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semestre
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- Edito: Tempus
fugit
- La pédophilie, c'est
quoi?
- Nous n'avons pas tous la
même notion du temps
- La santé, notre bien le
plus précieux
- Patients psychiques en
prison
- La quatrième dimension
à l'honneur d'un colloque
- L'inconscient
contrarié
- Le pardon, c'est une
reconnaissance, pas des excuses
- Neuroscience et
psychologie
Tempus
fugit...
- par Patricia
Reymond
A l'époque des examens, le temps fuit trop vite et
les étudiants ont parfois l'impression d'en avoir
perdu la notion... Et leurs professeurs, chercheraient-ils
eux aussi à rattraper le temps perdu? C'est ce qu'on
pourrait penser en parcourant le mémento de l'UNIL,
tant il est vrai que le temps y est présent,
passé et futur.
Les historiens et les anthropologues confrontent leurs
notions du temps, du passé et de l'actualité
qui sait rattraper l'histoire , les linguistes effectuent un
voyage dans le temps tandis que les éthiciens
constatent que, parfois il faut aller à la rencontre
du passé pour aller de l'avant.
Quant aux sociologues, ils recoivent cette semaine le
professeur Georges Ballandier qui parlera de
temporalité, de modernité et de
démocratie. Une occasion de rencontrer un vrai acteur
de son temps puisque l'écrivain et anthropologue a
été résistant en 39-45 avant de vivre
mai 68. Le professeur devrait parler des difficultés
qu'éprouve notre société à
digérer le passé, elle qui est si avide
à consommer le présent et qui se projette sans
cesse dans un futur à court terme. Rendez-vous donc
le 3 juin 1999...
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La
pédophilie c'est quoi?

Photographies d'enfants,éd. Time life,
1971
La pédophilie n'est pas ce que croit le commun des
mortels. Le psychanalyste belge, Serge André tordra
le cou à quelques idées reçues lors
d'une conférence qu'il donnera le 8 juin au CHUV.
Tout le monde se souvient de l'affaire Dutroux, ce
pervers qui séquestrait des enfants, en abusait
sexuellement et les tuait. La révélation de ce
cas judiciaire et médiatique avait
défrayé la chronique, en Belgique au milieu
des années 1990. Cette affaire a très
certainement permis à de nombreuses victimes d'abus
sexuels de s'exprimer, mais pour Serge André,
psychanalyste à Bruxelles, elle a surtout
créé la confusion. «Dutroux est
sûrement un criminel, vraisemblablement un
psychopathe, peut-être un pervers sadique, mais
certainement pas un pédophile».
Alors, la pédophilie c'est quoi? Pour Serge
André, il ne faut pas confondre le crime sexuel avec
l'attrait sexuel, «la signification de la
pédophilie est l'amour électif des enfants, en
considérant l'amour dans son sens le plus large, de
l'amour platonique à l'acte sexuel le plus cru, et
l'enfant comme un être pré-pubère»,
explique le psychanalyste. Contrairement au pervers sadique,
le viol n'intéresse, en principe pas le
pédophile. «Le discours du pédophile se
fonde sur la thèse que l'enfant consent aux relations
qu'il a avec lui», précise Serge André. A
ne pas confondre non plus avec l'inceste: très rares
sont les pédophiles qui séduisent aussi leur
propre enfant. A l'opposé des pères incesteux,
les pédophiles développent une idée
très élevée de la paternité et
sont en général de bons pères.
La pédophilie n'est pas un fait nouveau, c'est
plutôt sa traque qui le devient dans le contexte d'une
société où l'enfant se voit
anormalement adulé. Que ce soit dans les
sociétés hélléniques, romaines,
moyen-âgeuses et même dans certaines
sociétés actuelles, l'usage sexuel des enfants
est considérée comme une chose normale. Par
ailleurs la presse des années 70 et 80 a
encensé certains livres relatant des aventures
pédophiles. Pour le psychanalyste, «la chasse au
pédophile qui devient le mot d'ordre dans nos pays
doit donc être considérée plus comme un
fait bizarre que comme un progrès de civilisation. En
tant que psychanalyste, je pense qu'avant d'engager la lutte
contre la pédophilie il conviendrait d'abord
d'éclaircir pour quoi et contre quoi le
pédophile lutte lui-même. Cela nécessite
de l'entendre avant de le condamner».
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Nous n'avons
pas tous la même notion du temps
Comment les communautés conçoivent-elles
leur histoire? A l'heure où notre mémoire
collective est soumise à des révisions
sévères, anthropologues et historiens parlent
du temps, du passé et du présent qui modifie
notre rapport au passé.
Les sociétés humaines ont chacune une
manière de construire leur histoire qui passe par
plusieurs formes de mise en discours (oral, écrit,
iconographie). Pour les mettre en lumière, les
professeurs Claude Calame et Mondher Kilani organisent un
colloque sur la mise en discours du temps. «Nous avons
adopté deux perspectives qui devraient se croiser,
explique Claude Calame, la première est de confronter
diverses approches du temps dans différentes
cultures. La seconde est de comparer les différents
modèles d'historicité avec lesquels
travaillent les historiens et les anthropologues.»
Ceux-ci ont-ils toujours la même conception du temps?
Peut-être pas car les uns travaillent sur des
écrits et les autres avec un matériel
oral.
«Nous voulons montrer que toutes les
historiographies, y compris celles des
sociétés traditionnelles, évoluent en
fonction du présent. Je m'en étais rendu
compte en étudiant l'évolution de la figure
d'Orphée dans l'imaginaire athénien antique.
Et le contact avec les Occidentaux a changé la
manière dont bien des cultures voyaient leur
histoire», dit Claude Calame.
Réécriture du
passé kanak
Parmi les interventions, retenons celle d'Alban Bensa de
l'Ecole des hautes études en sciences sociales
(EHESS) qui s'est intéressé à
l'historiographie des peuples de Nouvelle-Calédonie.
Durant la colonisation, la structure socio-politique des
sociétés kanak a été
bouleversée par l'administration française.
Suivant l'adage de «diviser pour mieux
régner» ,celle-ci a mis en place des grandes et
petites chefferies et ont placé les clans dans une
situation de rivalité qui a encore exacerbé
des conflits ancestraux. Le souvenir de cette période
se perpétue aujourd'hui sous deux formes de narration
historique déterminées, celle des vaincus qui
n'ont pas pu prendre des grandes chefferies et celle des
vainqueurs.
A sa suite, Gabrielle Spiegel de l'Université de
Baltimore montrera en quoi l'Holocauste a modifié la
manière d'écrire l'histoire des Juifs.
Irène Maffi de Milan présentera la
façon dont le passé en mis en scène
dans les musées de Jordanie. Pierre Vidal-Naquet
dressera un portrait de Thucydide, le fondateur de
l'histoire politique et Ugo Fabietti de l'Université
de Milan démontrera comment une société
stratifiée tel que celle du Pakistan construit son
histoire.
Sally Humphreys d'Ann Arbor parlera des calendriers grecs
et le chercheur au CNRS Gérard Lenclud de
l'utilisation de l'histoire en URSS et dans les
sociétés amérindiennes. Quant à
son collègue Jean Cuisenier, il s'appuiera sur les
travaux qu'il a menés en Roumanie et Bulgarie pour
montrer comment le temps est censé se dérouler
dans l'au-delà.
Perspective
épistémologique
Le colloque fait la part belle aux aspects
épistémologiques. Parmi les exposés,
Philippe Carrard mettra en lumière les
difficultés du travail d'historien. Comment
négocie-t-il la relation entre le passé, les
faits qu'il rapporte, et le présent de
l'écriture? Peut-il mettre entre parenthèses
sa propre temporalité alors qu'il dispose
d'informations ultérieures auxquelles les
contemporains ne pouvaient accéder? Telles sont les
questions qu'il se propose d'aborder.
Jocelyne Dakhlia de l'EHESS s'interrogera sur la
difficulté que l'historiographie de l'Islam
éprouve à traiter de la question du temps et
Bernard Muller de l'Université de Genève
s'attaquera aux controverses existant entre l'historien des
sciences et celui des sciences sociales, une communication
qui voudrait dépasser l'antagonisme entre l'histoire
disciplinaire et l'histoire de la discipline... Enfin,
François Hartog de l'EHESS parlera du formidable
essor de l'histoire du temps présent et des
ambiguïtés existantes entre passé
récent et actualité.
Représentations discursives du temps,
historiographie et anthropologie, 7-8 juin, Institut suisse
de droit comparé.
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La
santé, notre bien le plus cher?
On parle souvent des abus et gaspillages du
système de santé. Le «managed care»
en tant que gestion des soins peut-il améliorer le
système alors que l'évaluation de ses
performances est difficile? Pour en parler, l'Ecole des HEC
invite un spécialiste israélien.
Les coûts de la santé remettent en cause nos
systèmes de santé européens. Le
modèle américain dit managed care se veut une
approche encadrée du financement et de la
distribution des soins, dans le but de maîtriser les
coûts et maintenir la qualité, mais les
pratiques de ces organisations de soins gérées
en réseau se situent au cur des débats
&endash; en particulier par ce que les patients n'ont plus
la liberté de choisir leur médecin &endash; et
certains experts parlent de «compétition
régulée».
Le 4 juin, Jacob Glazer viendra parler du problème
de l'évaluation et de l'amélioration de la
performance des systèmes de soins. Il constate que
ces réseaux de soins ont un système de
sélection très défavorables aux
personnes gravement malades. «Les plans santé
calculées par tête (capitation) faussent la
qualité des services en dissuadant les
adhésions à risque et en attirant les
profitables. En effet, les criètres définis
(Adverse selection) visent surtout à recruter des
gens en bonne santé» Jacob Glazer analysera leur
système d'ajustement au risque et illustrera son
exposé par l'exemple de Medicaid (régime
d'assurance américain pour les pauvres et les
handicapés). (pr)
Notre invité
Diplômé de Northwestern (USA), Jacob Glazer
est Senior Lecturer à la Faculté de management
de l'Université de Tel Aviv. Ses
intérêts sont les modes d'organisation de la
production industrielle, le management de la santé et
la théorie économique. Parmi ses articles,
citons: «Payer Competition and Cost Shifting in Health
Care» In Journal of Economics and Management
Strategy 3, 1994. (pr)
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Patients
psychiques en prison
Evoquer le problème des patients psychiques en
prison, la nécessité ou non de leur
incarcération, leurs droits, les limites d'un milieu
carcéral à leur traitement, tel est le but
d'un colloque organisé par le GRAAP à
Cery.
Faut-il emprisonner les «fous dangereux» pour
protéger la société au lieu de leur
proposer un traitement psychiatrique adapté? Selon
quels critères la responsabilité d'un acte
«criminel» est-elle considérée comme
limitée? Est-il normal qu'un patient psychique
subisse une peine plus longue qu'une personne dite
«normale» pour le même «crime»?
Avocats, psychiatres, juges et autres professionnels
concernés par la question des patients psychiques
emprisonnés aborderont ces différents
thèmes à l'occasion d'un colloque
organisé par le GRAAP (Groupe d'aide et d'action
psychiatrique) les 3 et 4 juin prochains à Cery.
Pour Jean-Philippe Duflon, président de la section
romande de la Société suisse de psychiatrie
sociale et infirmier chef au Service de médecine et
de psychiatrie pénitentiaire à Lausanne, les
problèmes de la psychiatrie en milieu carcéral
sont de plusieurs ordres. «La prison étant une
institution rigide et fermée par définition,
il est difficile de mettre en uvre tous les
accompagnements nécessaires au traitement des
patients-prisonniers. La relation thérapeutique y est
rarement volontaire, le patient n'a ni le choix de son
traitement, ni celui de son médecin.» Il y
manque également des traitements spécifiques
à certains types de maladie. Un exemple: les prisons
vaudoises acceuillent plusieurs dizaines de patients
délinquants sexuels, il conviendrait donc de mettre
sur pied rapidement un traitement spécifique à
ce type de délinquance.
Comment alors se donner les moyens de soigner ces
prisonniers particuliers? Pour l'infirmier chef, c'est
d'abord une volonté politique qu'il faut
développer, mais aussi donner davantage de moyens
financiers et humains à la médecine
pénitentiaire en général et
psychiatrique en particulier. Beaucoup de solutions seront
à inventer, au niveau de soins carcéraux, mais
également à celui de la réinsertion. En
effet il n'existe à ce jour que très peu
d'organismes spécialisés dans la
réinsertion des patients psychiques. Pour
Jean-Philippe Duflon, «les solutions à imaginer
devront être interdisciplinaires, la santé des
patients psychiques, ne peut pas être seulement une
histoire de soignants...»
En organisant ce colloque, le GRAAP veut apporter sa
contribution dans la recherche d'une psychiatrie plus
humaine, que les patients soient délinquants ou non.
(sv)
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La
quatrième dimension à l'honneur d'un
colloque
«On
a touché à l'espace», c'est le titre d'un
colloque qui aura lieu à la Grange les 3 et 4 juin
prochains. Interdisciplinaire, il vise à montrer
l'influence de la science sur les représentations de
l'espace et du temps dans les années 1900-1930.
Le début du siècle est largement
influencé par des découvertes scientifiques
(comme la théorie de la relativité ou la
notion d'espace courbe en physique, par exemple). Elles ont
remis en question une certaine vision du monde, en
particulier de l'espace et donné naissance à
ce qu'on a appelé la quatrième dimension. Que
se soit dans les textes littéraires (Guillaume
Apollinaire, Alfred Jarry, Max Jacob, etc.), au
cinéma (Jean Cocteau, Eisenstein), dans la peinture
(Pablo Picasso, Marcel Duchamp, etc.) ou dans la
photographie (Man Ray) nombreux sont les artistes et
critiques qui ont expérimenté de nouvelles
interprétations et représentations de l'espace
et du temps.
Quelques exemples: au cinéma, l'espace et le temps
sont manipulés par la magie du montage: chez Jean
Cocteau, on ouvre une porte à Paris et on la referme
à Berlin. En littérature, Apollinaire
appréhende le temps, présent, passé et
futur en un seul regard. En peinture, le temps devient
«visible», avec Marcel Duchamp (voir illustration
ci-contre).
Pour les organisateurs du colloque, Danielle Chaperon,
professeure associée, et Philippe Moret, maître
assistant, tous deux à la section de français
moderne, «dans les trente premières
années du siècle, l'espace forme avec le temps
un monstrueux amalgame. Ce colloque a pour but d'en rendre
compte, dans différentes disciplines
(français, histoire de l'art et sciences). Cette
manifestation vise également à mettre en
relation ces domaines, afin d'en déterminer un
imaginaire commun.
Le début du siècle, c'est aussi
peut-être le dernier moment où l'on peut
observer une influence aussi directe des sciences sur les
arts et la littérature.»(sv)
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L'inconscient
contrarié
Comment concilier son goût pour la liberté
et les contraintes imposées par l'éthique en
général et la foi chrétienneen
particulier? Tel est le sujet choisi par le professeur
Thierry de Saussure pour faire ses adieux aux
Facultés de théologie de Lausanne et de
Genève.
«J'ai choisi un titre volontairement ambigü,
explique le théologien qui est aussi psychanalyste
freudien, car enfin les deux termes peuvent paraître
contradictoires. En effet, peut-on accepter des limites
à sa liberté?» Pour sa leçon
d'adieu, Thierry de Saussure aimerait présenter un
condensé de ce qu'il a enseigné aux
étudiants de lettres, théologie et SSP qui
suivaient son enseignement de psychologie des religions.
«Je me suis surtout intéressé au dialogue
et à la confrontation entre la psychologie et la
théologie.» En l'occurence, la psychanalyse et
la religion chrétienne lui paraissent avoir fait le
même constat. «L'être humain ne vit bien
que s'il accepte les limites de sa condition humaine, qu'on
pense à la mort, au temps qui passe ou aux
autres.» Ne doit-il pas accepter que sa liberté
n'est pas absolue, ou pour reprendre l'adage, qu'elle
s'arrête là où commence celle des
autres?
Pourtant l'être humain a de la peine à
accepter cet état de fait. Grandir ne signifie-t-il
pas faire le deuil de ses illusions? Certains courants
religieux et philosophiques promettent un
épanouissement total. Thierry de Saussure aimerait
parler des réponses que peut donner le christianisme.
«La Bible lance un appel à devenir, non pas un
dieu, mais un homme meilleur.» Pour terminer, le
professeur présentera des exemples pratiques, ou
comment les dix commandements concilient liberté et
éthique.
Des limites à la liberté, psychanalyse,
éthique et foi chrétienne,
leçon d'adieu, je 3 juin à 18h15,
BFSH2, 1129. Séance publique.
Le pardon,
c'est une reconnaissance, pas des excuses
A l'heure où de nombreux Etats sont entrés
dans un processus de réconciliation (Afrique du Sud,
Cambodge), Jules Ferry de l'Université libre de
Bruxelles s'intéresse à la notion de justice
reconstructive, de pardon et de réconciliation.
La justice n'est pas seulement une notion abstraite et
juridique. L'évaluation d'une norme est d'ailleurs
difficile quand ses implications éthiques mettent en
jeu des convictions et des visions du monde, comme pour le
clonage, l'avortement ou la peine de mort. L'application
d'une norme juste, bien que «parfaite» au regard
du droit, peut ne pas satisfaire un point de vue moral.
«Car la justice répressive ne réalise pas
de réconciliation (avec soi ou l'autre) mais
simplement avec le droit», remarque le professeur Jules
Ferry.
Il est difficile de passer d'une justice
répressive à une justice reconstructive. La
reconstruction ne s'intéresse pas tant à dire
ce qui s'est passé qu'à partir sur les traces
d'une reconnaissance manquée. Dans les procès,
on ne s'intéresse plus seulement à savoir sous
quelle loi tombe le crime mais pourquoi le coupable en est
venu là, comment il a vécu et compris la
situation qui a précédé son passage
à l'acte.
il pour
il...
Aujourd'hui, la société veut mettre la
totalité du drame en perspective. En cela, elle se
heurte à la justice pénale ancienne pour qui
le problème consistait à fixer un tarif. C'est
ce que signifie en fait la loi, souvent incomprise du
Talion, qui dit «un il pour un il, une dent
pour une dent » (et pas plus, au contraire de la
vendetta, vengeance réactivée).
La
justice reconstructive ne concerne pas seulement les
tribunaux. Notre société a produit
différentes procédures et institutions
dédiées à la reconstruction:
médiation, cure analytique, mémoriaux, etc.
Une réconciliation ne peut se faire que si l'on est
disposé à entendre avec empathie les plaintes
de l'autre. C'est ce qu'on observe dans les conflits de
couples où il est impossible de déterminer qui
a tort ou raison. Le pardon, au contraire des excuses,
n'implique pas forcément d'admettre des torts mais de
reconnaître que l'autre a souffert.
Mea culpa et
diplomatie
Le besoin de réconciliation se fait aussi sentir
dans le domaine des relations internationales. Depuis peu,
les demandes publiques de pardon d'une nation à une
autre (ou d'une élite par rapport à une
nation) se multiplient. Si elles n'impliquent que rarement
les tribunaux, elles constituent un préalable
à une normalisation des rapports. Là encore,
il s'agit de reconnaître les souffrances de
l'autre.
M. C. Escher, Graphik und Zeichnungen, Barn 1989
Patricia Reymond
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Neuroscience et
psychologie
Sous l'impulsion du professeur François Gaillard,
de la Faculté des SSP, et du Dr Clarke, de l'Institut
de biologie cellulaire et de morphologie en Faculté
de médecine, le certificat d'études
complémentaires en neurosciences est accessible
dès l'année dernière aux psychologues
de même qu'aux biologistes et aux médecins.
Divisé en modules d'enseignement, il s'étale
sur deux ans.
Confié à l'Institut de psychologie, le 3e
module traite des acquisitions et des pertes, tant
neuronales que comportementales au cours du cycle de vie. Il
se divise en séminaires interactifs et en
conférences. Une semaine avant ces dates, les
participants reçoivent le résumé des
exposés qui y seront présentés. De quoi
alimenter une discussion intense pour laquelle 30 minutes
sont prévues!
Les thèmes généraux des trois
prochains vendredis sont: la neuropsychologie
développementale chez l'enfant souffrant d'une
atteinte cérébrale précoce (4 juin),
l'image fonctionnelle de la plasticité
cérébrale dans le développement et chez
l'adulte (11 juin), et la neuropsychogériatrie (18
juin).
Les conséquences à long terme des
pathologies de l'hippocampe chez le jeune enfant seront
examinées par le Dr. Faraneh Vargha-Khadem de
l'Institute of Child Health de Londres. L'imagerie
cérébrale fonctionnelle permet au Dr. David
Linden du Max-Planck Institut für Hirnforschung de
Francfort, et au Prof. Avi Karni, du Weizmann Institute
d'Israël, par exemple, de montrer comment certaines
régions du cerveau sont mobilisées et
coordonnées dans les acquisitions psychomotrices et
spatiales. Ces mêmes études illustrent par
ailleurs les variations interindividuelles pour
l'accomplissement d'une même tâche et la
plasticité nerveuse fonctionnelle au cours de
l'acquisition et de la perte des tâches apprises.
Finalement, le Prof. Richard U'Ren, présentement en
congé scientifique au Département de
psychiatrie de l'Université de Tübingen, parlera
des troubles psychiatriques qui peuvent cacher certains
troubles biologiques chez les adultes déments.
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