- Blues des
profs, cafard de l'étudiant
- Le nouveau Rectorat entre en
fonctions
- Suppression de la
faute
- Prendre soin des personnes
âgées
- Chasse aux sorciers ou
néolibéralisme, l'UNIL publie
- Le CAP pour une Afrique
économiquement forte
Blues des
profs, cafard de l'étudiant
par Patricia Reymond
Le doyen d'HEC tire la sonnette d'alarme: l'UNIL risque
de perdre ses meilleurs professeurs. Des salaires peu
concurrentiels (20% de moins qu'à Genève), des
tâches administratives et un nombre d'heures
d'enseignement trop élevé pour assurer les
activités de recherche, autant de facteurs qui
découragent les candidats.
Comment réagir en période
d'économies? Proposer comme le faisait
récemment un journaliste «d'augmenter les taxes
de cours plutôt que s'en prendre aux
professeurs»? Cette idée laisse songeur quand on
sait que celles-ci ne couvrent que 2,3% des dépenses
de fonctionnement de l'UNIL.
Pauvres étudiants! En somme, ils devraient payer
plus pour avoir moins puisque ce même journaliste
suggérait de diminuer les heures d'enseignement
données par les enseignants pour qu'ils aient
davantage de temps pour leurs recherches.
Taxer davantage les étudiants est une idée
simpliste. C'est oublier qu'ils ne sont pas les seuls
à bénéficier de l'activité et du
rayonnement de leur chère Alma mater. Car une
université attractive profite en définitive
à l'ensemble du canton.
Retour au sommet
La notte d'Antonioni, DR
Le nouveau droit du divorce qui entrera en vigueur en
janvier 2000 va fortement modifier la situation des couples
divorcés. Pour en parler, le CEDIDAC organise une
journée d'études le 8 septembre.
On peut être surpris que le club du CEDIDAC, Centre
du droit de l'entreprise, organise des conférences
sur le droit de la famille et du divorce en particulier.
«C'est un sujet d'actualité. Alors que les
cantons sont en train de rédiger des lois de
procédure pour s'adapter aux innovations du droit
fédéral, les praticiens ont besoin de
s'informer», explique Suzette Sandoz, professeure.
Pendant la journée d'études, Denis Tappy,
président du Tribunal du district de Vevey, Giorgio
Bernasconi, juge cantonal tessinois et Maître Michel
Ducrot présenteront respectivement les
procédures vaudoise, tessinoise et valaisanne.
Longtemps réclamée, la réforme du
droit du divorce intervient après celle du mariage de
1988. Le nouveau droit s'appliquera aussi aux
procédures de divorce de première instance qui
ont débuté avant le 1er janvier
2000. Mais quelles sont les innovations du nouveau
droit?
La culpabilité, plus un
critère
«La plus importante réside certainement dans
la suppression de la faute puisque le juge ne s'occupera
plus de déterminer un coupable (par exemple en cas
d'adultère)», répond Suzette Sandoz. La
Suisse a innové en évacuant
complètement cette question de faute. Or elle avait
une influence certaine sur l'attribution des pensions
alimentaires.
Désormais, la rente sera fixée en fonction
des besoins et surtout des possibilités. Mais son
montant pourra être adapté plus tard.» Le
8 septembre, Martin Stettler, professeur à
l'Université de Genève, abordera ce
problème des pensions alimentaires.
L'un des changements majeurs est l'obligation de partager
entre époux les économies
réalisées dans le cadre de la
prévoyance professionnelle. Cette mesure ne sera pas,
on s'en doute, simple à exécuter et
Maître Jacques-André Schneider, chargé
de cours à l'UNIL, réfléchira sur les
conséquences possibles de la réforme.
Enfin, signalons que le nouveau droit donne au juge la
possibilité d'accorder l'autorité parentale
conjointe. Philippe Gardaz, juge au Tribunal cantonal
vaudois, sera amené à traiter de cette
question (pr)
Le nouveau
Rectorat entre en scène: présentation et
interview
La rentrée académique arrive comme chaque
année avec son lot de nouveautés. Nous saluons
cette fois l'arrivée d'une nouvelle équipe
à la tête de l'Université.
Le 1er septembre, le
nouveau recteur, Jean-Marc Rapp (droit), entre en fonction.
Il succède à Eric Junod (théologie),
qui n'avait pas souhaité se
représenter.
Les vice-recteurs seront
désormais au nombre de quatre: Maia Wentland Forte
(HEC), Walter Wahli (biologie) et Jörg Winistörfer
(géographie), remplacent Pascal Bridel (HEC) et Oscar
Burlet (mathématiques) tandis que Jacques Diezi
(médecine) continue son mandat.
Dans un monde universitaire en plein changement, les
membres du nouveau Rectorat n'ont pas accepté
à la légère la charge nouvelle qu'ils
assumeront désormais.
Afin de les présenter, de comprendre leurs
motivations et leurs attentes, Uniscope leur a posé
quelques questions. (sv)
- * Quel a été,
en quelques mots, votre parcours (professionel,
académique)?
- * Quelles seront vos
attributions au sein du nouveau Rectorat?
- * Quels sont, à votre
avis, les plus gros dossiers qui vous
attendent?
- * Qu'est-ce qui vous a
incité à accepter cette
charge?
Jean-Marc
Rapp, Faculté de droit, professeur de droit des
obligations et de droit commercial
* Licence en droit en 1975, doctorat de
l'Université de Lausanne en 1983, puis brevet
d'avocat vaudois en 1984 et Master of Laws de
l'Université de Californie, à Berkeley en
1985.
Professeur extraordinaire de droit des obligations puis
professeur ordinaire de droit des obligations et de droit
commercial dès 1989 à l'UNIL, j'ai
été professeur invité à
l'Université de Fribourg (1994). Je suis membre du
Conseil de la Fondation du Centre de l'entreprise de
l'Université de Lausanne (CEDIDAC) depuis 1993. J'ai
été vice-doyen, puis doyen de la
Faculté de droit de 1996-1998. Au niveau
professionnel, j'ai travaillé comme avocat à
Lausanne et à San Francisco, exercé des
fonctions de juge cantonal suppléant au Tribunal
cantonal vaudois, effectué un stage à la
Commission européenne. Au niveau politique, j'ai
été conseiller communal à Lausanne puis
député au Grand Conseil vaudois (1995 à
1998).
* Sur le plan interne, je serai notamment responsable des
affaires générales de l'Université et,
à ce titre, de veiller à ce que le traitement
des divers dossiers incombant au Rectorat s'inscrive dans le
cadre de la politique générale que celui-ci
aura adoptée. Sur le plan externe, j'assurerai la
représentation et la défense des
intérêts de l'Université dans le cadre
d'une politique de communication que j'entends
superviser.
* La réalisation du projet de coordination et de
développement UNIL, UNIGE, EPFL avec ses multiples
implications. La révision de la LUL, qui doit
être guidée par le souci d'assurer à
l'UNIL les meilleures conditions cadres dans le contexte
issu des nouvelles réglementations
fédérales en voie d'adoption. La repourvue
coordonnée d'un grand nombre de postes professoraux
ces prochaines années entre Lausanne et
Genève.
* L'ambition de défendre et développer le
mieux que je le pourrai un service public d'une importance
exceptionnelle, par sa mission très exigeante et son
rôle essentiel dans le développement du
pays.
Maia
Wentland Forte, Faculté des HEC
* Diplômée en économie et finances de
l'Institut d'études politiques de Paris, j'ai obtenu
un DEA en intelligence artificielle de l'Université
de Paris VI et un doctorat en informatique de gestion de
l'UNIL. J'ai notamment travaillé comme
ingénieur-conseil au sein de la direction des
études industrielles de la Banque Nationale de Paris,
créé une entreprise spécialisée
dans le développement de systèmes d'aide
à la décision dans le domaine bancaire et
financier. Professeur extraordinaire à l'Ecole des
HEC, depuis 1996, j'assume aussi la direction du programme
MBA.
* Du budget, de l'informatique et des statistiques.
* La défense des intérêts de l'UNIL
vis-à-vis des pouvoirs publics et de la
collectivité ainsi que la mise en place d'une
collaboration inter-institutionnelle avec nos
collègues lémaniques.
* J'espère contribuer à infléchir la
politique de l'UNIL et même, celle de l'Etat de Vaud
vis-à-vis de son Université sur certains
points. Je pense que l'UNIL est, et doit rester, une
composante importante du service public puisqu'elle forme
les individus sur lesquels notre société
repose. C'est pourquoi elle doit bénéficier
d'un financement direct afin que son indépendance
soit garantie tout en lui assurant un fonctionnement normal
et un développement harmonieux, et en veillant
à une utilisation économe des deniers publics.
Je défends l'idée qu'il convient de
préserver et de promouvoir le statut de notre
Université ainsi que son rayonnement propre dans tout
projet d'association ou de collaboration, en particulier
avec les institutions universitaires de notre région.
Enfin, je souhaite renforcer l'idée que la mission
fondamentale de notre institution est de dispenser un
enseignement de qualité, sachant que toute
activité d'enseignement supérieure doit aller
de pair avec une activité créatrice de
réflexion et de recherche.
Walter
Wahli, Faculté des sciences (biologie)
* Brevet d'instituteur en 1967, diplôme de
biologiste en 1975 et doctorat en 1977 à
l'Université de Berne.
Après avoir été instituteur,
professeur de gymnase et assistant diplômé,
j'ai été chercheur au Département
d'Embryologie de l'Institution Carnegie à Baltimore
et aux Instituts Nationaux de la Santé des USA
à Bethesda. Je suis professeur ordinaire et directeur
de l'Institut de Biologie animale de l'UNIL, depuis
1980.
* La recherche et la formation postgrade et continue. Ces
deux secteurs auront une place encore plus importante dans
l'université de demain dont le rayonnement
dépendra largement de la qualité et du niveau
d'internationalisation de ces deux activités.
* Les hautes écoles lémaniques ont
amorcé un processus de développement et de
coordination de grande envergure qui leur permettra
d'inscrire leur action dans une perspective commune. La
réalisation des projets liés à la
réussite de cette entreprise, dans les secteurs dont
je serai responsable, représente pour moi un objectif
prioritaire, qui me motive énormément. De
nouvelles structures sont indispensables pour que le
potentiel exceptionnel que représentent les
enseignants et chercheurs de ces trois hautes écoles
et des instituts associés puisse s'exprimer
pleinement. Par faute de moyens et de structures
adéquates, la recherche suisse s'essouffle dans des
domaines cruciaux pour l'avenir alors que plusieurs nations
plus ambitieuses passent résolument à
l'offensive. C'est alarmant! Il s'agira donc de convaincre
la population et ses représentants de l'exigence d'un
soutien augmenté plutôt que
relâché en faveur de la formation et la
recherche pour le développement social, culturel et
économique de ce pays et de son maintien en bonne
position au plan international.
Jacques
Diezi, Faculté de médecine
* Après des études de médecine
à l'Université de Neuchâtel et de
Lausanne, terminées en 1965, des stages dans divers
hôpitaux, j'ai exercé différentes
activités pré- et postdoctorale en
pharmacologie, physiologie et toxicologie à Lausanne
et aux Etats-Unis. J'ai occupé le poste de professeur
assistant à l'Université de Yale, puis
à l'Institut de pharmacologie et de toxicologie
à Lausanne. D'abord professeur associé, je
suis, depuis 1990, professeur ordinaire à l'UNIL. Je
suis aussi responsable de l'Unité de toxicologie et
vice-recteur depuis 1995.
* Je continue à m'occuper des affaires
étudiantes et des relations internationales.
* Les plus gros dossiers concernent l'ensemble du
rectorat, en premier lieu le projet de développement
avec l'Université de Genève et l'EPFL, et les
modifications du contexte général des
relations entre la Confédération et les
cantons dans le domaine universitaire. Les questions du
financement des universités, les débats sur la
limitation d'accès aux études universitaires
dans certains secteurs et le maintien de la
«visibilité» de l'Université de
Lausanne au niveau international en enseignement et
recherche vont continuer à être
d'actualité.
* Le fait que le recteur élu et moi-même
ayons pu trouver des points de convergence dans la
perception des dossiers universitaires, que la
présence d'un membre de l'équipe du rectorat
sortant, avec des collaborateurs motivés et
efficaces, amène peut-être un atout dans une
première phase d'activité du nouveau rectorat,
et que cette époque de réflexions et de
changements importants relatifs à l'université
me paraît tout à fait
intéressante...
Jörg
Winistörfer, Faculté des lettres
(géographie)
*Après des études de Lettres à
L'UNIL (géographie), j'ai rédigé une
thèse sous la direction du professeur Marcel Burri,
géologue, traitant des questions quaternaires dans
les Alpes valaisannes. J'ai occupé des postes de
suppléants dans l'enseignement vaudois puis ai
été rattaché à l'UNIL où
j'ai mis en place un enseignement de géographie
physique dans le cadre des études de lettres. J'ai
enseigné la géomorphologie au
département de géologie durant trois ans
à Genève et donné deux fois un cours
sur le Quaternaire alpin à l'Institut de
géographie de Fribourg. Les thèses que j'ai
dirigées traitent de question quaternaire, de gestion
des sols au Sahel et des problèmes liés au
périglaciaire dans les Alpes. Les thèmes en
cours traitent davantage des questions de gestions des
écosystèmes naturels et de leur
conservation.
De 1978 à 1984, j'ai été
président du jury d'examens du Bac International de
Londres/Genève. Dès 1983 je me suis
orienté vers les questions de développement et
environnementales dans le Sahel. Deux projets de recherches
m'ont permis d'approfondir les questions de gestion des
zones fragiles et la capacité endogène de
développement des populations.
* L'enseignement, les enseignants et les
bâtiments.
* La réorganisation du paysage universitaire de
Suisse occidentale dans l'optique 2005/2010,
l'adéquation formation et emplois, l'apparition de
HEP/HES, la place de l'Université dans la
société et le financement de
l'Université.
* Dans ma jeunesse, je me suis adonné avec passion
à l'alpinisme, chaque ascension est un défi,
il doit m'être resté un goût pour les
défis. Je crois que la modification de l'enseignement
supérieur est un des domaines les plus importants
pour notre jeunesse et j'espère pouvoir contribuer
à réussir ce challenge.
UNIL, le nouveau parti de
Jean-Marc Rapp
Le 1er septembre, Jean-Marc-Rapp prend, avec
sa nouvelle équipe, les commandes de l'UNIL. Sa
tâche ne sera pas aisée: en effet, il
hérite de gros dossiers, en particulier celui du
rapprochement des trois hautes écoles
lémaniques. Pour Uniscope, il a accepté de
répondre à quelques questions.
Comment considérez-vous
votre rôle de Recteur?
Un rôle essentiellement double. D'une part il
s'agit d'un rôle politique qui consiste à
expliquer et défendre la position de
l'Université à l'extérieur. D'autre
part c'est un rôle de gestionnaire dont la mission est
de contribuer le mieux possible au bon fonctionnement de
l'Université pour ses usagers.
De quelle manière votre
expérience et votre engagement politique
influenceront-ils votre façon de diriger
l'Université?
Du point de vue interne, je ne crois pas que ma petite
expérience politique ait une influence
particulière. En revanche, dans mon rôle de
représentant de l'Université à
l'extérieur, j'espère que ma connaissance des
rouages politiques et les contacts que j'ai noués
pourront être mis à profit.
Vous avez abandonné votre
mandat politique...
Oui, j'y ai renoncé de moi-même. Je ne pense
pas que les deux activités soient compatibles. Il
existe à l'intérieur de l'Université un
grand nombre de sensibilités différentes que
la présence d'un recteur engagé pourrait
heurter. De plus, cela pourrait fragiliser la relation de
confiance qu'un recteur doit pouvoir entretenir avec les
autorités. Maintenant, l'Université est mon
nouveau parti!
Pourquoi le passage de trois
à quatre vice-recteurs?
Cette possibilité existe dans la loi sur
l'Université de Lausanne et je l'ai choisie devant
l'ampleur et la complexité du travail à
accomplir, tout particulièrement le projet de
rapprochement UNIL, UNIGe, EPFL.
Mon idée était aussi de répartir un
peu différemment les domaines de
responsabilité des vice-recteurs. Un des changements
principaux que j'ai introduit est le regroupement en un seul
dicastère de tout ce qui concerne la recherche, la
formation postgrade et la formation continue. En effet, les
deux derniers domaines sont parfois difficilement
distinguables.
Des trois mesures de la Table
ronde concernant l'UNIL (rétrocession d'une part des
honoraires des mandats privés des professeurs, baisse
du budget des équipements spécialisés
de 5,3 à 4,3 millions et suppression de la
participation de l'UNIL au rachat d'années de caisse
de pension par les nouveaux professeurs), laquelle vous
semble-t-elle la plus dangereuse pour l'Université?
Comment allez-vous (ré)agir?
La plus dangereuse est clairement la baisse du budget
d'équipement.
Le rectorat d'Eric Junod a fait une contre-proposition.
Il a demandé que le surplus des recettes, provenant
des accord intercantonaux (ce que paient les cantons pour
leurs ressortissants qui viennent étudier à
Lausanne), soit affecté à l'Université.
Après tout, c'est bien l'Université qui
génère ces recettes, les cantons paient pour
leurs étudiants et non pas pour d'autres services de
l'Etat de Vaud!
Pour ce qui est de la rétrocession des honoraires,
l'Université a déposé un projet de
réglementation inspiré par celui de
Genève. Pour l'heure, nous attendons la
réponse du département.
Qu'est-ce qui est le plus
important, le rapprochement avec Genève ou la
redistribution des branches entre l'EPFL et les deux
universités?
Pour moi, cela fait partie d'un même projet,
à savoir de rapprocher les trois hautes écoles
lémaniques. Contrairement à que certains
craignent, le rapprochement avec Genève
n'équivaut pas à une fusion, avec la
disparition de deux entités au profit d'une nouvelle.
Soyons clair, il ne s'agit pas de créer une
méga-université mais de faire face à un
contexte budgétaire difficile dans les deux cantons.
L'Université est un service public, pas une
entreprise, de même que ses étudiants ne sont
pas des clients mais des citoyens. Le moins que nous
puissions faire, c'est de maintenir le même niveau de
services, voire d'en proposer de nouveaux qui
répondent aux aspirations des étudiants et des
chercheurs. Comme nous avons de la peine à obtenir
les moyens de développer nos hautes écoles,
nous avons tout intérêt à collaborer
pour partager les frais.
Les étudiants ont parfois l'impression qu'il
s'agit d'une restructuration, que l'on va supprimer des
chaires et qu'ils devront naviguer comme des abeilles entre
plusieurs sites. Mais il ne s'agit pas de cela, nous
cherchons seulement les domaines où mener une
politique conjointe est le plus profitable, en particulier
pour la recherche. Ainsi le rapprochement avec Genève
ne concerne pas les étudiants de premier certificat,
mais surtout ceux de deuxième et troisième
cycles. Il a permis de mettre sur pied de nouveaux
postgrades, comme celui en droit des affaires qui
connaît un grand succès, preuve que les
étudiants réagissent favorablement.
Quel est l'avenir de la CUSO
dans un paysage universitaire romand qui semble de plus en
plus séparé en deux entités (BENEFRI
d'un côté et les hautes écoles
lémaniques de l'autre) ?
La CUSO reste indispensable parce qu'elle
représente un espace de discussion et un outil de
coordination entre les universités de Suisse
occidentale. Elle a d'ailleurs le mérite de compenser
le côté exclusif des alliances
interuniversitaires telles que Lausanne-Genève ou
BENEFRI. En effet, le risque serait de constituer des fiefs
et de se fermer aux autres institutions. Or il faut voir que
si Genève est clairement notre partenaire
institutionnel, d'autres collaborations ne sont pas exclues.
Pour reprendre l'exemple des postgrades, la CUSO fait un bon
travail dans la mise en place des diplômes de
troisème cycle. On peut tout à fait imaginer
qu'un programme commun Lausanne-Genève
débouche sur un diplôme romand. Les conventions
qui sont passées permettent d'ailleurs d'ouvrir ces
programmes à d'autres institutions. Dans certains
domaines, en effet, il n'est d'ailleurs pas sûr que
deux universités atteignent la masse critique
suffisante.
*
De gauche à droite: JörgWinistörfer,
Maia Wentland Forte, Jean-Marc Rapp, Mireille Zahnd
(secrétaire générale), Walter Wahli,
Jean-Paul Dépraz (directeur administratif) et Jacques
Diezi.
Photo: A. Herzog
Propos recueillis par Patricia Reymond et Sophie
Vassaux
Retour au sommet
Prendre soin
des personnes âgées
Il est parfois difficile pour les personnes
âgées de reprendre une vie normale après
un accident ou à une maladie. Les aider à
récupérer leur autonomie est la mission des
Centres de traitement et de réadaptation.
A l'occasion de leurs dix ans et dans le cadre de
l'année internationale de la personne
âgée, les Centres de traitement et de
réadaptation (CTR) du canton de Vaud organisent une
journée d'étude et de réflexion
consacrée au problème de la
réadaptation.
Destinée à tous les professionnels de la
santé et, en particulier, à ceux qui
s'occupent de personnes âgées, cette
journée aura lieu le 14 septembre à Dorigny.
Elle accueillera des spécialistes du domaine
(médecins, infirmières, juristes...), de
Suisse mais également de France, de Belgique et du
Canada, et se terminera par une allocution du
secrétaire d'Etat à la recherche et à
la science, Charles Kleiber, ancien directeur des Hospices
cantonaux.
Pour René Schulé, administrateur du Centre
universitaire de traitement et de réadaptation (CUTR)
de Sylvana, à Epalinges, «les CTR sont des
structures hospitalières qui se situent entre
l'hôpital et le retour à domicile ou l'EMS. Ils
accueillent une large majorité de personnes
âgées, qui nécessitent des soins
spécifiques, mais n'ont pas besoin de toute
l'infrastructure d'un hôpital en soins
généraux».
Interdisciplinaire
La mission de ces établissements est de rendre au
patient le plus d'autonomie possible afin de favoriser son
retour et son maintien à domicile. Le plus souvent
envoyés par un hôpital, les patients sont
entourés d'une équipe de médecins,
infirmières, physiothérapeutes,
ergothérapeutes, diététiciennes et
assistants sociaux qui préparent un programme de
réadaptation personnalisé.
Avantage
économique
C'est pour répondre à un manque de
structures d'acceuil pour les patients âgés que
les CTR se sont développés. Reconnus
officiellement en 1989, le canton de Vaud en compte
actuellement neuf. Ceux-ci représentent un avantage
économique certain pour l'ensemble du système
de santé. En effet, ces établissements n'ont
besoin d'aucun équipement lourd (salles
d'opération, ou scanners, par exemple) et utilisent
un personnel réduit.
Chasse aux
sorciers ou néolibéralisme, l'UNIL
publie
Georg Modestin. Le diable chez l'évêque,
chasse aux sorciers dans le diocèse de Lausanne (vers
1460). Lausanne, 1999 (Cahiers lausannois d'histoire
médiévale; 25).
Le diable sévit sur les terres de
l'évêque! Face au danger, autorités et
dominicains de Lausanne mettent en place un tribunal de
l'inquisition qui se révélera un instrument de
répression très efficace. Des paroissiens
d'Henniez, Bulle et La Roche vont subir les rigueurs de sa
justice.
L'auteur qui a étudié trois procès
nous fait partager le sort des malheureux accusés,
depuis leur dénonciation, jusqu'au bûcher.
Soumis à la torture, harcelés de questions
dont la dialectique leur échappent, ils s'accusent
des crimes les plus improbables: reniement de Dieu,
adoration du diable, infanticide et cannibalisme. Ce livre
esquisse un arrière-plan social des accusés
qui permet souvent de saisir les conflits à la base
des accusations de sorcellerie.
André Mach (dir.). Globalisation,
néolibéralisme et politiques pu-bliques dans
les Suisse des années 1990. Zürich: Seismo,
1999.
En dix ans, la Suisse a connu une vague sans
précédent de réformes de ses politiques
sociales et économiques. Ces changements renvoient
à des facteurs structurels tels que la mondialisation
ou la progression du chômage, mais André Mach
pense qu'ils sont aussi une réponse aux impulsions
politiques données par les acteurs de
l'économie suisse. S'il est encore difficile de
mesurer la portée de ces bouleversements, l'auteur et
des étudiants avancés en SSP ont voulu
identifier les partisans du néolibéralisme et
leurs revendications et analyser leur influence dans les
dossiers d'actualité: privatisation des PTT,
révisions de l'AVS, loi sur les cartels, politique
agricole.
Claude Calame. Mondher Kilani. La fabrication de l'humain
dans les cultures et en anthropologie. Lausanne: Payot,
1999.
Pour définir un modèle humain, les
sociétés ont utilisé divers moyens qui
vont du mythe à la stratification des rapports
sociaux, tandis que le discours anthropologique recourt
à des métaphysiques ou des modèles
cognitifs. Fruit de cette réflexion, le livre propose
plusieurs pistes.
Parmi celles-ci, Annamaria Rivera explore les nuances de
la relation homme-animal tandis que Thomas Laqueur illustre
sa réflexion par le problème de l'esclavage.
Claude Blanckaert présente les classifications
anthropologiques des Lumières et Françoise
Héritier parle des implications sociologiques de la
reproduction assistée sur la «fabrication de
l'humain». (pr)
Retour au sommet
Le CAP pour une
Afrique économiquement forte
A l'aube du 3e millénaire, l'Afrique
reste en marge des échanges économiques
internationaux. Pour faire le lien entre les entrepreneurs
africains et l'économie suisse, des membres de la
diaspora africaine ont créé un Centre africain
de promotion économique (CAP) qui a son siège
à l'UNIL.
L'une des conséquences de l'isolement africain est
son faible attrait pour les investisseurs, tandis que le
continent exporte peu de produits à valeur
ajoutée. Il n'est donc pas surprenant que, les
conditions de vie de ses populations se
détériorent, favorisant les crises sociales.
Les guerres qui secouent le continent témoignent de
la faillite d'un développement qui privilégie
l'aide internationale au détriment de la
création des richesses.
L'augmentation du prix des importations, le coût du
crédit et les dépréciations
monétaires ont fait chuter la croissance industrielle
de 4,5% en 1995 à 2,5 en 1997. Les investissements
directs étrangers restent faibles: 5 milliards de
dollars sur les 350 investis dans le monde en 1996. Pourtant
l'Afrique a des atouts: une population jeune, une diaspora
solidaire, des consommateurs dont les besoins sont loin
d'être satisfaits et des richesses naturelles à
profusion.
Des opportunités
nouvelles
Les
investisseurs s'intéressent de plus en plus aux
marchés extra-européens mais concentrent leurs
efforts sur les pays émergents (les tigres). Les
crises asiatique et brésilienne offrent une
opportunité de mieux profiler les pays africains,
ceux de l'Afrique subsaharienne, par exemple, qui ont suivi
ces dernières décennies des programmes
d'ajustement structurel qui ont amélioré leur
compétitivité même si les populations
ont supporté les coûts sociaux
élevés. De nouvelles institutions sont
créées, permettant une harmonisation du droit
des affaires. Voilà qui pourrait attirer les
investisseurs et le CAP se propose de faire connaître
les marchés africains. «Nous voulons servir de
relais, explique Kpate Adjaoute, professeur-assistant en
HEC, parce qu'il est parfois difficile d'obtenir des
données économiques fines, en dehors des
indicateurs macroéconomiques livrés par le
FMI.» Le CAP veut montrer que l'Afrique offre des
secteurs prometteurs. Il fera d'ailleurs le tour des
chambres de commerce africaines pour les identifier.
Patricia Reymond
Créer des liens avec le Sud
La création d'un centre comme le CAP doit beaucoup
au bénévolat de ses membres. D'ore et
déjà, ils peaufinent leur programme. Etat des
lieux et perspectives...
Face aux pessimistes, les initiateurs du CAP
dévoilent ses atouts: un esprit panafricain, de la
motivation et des relations. Tout cela lui devrait permettre
d'être un intermédiaire entre les acteurs
économiques des deux continents. C'est pourquoi, le
centre a reçu le soutien de la commission nord-sud de
l'UNIL qui hébergera le CAP. Une occasion pour notre
Alma Mater de renforcer sa visibilité puisque le CAP
a déjà noué des contacts en Europe et
aux USA.
Mais ses promoteurs se font peu d'illusions: la route
sera semée d'embûches. Parmi celles-ci figure
le faible attrait de l'Afrique pour les entrepreneurs
suisses. Parce que ce continent traîne une
réputation d'instabilité et de corruption...
mais aussi parce notre tissu économique est
dominé par des PME dont les aires d'influence sont
locales ou spécifiques (ainsi les industries de
précision exportent vers les pays
industrialisés). A cela s'ajoute une
méconnaissance mutuelle. Car si les Suisses
s'intéressent peu à l'Afrique, les Africains
connaissent mieux les entreprises françaises,
américaines ou anglaises déjà
implantées sur le continent pour des raisons
historiques.
Pour dialoguer, il faut se connaître. C'est
pourquoi le CAP veut organiser des colloques et des
conférences, multiplier les prises de contact
à tous les niveaux (par exemple en aidant des jeunes
à trouver des stages ou des jobs en Afrique) et,
pourquoi pas?, proposer des modules d'enseignement.
Actuellement, il existe peu de possibilités pour les
étudiants HEC de suivre des cours en économie
du développement depuis la retraite du professeur
Marc Iffland. (pr)
L'avenir appartient aux
électriciens d'Afrique
Pour 1999-2000, le CAP se concentre sur un projet relatif
au secteur énergétique. en organisant un
symposium sur le thème «Rôle possible des
entreprises et institutions suisses dans le
développement et le financement du secteur
électrique en Afrique». Pourquoi ce secteur?
«Parce qu'il est porteur. A une forte demande africaine
correspond en Suisse une saturation du marché, dit
Edgar Gnansounou, diplômé de l'EPFL, par
conséquent les entreprises électriques suisses
pourraient s'internationaliser.» Le projet
répond bien à la philosophie du CAP.
«Nous voulons être opportunistes. Identifier les
besoins de part et d'autre, rechercher les correspondances
et ne pas nous disperser.» (pr)
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