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1610

Antonio Foscarini, Antonio Foscarini, Amb. – copiario dei suoi disp. al Senato

Lettre manuscrite, Archives d’Etat de Venise

Le sacre de Louis XIII vu par les Vénitiens

Le passage fait partie des lettres (dispacci) envoyées plusieurs fois par semaine au Doge de Venise par Antonio Foscarini, ambassadeur vénitien en France. Les dispacci conservés aux archives d’État (archivio di Stato) de Venise couvrent les années 1610 et 1611. Dans une lettre manuscrite datant du 3 novembre 1610, l’ambassadeur raconte le sacre de Louis XIII avec les yeux d’un Vénitien.

Il giorno seguente seguì poi il sacro alla presenza della Regina madre, Regina Margherita, Gran duchi e gran Signori della Corte, et dal regno concorso ivi con tal frequenza da che sin è memoria che più alcun altro re si siano già mai concorsi tanti. Fece il cardinale di Gioiosa la cerimonia dell’unzione et coronazione di sua maestà, e fu assistito dal Cardinal Gondi e molti e molti altri prelati. Era preparato un coro in luoco eminente per l’altezza di sessanta gradi la sedia reale riccamente addobbata […] Si portò il Re con tanta leggiadria et garbo […] Nella gran sala del palazzo desinò solo in una tavola posta in luoco eminente sotto il baldacchino, e con gran solennità in un’altra si posero li principi […] Riuscì l’apparato ricchissimo e sontuosissimo il convito […] Si terminò quindi nello stesso tempo il mangiare et il giorno. La mattina seguente si lasciò vedere il Re per la città a cavallo come pure dece la Regina in carrozza ; et furono salutati […] a vociferazione e declamazione di tutto il popolo et all’espressione di vivo affetto li augurava et pregava ogni prosperità […] Non devo anco tacere a vostra serenissima che per l’ingresso del Re in Reims furono fatti tanti archi trionfali, et abbondanti in tante testimonianze della divozione di questa città […] Si videro molte iscrittioni in più luochi che auguravano al re buona venuta, et buon ritorno […] et entrò domenica passata in questa città […] Fu accompagnata la M.S. dalle guardie così da cavallo come da piedi armate di tutto punto, e salutata nello ingresso della città da molti tiri d’artiglieria, e da un universale applauso del popolo, et sempre gridava viva il re viva il re […] Dopo rese nella medesima chiesa le debite gratie si ridusse il re al Louvre habitazione regia, dove poco prima era arrivata la regina madre a riceverlo […] e lei ancora accompagnata da molte principesse, come anco tutte le finestre per le strade, dove passò il re stavano ripiene di dame


Le jour suivant il y eut le sacre en présence de la Reine Mère, Reine Marguerite, grands ducs et grands seigneurs de la Cour, et de tout le royaume ils accoururent en nombre si important que de mémoire pour aucun autre roi on en eut autant. Le Cardinal de Joyeuse se chargea de la cérémonie de l’onction et du couronnement de Sa Majesté, et il fut assisté par le Cardinal Gondi et de nombreux autres prélats. Dans un lieu surélevé de 60 degrés avait été préparé un chœur et la chaise richement ornée […]. Le Roi se comporta avec beaucoup de grâce et politesse […]. Dans la grande salle du palais il dîna à une table située dans un lieu surélevé sous un baldaquin, et avec grande solennité à une autre table s’assirent les princes […] Le décor fut très riche et le repas très somptueux […] Le repas et le jour se terminèrent au même moment. Le matin suivant le Roi se montra à travers la ville à cheval, tout comme la Reine en carrosse ; et ils furent salués […] Des voix et des déclamations se levaient de tout le peuple, qui avec beaucoup d’affection leur souhaitait et priait pour leur prospérité […] Je ne dois par ailleurs pas passer sous silence à Votre Sérénissima qu’en vue de l’entrée du Roi à Reims, des arcs de triomphe furent construits, et en nombre important en témoignage de la dévotion de cette ville […] Étaient visibles de nombreuses inscriptions dans plusieurs lieux qui souhaitent au Roi la bienvenue et un bon retour […] et il entra dimanche dernier dans cette ville […]. Sa Majesté fut accompagnée par les gardes à cheval tout comme à pied, armés jusqu’aux dents, et elle fut saluée, à son entrée dans la ville par de nombreux tirs d’artillerie, et par un applaudissement universel du peuple, qui criait sans cesse ‘vive le roi vive le roi’ […] Ensuite dans la même église il rendit grâce comme convenu, il se rendit ensuite au Louvre, habitation royale, où peu avant était arrivée la Reine mère pour le recevoir […] et elle, encore accompagnée par de nombreuses princesses, et les fenêtres dans les rues dans lesquelles le Roi passa étaient toutes pleines de dames.

       

Lettre disponible aux Archives d’Etat de Venise, Archivio proprioFrancia n°5, lettre du 3 novembre 1610, f.34 recto-36 recto.


Pour indiquer la provenance des citations : accompagner la référence de l’ouvrage cité de la mention « site Naissance de la critique dramatique »