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1697

Charles Perrault, Les Hommes illustres

Paris, Antoine Dezallier, 1697

Réception des premières pièces de Mairet et Corneille

Dans l'article qu'il consacre à Corneille, Perrault dresse un portrait de la scène dramatique lors de sa rénovation dans les années 1630. L'objectif est de montrer que Corneille a ravi les spectateurs par la nouveauté de son théâtre.

Dans ce temps, Mairet, autre poète d’un mérite distingué, avait fait représenter une pastorale qu'on appelait la Sylvie, laquelle avait reçu des applaudissements incroyables, quoique la pièce fût assez défectueuse, mais on en était charmé parce qu'elle venait ensuite des tragédies de Garnier et de Hardy, dont le langage ne tenait guère moins du latin que du français, et dont les sujets traités à la manière antique étaient d'une langueur insupportable. Autant que la Sylvie avait éclaté par la comparaison qu'on en avait faite avec les pièces de théâtre précédentes, autant les premières pièces de Corneille firent-elles de bruit lorsqu’elles parurent, par le degré d’excellence qu'elles avaient au-dessus de cette pastorale. La première fut Mélite, qui eut un succès extraordinaire, et qui fut suivie de sept autres, après lesquelles il donna le Cid, les Horaces, Cinna, Polyeucte, la Mort de Pompée, le Menteur, Rodogune, Héraclius, Dom Sanche d'Aragon et Nicomède. Pièces qui parurent d'une si grande beauté qu'on trouva que Corneille s’était élevé par ces dernières pièces autant au-dessus de lui-même qu'il s’était élevé au-dessus des autres poètes par ses premiers ouvrages.

Les Hommes illustres qui ont paru en France pendant ce siècle, t. I

Extrait disponible sur Gallica


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