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1679

Marie-Catherine d' Aulnoy, Relation du voyage d'Espagne, t. II

Paris, Barbin, 1691

Les machines de la Semaine Sainte

Dans cette lettre du 27 avril 1679, Madame d'Aulnoy raconte les festivités de la Semaine Sainte en Espagne où, notamment, on découvre une étrange description de figures saintes passant sur le théâtre.

Depuis les premiers jours de la Semaine Sainte jusqu’à la Quasimodo, l’on ne peut sortir sans trouver un nombre infini de pénitents. […] La procession se fait sur les quatre heures du soir et à huit heures elle n’est pas finie […] les trompettes sonnent des airs tristes, la garde du roi composée de quatre compagnies de différentes nations, savoir de Bourguignons, d’Espagnols, d’Allemands et de la Lancille, porte ses armes couvertes de deuil et les traîne par terre. Il y a de certaines machines qui sont élevées sur des théâtres, qui représentent les mystères de la vie et de la mort de Notre Seigneur, les figures sont de grandeur naturelle, très mal faites et très mal habillées, il y en a de si pesantes qu’il faut cent hommes pour les porter et il en passe un nombre surprenant, car chaque paroisse a les siennes. Je remarquai la Sainte Vierge qui fuyait en Egypte, elle était montée sur un âne très bien caparaçonné, sa housse était toute brodeé de belles perles, la machine était grande et fort lourde.

Relation disponible sur Gallica.


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