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Édito

 
Jocelyn Rochat, rédacteur en chef
J. RochatJocelyn Rochat, rédacteur en chef
 

Ecolo, ça rime aussi avec zoo. C’est si difficile à croire?

Au début, les combats écologistes étaient assez simples à mener. On boycottait les zoos parce que les animaux sont plus heureux dans la nature. On devait sortir tout nu plutôt qu’en fourrure, condamner la chasse, et, si possible, manger végétarien.

Enfin, il fallait dénoncer le massacre des bébés phoques avec Brigitte Bardot, faire du zodiac avec Greenpeace pour protéger les baleines et acheter des peluches auprès du WWF pour contribuer au sauvetage des pandas.

Deux ou trois décennies plus tard, la situation s’est bien compliquée. Nous avons toujours envie de défendre les bébés phoques, mais beaucoup moins Brigitte Bardot. Nous admettons qu’un chamois tiré proprement par un chasseur a une mort moins cruelle que les vaches ou les porcs qui entrent dans nos abattoirs.

Enfin, nous découvrons avec stupeur que le sauvetage de certaines espèces très menacées passera sans doute par les zoos. C’est déjà le cas des pandas, ça le sera probablement pour les grands singes, comme pour les moins médiatiques ânes de Somalie dont il ne reste, à l’état sauvage, que 150 à 200 spécimens qui doivent survivre dans un pays en guerre.
Incroyable recyclage: les parcs animaliers si décriés par les amis des bêtes il y a deux ou trois décennies sont devenus des sanctuaires où certaines espèces menacées préparent leur retour à la nature.

Car, contrairement à un préjugétenace, il arrive désormais que des animaux sortent des zoos. Et pas seulement dans des films d’animation comme «Madagascar». De petits singes tamarins, nés au zoo de Bâle, ont été relâchés avec succès au Brésil, dans le cadre d’une expérience.
Derrière cette révolution, on trouve de nombreux chercheurs, dont certains ont été formés à l’Université de Lausanne (UNIL). Ces scientifiques figurent désormais parmi les employés et les dirigeants des plus importants zoos de Suisse. Il y a même parmi eux des militants écologistes.
Plutôt que de condamner ces vieilles institutions, ils ont préféré les réformer et utiliser ces formidables plates-formes populaires (le zoo de Bâle voit défiler quelque 1,5 million de visiteurs chaque année) pour mêler le plaisir de la découverte à ceux de l’information et de la conservation de la faune.

De l’intelligence et du pragmatisme plutôt que des préjugés, voilà donc ce que demandent les combats écologistes, et plus généralement scientifiques du XXIe siècle. Parce que, on le sait aussi, désormais, les problèmes à résoudre ne sont pas aussi simples qu’on l’imaginait au début.

 

Jocelyn Rochat

 
Swiss University
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