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1687

Nicolas Boileau, Lettres à Racine

Raillerie contre les comédiens

Dans une lettre à Racine datée du 28 aout 1687, Boileau évoque avec mépris la disgrâce des comédiens de l'Hôtel Guénégaud, contraints par Louvois à déménager de leur théâtre

De quelque pitoyable manière que vous m'ayez conté la disgrâce des comédiens je n'ai pu m'empêcher d'en rire. Mais dites-moi, Monsieur, supposé qu'ils aillent habiter là où je vous ai dit, croyez-vous qu'ils boivent du vin du cru ? Ce ne serait pas une mauvaise pénitence à proposer à Mr de Champmeslé pour tant de bouteilles de vin de Champagne qu'il a bues vous savez aux dépens de qui. Vous avez raison de dire qu'ils auront là un merveilleux théâtre pour jouer les pièces de Mr Pradon et d'ailleurs ils y auront une commodité, c'est que quand le souffleur aura oublié d'apporter la copie des ouvrages il en trouvera infailliblement une bonne partie dans les précieux dépôts qu'on apporte tous les matins en cet endroit.

Boileau, Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, "Bibliothèque de la Pléiade", 1966, p. 748   


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