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1686

Pierre Bayle, Nouvelles de la République des lettres

Amsterdam, Desbordes, 1686

Quand l'histoire fait mieux que la comédie

Commentant la nouvelle traduction de Tacite et les réflexions sur la flatterie que propose Amelot, les Nouvelles de la république des lettres de juin 1686 soulignent combien, par rapport à la comédie, l'histoire présente de cas tout prêts pour illustrer ce sujet :

M. Amelot ramasse dans cet historien une centaine de faits et de maximes, qui sont les plus propres du monde à nous représenter vivement le génie des flatteurs et la force de leur venin. C’est par ces sortes d’exemples qu’il faut tâcher de guérir son siècle. Il faut un ridicule outré dans les comédies, si l’on veut qu’elles servent de remède au ridicule des spectateurs. Aussi a-t-on accoutumé, dans les pièces de théâtre, d’ajouter quelque chose au faible des originaux afin de le représenter sous une figure plus dégoûtante. Mais il n’a pas été nécessaire à l’égard de la flatterie que M. Amelot employât l’imagination : l’histoire lui a fourni des idées toutes faites et toutes réduites en acte, qui ont tout le ridicule qu’un faiseur de comédies pourrait souhaiter ; et ce qu’il y a de plus étonnant, c’est que ce sont les Romains sortis depuis peu de la liberté républicaine qui tombent dans ces énormes prostitutions de flatteries à l’égard de leurs empereurs.

Périodique disponible sur Google Books, p. 629.


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