Par support > Correspondances > Lettre à Monsieur Voiture

 

1646

Claude de Mesmes comte d' Avaux, Lettre à Monsieur Voiture

Vie de plaisirs qui choque même les comédiens

Dans cette lettre datée du 6 décembre 1646, le comte d'Avaux témoigne avec insistance des divertissements qui l'occupent à Münster, non sans évoquer la France à travers un discret éloge de Bellerose:

Je suis marri de vous donner cette nouvelle, à vous autres courtisans, mais en vérité, l'on passe fort bien le temps en une absence, l'on ne songe point du tout à votre vilain Paris. Si l'on en écrit autrement à vos bonnes amies, détrompez-les sur ma parole, et dites à madame la marquise de Montausier que l'on rit fort bien ici, que l'on y est enjoué et qu'il n'y a pas de jour en toute la semaine où l'on s'ennuie, si ce n'est un peu le lundi, qui est le jour qu'on écrit en France. Nos divertissements ont passé même jusqu'à ce point de choquer une troupe de comédiens qui, s'étant formés depuis peu dans la maison, et n'ayant pas du tout si bien réussi que Bellerose, quelqu'un d'eux jeta l'autre jour une lettre à la porte de monsieur Esprit par laquelle il se plaint de ses railleries, et y ajoute des injures et des menaces. Vous pouvez croire que ce bon personnage a oublié de signer, et ainsi son emportement est tant plus méprisé que l'auteur en est inconnu, et la cause assez ridicule.

ms de Conrart, 4115, p. 661
Lettres , éd. Sophie Rollin, Paris, Champion, 2013, p.145


Pour indiquer la provenance des citations : accompagner la référence de l’ouvrage cité de la mention « site Naissance de la critique dramatique »