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1700

Évariste Gherardi, Explication du feu d'artifice

Paris, J. B. Cusson et Pierre Witte, 1700.

Plaisir du théâtre, plaisir de la paix

Gherardi décrit les emblèmes représentés dans les cartouches qui ont servi de support à un feu d'artifice donné par les comédiens italiens pour célébrer la signature de la paix entre la France et la Savoie. Le deuxième de ces cartouches fait de la représentation théâtrale le symbole de la sécurité et du plaisir dont jouissent les sujets de Louis XIV au cœur même des périodes de troubles.

Le second cartouche représente un théâtre, et des acteurs dessus qui sont avidement écoutés par une foule de peuple qui les environne. On voit dans l'éloignement d'un côté une bataille, et de l'autre une ville assiégée. Avec ce demi vers de Virgile :

DEUS NOBIS HAEC OTIA FECIT.

Rien n'est plus intelligible que cet emblème. Pendant que toute l'Europe est en feu, les sujets du roi non seulement en sûreté, mais en repos dans le sein de son royaume, goûtent à loisir les plaisirs que le prince veut bien leur procurer. Les comédiens italiens se font une application particulière de cet emblème, et bénissent mille fois le héros qui par sa valeur et sa bonté les fait jouir pendant une guerre sanglante des biens qu'ils n'oseraient espérer ailleurs au milieu de la paix la plus profonde :

Heureuse France, et vous que le destin fait vivre
Sous les lois du plus grand héros,
Connaissez le bonheur que l'on trouve à les suivre.
Tout est en trouble ailleurs, vous goûtez le repos.
Loin du péril des armes.
Les spectacles, les ris, les jeux vous sont permis ;
Et si la guerre a des alarmes,
Ce n'est que pour vos ennemis.

« Explication du feu d'artifice dressé par Messieurs de la Troupe Royale des Comédiens Italiens devant leur Hôtel de Bourgogne au sujet de la paix conclue entre la France et la Savoie »dans Le théâtre italien de Gherardi, ou le Recueil général de toutes les comédies et scènes françaises jouées par les comédiens italiens du roi, pendant tout le temps qu'ils ont été au service, Amsterdam, Isaac Elzevir, 1707, t. I, NP.

Extrait disponible sur Google Books.



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