Par support > Correspondances > Lettres de Malherbe à Peiresc

 

1613

François de Malherbe, Lettres de Malherbe à Peiresc

Critique des comédiens italiens et d'Arlequin

Ces deux lettres du 15 septembre 1613 et du 17 septembre 1613 annoncent la venue des comédiens italiens, et font la critique d'une représentation. Les acteurs sont jugés trop vieux..

Le fameux Arlequin est ici avec une compagnie de comédiens italiens. On leur doit préparer, pour le retour de Fontainebleau qui sera, à ce que l’on dit, environ la Toussaint, un théâtre en la salle des gardes au Louvre ; et pour la ville, la reine leur a loué l’Hôtel de Bourgogne. Ils s’en vont à Fontainebleau avec le roi, la cour part mardi prochain.


Je fus samedi au soir à la comédie, par commandement exprès de la reine. Sans cela je m’étais résolu de ne les voir point qu’on ne fût de retour de Fontainebleau. Arlequin est certainement bien différent de ce qu’il a été. Aussi est Potrolin : le premier à cinquante-six ans, le dernier quatre-vingt et sept, ce ne sont plus âges propres au théâtre : il y faut des humeurs gaies et des esprits délibérés, ce qui ne se trouve guère en de si vieux corps que les leurs. Ils jouèrent la comédie qu’ils appellent Dui simili, qui est Les Ménechmes de Plaute. Je ne sais si les sauces étaient mauvaises ou mon goût corrompu, mais j’en sortis sans autre contentement que de l’honneur que la reine me fit de vouloir que j’y fusse. Nous en verrons, s’il plaît à Dieu, davantage, et en jugerai avec plus de loisir.

Correspondance disponible sur Google Books.


Pour indiquer la provenance des citations : accompagner la référence de l’ouvrage cité de la mention « site Naissance de la critique dramatique »