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1664

Stefano Baldini, Relazione del viaggio fatto dall’ill.mo Sig. Card.e Chigi

Biblioteca Apostolica Vaticana - Manuscrit Chigi E.II.38

Une machine à couper le souffle

La relation de la légation Chigi de Stefano Baldini contient un document extraordinaire concernant la représentation de La Princesse d’Elide de Molière à Fontainebleau le 30 juillet 1664, Il s'agit d'un croquis décrivant la machine d’opéra, qui impressionna visiblement les spectateurs italiens.

Il cardinale dopo accompagnò il Re alle stanze, e fattogli l’inchino ritirocci al suo appartamento per allestirsi dinnanzi andare al trattenimento d’una commedia francese, standovi continuamente comici francesi, spagnoli e italiani divisi in tre compagnie, recitando ogni sera a vicenda […] L’opera fu piena di motti arguti e di arie musicali, e di varietà e di amori, consistendo in una Principessa, la quale per domare l’alterigia di un Principe, procurò di farlo innamorare innamorandosene ella medesima nello stesso tempo ; lo prese per marito. Vi furono moltissimi balletti di dormiglioni, di ninfe e di pastori, ma l’ultimo superò tutti gli altri sendo in palco più di cinquanta personaggi con una macchina fatta a foggia di vaso grande, che dai fianchi aveva due scalinate piene di sonatori di ciuffoli e viole dentro il vaso, e di violini per le scale vestiti da satiri, che calasi tutti sul palco ballarono con 12 altri ballerini vestiti diversamente ; e per variare il ballo lasciati i violini presero i tamburetti, coi quali fecero vari giochetti a tempo di suono, sendo più di 40, che toccavano violoni, viole, violini e ciuffoli e tamburetti. La macchina aveva una simil figura

croquis

E qui con una universal dilettazione terminò l’opera boschereccia rappresentata già un’altra volta dinante a S. M. in una selva.


Le cardinal accompagna ensuite le roi dans les chambres et, après lui avoir fait la révérence, il se retira dans son appartement afin de se préparer pour aller au divertissement d’une comédie française, puisqu’il y avait en même temps des acteurs français, espagnols et italiens divisés en trois troupes, qui jouaient en alternance chaque jour […] La pièce fut pleine de traits d’esprit et d'airs musicaux, et de variétés et d’amours, relatant l’histoire d’une princesse qui, afin d’apprivoiser l’arrogance d’un prince, fit en sorte de le faire tomber amoureux et finit par en tomber elle-même amoureuse au même moment ; elle le prit pour mari. Il y eut de nombreux ballets de dormeurs, de nymphes et de bergers, mais le dernier surpassa tous les autres, puisqu’il y avait sur scène au même moment plus de cinquante personnages à l’aide d’une machine qui avait la forme d’un grand vase, qui présentait sur les côtés deux escaliers remplis de joueurs de trompettes et violes dans le vase et de violons sur les escaliers déguisés en satyres, qui descendirent sur scène et dansèrent avec 12 autres danseurs déguisés différemment ; et pour varier la danse, ils quittèrent les violons et prirent des tambourins, avec lesquels il firent divers petits jeux au tempo de la musique ; il y en avait plus de 40 qui jouaient de la contrebasse, de la viole, du violon et de la trompette et du tambourin. La machine avait un aspect semblable :

[croquis]

Et ici avec un amusement universel se termina la pièce sylvestre qui avait déjà été représentée une autre fois devant S.M. dans une forêt.

       

Relation disponible à Rome auprès de la Biblioteca Apostolica Vaticana, f. 257 r-258 v.

Traduction de l’italien proposée par Tristan Alonge.


Pour indiquer la provenance des citations : accompagner la référence de l’ouvrage cité de la mention « site Naissance de la critique dramatique »