No 370 1er- 31 juillet 1999

Retour au sommaire des numéros du semestre

 
La Table ronde et le budget de l'UNIL
Des chômeurs à l'UNIL
Actuaire, une profession d'avenir
Les experts en SSP et ailleurs en Suisse
La blouse à la place du képi


La Table ronde et le budget de l'UNIL

Exceptionnellement, en raison de l'actualité du sujet, nous publions en lieu et place d'un édito, la résolution votée par le Sénat de l'UNIL reçue dans nos ultimes délais rédactionnels.

Le Sénat, réuni en séance ordinaire le mercredi 16 juin 1999, a débattu des propositions de la Table ronde concernant l'Université. Il regrette qu'une solution réaliste et acceptable par les deux parties n'ait pas encore été trouvée concernant les deux mesures touchant le corps professoral.

S'agissant de la proposition consistant à retrancher du budget d'investissement de l'Université un montant d'un million de francs en 2000 et d'un second million en 2001, le Sénat fait observer que les besoins de l'université pour le renouvellement de son parc scientifique et informatique se chiffrent à 12 millions de francs par année; que la part du budget de l'Université disponible pour l'achat d'équipements scientifiques et informatiques décroît régulièrement depuis 1992 (diminution de 40%); que cette part du budget est actuellement insuffisante de quelque 5 millions de francs (cf. projet de budget 2000).

Une coupe supplémentaire compromettrait gravement et durablement les activités d'enseignement et de recherche à l'Université, et tout spécialement dans les facultés des sciences et de médecine. En outre, elle serait de nature à entraver la réalisation du Projet de développement et de coordination entre l'Université de Genève, l'Université de Lausanne et l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, puisque le soutien de la Confédération à ce projet est lié à une permanence de l'engagement financier du Canton de Vaud.

Le Sénat demande donc au Conseil d'Etat que des discussions soient engagées avec le Rectorat et que la mesure sur le budget d'investissement soit rapportée.

Bernard Testa, président du Sénat


 

Des chômeurs à l'UNIL

Être au chômage, et trouver un emploi temporaire subventionné (appelé autrefois programme d'occupation) à l'UNIL, c'est possible. Mais attention, cela ne concerne pas n'importe quel poste.

Affiche du film «Une époque formidable», in UNl Iausanne, n° 77, 1993.

Les emplois temporaires subventionnés (ETS) sont organisés dans les administrations. Ce sont des mesures actives destinées à aider les chômeurs à se réinsérer professionnellement. L'Université en propose également.

Des critères contraignants

C'est à l'unité ou à l'institut de l'Uni de proposer l'emploi qu'il souhaite voir subventionné. Pas si simple cependant d'offrir un ETS. Il doit en effet répondre à un certain nombre de critères: l'emploi doit en principe durer six mois, il doit être formateur et qualifiant et le chômeur correctement encadré. En outre le poste proposé ne doit pas en mettre d'autres en danger ni faire partie des missions courantes de l'Université. Les postes d'enseignement sont dès lors écartés d'office. Quant à la recherche, «nous essayons de faire accepter le principe selon lequel les activités de recherche ne peuvent être considérées comme des tâches ordinaires de routine et que toute augmentation des moyens en personnel, à travers des ETS, ne vise qu'à accélérer leur rythme», souligne Christian de Trey, responsable du bureau de gestion du personnel de l'UNIL.

ETS à l'Université

Actuellement l'Université de Lausanne emploie quatre chômeurs dans des domaines aussi variés que des travaux de secrétariat, liés à un projet de centre de compétence en HEC, de la recherche en horticulture, un poste d'aide animalier ou de bibliothécaire en biologie.

«Nous avons eu jusqu'à seize ETS en même temps, précise Christian de Trey, actuellement il y en a moins, mais il faut souligner que certaines demandes sont en suspens», des ETS qui ne trouvent pas preneurs. C'est le cas actuellement pour le Centre audiovisuel qui cherche un architecte ou un dessinateur ou l'Institut de géographie qui demande un chômeur pour classer des dias.

Malgré des critères assez stricts, ces postes sont intéressants. D'abord pour le chômeur, qui se retrouve dans un cadre stimulant, mais également pour l'UNIL, car ces emplois ne viennent pas grever son budget, les chômeurs étant directement payés par l'Etat.

Sophie Vassaux


Actuaire, une profession d'avenir

Les assurances? Même si on râle au moment de les payer, on ne saurait s'en passer. Pour fixer le montant de nos primes, les sciences actuarielles jouent un rôle important dans le calcul des risques. Depuis 1981, l'Ecole des HEC excelle dans la recherche actuarielle grâce à l'Institut de sciences actuarielles (ISA) qui est aussi le seul centre de formation de Suisse romande.

Peut-on imaginer une société sans assurance qui laisserait la veuve et l'orphelin ou la victime d'un incendie se débrouiller seuls? Pour que la prime que paie l'assuré soit équitable par rapport aux prestations garanties par son assureur, les actuaires utilisent diverses méthodes mathématiques qui permettent d'équilibrer le système. C'est pourquoi les sciences actuarielles touchent une part non négligeable de l'économie, tant à cause du rôle social des assurances que par l'importance des fonds engagés.

Qu'est-ce qu'un actuaire?

C'est d'abord un spécialiste de la statistique et du calcul des probabilités appliqués aux problèmes d'assurance, de prévoyance et de finance. «Pour être un bon professionnel, il ne faut pas avoir peur des maths et être polyvalent. car il est nécessaire d'avoir de bonnes connaissances en informatique, droit, comptabilité et finance», résume François Dufresne, directeur de l'ISA. «Il faut aussi savoir communiquer et expliquer son travail à des non-spécialistes, en général des comptables, des gens du marketing, des clients», renchérit le professeur Hans Ulrich Gerber. L'ISA propose des formations de licence et doctorat. La licence se fait en quatre ans mais l'institut accepte aussi des étudiants de maths, HEC et EPFL. «Plus que les statisticiens, les actuaires ont besoin d'avoir une formation en économie. C'est pourquoi nous apprécions notre implantation en HEC», dit François Dufresne.

Un métier en plein boom

Historiquement, le métier est né quand s'est posé le problème d'organisation et de financement d'un système d'assurance-vie. Pour garantir la pérennité du système, il était indispensable de disposer de tables de mortalité et d'une méthode de calcul permettant d'assigner à chaque adhérent une contribution suffisante pour que l'institution puisse faire face à ses engagements. «Il faut travailler dans le futur mais avec les outils du passé que sont les données statistiques», dit Hans Gerber.

Aujourd'hui, l'activité de l'actuaire ne s'exerce plus uniquement dans les assurances-vie. L'importance de la prévoyance professionnelle a déjà favorisé le développement de la profession d'actuaire-conseil. Cette activité qui consiste à conseiller les entreprises en matière de financement de la protection sociale devrait connaître un fort essor au cours des prochaines années. Les régimes de retraite et de prévoyance ont aussi besoin d'experts pour fixer les normes nécessaires à leur équilibre à long terme. Quant aux manifestations du «hasard» que sont l'accident, l'incendie ou la catastrophe, elles appellent les calculs des actuaires, d'autant que dans ce cas, les lois du hasard sont difficiles à saisir.

Les banques s'y mettent

Enfin, les banques commencent à engager des actuaires. Spécialiste du futur aléatoire, l'actuaire intéresse depuis peu les milieux financiers. C'est ainsi qu'en Europe de nombreux actuaires exercent leur activité dans des banques, des sociétés financières, ou des organismes ayant accès au marché boursier. Si cette évolution n'est pas encore très marquée en Suisse, l'implication des actuaires dans la gestion des actifs devient de plus en plus courante.

Pénurie de gens formés

La déréglementation des marchés, l'ouverture des frontières, les progrès techniques et la compétition accrue entre les institutions du marché financier devraient encore renforcer l'importance des actuaires. Malgré cela, le métier reste méconnu et il fait souvent peur. Aux USA, la profession figure pourtant parmi les jobs les mieux payés et les plus avantageux en termes de perspectives futures et de sécurité de l'emploi

En Suisse, les étudiants n'ont pas trop de soucis à se faire à la fin de leurs études car notre pays manque d'actuaires formés. C'est pourquoi les chercheurs de l'ISA n'ont pas hésité à faire le tour des gymnases pour attirer les «forts en maths». Une tâche parfois difficile: «Les jeunes méconnaissent le rôle capital des assurances dans la société. En outre, ils ont de la peine à s'identifier à un métier aussi concret... Il est clair que l'actuaire fait davantage de la recherche appliquée que de la recherche fondamentale.»

Signe des temps, les chercheurs de l'ISA sont de plus en plus sollicités pour des mandats d'études. Certains d'entre eux font partie de commissions fédérales

L'ISA sera l'hôte de la 15th International Summer School 1999 of the Swiss Association of Actuaries, qui aura lieu du 9 au 13 août 1999. Fruit d'une collaboration académique, le cours sera supervisé par des professeurs de l'ETHZ. Plus de 80 participants du monde entier, employés dans des assurances, réassurances et caisses de pension sont attendus à Lausanne. (pr)

Retour au sommet


Les experts, en SSP et ailleurs en Suisse romande

Suite à l'article sur les experts, paru dans le dernier numéro d'Uniscope, nous poursuivons notre enquête, avec un bref aperçu de la situation dans quelques facultés des autres unis romandes ainsi qu'à la Faculté de SSP à Lausanne.

UNIFR: le droit

En droit, à l'Uni de Fribourg, les experts sont en général des licenciés préparant leur brevet d'avocat ou des doctorants (qui ne travaillent pas avec le professeur-examinateur). L'expert est payé, en fonction du nombre d'étudiants qu'il «expertise». Son rôle est de tenir le PV et veiller au bon déroulement formel de l'examen. (sv)

UNIGE: FAPSE

A la Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation (FAPSE) de l'Uni de Genève, c'est l'enseignant qui choisit l'expert. Il est en général interne à la section et non rémunéré. Son rôle est «pour les examens écrits de répondre à l'exigence de la double correction des travaux. Dans le cadre des examens oraux, il se porte garant du bon déroulement de la procédure d'examens, de la non-arbitrarité de la notation et tient le PV», explique Edouard Bayer, Président de la section des sciences de l'éducation. (sv)

UNINE: Sciences

A la Faculté des sciences de Neuchâtel, c'est la secrétaire de la faculté, en accord avec le professeur qui choisit les experts. Ceux-ci sont en général d'autres professeurs de la faculté, des doctorants, parfois, mais plus rarement des assistants de quatrième année. Ils sont rémunérés en fonction du nombre d'examens qu'ils font passer et leur rôle est de veiller à son bon déroulement. (sv)

SSP à l'UNIL: une situation nouvelle

«En SSP, explique Mondher Kilani, doyen de la Faculté, jusqu'à très récemment, le Décanat choisissait les experts qui étaient externes et rétribués. Ils étaient en général d'anciens licenciés ou des praticiens proches de la Faculté. Mais, depuis les coupes d'Orchidée, nous nous sommes trouvés dans l'obligation de recourir au bénévolat, à savoir de solliciter les anciens experts externes qui ont répondu en majorité favorablement, et d'élargir la liste aux doctorants, aux assistants et aux professeurs de la faculté. Dans l'idéal, l'expert devrait fonctionner à la fois comme expert pédagogique et comme personne garante du bon déroulement de l'examen. Nous avons rarement eu de conflits et, le cas échéant, l'avis de l'expert est sollicité et une solution à l'amiable est recherché».(sv)

Retour au sommet


La blouse à la place du képi

Remplacer le service militaire par un engagement en milieu académique, pourquoi pas? Depuis 1997, des jeunes effectuent leur service civil à l'UNIL.

L'Université de Lausanne a été la première haute école de Suisse à demander d'être agréée par la Confédération à recevoir des civilistes. «Mais nous avions déjà employé des objecteurs de conscience envoyés par le canton avant l'instauration du service civil (loi du 6 octobre 1995)», se souvient Christian de Trey, chef du personnel. En tant qu'institution de recherche, l'UNIL peut recevoir des civilistes. Mais attention! L'OFIAMT, qui gère le service, pose un certain nombre de conditions.

Tout d'abord, le civiliste doit se consacrer à une activité de recherche sans pour autant avancer sa thèse ou son diplôme... Il est exclu qu'il enseigne ou qu'il accomplisse des tâches administratives. De fait, ne peuvent venir à l'université que les étudiants diplômés ou avancés, les titulaires de CFC techniques et les laborantins. Contrairement à l'ISREC, l'UNIL ne peut pas leur confier des tâches d'entretien et d'aménagement extérieur. Pourquoi l'ISREC a-t-elle cette possibilité? «Elle ne fait pas d'enseignement.»

Pas de bataillon à l'horizon

Le civiliste ne doit pas être employé de l'UNIL. S'il veut accomplir son service civil en milieu académique, il doit aller dans une autre université. Précisons encore que leur nombre ne doit pas excéder 13 personnes. Pourquoi cette limite? «Nous n'en savons rien, confie Christian de Trey, mais peut-être ce quota pourrait-il être négocié?» Actuellement, l'Université reçoit 5 civilistes et 3 dossiers sont en attente. «En 1997, nous en avions deux.»

Plus long qu'un service militaire, le service civil dure 450 jours. Mais les civilistes sont libres de s'arranger en fonction de leurs disponibilités. L'Institut de géographie emploie un pilote de Crossair au civil, qui vient un mois chaque année.

Jusqu'à présent, Christian de Trey n'a reçu aucune demande émanant d'un professeur qui souhaiterait occuper un civiliste. Au contraire, ce sont les étudiants qui cherchent une affectation et contactent les professeurs. Car il faut convaincre l'institut de passer à la caisse... En effet, le service civil n'est pas gratuit et l'UNIL prend en charge la solde et les indemnités que payerait l'armée. Le professeur qui engage un civiliste doit trouver des fonds en dehors du budget assistant -personnel. Il s'agit d'éviter que le civiliste prenne la place d'un assistant ou occupe un poste de travail. «Avec 1200 francs par mois, un civiliste est plus avantageux qu'un membre du corps intermédiaire.» Patricia Reymond

Retour au sommet