseignement de psychologie des religions. «Je me suis surtout intéressé au dialogue et à la confrontation entre la psychologie et la théologie.» En l'occurence, la psychanalyse et la religion chrétienne lui paraissent avoir fait le même constat. «L'être humain ne vit bien que s'il accepte les limites de sa condition humaine, qu'on pense à la mort, au temps qui passe ou aux autres.» Ne doit-il pas accepter que sa liberté n'est pas absolue, ou pour reprendre l'adage, qu'elle s'arrête là où commence celle des autres?

Pourtant l'être humain a de la peine à accepter cet état de fait. Grandir ne signifie-t-il pas faire le deuil de ses illusions? Certains courants religieux et philosophiques promettent un épanouissement total. Thierry de Saussure aimerait parler des réponses que peut donner le christianisme. «La Bible lance un appel à devenir, non pas un dieu, mais un homme meilleur.» Pour terminer, le professeur présentera des exemples pratiques, ou comment les dix commandements concilient liberté et éthique.

Des limites à la liberté, psychanalyse, éthique et foi chrétienne,

leçon d'adieu, je 3 juin à 18h15, BFSH2, 1129. Séance publique.


Le pardon, c'est une reconnaissance, pas des excuses

A l'heure où de nombreux Etats sont entrés dans un processus de réconciliation (Afrique du Sud, Cambodge), Jules Ferry de l'Université libre de Bruxelles s'intéresse à la notion de justice reconstructive, de pardon et de réconciliation.

La justice n'est pas seulement une notion abstraite et juridique. L'évaluation d'une norme est d'ailleurs difficile quand ses implications éthiques mettent en jeu des convictions et des visions du monde, comme pour le clonage, l'avortement ou la peine de mort. L'application d'une norme juste, bien que «parfaite» au regard du droit, peut ne pas satisfaire un point de vue moral. «Car la justice répressive ne réalise pas de réconciliation (avec soi ou l'autre) mais simplement avec le droit», remarque le professeur Jules Ferry.

Il est difficile de passer d'une justice répressive à une justice reconstructive. La reconstruction ne s'intéresse pas tant à dire ce qui s'est passé qu'à partir sur les traces d'une reconnaissance manquée. Dans les procès, on ne s'intéresse plus seulement à savoir sous quelle loi tombe le crime mais pourquoi le coupable en est venu là, comment il a vécu et compris la situation qui a précédé son passage à l'acte.

Œil pour œil...

Aujourd'hui, la société veut mettre la totalité du drame en perspective. En cela, elle se heurte à la justice pénale ancienne pour qui le problème consistait à fixer un tarif. C'est ce que signifie en fait la loi, souvent incomprise du Talion, qui dit «un œil pour un œil, une dent pour une dent » (et pas plus, au contraire de la vendetta, vengeance réactivée).

La justice reconstructive ne concerne pas seulement les tribunaux. Notre société a produit différentes procédures et institutions dédiées à la reconstruction: médiation, cure analytique, mémoriaux, etc. Une réconciliation ne peut se faire que si l'on est disposé à entendre avec empathie les plaintes de l'autre. C'est ce qu'on observe dans les conflits de couples où il est impossible de déterminer qui a tort ou raison. Le pardon, au contraire des excuses, n'implique pas forcément d'admettre des torts mais de reconnaître que l'autre a souffert.

Mea culpa et diplomatie

Le besoin de réconciliation se fait aussi sentir dans le domaine des relations internationales. Depuis peu, les demandes publiques de pardon d'une nation à une autre (ou d'une élite par rapport à une nation) se multiplient. Si elles n'impliquent que rarement les tribunaux, elles constituent un préalable à une normalisation des rapports. Là encore, il s'agit de reconnaître les souffrances de l'autre.

M. C. Escher, Graphik und Zeichnungen, Barn 1989

Patricia Reymond

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Neuroscience et psychologie

Sous l'impulsion du professeur François Gaillard, de la Faculté des SSP, et du Dr Clarke, de l'Institut de biologie cellulaire et de morphologie en Faculté de médecine, le certificat d'études complémentaires en neurosciences est accessible dès l'année dernière aux psychologues de même qu'aux biologistes et aux médecins. Divisé en modules d'enseignement, il s'étale sur deux ans.

Confié à l'Institut de psychologie, le 3e module traite des acquisitions et des pertes, tant neuronales que comportementales au cours du cycle de vie. Il se divise en séminaires interactifs et en conférences. Une semaine avant ces dates, les participants reçoivent le résumé des exposés qui y seront présentés. De quoi alimenter une discussion intense pour laquelle 30 minutes sont prévues!

Les thèmes généraux des trois prochains vendredis sont: la neuropsychologie développementale chez l'enfant souffrant d'une atteinte cérébrale précoce (4 juin), l'image fonctionnelle de la plasticité cérébrale dans le développement et chez l'adulte (11 juin), et la neuropsychogériatrie (18 juin).

Les conséquences à long terme des pathologies de l'hippocampe chez le jeune enfant seront examinées par le Dr. Faraneh Vargha-Khadem de l'Institute of Child Health de Londres. L'imagerie cérébrale fonctionnelle permet au Dr. David Linden du Max-Planck Institut für Hirnforschung de Francfort, et au Prof. Avi Karni, du Weizmann Institute d'Israël, par exemple, de montrer comment certaines régions du cerveau sont mobilisées et coordonnées dans les acquisitions psychomotrices et spatiales. Ces mêmes études illustrent par ailleurs les variations interindividuelles pour l'accomplissement d'une même tâche et la plasticité nerveuse fonctionnelle au cours de l'acquisition et de la perte des tâches apprises. Finalement, le Prof. Richard U'Ren, présentement en congé scientifique au Département de psychiatrie de l'Université de Tübingen, parlera des troubles psychiatriques qui peuvent cacher certains troubles biologiques chez les adultes déments.