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1684

Pierre Bayle ; Jean Le Clerc, Lettre à Pierre Bayle

Kobenhavn, Kongelige Bibliotek, Ms. Thott, n. 1208c, lett. II

Critique des Nouvelles de la République des Lettres

Après avoir informé son destinataire de ce qu'il a ouï dire "en général" de ses "Nouvelles de la Républiques des Lettres", l'épistolier détaille ses remarques sur des points particuliers. Parmi elles, on trouve ce commentaire à propos de l'article que Bayle consacre à la parution de la comédie Arlequin procureur. Quelques jours plus tard, Bayle se justifie ainsi :

Jean Le Clerc à Pierre Bayle,
3 juin 1684

L'Arlequin procureur ne méritait pas, comme l'on croit, d'être inséré dans ces nouvelles. Et le petit lieu commun touchant l'utilité de la comédie ne fait pas trop bon effet ici. (p. 179)


Pierre Bayle à Jean Le Clerc,
18 juin 1684

[Après avoir convenu des défauts] Mais Monsieur il faut savoir que plusieurs personnes, et surtout de Paris, m'ont puissamment exhorté à ne point faire mon journal uniquement pour les savants. Ils m'ont dit qu'il faut tenir un milieu entre les nouvelles de gazette et les nouvelles de pure science, afin que les cavaliers et les dames, en en général mille personnes qui lisent et qui ont de l'esprit sans être savants, se divertissent à la lecture de nos nouvelles. Ils m'ont fait comprendre que le débit par ce moyen sera grand partout ; qu'il faut donc égayer un peu les choses, y mêler de petites particularités, quelques petites railleries, des nouvelles de romans, et des comédies, et diversifier le plus qu'on pourra.
[...]
Ainsi ce n'est pas par imprudence que j'ai inséré ces choses et celles qui regardent la comédie à l'occasion d'Arlequin procureur. C'est une affaire où il y a du dessein ; ces inutilités et ces superfluités à l'égard des gens tout à fait savants, et qui n'ont du goût que pour les choses grandes et solides, sont presque nécessaires à l'ouvrage que j'ai entrepris, à qui expressément je n'ai donné qu'un titre fort général, de peur d'épouvanter les gens du monde.

Jean Le Clerc, Epistolario , éd. M. Sina, Firenze, L. S. Olschki, 1987-1997, p.179 et p.183-4


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