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1579

Girolamo Lippomano, Relations des ambassadeurs vénitiens sur les affaires de France au XVI siècle – tome 2

Paris : Imprimerie royale, 1838

Une cérémonie religieuse « bellissima » pour la fondation de l’ordre du Saint-Esprit par Henri III

Dans sa relation finale à sa hiérarchie vénitienne, Girolamo Lippomano (ambassadeur de Venise en France de 1578 à 1579) décrit dans les détails la cérémonie de la fondation de l’ordre du Saint-Esprit. Le récit est en français.

Le roi attendait à Paris la fondation de l’ordre du Saint-Esprit, qui avait pour objet la défense de la religion catholique, du roi de France et de ses domaines […] C’est pourquoi son nonce, l’abbé Dandino, quoique invité, n’assista pas à la cérémonie ; il n’y eut que les ambassadeurs d’Écosse et de Venise […] Ils prêtèrent tous serment, les uns après les autres, agenouillés devant le roi.
Le lendemain (c’était le premier jour de l’année 1579) la cérémonie fut très belle dans la même église. La reine y était déjà avec plusieurs princesses et grandes dames, éblouissantes d’or et de pierreries. Les ambassadeurs aussi et les prélats étaient à leurs places, lorsque les chevaliers parurent deux à deux au milieu des gardes suisses et écossaises, précédés des gentilshommes de la hache. Le roi venait le dernier. Au devant de lui marchaient les hérauts des provinces en souliers de velours noir parsemé de fleurs de lis en or, puis les officiers de l’ordre défilaient un à un, c’est-à-dire l’huissier, le trésorier, le greffier, le prévôt ou maître des cérémonies, et le chancelier. Les chevaliers portaient des manteaux de velours noirs, bordés à l’entour de fleurs de lis d’or et langues de feu ; le mantelet de satin vert parsemé de colombes en argent, le grand collier façonné d’un entrelacs de chiffres du roi et de croix d’or ayant aux coins les fleurs de lis, au milieu une colombe en argent descendant du ciel, et de l’autre côté un saint Michel. L’image de ce saint est portée par les seuls chevaliers : ceux qui ne le sont pas ont des deux côtés la colombe […] Il y eut ensuite un superbe banquet : le roi était seul assis à une table, près de lui étaient les chevaliers, la moitié à droite et la moitié à gauche. La reine et les dames étaient dans une autre salle, les ambassadeurs et les prélats dans une autre ; le conseil dans une quatrième ; et ainsi de suite pour toute la cour. Après le dîner on chanta les vêpres des morts.

       

Relation disponible en ligne sur Gallica, p. 403-405.


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