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- La
Table ronde et le budget de l'UNIL
- Des chômeurs à
l'UNIL
- Actuaire, une profession
d'avenir
- Les experts en SSP et ailleurs
en Suisse
- La blouse à la place du
képi
La Table ronde
et le budget de l'UNIL
Exceptionnellement, en raison de l'actualité du
sujet, nous publions en lieu et place d'un édito, la
résolution votée par le Sénat de l'UNIL
reçue dans nos ultimes délais
rédactionnels.
Le Sénat, réuni en
séance ordinaire le mercredi 16 juin 1999, a
débattu des propositions de la Table ronde
concernant l'Université. Il regrette qu'une
solution réaliste et acceptable par les deux
parties n'ait pas encore été trouvée
concernant les deux mesures touchant le corps
professoral.
S'agissant de la proposition consistant à
retrancher du budget d'investissement de
l'Université un montant d'un million de francs en
2000 et d'un second million en 2001, le Sénat fait
observer que les besoins de l'université pour le
renouvellement de son parc scientifique et informatique
se chiffrent à 12 millions de francs par
année; que la part du budget de
l'Université disponible pour l'achat
d'équipements scientifiques et informatiques
décroît régulièrement depuis
1992 (diminution de 40%); que cette part du budget est
actuellement insuffisante de quelque 5 millions de francs
(cf. projet de budget 2000).
Une coupe supplémentaire compromettrait
gravement et durablement les activités
d'enseignement et de recherche à
l'Université, et tout spécialement dans les
facultés des sciences et de médecine. En
outre, elle serait de nature à entraver la
réalisation du Projet de développement et
de coordination entre l'Université de
Genève, l'Université de Lausanne et l'Ecole
polytechnique fédérale de Lausanne, puisque
le soutien de la Confédération à ce
projet est lié à une permanence de
l'engagement financier du Canton de Vaud.
Le Sénat demande donc au Conseil d'Etat que
des discussions soient engagées avec le Rectorat
et que la mesure sur le budget d'investissement soit
rapportée.
Bernard Testa, président du
Sénat
Être au chômage, et trouver un emploi
temporaire subventionné (appelé autrefois
programme d'occupation) à l'UNIL, c'est possible.
Mais attention, cela ne concerne pas n'importe quel
poste.
Affiche du film «Une époque formidable»,
in UNl Iausanne, n° 77, 1993.
Les emplois temporaires subventionnés (ETS) sont
organisés dans les administrations. Ce sont des
mesures actives destinées à aider les
chômeurs à se réinsérer
professionnellement. L'Université en propose
également.
Des critères
contraignants
C'est à l'unité ou à l'institut de
l'Uni de proposer l'emploi qu'il souhaite voir
subventionné. Pas si simple cependant d'offrir un
ETS. Il doit en effet répondre à un certain
nombre de critères: l'emploi doit en principe durer
six mois, il doit être formateur et qualifiant et le
chômeur correctement encadré. En outre le poste
proposé ne doit pas en mettre d'autres en danger ni
faire partie des missions courantes de l'Université.
Les postes d'enseignement sont dès lors
écartés d'office. Quant à la recherche,
«nous essayons de faire accepter le principe selon
lequel les activités de recherche ne peuvent
être considérées comme des tâches
ordinaires de routine et que toute augmentation des moyens
en personnel, à travers des ETS, ne vise qu'à
accélérer leur rythme», souligne
Christian de Trey, responsable du bureau de gestion du
personnel de l'UNIL.
ETS à
l'Université
Actuellement l'Université de Lausanne emploie
quatre chômeurs dans des domaines aussi variés
que des travaux de secrétariat, liés à
un projet de centre de compétence en HEC, de la
recherche en horticulture, un poste d'aide animalier ou de
bibliothécaire en biologie.
«Nous avons eu jusqu'à seize ETS en
même temps, précise Christian de Trey,
actuellement il y en a moins, mais il faut souligner que
certaines demandes sont en suspens», des ETS qui ne
trouvent pas preneurs. C'est le cas actuellement pour le
Centre audiovisuel qui cherche un architecte ou un
dessinateur ou l'Institut de géographie qui demande
un chômeur pour classer des dias.
Malgré des critères assez stricts, ces
postes sont intéressants. D'abord pour le
chômeur, qui se retrouve dans un cadre stimulant, mais
également pour l'UNIL, car ces emplois ne viennent
pas grever son budget, les chômeurs étant
directement payés par l'Etat.
Actuaire, une
profession d'avenir
Les assurances? Même si on râle au moment de
les payer, on ne saurait s'en passer. Pour fixer le montant
de nos primes, les sciences actuarielles jouent un
rôle important dans le calcul des risques. Depuis
1981, l'Ecole des HEC excelle dans la recherche actuarielle
grâce à l'Institut de sciences actuarielles
(ISA) qui est aussi le seul centre de formation de Suisse
romande.
Peut-on imaginer une société sans assurance
qui laisserait la veuve et l'orphelin ou la victime d'un
incendie se débrouiller seuls? Pour que la prime que
paie l'assuré soit équitable par rapport aux
prestations garanties par son assureur, les actuaires
utilisent diverses méthodes mathématiques qui
permettent d'équilibrer le système. C'est
pourquoi les sciences actuarielles touchent une part non
négligeable de l'économie, tant à cause
du rôle social des assurances que par l'importance des
fonds engagés.
Qu'est-ce qu'un
actuaire?
C'est d'abord un spécialiste de la statistique et
du calcul des probabilités appliqués aux
problèmes d'assurance, de prévoyance et de
finance. «Pour être un bon professionnel, il ne
faut pas avoir peur des maths et être polyvalent. car
il est nécessaire d'avoir de bonnes connaissances en
informatique, droit, comptabilité et finance»,
résume François Dufresne, directeur de l'ISA.
«Il faut aussi savoir communiquer et expliquer son
travail à des non-spécialistes, en
général des comptables, des gens du marketing,
des clients», renchérit le professeur Hans
Ulrich Gerber. L'ISA propose des formations de licence et
doctorat. La licence se fait en quatre ans mais l'institut
accepte aussi des étudiants de maths, HEC et EPFL.
«Plus que les statisticiens, les actuaires ont besoin
d'avoir une formation en économie. C'est pourquoi
nous apprécions notre implantation en HEC», dit
François Dufresne.
Un métier en plein
boom
Historiquement, le métier est né quand
s'est posé le problème d'organisation et de
financement d'un système d'assurance-vie. Pour
garantir la pérennité du système, il
était indispensable de disposer de tables de
mortalité et d'une méthode de calcul
permettant d'assigner à chaque adhérent une
contribution suffisante pour que l'institution puisse faire
face à ses engagements. «Il faut travailler dans
le futur mais avec les outils du passé que sont les
données statistiques», dit Hans Gerber.
Aujourd'hui, l'activité de l'actuaire ne s'exerce
plus uniquement dans les assurances-vie. L'importance de la
prévoyance professionnelle a déjà
favorisé le développement de la profession
d'actuaire-conseil. Cette activité qui consiste
à conseiller les entreprises en matière de
financement de la protection sociale devrait connaître
un fort essor au cours des prochaines années. Les
régimes de retraite et de prévoyance ont aussi
besoin d'experts pour fixer les normes nécessaires
à leur équilibre à long terme. Quant
aux manifestations du «hasard» que sont
l'accident, l'incendie ou la catastrophe, elles appellent
les calculs des actuaires, d'autant que dans ce cas, les
lois du hasard sont difficiles à saisir.
Les
banques s'y mettent
Enfin, les banques commencent à engager des
actuaires. Spécialiste du futur aléatoire,
l'actuaire intéresse depuis peu les milieux
financiers. C'est ainsi qu'en Europe de nombreux actuaires
exercent leur activité dans des banques, des
sociétés financières, ou des organismes
ayant accès au marché boursier. Si cette
évolution n'est pas encore très marquée
en Suisse, l'implication des actuaires dans la gestion des
actifs devient de plus en plus courante.
Pénurie de gens
formés
La déréglementation des marchés,
l'ouverture des frontières, les progrès
techniques et la compétition accrue entre les
institutions du marché financier devraient encore
renforcer l'importance des actuaires. Malgré cela, le
métier reste méconnu et il fait souvent peur.
Aux USA, la profession figure pourtant parmi les jobs les
mieux payés et les plus avantageux en termes de
perspectives futures et de sécurité de
l'emploi
En Suisse, les étudiants n'ont pas trop de soucis
à se faire à la fin de leurs études car
notre pays manque d'actuaires formés. C'est pourquoi
les chercheurs de l'ISA n'ont pas hésité
à faire le tour des gymnases pour attirer les
«forts en maths». Une tâche parfois
difficile: «Les jeunes méconnaissent le
rôle capital des assurances dans la
société. En outre, ils ont de la peine
à s'identifier à un métier aussi
concret... Il est clair que l'actuaire fait davantage de la
recherche appliquée que de la recherche
fondamentale.»
Signe des temps, les chercheurs de l'ISA sont de plus en
plus sollicités pour des mandats d'études.
Certains d'entre eux font partie de commissions
fédérales
L'ISA sera l'hôte de la 15th
International Summer School 1999 of the Swiss Association of
Actuaries, qui aura lieu du 9 au 13 août 1999. Fruit
d'une collaboration académique, le cours sera
supervisé par des professeurs de l'ETHZ. Plus de 80
participants du monde entier, employés dans des
assurances, réassurances et caisses de pension sont
attendus à Lausanne. (pr)
Retour au sommet
Les experts, en
SSP et ailleurs en Suisse romande
Suite à l'article sur les experts, paru dans le
dernier numéro d'Uniscope, nous poursuivons notre
enquête, avec un bref aperçu de la situation
dans quelques facultés des autres unis romandes ainsi
qu'à la Faculté de SSP à Lausanne.
UNIFR:
le droit
En droit, à l'Uni de Fribourg, les experts sont en
général des licenciés préparant
leur brevet d'avocat ou des doctorants (qui ne travaillent
pas avec le professeur-examinateur). L'expert est
payé, en fonction du nombre d'étudiants qu'il
«expertise». Son rôle est de tenir le PV et
veiller au bon déroulement formel de l'examen.
(sv)
UNIGE: FAPSE
A la Faculté de psychologie et des sciences de
l'éducation (FAPSE) de l'Uni de Genève, c'est
l'enseignant qui choisit l'expert. Il est en
général interne à la section et non
rémunéré. Son rôle est «pour
les examens écrits de répondre à
l'exigence de la double correction des travaux. Dans le
cadre des examens oraux, il se porte garant du bon
déroulement de la procédure d'examens, de la
non-arbitrarité de la notation et tient le PV»,
explique Edouard Bayer, Président de la section des
sciences de l'éducation. (sv)
UNINE: Sciences
A la Faculté des sciences de Neuchâtel,
c'est la secrétaire de la faculté, en accord
avec le professeur qui choisit les experts. Ceux-ci sont en
général d'autres professeurs de la
faculté, des doctorants, parfois, mais plus rarement
des assistants de quatrième année. Ils sont
rémunérés en fonction du nombre
d'examens qu'ils font passer et leur rôle est de
veiller à son bon déroulement. (sv)
SSP à l'UNIL: une situation nouvelle
«En SSP, explique Mondher Kilani, doyen de la
Faculté, jusqu'à très récemment,
le Décanat choisissait les experts qui étaient
externes et rétribués. Ils étaient en
général d'anciens licenciés ou des
praticiens proches de la Faculté. Mais, depuis les
coupes d'Orchidée, nous nous sommes trouvés
dans l'obligation de recourir au bénévolat,
à savoir de solliciter les anciens experts externes
qui ont répondu en majorité favorablement, et
d'élargir la liste aux doctorants, aux assistants et
aux professeurs de la faculté. Dans l'idéal,
l'expert devrait fonctionner à la fois comme expert
pédagogique et comme personne garante du bon
déroulement de l'examen. Nous avons rarement eu de
conflits et, le cas échéant, l'avis de
l'expert est sollicité et une solution à
l'amiable est recherché».(sv)
Retour au sommet
La blouse
à la place du képi
Remplacer le service militaire par un engagement en
milieu académique, pourquoi pas? Depuis 1997, des
jeunes effectuent leur service civil à l'UNIL.
L'Université de Lausanne a été la
première haute école de Suisse à
demander d'être agréée par la
Confédération à recevoir des
civilistes. «Mais nous avions déjà
employé des objecteurs de conscience envoyés
par le canton avant l'instauration du service civil (loi du
6 octobre 1995)», se souvient Christian de Trey, chef
du personnel. En tant qu'institution de recherche, l'UNIL
peut recevoir des civilistes. Mais attention! L'OFIAMT, qui
gère le service, pose un certain nombre de
conditions.
Tout d'abord, le civiliste doit se consacrer à une
activité de recherche sans pour autant avancer sa
thèse ou son diplôme... Il est exclu qu'il
enseigne ou qu'il accomplisse des tâches
administratives. De fait, ne peuvent venir à
l'université que les étudiants
diplômés ou avancés, les titulaires de
CFC techniques et les laborantins. Contrairement à
l'ISREC, l'UNIL ne peut pas leur confier des tâches
d'entretien et d'aménagement extérieur.
Pourquoi l'ISREC a-t-elle cette possibilité?
«Elle ne fait pas d'enseignement.»
Pas de bataillon à
l'horizon
Le civiliste ne doit pas être employé de
l'UNIL. S'il veut accomplir son service civil en milieu
académique, il doit aller dans une autre
université. Précisons encore que leur nombre
ne doit pas excéder 13 personnes. Pourquoi cette
limite? «Nous n'en savons rien, confie Christian de
Trey, mais peut-être ce quota pourrait-il être
négocié?» Actuellement,
l'Université reçoit 5 civilistes et 3 dossiers
sont en attente. «En 1997, nous en avions
deux.»
Plus long qu'un service militaire, le service civil dure
450 jours. Mais les civilistes sont libres de s'arranger en
fonction de leurs disponibilités. L'Institut de
géographie emploie un pilote de Crossair au civil,
qui vient un mois chaque année.
Jusqu'à présent, Christian de Trey n'a
reçu aucune demande émanant d'un professeur
qui souhaiterait occuper un civiliste. Au contraire, ce sont
les étudiants qui cherchent une affectation et
contactent les professeurs. Car il faut convaincre
l'institut de passer à la caisse... En effet, le
service civil n'est pas gratuit et l'UNIL prend en charge la
solde et les indemnités que payerait l'armée.
Le professeur qui engage un civiliste doit trouver des fonds
en dehors du budget assistant -personnel. Il s'agit
d'éviter que le civiliste prenne la place d'un
assistant ou occupe un poste de travail. «Avec 1200
francs par mois, un civiliste est plus avantageux qu'un
membre du corps intermédiaire.» Patricia
Reymond
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