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1695

Jeanne-Michelle de Pringy, L'amour à la mode : satyre historique

Paris : Coignard, 1695

Un chœur de musique inaudible

Dans son roman satyrique, Jeanne-Michelle de Pringy raconte l’histoire du comte de Lorre et ses rencontres avec des caractères « ridicules » qui constituent l’objet de la satyre. Parmi celles-ci, en début de roman, figure un chœur de musique rencontré dans un salon, et dont le chant est loin d’impressionner le comte.

Ce billet quoique fort équivoque ne laissa pas de consoler le chevalier, il sentait le véritable sens de cette énigme, quoi qu’il ne l’expliqua pas, et il fut trouver le comte chez Madame de Plaif, pour lui faire part de sa joie inconnue ; il y trouva plusieurs beautés différentes. Le jeu en occupait quelques unes, le tête-à-tête en fixait d’autres, et une partie des moins jolies composait un chœur de musique en s’amusant à réciter des airs de l’opéra. Ce fut parmi les voix qu’il prit place quoi qu’il n’eut jamais chanté ; mais la crainte qu’il eut de troubler le particulier des unes et d’empêcher le gain des autres, fit qu’il prit le moindre parti ; il en aurait fait une à part s’il avait suivi son inclination, mais il n’y avait pas d’apparence de paraître misanthrope dans une compagnie si humaine ; il écouta en rêvant plusieurs chansons : enfin ses oreilles fatiguées d’entendre si mal chanter, il se leva pour voir jouer la marquise de… qui ne perdait pas un jeton sans marquer du chagrin et qui mordait ses lèvres sans cesse dans le dessein de plaire à un jeune gentilhomme qu’elle menait partout [...].

       

Roman consultable sur Google Books, p. 34-36.


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