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ca. 1653

Jean-Louis Guez de Balzac, Les Entretiens de feu Monsieur de Balzac

Paris : A. Courbe, 1657

Un texte en latin de Balzac avec mention de Plaute

À la fin de son entretien consacré au style burlesque, Balzac demande à François Vavasseur de se prononcer sur la même question. Balzac compare le goût qu’avaient les Romains pour Plaute au goût de ses contemporains pour Clément Marot.

Si teste maximo et sagacissimo criticorum, sales et numeros Plautinos stulte mirati sunt Remi nepotes ; rectene et sapienter laudabunt nostri homines inconditos Maroti sonos, frigidas argutias, et obsoletam barbari saeculi dicacitatem? Quid de ludicro hoc, ut vocant, scribendi genere, et, ut ego interpretor, de hoc nugarum ludo, sentiat Vavassor interrogatus a Balzacio, scire interest Reipublicae litterariae. Cense ergo tu, de quo nuper hoc Apollo responsum dedit, (ita nobis Delphis per literas significatum est) FRANCISCUS VAVASSOR JACOB SIRMONDI EX ASSE HAERES ESTO. Ille quidem lugeri potest : te scribente desiderari non potest.

Si au jugement du plus grand et du plus avisé des critiques, les descendants de Rémus ont été sots d’admirer les plaisanteries et les vers de Plaute, nos contemporains seront-ils sensés et sages de vanter le style sans art de Marot, sa froide subtilité, et la raillerie désuète d’un siècle barbare ? Quelle est l’opinion de Vavasseur, sollicité par Balzac, sur ce genre plaisant, comme on l’appelle, et qui n’est selon moi que plaisanteries sans consistance, voilà ce qu’il importe à la République des Lettres de savoir. À toi donc de donner ton avis, toi au sujet de qui Apollon a rendu il y a peu cet oracle (je l’ai appris par un courrier de Delphes) QUE FRANÇOIS VAVASSEUR SOIT LE LÉGATAIRE UNIVERSEL DE JACQUES SIRMOND. On peut bien pleurer ce dernier, mais si tu prends la plume, on ne peut le regretter.

Extrait de l'entretien XXXVIII : « Du style burlesque » disponible sur Gallica, p. 430.

(La traduction française est tirée de l’édition critique des Entretiens (Paris, M. Didier, 1972) établie par B. Beugnot, t. II, p. 503-4, note 24.)


Pour indiquer la provenance des citations : accompagner la référence de l’ouvrage cité de la mention « site Naissance de la critique dramatique »