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1639

Jean-Louis Guez de Balzac, Lettres

Paris, Billaine, 1665

Du roman et du théâtre : autour de l'Arioste

Le 15 mars 1639, Balzac adresse à un destinataire non spécifié ses réflexions sur les Suppositi de l'Arioste :

Pour juger en maître de la comédie que vous m’avez fait la faveur de m’envoyer, il faudrait n’être pas écolier et avoir plus de connaissance que je n’ai des secrets d’Aristote et des vôtres. J’appelle ainsi cette nouvelle doctrine que vous découvrez à vos favoris et dont nos poètes ne savent qu’autant qu’il vous plaît de leur en apprendre. Je ne laisserai pas pourtant de vous déclarer mon opinion en attendant votre arrêt de vous dire qu’il me semble que les Supposés ne font point de déshonneur à Roland leur frère aîné. A mon gré, il ne se peut voir de fable plus ingénieuse, plus nette ni mieux démêlée que celle-ci et la France n’a encore rien vu en ce genre qui mérite de lui être comparé. Il est presque impossible de plier la gravité de nos vers et de les abaisser jusqu’à la familiarité de la conversation ordinaire. La prose, d’ailleurs ne me plaît guère sur le théâtre et les vers sans rime sont morts pour jamais avec notre ami de la Tournelle. […] Quoi qu’il en soit, je ne m’en dois pas beaucoup soucier. Bien ou mal, vrai ou faux, c’est presque aujourd’hui la même chose et tout le monde se mêle de juger quoiqu’il n’y ait rien de si rare que le jugement.

Correspondance disponible sur Gallica.


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