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1702

Jean-Baptiste Morvan de Bellegarde, Lettres curieuses de littérature et de morale

Paris : J. et M. Guignard, 1702

Le roman, la tragédie : même but

Comme à d’autres endroits dans cette lettre, Bellegarde assigne au roman le même dessein moral que la tragédie.

[J]e crois que l’on peut, en quelque manière, permettre aux honnêtes gens la lecture de ces fables pour se délasser, pourvu qu’ils ne les lisent que par amusement et non pas avec une avidité qui leur fasse négliger tout le reste. À le bien prendre, on pourrait retirer la même utilité de la lecture des romans que de la tragédie : quoique les personnages et les événements soient purement de l’invention de l’auteur, nous ne sommes pas tant excités à la vertu par l’autorité des personnes qui l’ont pratiquée que par l’attrait de la vertu même. Les héros ne sont représentés dans les romans que par leurs beaux côtés ; on n’y montre point leurs défauts ; on relève l’éclat de leurs vertus par les circonstances qu’on y ajoute parce que l’auteur n’est pas gêné à ne dire précisément que la vérité, comme dans l’Histoire.

Extrait de la deuxième lettre, "Sur l'histoire", disponible sur Gallica, p. 110-111.


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