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1700

Évariste Gherardi, La Critique de la Cause des femmes

Paris, J. B. Cusson et Pierre Witte, 1700.

Irrégularité de la comédie italienne

Dans les scènes françaises de La Critique de la Cause des femmes, une pièce de Jacques Delosme de Montchenay créée en 1688, les comédiens italiens mettent en scène une discussion entre des spectateurs revenant d'une représentation de La Cause des femmes. Arlequin, déguisé en chevalier, satire de spectateur pédant partisan de la régularité, y expose le rapport que l’esthétique de la comédie italienne entretient avec les règles.

COLOMBINE

Et moi, je soutiens que les scènes françaises sont sans reproches, et que l’économie de la pièce est très judicieuse.

ARLEQUIN

Qu’osez-vous dire là, Madame ? En donne-t-on à garder à un homme comme moi, qui a le contrepoids des règles du théâtre dans la tête ? Je vous dis qu’il n’y a point d’unité dans le sujet ; car les acteurs se rossent perpétuellement sur le théâtre ; point de temps observé, puisque les Italiens jouent en un soir ce qui se doit passer en vingt-quatre heures. Jamais on n’ensanglante la scène ; Mezzetin crève l’œil d’un homme en duel. Enfin, c’est un désordre et un charivari du diable, et somme totale, j’abhorre la Cause des femmes ; je la déteste, et quoi que l’on m’en puisse dire, je n’en veux jamais entendre parler.

Jacques Delosme de Montchenay, La critique de la cause des femmes, dans Évariste Gherardi, Le théâtre italien de Gherardi, ou le Recueil général de toutes les comédies et scènes françaises jouées par les comédiens italiens du roi, pendant tout le temps qu'ils ont été au service, Amsterdam, Adrian Braakman, 1701, t. II, p. 74.

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